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Des photos et des jours

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lundi 29 janvier 2007

Interlude charentais

Avec tout ça, mes chères études sont un peu à la traîne... Heureusement, il y a les copains : on m'envoit une liasse de documents récupérés par une association avec laquelle il fait bon percer des tonneaux pour boire des canons ; parmis ceux-là, un certain nombre de pièces (enfin, leur copies ou transcriptions, bien sûr) que j'avais cherchées en vain dans divers dépôts d'archive.


Blés verts et toits de tuiles, Chazelle (Charente), 6 juin 2004.

Bien joué, les gars. Du coup, il y a plein de trucs qui s'éclairent et une cohérence qui se forme. Le travail de recherche avance aussi par ces biais là.

Du coup, je lève un verre rempli de pineau régional aux historiens bon vivants d'Angoumois ou d'ailleurs !

Le Plume vous salue bien.



lundi 24 septembre 2007

Mes nuits sont plus longues que mes jours

L'équinoxe est venu et il est reparti - c'est maintenant l'automne, officiellement, au cas où on aurait conservé la moindre illusion à ce sujet. Les jours diminuent ; ils ont été officiellement dépassés par la nuit hier à 9h51, temps universel. Les jours diminuent - mais la diminution des jours diminue aussi désormais : ainsi vont les sinusoïdes. Les sinusites par contre sont sur l'ascendant.

Les fleurs de l'automne sont plus discrètes que celles du printemps. Il faut se pencher, au risque de crotter son pantalon, les regarder de tout près pour les apprécier vraiment.


Bruyère en bordure de forêt, Combiers, 15 septembre 2007.

Sinon, aujourd'hui, pas de petites fleurs : des manipulations un peu complexes de commutateurs et de fibres optiques du côté de Jussieu, où je n'avais pas remis les pieds depuis le printemps dernier. Manipulations qui ont failli échouer pour une vis bloquée, d'ailleurs, mais elle a fini par se rendre à mes arguments énergiques.

À mon grand étonnement, je crois n'avoir rien cassé pendant toutes ces manips. J'ai même pu terminer à temps pour qu'un collègue qui attendait le bon achèvement de la manœuvre puisse aller à son rendez-vous de médecin : le pauvre souffrait d'une méchante sinusite, justement.

Le Plume vous salue bien.

[boîtier Pentax MZ-10, film Fuji Pro400H, zoom 35-80mm f:4-5.6 + bagues macro 12mm]



mercredi 11 avril 2007

La campagne à la campagne

Une fois n'est pas coutume : la campagne électorale fait son apparition sur ce blog - son absence en était, je crois, plutôt criante. Mais il ne faut pas trop m'en demander ; après avoir passé la campagne des primaires socialistes à clamer qu'on allait choisir la mauvaise candidate, j'ai un peu du mal à me crever le popotin pour pousser à la roue lorsqu'il s'avère qu'en effet, la candidate ne vaut pas tripette. Bayrou répète à qui veut l'entendre que n'importe quel autre socialiste aurait gagné sans problème : je suis assez prêt à le croire.

Bref, en ce qui concerne la campagne, mon blog en est au même point que les panneaux d'affichage réglementaires vus hier sur la place de la mairie de Combiers :

Ceci dit, ça ne va pas m'empêcher d'être de bureau de vote. J'ai eu l'autre jour un coup de téléphone du camarade trésorier de section : « La présidente de ton bureau de vote est avec moi : elle est très inquiète, elle ne t'a pas vu depuis longtemps, elle se demande si tu habites toujours là... - Te fatigues pas, va, dis lui que c'est d'accord. » Et pouf : dans un petit nuage de fumée rose, quatre dimanches de printemps s'étaient volatilisés en quelques seconde - et c'est du 8h-22h, hein, ça rigole pas. Quatre, vu qu'une fois qu'on aura gagné les présidentielles, faudra gagner les législatives, évidemment.

Ceci dit, ma contribution à la présente campagne va se limiter à ça. De toute façon, la distribution de tracts sur la place de la mairie de Combiers, je ne suis pas certain que ça aurait gagné grand chose. Somme toute, il doit y avoir autant d'habitants domiciliés à mon adresse parisienne que dans toute la commune de Combiers...

Le Plume vous salue bien.



mardi 10 avril 2007

Prospection

Parti en promenade pour aller voir un de mes hauts fourneaux ainsi que les dépôts de minerais associés. Enfin, je veux dire : un haut fourneau qui a produit de l'artillerie pour la marine au XVIIIe siècle. C'est à la limite entre Charente et Dordogne, comme souvent ; sur la rivière Nizonne, qui marque la limite des deux départements.

Au sortir du (tout petit) village, La vieille forge, discothèque : vérification faite*, c'est bien mon haut-fourneau. C'est fermé, évidemment. Du coup je me replie sur le dépôt de minerai ou travaillaient en 1794 une trentaine de personnes (j'ai les noms). Le toponyme repéré sur une carte, il faut trouver moyen d'y accéder, sans râcler trop le bas de caisse sur le milieu du chemin... et terminer à pied, à travers les débardages toujours en cours des bois abattus par la tempête de 1999.


Le Cluzeau, forêt de la Mothe-Clédoux, Combiers (Charente).

Et au bout : l'étang. Avec sa retenue en pierre de taille de belle facture - au milieu de rien. Une bicoque en ruine, au bout de la levée - un moulin, certainement, mais quel genre de moulin, c'est difficile à dire. Des morceaux de minerai de fer un peu partout, rouge vif - c'est bien mon dépôt de minerai.

Beaucoup plus surprenant : un peu plus bas, des scories vitrifiées ou laiteuses, traces de transformation du minerai en métal - ça, je ne m'attendais pas à en trouver là. De deux choses l'une : soit on les y a amenées, ce qui serait surprenant vu la configuration du lieu, soit on les a faites sur place et il y avait un atelier métallurgique dans le coin.

La connaissance progresse. En plus, j'ai réussi à rejoindre la tuture avant qu'il commence à pleuvoir.

Le Plume vous salue bien.

* Grâce à l'inventaire du patrimoine industriel de Charente, bien sûr.



dimanche 15 avril 2007

Au fond des bois

Autre réalisation humaine, plus discrète - et en moins bon état, il faut bien le dire : la maison en ruines du Cluzeau à Combiers (Charente). Celle qu'on voit tout au fond sur la photo de mardi dernier.


Le Cluzeau, commune de Combiers (Charente), 10 avril 2007.

Eh : j'ai récupéré mon dernier rouleau de photos argentiques hier ; comptez sur moi pour vous en infliger quelques. Toujours pas résolu les problèmes de scories que me posaient ce site mais, à la réflexion, il n'est pas impossible que les bouviers qui descendaient le minerai à la forge du bourg aient remonté des laitiers pour être concassés au bocard1. Mais d'un autre côté, certains fragments de laitier n'avaient pas l'air concassés du tout - il y reste même des inclusions de charbon de bois. Donc je ne suis pas plus avancé.

