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Des photos et des jours

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dimanche 28 janvier 2007

Le père Lachaise est de retour

Le cimetière du Père Lachaise ferme à 17h30 en cette saison - ce qui signifie qu'une promenade là-bas, si l'on a un peu traîné après le déjeuner, est forcément hâtive. Il est vrai que les résidents du lieu sont là pour longtemps ; on pourra toujours repasser plus tard. Et en attendant, si on veut atteindre le mur des fédérés via le tombeau d'Oscar Wilde, mieux vaut ne pas partir du bas des escaliers.


Cimetière du Père Lachaise, mars 2005.

Pas beacuoup de photos aujourd'hui - pas de photos sans lumière et, de lumière, il n'y avait guère ; encore moins passé l'heure du thé. Promenade au milieu d'histoires de vie que résument sur des pierres quelques mots et quelques dates. On tente de reconstruire des narrations de ce squelette de biographie. Cette jeune fille à l'air un peu sévère dont la sculpture orne le caveau est-elle la jeune épouse de cet homme ou bien sa fille ? Ayant contourné le caveau et trouvé les noms de sa femme et de sa belle-mère, nous abandonons la première hypothèse pour la seconde, à notre grand regret narratif.

Un peu plus loin, c'est l'histoire collective qui se montre, « pour mémoire » - ce qui ne veut pas dire grand chose, évidemment, sinon qu'il est bon de se souvenir que, parfois, on rencontre l'incompréhensible. Au bout du cimetière, le mur où furent fusillés les insurgés de la Commune ; juste en face, Waldeck Rochet tente de faire ainsi oublier qu'il est mort dans son lit et Maurice Thorez lors d'une croisière de luxe en mer Noire.

Le cimetière fermait ses portes - l'employé communal a verrouillé derrière nous la poterne qui débouche sur la rue de la Réunion. Nous n'avons donc pas vu la tombe de Thomas Couture (Senlis, 1815 - Villiers-le-Bel, 1879), peintre académique français dont nous ignorions d'ailleurs totalement qu'il était enterré là.

Le Plume vous salue bien.



samedi 27 janvier 2007

Au passage

Sur les bords de l'Interstate, quelque part dans le High Californian Desert, les arbres de Josué regardent s'écouler le trafic...


Interstate 15, San Bernardino County, Californie, août 2004.

Un séjour en Californie cet été est de plus en plus probable. En tout cas, on en a de plus en plus envie. J'aimerai étendre ce voyage au Sud-Ouest des États-Unis, plus généralement - Nevada, Utah, Arizona... On verra. On triera le possible, l'impossible, le pas impossible mais presque, etc.

Apparté : mes statistiques indiquent que j'ai quelques lecteurs ou lectrices en Belgique. Amis beligicains : à partir du 3 février, allez faire un tour à la gallerie Erna Hecey, 1C rue des Fabriques/Fabrieksstraat, à Bruxelles. Eleanor Antin y expose ses œuvres, qu'on voit encore trop peu en Europe. On envisage d'y venir depuis Paris, alors, si vous êtes sur place, ce serait dommage de vous priver :!

Le Plume vous salue bien.



jeudi 25 janvier 2007

Paris au fil des jours

Les journées se suivent et se bousculent. Du coup, pas de longs discours : un boulevard parisien (celui que j'honore de ma domiciliation) par un beau jour de début d'été, une saison en pente douce, léger faux plat vers les grandes vacances, année mille neuf cent quatre vingt dix-neuf.


Paris, Boulevard de Strasbourg, juin 1999.

Vous savez l'effet que font les comédies française des années 70, Un éléphant ça trompe énormément, etc. Les images de Paris qui montrent Paris mais aussi le temps qui a passé depuis ; les mêmes bouches de métro, mais d'autres voitures, d'autres habits, une autre ambiance... Cette photo me fait un peu cette impression-là. Pas si loin, pourtant ! La forme d'une ville...

Le Plume vous salue bien.



mercredi 24 janvier 2007

Ce que parler veut dire

À l'École nationale des Beaux-Arts ce soir on ne dessinait pas, on ne sculptait pas : on écoutait parler. Le poète américain David Antin parlait - sa poésie à lui, c'est la parole. Pas de lecture : un monologue improvisé dont il tire les textes qu'il publie. Ou alors, si c'est une lecture, c'est une lecture par anticipation, puisque les textes correspondants ne seront publiés que plus tard.


La Jolla, San Diego (CA), été 2003.

David fait partie des poètes et artistes qui se sont installés à San Diego dans les années 1960 pour travailler à l'université de Californie, San Diego qui venait d'être créée - initialement sous le nom d'UC-La Jolla puis d'UCSD. L'écouter me ramène un petit peu en Californie, bien sûr - les plages de La Jolla ou de Solana Beach ou les canyons de Carmel Valley. Mais l'essentiel n'est pas là.

Quand il parle, David parle de langage, de vie et de mort. De mort en général mais aussi en particulier - la mort d'un proche, tué sans raison dans un salon de thé de Hillcrest (un quartier de San Diego) où nous avions dégusté il y a quatre ans de délicieuses tartelettes. La mort comme limite du langage et du sens. David Antin observe qu'en français parlé on utilise le vocabulaire de la volonté pour parler de signification : il y a ce qu'on dit et ce que ça veut dire. Que peut signifier le verbe vouloir dans une tournure impersonnelle ? Si ça veut, qu'est-ce que c'est que ça ?

Bien sûr, qu'on en sait rien. Mais on (David Antin, vous, moi) peut jouer avec la question - puisqu'on est vivants.

Le Plume vous salue bien.



mardi 23 janvier 2007

Feuilleté culturel

J'avais dit hier que j'achevais ma mini-série sur le Japon ; seulement voilà : je ne le peux. En effet, montrer seulement