Dernier jour de vacances aujourd'hui. Fait quelques fiches d'après ma documentation ; promenade sur les Grands Boulevards pour profiter du soleil, comme dans la chanson ; acheté quelques bouquins : la réédition des planches de l'Encyclopédie sur la fabrication des canons, un bouquin intitulé Architecture et industrie, publié en 1983 par le centre Georges Pompidou, et un Guide des otaries, phoques et siréniens2. Je me demande comment j'ai fait pour vivre sans jusqu'ici, tiens.

Je suis donc maintenant parfaitement documenté pour hurler en cas d'embouteillage : « Mais avance, eh, dugong ! »

Le Plume vous salue bien.

1 Dispositif à roue hydraulique étudié pour concasser, justement. Cf. le modèle réduit exposé à Varaignes (Dordogne).

2 Ordre de mamifères aquatiques comprenant les dugongs et les lamentins. Pas de photos de ces bestioles dans mes archives, désolé.



samedi 28 avril 2007

Promenons-nous dans les bois

Un avantage de l'histoire des techniques : crotter ses bas de pantalons dans des lieux où jamais, vraiment jamais vous n'auriez été traîner autrement. Un étang au fond des bois, par exemple, inaccessible par la route et invisible depuis les chemins, sauf à regarder attentivement une carte détaillée...


Étang du Cluezau, Combiers (Charente), 10 avril 2007.

Un étang, c'est presque toujours un objet d'histoire des techniques : à part dans les Dombes, il n'y a guère d'étangs naturels dans nos contrées - les innombrables étangs qu'on voit un peu partout, ce ne sont pas les castors qui les ont fait. Ou alors, vu la tête de la levée qui retient l'eau de cet étang-ci, je serais curieux de voir les castors qui ont fait ça.

À part ça, une finale de coupe du monde est en train de s'achever dans la confusion par la victoire probable de l'Australie sur le Sri Lanka. Grace à la Madame qui a l'œil, j'ai regardé un quart d'heure de ce match sur l'écran plat d'un restaurant indien des environs en fin d'après-midi, et le résultat était déjà prévisible. Je ne suis pas un fan de One Day Cricket (je préfère les vrais test matchs de cinq jours, ça c'est du sport) et cette coupe du monde éparpillée dans les caraïbes était plutôt décevante. Bon, le fait que l'entraîneur d'une des équipes en présence ait été retrouvé mort sans sa chambre d'hôtel (probablement par strangulation) après l'élimination de ses joueurs rehaussait quelque peut le plat, mais est-ce bien le but ?

Politique : pas une mauvaise journée. Tractage sur le Faubourg avec les copains ce matin, même si je dois reconnaitre que je suis arrivé un peu tard pour distribuer des tracts et à peine trop tôt pour prendre un verre en terrasse après. J'irais sans doute faire un tour à Charléty mardi soir : comme je disais l'autre jours, plus le moment d'avoir des états d'âme. Pendant ce temps, le camp d'en face est pris à contre pied et réagit par une agressivité franchement déplacée - après tout, campagne ou pas campagne, n'importe qui a le droit de débattre avec qui il veut, fût-ce devant les caméras. C'est ce qu'on appelle la liberté d'expression.

Le Plume vous salue bien.



dimanche 29 juillet 2007

Chemins d'histoire

Journée passée dans mon trésor de notes et photos de documents d'archives - dont il est clair maintenant que je n'aurais pas tout exploité le jour, pas si lointain, où je mettrai le point final à mon mémoire.

En même temps, je ne conçois pas ce travail de croisement de documents, d'enquête bibliographique, de rédaction enfin, sans avoir derrière moi des parcours bien réels sur les routes et les chemins qu'évoquent mes documents. À pied, en voiture, à bicyclette, peu importe...


Château de Combiers (Charente), mardi 10 avril 2007.

Mon histoire des techniques n'est pas, ou peu, une affaire abstraite de savoirs savants et d'échange d'idées ; c'est une histoire de sites où ces techniques étaient pratiquées : des lieux de travail. Et même si le travail n'y est plus, les lieux sont toujours là - ils sont comme ça, les lieux.

En plus, ça donne des occasions de se promener, cette affaire. Dans des coins totalement improbables qui plus est. Si ça n'est pas une bonne raison de faire de l'histoire des techniques, ça ?

Le Plume vous salue bien.



dimanche 23 septembre 2007

Au coin du bois

Après la clairière, les bois : après ma visite à Rauzet il y a huit jours, direction « Le Temple » - le coin de la forêt de la Mothe-Clédou désigné par mes sources comme un lieu d'extraction et de lavage du minerai. Trouvé le chemin sur les indications de la propriétaire ; son fils, qui rentrait de débiter du bois chablis de la tempête de 1999, m'indique la zone des puits à minerai. Et de fait, dans les sous-bois au dessus du chemin, des trous rebouchés de grosses pierres : c'est bien là.


Forêt de la Mothe-Clédou, commune de Combiers, 15 septembre dernier.

Je n'étais pas là pour faire des fouilles, bien sûr ; juste pour voir. Des fouilles ne révèleraient rien de bien spectaculaire, d'ailleurs : un trou de quelque mètres ; au fond, une sorte de chambre, ou une petite galerie - rien à voir avec les vastes systèmes miniers associés au plomb argentifère, par exemple. Jusqu'à la fin du XIXe siècle, l'extraction du minerai de fer est plus proche du grattouillage que de l'exploitation minière au sens actuel du terme...

Sinon, aujourd'hui, journée décidément sportive : deux heures de rugby à la télévision (du vrai, pas l'équipe de Bernard Laporte) suivi d'une heure de vélo. Au bois de Vicennes. Ça ne vaut pas la forêt de la Mothe-Clédou, mais pour le vélo, faut reconnaître que c'est plus pratique.

Le Plume vous salue bien.



vendredi 21 septembre 2007

Dans le pré d'à côté

À côté du prieuré grandmontain de Rauzet, les vaches ne sont pas grandmontaines ni même limousines mais prim'holstein, comme tout le monde.


Lieu-dit Rozet, commune de Combiers (Charente), 15 septembre 2007.

Comme disait Billy the Kick dans les grandes années de la pop rennaise :

Là-bas des vaches nous regardaient
D'un air complice et détendu
Y'avait plus qu'à s'y mettre
Pour assurer la cueillette

Pour ma part je ne cueillais rien : j'avais assez récolté d'échantillons de minerai et de scories à mon dernier passage dans le coin, et puis cette fois je rentrais à Paris en train... J'avais toutefois bien envie de retourner sur les gisements mentionnés dans mes sources : en avril, je n'étais pas allé jusqu'au lieu-dit « Le Temple », seulement au Cluzeau, en aval. M'étant ouvert de ce projet à un des responsables de l'association qui s'occupe du site de Rauzet, il m'emène voir une sympathique vieille dame qu'il me présente comme la propriétaire de cette partie de la forêt.

C'est donc avec sa bénédiction et et muni de ses indications que je suis allé faire un peu de marche dans les sous-bois, à la recherche des gisements, des anciens lavoirs à minerai et des ruines d'un ancien ermitage qui donnent son nom au lieu-dit. Je vous raconterai ça un de ces jours !

Le Plume vous salue bien.



jeudi 20 septembre 2007

Grandmontains

En virée au Sud d'Angoulême samedi dernier, au volant de la voiture paternelle, j'avais pris une route que je ne connaissais pas, passant par Rougnac pour rejoindre Combiers à travers la forêt de la Mothe-Clédou. Un raccourci qui avait le mérite de m'épargner les kilomètres un peu monotones de la route de Périgueux. Avec l'avantage supplémentaire qu'on n'a même pas besoin de se ranger sur le côté pour lire la carte - on redémarrera si par extraordinaire arrive un autre véhicule.

Au sortir de la forêt, je tombe sur un hameau dominé par une grande église en ruine. Arrêt ; coup de chance, en l'honneur des journées du patrimoine, l'association qui s'occupe du site fait visiter les restes de l'abbaye de Rauzet, de l'ordre monastique de Grandmont.


L'abbatiale de Rauzet, commune de Combiers, 15 septembre dernier.

L'ordre grandmontain est l'un de ces ordres d'esprit érémitique du XIe siècle, un peu comme les Chartreux - mais basé dans les monts moins redoutables du Limousin. L'ordre a par la suite essaimé dans tout le domaine Plantagenêt, de l'Aquitaine à l'Angleterre. Y compris, donc, à Combiers.

Les ordres religieux n'étaient plus qu'une survivance à l'époque moderne : l'abbaye voisine (cistercienne) de Grosbot était pratiquement désertée en 1725 - « il y réside ordinairement un prieur et quelquefois un autre religieux », écrit alors Jean Gervais dans sa description de l'Angoumois. Le prieuré de Rauzet n'est même pas mentionné. L'ordre tout entier est finalement supprimé, non pas à la Révolution, mais en 1772, par la commission des réguliers de Loménie de Brienne, chargée de faire le ménage dans les abbayes et monastères.

Un peu d'histoire en rase campagne...

Le Plume vous salue bien.



jeudi 23 décembre 2004

Moulin de Guillot

Le moulin frère de celui que je montrais hier, avant que sa roue ne connaisse une fin tragique :


Moulin de Guillot, Feuillade (Charente), 29 décembre 2003, assez tôt le matin.

Cf. le commentaire d'hier sur l'histoire de ce moulin. A partir de l'époque révolutionnaire, il semble avoir été exclusivement un moulin à blé.

In other news : je continue à travailler à mes pages persos, qui devraient être un complément sympa (j'espère) de ce blog. Restez à l'écoute !

Le Plume vous salue bien.



jeudi 13 mai 2004

Petit pont (mais pas de bois)

Bon, puisque ce sont les saints de Glace paraît-il ("saints", j'ai dit, pas de mauvais esprit s'il vous plait), je ressors une photo de décembre dernier. Il s'agit du pont de Guillot sur le Bandiat, à Feuillade (Charente). Je n'en connais pas la date de construction, mais je le soupçonne du XVIIIe siècle.


Pont de Guillot, Feuillade, 29 décembre 2003.

Ce qui est amusant, c'est qu'il y a un pont, mais pas de route : celle-ci atteint le moulin qui se trouve à gauche du cadre, puis se transforme en chemin agricole pour desservir les champs de l'autre côté du Bandiat.

Alors, pourquoi un pont s'il n'y a pas de route ? C'est que le moulin de Guillot n'était pas un moulin ordinaire, mais un moulin à minerais et une forerie de canons. On y lavait et concassait le minerai avant de l'envoyer dans les hauts-fourneaux des environs (il y en avait trois ou quatre dans un rayon de quelques kilomètres) et surtout à la fonderie de Ruelle. Ce pont était donc tout indiqué pour supporter les tombereaux de minerais en provenance des bois de Varaigne, sur la rive droite.

Donc non seulement c'est un joli petit pont, mais en plus il intéresse l'historien. On peut être dans une région à forte histoire sidérurgique sans que ça ressemble à une zone industrielle !

Le Plume vous salue bien.



dimanche 25 mars 2007

Écouter parler les sources

À l'occasion de mon passage au musée de la Marine, jeudi dernier, j'ai acheté un numéro récent de la revue des amis du musée, Neptunia, consacré à la fabrication de l'artillerie de marine. J'y ai lu un article qui cause en partie de mes sujets de recherches - avec tellement d'erreurs et d'à-peu-près que je réalise mieux l'urgence qu'il y a à boucler, rédiger et, si possible, publier mes propres résultats.

Vendredi, dernière séance d'archives consacrée au carton qui m'intéressait ces derniers temps. Je ne pense pas que j'irais faire beaucoup plus de dépouillement aux archives nationales cette année ; il faut savor dire « stop ». Ou peut-être encore un tout petit, petit, petit peu. Ce qui ne veut pas dire que j'ai renoncé à retourner voir des trucs à Lorient ou à aller jeter un coup d'œil à Limoges...


Le moulin de Guillot, ancienne forerie de canons et lavoir à minerai, Feuillade (Charente), juin 2004.

En attendant, je fais des fiches. Utile, dans la mesure où ça me force à revoir l'ensemble de ma documentation. Qui, disons-le, commence à être substantielle.

Lucien Fèbvre disait que faire de l'histoire, ce n'est pas simplifier mais compliquer. Et c'est vrai : en prétendant simplifier, généraliser, prendre de la hauteur, on arrive à faire de belles phrases, de belles démonstrations - et on se plante. Parce qu'on n'a pas assez écouté parler sa documentation, tout simplement.

Le Plume vous salue bien.



vendredi 7 juillet 2006

Voies carrossables

Activité du soir : établir les itinéraires de nos balades limougeo-périgourdines - qui d'ailleurs pourraient s'avérer limougeo-périgourdo-quercynoises :

«  Ah, dis, ça a l'air chouette les grottes de Pech-Merle -- Pech-Merle, dis-tu... Commune de Cabrerets... (recherche sur un logiciel de cartographie) Ah, oui, de Sarlat, ça ferait 70 bornes, c'est parfait. Et puis il y a St-Cirq-Lapopie juste à côté, bonne idée ça. »

Bref, on roule par la pensée le long des voies plus ou moins carrossables de ces parages.


Le chemin du pont de Guillot à Feuillade (Charente), entre Périgord et Angoumois, juin 2004.

Affaire à suivre. Finalement je connais très mal ces régions, à l'exception d'un petit séjour à l'auberge de jeunesse de Sarlat il y a quelques lustres. C'était un été entre deux chaises, entre un DEUG à Bordeaux et un deuxième cycle à Paris ; c'était aussi juste avant de mémorables agapes pyrénéennes... Il y a donc lieu de raffraîchir ma mémoire !

Le Plume vous salue bien.



samedi 8 juillet 2006

De l'eau sous les ponts (mais pas beaucoup)

Même endroit qu'hier, mais suivant un autre axe :


Pont de Guillot, Feuillade (Charente), juin 2004.

J'avais fait la même photo six mois plus tôt - plus d'eau sous les ponts en décembre, et moins de verdure pour la boire.

Sinon, j'ai bien réfléchi, et je trouve que j'ai pas mal de chance, dans la vie.

Le Plume vous salue bien.



mercredi 22 décembre 2004

Moulin de Chapiteau

Je vous l'avais promis, le voilà : le moulin de Chapiteau.


Le moulin de Chapiteau, Feuillade, Charente, 20 décembre 2004.

Feuillade se trouve à la limite entre les départements de la Charente et de la Dordogne, au point d'avoir été un point de discussion lors du découpage des départements. C'est surtout le cœur d'une des plus riches zones d'extraction de minerai de fer de la région, rassemblé dans des dépots sédimentaires superficiels sur les collines qui entourent la vallée du Bandiat. Mais avant que le minerai puisse aller au hauts-fourneaux, il fallait le concasser et le laver dans des installations hydrauliques, bocards et lavoirs.

Feuillade était le lieu idéal pour cette activité, proche des lieux d'extractions et sur une partie encore bien en eaux de la rivière : le Bandiat disparait ensuite progressivement dans les failles des terrains calcaires pour ressortir à dix ou vingt kilomètres de là, aux sources de la Touvre.

Jusqu'en 1789, cette activité avait lieu, pour le compte des entrepreneurs de Ruelle, un petit kilomètre en aval, au moulin de Guillot. Mais le changement d'entrepreneur (les nouveaux entrepreneurs, avisés qu'ils sont, signent le 12 juillet -- la famille Seillière a toujours eu le sens de l'histoire, c'est évident) se passe mal et la négociation sur la cession de Guillot, pourtant bien avancée, semble échouer. Dès lors, c'est Chapiteau qui apparait dans mes sources pour jouer le même rôle.

Quelle est l'histoire précise des infrastructures de Chapiteau ? Je ne sais pas, et il n'est pas sûr qu'on puisse la faire un jour. Les structures actuelles datent sans doute du XIXe siècle. Elles sont tout à fait exceptionnelles : pas moins de six chutes d'eau parallèles, dans des bassins ovales manifestement conçus pour le lavage du minerai. Il y avait certainement des bocards, ces machines à piler le minerai, mais difficile de savoir exactement où...

Les structures en pierre séparant les bassins sont maintenant surmontées de petits pavillons et de piscines pour le particulier qui possède aujourd'hui les lieux. Je lui en souhaite : juste dans l'ombre de la colline voisine, il y faisait un froid polaire lundi, malgré le grand soleil qui avait réchauffé les environs.

Le Plume vous salue bien.



jeudi 22 décembre 2005

Étangs

En l'an 1778, Dom Coup-de-Lance, abbé cistercien de Grosbot, assigne en justice les entrepreneurs de la fonderie de Ruelle : il leur reproche d'avoir fait établir, en amont d'étangs appartenant à l'abbaye, des lavoirs à mines, c'est à dire à minerai de fer. Ces lavoirs, dit-il, menacent d'« anéantir » lesdits étangs ainsi que les moulins qui les accompagnent. J'ignore les détails de cette affaire, n'ayant pas pour le moment retrouvé les pièces de la procédure - pas sûr d'ailleurs que je les retrouve jamais, les archives juridiques du XVIIIème siècle étant parfois un grand mystère.

Les textes me permettent toutefois de situer avec une bonne précision les lieux concernés ; après avoir conduit Madame Plume à son train, je suis donc allé y mouiller mes chaussures. Je pense avoir localisé un des étangs dont parle l'abbé, un étang artificiel (comme presque tous les étangs de France d'ailleurs) d'environ 200m de long, alimenté entre autre par une petite source, mais sans doute aussi, en période de hautes eaux, par un petit ruisseau venu du nord-ouest. L'étang était solidement pris par la glace, même si je ne me suis pas aventuré à mettre cette solidité à l'épreuve de mon poids. Le soleil commençait déjà à descendre derrière les arbres des collines environnantes ; en dehors du bruit de l'eau, pas un bruit.


L'étang de Font Palet, Grassac, Charente, cet après-midi, 16h36.

Mes tentatives pour retrouver, en amont, l'implantation des lavoirs à mines n'ont rien données - au demeurant, je ne tenais pas à me perdre dans les bois à la nuit tombée. Toutefois, un petit coup d'?il en aval me montre, sur les bords de l'émissaire de l'étang, d'épaisses couches de boues rouges qui me semblent compatibles avec celles produites par ce genre d'installations. Nulle doute que ce sont ces boues qui causaient la fureur de Dom Coup-de-Lance (je ne me lasse pas de ce nom), peu compatibles à n'en pas douter avec le bien-être des carpes abbatiales...

Le Plume vous salue bien.


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mardi 21 décembre 2004

Forêt

Hier, avant de rentrer vers les frimas (eh !) parisiens, grand beau temps tout à fait inespéré. Alors on a emprunté un véhicule automobile pour une promenade hivernale (ou tardo-automnale si l'on veut) dans la campagne charentaise. Le Bandiat à Feuillade (le moulin de Chapiteau, moulin à minerai assez exceptionnel, je vous en parlerai un de ces jours), la forêt d'Horte, le tout nouveau viaduc de l'Anguienne, juste au sud d'Angoulême...

En forêt d'Horte, entre les traces de l'exploitation ancienne (nombreux lieux-dits liés à l'activité des cloutiers, vieille spécialité locale), un camion de bois pour rappeler que la forêt est, hier comme aujourd'hui, un lieu d'activité humaine.


Entre Charras et Sers, Charente, 20 décembre 2004.

Le Plume vous salue bien.


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vendredi 18 juin 2004

brouillard

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Un TER entre en gare de Jarnac (Charente), mardi 8 juin dernier, 7h du matin.

Quand on va par le rail d'Angoulême à Saintes, la traversé du Cognaçais est souvent assez fantômatique. En hiver c'est la Charente en crue qui recouvre une bonne partie du paysage, en aval de Cognac. Au printemps, les calcaires de la fine champagne rendent leur chaleur au petit matin, créant d'épais brouillards alors que, 10km plus loin, le ciel est d'un bleu parfait.

Etrange pays que celui-ci, si loin de l'équilibre pantouflard et "benaise" du reste de l'Angoumois. Faut-il s'étonner qu'à l'occasion on s'y entretue à la sortie des mariages ? Les haines locales y sont plus durables et plus vigoureuses qu'ailleurs, semble-il.

Le Plume vous salue bien.

ps: d'aucuns prétendront que Sireuil, où a eu lieu une bagarre spectaculaire à la fin d'une fête de mariage bien arrosé, n'est pas encore réellement dans le Cognaçais. Hmmm... Ca y ressemble, pourtant.


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lundi 8 mai 2006

Par ci, par là

Rentré depuis hier à Paris Ile-de-France, comme disait l'autre, mais je ne résiste pas à une image charentaise :


Marthon, Charente, 4 mai 2006.

J'aime bien Marthon ; pas tellement plus peuplé que les villages voisins, mais l'aspect d'un vrai bourg, avec son donjon, son petit château renaissance et l'étonnante tour Saint-Jean, sorte de maison-grenier toute en hauteur (à gauche sur la photo). Il y a aussi La clé des champs, qui était la boîte du secteur la plus fréquentée par les gens à cheveux longs et pull en laine ou blouson de cuir, dont je faisais partie (option laine). Je n'y suis jamais allé, je n'allais pas en boite à l'époque. Maintenant non plus d'ailleurs.

Sinon, je commence à me familiariser avec mon nouveau vélo - quelques tours de piste à Vincennes, il est décidément très bien, cet engin. Je vous le montrerai un de ces quatre.

Le Plume vous salue bien.



mardi 1 novembre 2005

En amont des sources

La singularité de cette source a fait dire qu'elle étoit formée ou grossie des eaux du Bandéat et de la Tardoüere, qui se perdent en été à quelques lieues au dessus, et qui viennent renaître, à ce qu'on croit, sous cette montagne. Le trouble qui paroît en celle-ci, dans les temps du débordement des autres, a donné lieu à cette opinion, qui n'a peut-être pas de fondement plus solide que la fable d'Alphée et d'Aréthuse.

Jean Gervais, Mémoires sur l'Angoumois, 1725, p. 6.

La science contemporaine, armée de fluorescine, a cependant confirmé cette hypothèse, alors même qu'on ne se souvient guère ni d'Alphée, ni d'Aréthuse. Les eaux du Bandiat ne parviennent directement à la Charente que lors de crues exceptionnelles, tandis que La Tardoire, belle rivière à son passage à Montbron, n'est plus guère à l'étiage qu'un filet d'eau stagnante à son arrivée à la Rochefoucauld, une vingtaine de kilomètres en aval. En hiver par contre elle reste tout à fait respectable :


La Tardoire à Rancogne, 31 décembre 2003.

Plusieurs textes mentionnent un changement du régime de la Touvre à la suite du tremblement de terre de 1719. J'avoue avoir un peu de mal à le croire ; toutefois, la forge de Rancogne, fondée à deux pas de là par un parent de Colbert pour fabriquer des canons, connaît alors des difficultés plus marquées qu'à l'ordinaire :

...mais le cours de la Tardouëre, qui la fait aller, ayant été arrêté, les deux dernières années, à cause des excessives sécheresses, on y a été forcé de mettre hors aun milieu des plus belles saisons, ce qui a causé des préjudices infinis aux fondages que la demoiselle de Logivière avoit entrepris pour fournir au Roi le nombre de trois cent soixante-seize pièces de canon, dont elle s'est chargé pour le port de Rochefort..

Jean Gervais, Op. cit. p. 15-16.

Mettre hors, c'est mettre hors feu : éteindre les hauts fourneaux, qui normalement fonctionnent en continu pendant de longs mois. Avant de les redémarrer, il faudra en faire refaire tout le parement intérieur par des maçons et tailleurs de pierre, ce qui est long et coûteux - bref, la saison est fichue.

Malgré une tentative de reprise, la forge de Rancogne cesse définitivement son activité dans les années 1750, alors que le Marquis de Montalembert inaugure celle de Ruelle, à la place d'une ancienne papeterie établie sur la Touvre. Mieux vaut prendre l'eau là où elle veut bien aller !

Le Plume vous salue bien.



vendredi 4 novembre 2005

en aval

Voilà : cette journée se termine et il semble bien que j'y aie survécu. C'était pas gagné : j'avais, d'une part, un chapitre à présenter à ma directrice ; d'autre part, une présentation à faire de mon travail devant mes petits camarades. Couché à quatre heures, finir ce matin de ne pas terminer le chapitre tout en le rendant présentable en commentant les lacunes, me rendre présentable moi-même, et direction l'université, où j'ai rendu ledit chapitre. J'écris bien, paraît-il, et serait plutôt bien parti - c'est déjà ça, il ne me reste plus qu'à arriver.

Me restait alors trois heures pour préparer mon exposé, à grand renfort de pain d'épice acheté au supermarché du coin - une petite présentation PowerPoint, quelques pages de notes peu lisibles pour tout autre que moi, et même pour moi d'ailleurs, et c'est parti...

Ça c'est assez bien passé je crois ; la preuve, j'ai été beaucoup plus long que prévu et pourtant on ne m'a pas lancé de tomates.

Maintenant, je suis en aval des difficultés, je peux me laisser glisser un petit peu.


La Touvre en aval de la fonderie de Ruelle, 20 février 2004.

Un truc curieux : la plupart des questions qu'on m'a posées venaient de problèmes de vocabulaire. C'est effectivement une des difficultés de l'histoire des techniques, où l'on jongle entre le vocabulaire des sources et le nôtre avec plus ou moins de bonheur. L'usine que j'étudie est désignée jusqu'en 1785 environ sous le nom de « forge de Ruelle, » alors même que l'on n'y a jamais rien forgé, au sens classique d'affiner ou de mettre en forme du métal en le frappant à chaud. On n'y a d'ailleurs jamais produit de fer forgé, mais seulement de la fonte... Seulement voilà, à l'époque, on appelle forge tout établissement industriel, grand ou petit, où l'on travaille le fer, même si on ne l'y forge pas.

Vers 1780, d'ailleurs, des textes commencent à faire remarquer que le terme de forge est impropre. Quelques années plus tard, le terme de fonderie, auparavant réservé au traitement des métaux non ferreux (plomb, cuivre) s'impose rapidement. Il était toujours en usage dans les années 1980, alors même que le produit vedette de l'usine était le missile Exocet, qui ne contient guère de fonte... Le langage va à son propre rythme, au gré du jeu subtil des sons et des sens - à quoi bon le brusquer ?

Ma vision de l'écran commence à se troubler salement ; il est temps que je vous laisse. Sans compter que Madame Plume, qui avait une journée du même tabac aujourd'hui pour cause de colloque, remet ça demain, elle.

Le Plume vous salue bien.



mardi 27 juin 2006

Résultat des courses

Et voilà. C'est fait. Longue soutenance, plutôt plaisante d'ailleurs. Et résultat plaisant lui aussi, au bout du compte. En fait, ça ne pouvais pas être beaucoup mieux. Content. Même si crevé.

De la forge à la fonderie : les débuts du four à réverbère à Ruelle (1786-1804), c'est le titre que j'ai finalement arrêté vendredi dernier en faisant ma couverture. Vous voilà bien avancés. Plus d'info dans les vieilles entrées de ma rubrique historique.


Cette drôle d'usine sous laquelle passe une rivière : Ruelle, 20 février 2004.

Voilà qui conclut trois ans de recherches, mine de rien - ce qui est évidemment plus que ce que devrait demander une première année de Master, j'en conviens. Et maintenant, on continue, il y a un M2 à faire. Mais pas tout de suite à la minute, non plus.

Merci à tout ceux, à toutes celles. Mes deux relectrices de choc seront satisfaites d'apprendre que l'orthographe du mémoire m'a valu des compliments - c'est bien la première fois que ça m'arrive, ça.

Quand je serai grand, je serai historien, tiens.

Le Plume vous salue bien.



samedi 22 juillet 2006

Une usine avec une rivière dedans

Nous avions prévu des choses, parès le colloque : deux nuits à Sarlat, puis descente vers la vallée du Lot, les grottes de Pech-Merle, Saint-Cirq-Lapopie, remontée en douceur via Collonge-la-Rouge... mais il y a des choses que nous n'avions pas prévues :

  1. Que la température monte d'un degré par jour, malgré le gros orage essuyé à la fin du dîner champêtre d'Etouars (je sais de quoi je parle, j'étais sous la bâche posée à la va-vite pour protéger la sono de la soirée franco-polonaise) ;
  2. Que mes parents, piégés par la chaleur, n'auraient pas encore rejoint leur quartier d'été en Côtes d'Armor mais seraient toujours à Angoulême, c'est à dire à trente kilomètre de là où nous étions logés.

Les deux paramètres combinés rendaient nettement moins attractif le crapahutage sur le causse Gramat, et ce quels que soient les mérites du musée en plein air de la vie rurale de Cuzals (Lot). Que je regrette de n'avoir point vu d'ailleurs, si, si. Et nettement plus attractif le fait d'aller passer 24 heures chez mes parents avant de rentrer dans notre chez nous à nous, même s'il n'y fait pas plus froid qu'ailleurs.

Au passage, virée en famille sur le site de l'usine qui est devenu, par le hasard des circonstances, ma raison sociale d'historien : la fonderie de Ruelle. Cette usine avec une rivière dedans, qui en 1870, à l'heure de gloire de la machine à vapeur, tournait encore par la seule énergie hydraulique.


Ruelle (Charente) : vue des ateliers de la DCN depuis le pont de la Touvre, 18 juillet 2006, 12h30.

Évidemment, c'est toujours une usine d'armement, qui depuis 1753 n'a guère eu qu'un seul client, la Marine française - on retrouve quelques ventes à des armateurs privés au XVIIIe siècle, et aux colonels argentins au XXe, mais pour l'essentiel, des frégates de l'amiral d'Estaing aux vedettes de Cherbourg un peu avant Giscard, c'est Ruelle qui fournit les canons. Bref, une usine stratégique, qu'on ne visite pas. On se bornera donc à regarder, et à prendre discrètement quelques photos, depuis les grilles donnant sur la voie publique...

Le mémoire dont je vous ai rebattu les oreilles en ce début d'été portait pour l'essentiel sur un seul atelier, le plus ancien qui ait été conservé dans l'usine actuelle. Enfin, la façade a été conservée, le bâtiment qui est derrière a sérieusement pris du ventre, il me semble. Il ne s'agit pas de celui que vous voyez ici : il est juste derrière, on le distingue vaguement depuis le pont situé en aval de l'usine.

À peu près là où se trouve la bouée orange pour noyés éventuels se trouvaient autrefois les hauts fourneaux construits en 1752 par le marquis de Montalembert et reconstruits en 1777 après que Louis XVI ait racheté l'usine à son frère Artois, le futur Charles X. Pas à dire, je l'aime bien, mon sujet.

Le Plume vous salue bien.



samedi 7 avril 2007

Classements

Avant de partir vers mes terrains de chasse habituels - chasse aux archives, il va sans dire - je mets de l'ordre dans mes trophées : une fiche apr cote consultée, avec un minimum de détail sur le contenu... Le tout, imprimé sur une jolie fiche bristol au format 200×125, va rejoindre un joli petit classeur.

C'est l'occasion de reprendre toute ma documentation, ou du moins tous les documents d'archives et de se les remettre en tête. Au risque que ma tête (comme d'ailleurs le petit classeur mentionné plus haut) n'y suffise pas !


La Touvre en amont de la fonderie de Ruelle, un midi de canicule, juillet 2006.

Et puis : passé à la boutique IGN faire le plein de cartes - ces chères cartes au 1:50.000 de la série orange, idéales pour repérer le repérage toponymique et autres activités de prospection. Et bien sûr, j'emmène les appareils photos.

Le Plume vous salue bien.



lundi 30 avril 2007

Pieds dans l'eau

C'est dit : tant que je n'ai pas réussi à démarrer franchement le processus de rédaction de mon mémoire, j'utiliserai ici des photos présentant un certain désordre graphique. Celle-ci, par exemple...


Cygne sur la Touvre à Ruelle (Charente), février 2004.

Bon : c'était mes premiers pas en photographie numérique, je ne maîtrisais pas encore les subtilités de la mise au point automatique. Mieux vaudrait sans doute expliquer que la mise au point sur les branches est un effet parfaitement voulu et maîtrisé, mais ce ne serait pas complètement, totalement, 100% honnête... 10.000 clichés plus tard, il m'arrive de faire la même chose, et toujours pas exprès.

Le processus de rédaction s'enclenche, lentement, très lentement. Curieusement, c'est sous la douche que j'arrive le mieux à construire mon propos ; le problème, c'est que je n'ai rien pour écrire sur le moment ; dès que je suis de nouveau à portée d'instruments d'écriture, les échaffaudages se dérobent... Bon, il y a une conséquence favorable : je devrais être, dans les semaines qui viennent, d'une propreté quasi helvétique.

Le Plume vous salue bien.



samedi 7 juillet 2007

Ma fonderie de Ruelle

Semaine de folie la semaine dernière, pic de boulot et décrue sensible du nombre de personnes disponibles pour le faire. Ça s'est terminé hier soir par des tentatives de démélage de fibres optiques par dizaines qui tentaient de m'empêcher d'installer un nouvel équipement à l'emplacement prévu à cet effet. Au risque de tou péter, suivant le sain principe qui veut que l'on ne se lance pas dans une manip' à risque à 17h un vendredi soir. Après tout, les principes sont là pour être transgressés.

Maintenant, un peu de repos - et retour à mes chères études !


Ruelle-sur-Touvre (Charente), la fonderie vu du pont de la route de Limoges, juillet 2006.

Eh oui : il faut que je parvienne à jeter sur le papier le résultat de mes recherches. La connaissance que l'on se donne d'un sujet historique forme un objet multidimensionnel, fait de connexions multiples entre éléments récoltés dans l'ensemble des sources. De ce volume, il faut extraire un écrit, quelque chose d'essentiellement linéaire - même si la ligne de l'écrit se répartit sur la surface des pages et dans le volume d'un ouvrage. Il s'agit donc d'un parcours de l'objet historique - et tout parcours est fait de choix.

Finalement, la difficulté principale est de se convaincre (et de rester convaincu) qu'il n'y a pas de solution idéale au problème, que de multiples solutions se vallent plus ou moins - et que par conséquent toute solution qui permet d'avancer est acceptable, tant qu'elle n'est pas totalement absurde.

Au travail, donc !

Le Plume vous salue bien.



jeudi 19 janvier 2006

Du pain sur la planche

À la maison aujourd'hui, à rédiger mon mémoire. Très en retard, encore - deux semaines que je n'arrivais pas à avancer. Dans sa version actuelle, mon mémoire traite de l'introduction d'un procédé technique nouveau ; le chapitre que je suis en train de rédiger traite de tout ce qui précède, ce qui évidemment demande un certain esprit de synthèse... C'est parti maintenant, je pense avoir trouvé la bonne densité pour faire quelque chose d'à la fois concis et à peu près compréhensible. Du coup, j'évoque (en quelques mots) plein de petits hauts fourneaux charentais, ou plutôt d'anciens moulins qui étaient des hauts fourneaux au XVIIème ou au XVIIIème siècles - car, j'ai déjà dû le dire des tas de fois, un haut fourneau, à cette époque, c'est avant tout un moulin, seule une roue hydraulique étant capable d'actionner sans interruption les soufflets tout au long d'un fondage de plusieurs mois.

Celui-ci, par exemple : le nom du lieu-dit, Planchemeunier, nous donne à penser qu'il y avait là naguère un moulin à blé. Un haut-fourneau s'y installe à partir de 1514, ce qui en fait un des plus anciens de l'Angoumois ; on y fabrique des canons pour la marine à la fin du XVIIème siècle et jusqu'au milieu du XVIIIème. On n'a pas de trace de son activité pendant la Révolution française ; il est donc probable que l'activité métallurgique ait déjà été abandonnée. Au début du XIXème siècle, on y établit un moulin à blé - retour aux sources, si l'on peut dire. Aujourd'hui, il s'agit d'une habitation privée.


Planchemeunier, commune de Sers, Charente, 4 juin 2004.

C'est un vallon paisible, à une dizaine de kilomètres d'Angoulême ; le rurbain, en rentrant du travail, peut pêcher la truite dans les eaux de l'Échelle, profitant du calme et de l'air pur. Un de mes camarades, qui étudie un site du même type situé dans le Nord de la Bourgogne, le rappelait dans une présentation récente : il y a 250 ans, les fourneaux enfumaient la vallée jour et nuit, tandis que toute la journée de lourds marteaux hydrauliques frappaient leur enclume toutes les dix ou vingt secondes. Là comme ailleurs, et contrairement aux idées reçues, la tranquillité est une invention récente.

Le Plume vous salue bien.


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dimanche 11 décembre 2005

Encore de l'acier

Pour continuer sur ce que je disais hier : ce qu'on ne réalise généralement pas, ce n'est pas que l'acier soit plus rare au moyen-êge ou au XVIIème siècle qu'aujourd'hui (on s'en serait douté) mais c'est l'énorme différentiel dans les quantités produites, dans les prix et, partant, dans les usages - différentiel qu'on ne retrouve plus, puisqu'on n'a plus guère que de l'acier. Et que du coup c'est le fer forgé qui est plus cher, d'ailleurs.

En fait, dans le système ancien, seules quelques pièces critiques sont entièrement ou partiellement en acier : les fers à moulins, par exemple, qui frottent en permanence et donc s'useraient en un rien de temps. Ou alors les pointerolles de mineurs : elles sont en fer, mais on pose, à la pointe, un insert en acier, histoire que ça tienne le coup.

Tout change à la seconde moitié du XIXème siècle avec Bessemer, Siemens, Martin, Gilchrist et consorts, quand on commence à maîtriser la transformation de la fonte en acier en phase liquide - et ça se passe en partie à cet endroit :


Usine métallurgique de Sireuil, Charente, décembre 2002.

C'est là, en effet, sur les bords de la Charente, pas bien loin de Jarnac, que Pierre Martin (1824-1915) établit dans les années 1860 sa première aciérie, équipée du four qui porte son nom. Car, comme je le disais, si le procédé Bessemer de l'acier pneumatique est le plus connu, le procédé Siemens-Martin est largement plus proche de ce qu'utilise la sidérurgie contemporaine. La notoriété du procédé Bessemer tient je crois à son aspect spectaculaire et au fait qu'il se prête à de magnifique schémas explicatifs : on souffle de l'oxygène à haute pression dans une énorme cuve basculante pleine de fonte en fusion - bruit, gerbes d'étincelles, etc. Les procédés sur sole sont moins spectaculaires, puisqu'il s'agit essentiellement d'un four à réverbère amélioré - raison pour laquelle je m'y intéresse, évidemment. Tout se passe du coup dans une enceinte de brique réfractaire, à l'abri du regard des curieux... Mais c'est tout de même ce procédé qui a permi l'utilisation du minerai de fer de lorraine et donc donné naissance à la grosse sidérurgie française moderne. Bien loin des biefs charentais, il est vrai.

Le Plume vous salue bien.



samedi 21 avril 2007

Rivières encore

Pour compléter ma liste d'hier : sur la Charente elle-même, quelques usines métallurgiques : Taizé-Aizie, près de Ruffec - on n'y faisait pas de canons, le minerai, différent de celui de la région du Bandiat, ne s'y prêtait pas ; c'était tout de même la forge la plus importante du département de la Charente au début du XIXe siècle. Un peu plus bas, un peu plus tard, Sireuil, en aval d'Angoulême ; le procédé Martin de production de l'acier y fut, dit-on, mis au point.


L'ancienne usine de Sireuil (Charente), décembre 2002.

Plus facile de parler de ça que d'élections, tiens. Au fait, si vous voulez des sondages, il y en a de tout frais sur le site du journal Le Soir, de Bruxelles : leur interdiction en France est décidément de plus en plus ridicule. Dans l'ensemble, j'ai du mal à voir comment limiter la liberté de la presse favorise la démocratie ; quand en plus cette interdiction ne touche que la partie de la population qui n'a pas accès aux médias étrangers, par le web ou autrement, ça devient un peu plus grave...

Mais bon : tonner contre les sondages fait partie des discours à la mode. Raison suffisante pour s'en méfier, de ce discours.

En attendant, les sondages, fussent-ils illégaux, ne m'aident guère à trancher mes dilemnes électoraux. Ferais mieux d'aller me coucher ; demain matin, il fera tôt.

Le Plume vous salue bien.



vendredi 27 avril 2007

Nous entrerons dans la carrière...

Quand nos aînés n'y seront plus ;
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus ! (bis)

Air connu - c'est même plutôt à la mode. Des générations de gamins se sont interrogés sotto voce sur la pertinence des carrières de pierres dans un chant guerrier.

Et c'est bien à ce propos que je vous ressors ces vers martiaux. C'est chouette, les carrières, des expos de géologie gratuites et en plein air...


Ancienne carrière près du bourg de Torsac, Charente, 9 avril 2007.

La carrière de Torsac n'a rien de spectaculaire ; ce ne sont pas les immenses carrières de Normandie avec lesquelles on a construit Paris. Un demi-cercle d'une petite centaine de mètres de diamètre excavé dans la falaise, un front de taille d'une dizaine de mètres à tout casser. Son calcaire, plus ou moins utilisable suivant les strates, va du gris au jaune ; on le retrouve dans le bourg de Torsac tout proche, perché sur petite éminence au pied de laquelle coule la Charreau - un affluent de la rive gauche de la Charente, comme l'Anguienne, les Eaux-Claires, la Boëme et le Claix...

Rien de bien spectaculaire. Nos aînés y ont laissé pas mal de poussière en effet, et les traces rouillées de leur industriosité. Il y fait chaud sous le soleil de l'après-midi ; les quelques arbres qui tentent de poucer dans les gravats n'ont pas encore leur feuilles nouvelles pourtant. On reprend son vélo en souriant, malgré la côte de Dirac qui s'annonce de l'autre côté du ruisseau.

Le Plume vous salue bien.



lundi 31 octobre 2005

Retour au sources

Premier chapitre de mon mémoire, dans sa nouvelle moûture : Question de sources : matériaux pour l'histoire d'une usine. Autrement dit, un inventaire critique de mes sources, qui sont essentiellement des documents d'archives. Ça correspond tout à fait à ma conception du métier d'historien : quelqu'un qui fait parler des sources pour reconstituer des faits historiques. Tout le contraire donc d'un exercice de réthorique où l'on jonglerait avec des concepts tout en compilant les travaux antérieurs.

Bonheur donc de me replonger dans mes sources : elles sont belles, variées et abondantes, au risque d'ailleurs de s'y noyer comme je l'avais fait il y a deux ans... On va essayer de faire mieux cette fois-ci, comme disent les sportifs.

Et à propos de sources :


Touvre (Charente) : l'une des sources de la Touvre, le « Dormant ». 6 juin 2004, 14h20.

C'est là en effet que tout commence : l'usine que j'étudie est fondée à Ruelle en raison des particularités de cette rivière, la Touvre. Elle naît de trois résurgences, le Dormant, le Bouillant et la Font Lussac, dont les eaux proviennent de plusieurs rivières qui disparaisse, totalement ou en partie, dans le plateau clacaire qui se trouve un peu plus à l'est. Du coup, son débit est pratiquement constant toute l'année, ce qui permet de faire fonctionner au mieux les hauts fourneaux au charbon de bois (car qui dit haut fourneau dit soufflets et qui dit soufflets dit énergie hydraulique pour les actionner) ainsi que les autres machines nécessaires à la fabrication des canons. La puissance disponible est suffisante pour que, dans les années 1870, alors que la plupart des usines utilisent des machines à vapeur comme source d'énergie mécanique, la fonderie de Ruelle n'ait pas encore eu le besoin d'en établir une.

Aux sources de mes sources, il y a donc ces sources. La boucle est bouclée.

Le Plume vous salue bien.



samedi 11 mars 2006

Des eaux et forêts, des princes du sang et des bibliothèques municipales

J'avance ma rédaction, un peu poussivement, mais j'avance tout de même. J'en suis à l'irruption du comte d'Artois dans le foutoir juridique concernant la propriété de la forge que j'étudie, ce qui donne des paragraphes du genre :

Rappelons qu?au XVIIIe siècle l?apanage ne confère pas à son titulaire d?autorité politique sur l?ensemble ainsi constitué mais lui transfère la totalité des revenus domaniaux associés à ces titres. Ainsi, les forêts domaniales restent sous l?autorité des grands maîtres et maîtres particuliers des eaux et forêt, conformément à l?ordonnance de 1669.

Je sais, je devrais peut-être me contenter de faire marcher des réseaux informatiques... Bref, je suis bon pour essayer de déméler en quelques paragraphes le statut légal des eaux de la Touvre, partie de l'apanage d'Artois mais pas complètement - c'est un peu compliqué.


L'église romane de Touvre, sur la colline qui domine les sources de la rivière du même nom, juin 2004.

Sinon, un coup pour rien aux archives nationales : je cherche depuis des lustres un pan de ma documentation qui me manque cruellement, et je ne l'ai pas trouvé aujourd'hui. Il faut dire que les archives d'ancien régime de la marine sont particulièrement mal fichues, ayant été classées un peu n'importe comment après la fermeture du ministère sous la révolution - il occupait les locaux de l'actuelle bibliothèque municipale de Versailles ; on y était allé pour entendre une conférence de Jean Malaurie il y a quelques années, c'est pas dégueu, comme bureaux.

Ceci dit, comme de juste, je suis tombé sur pas mal de documents intéressants ou curieux qui pourraient bien faire l'objet d'une entrée dans Histoire de dire avant que ça me reprenne.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : voilà qui est fait : C'est l'entrée Nantes, farine et chaudières au charbon.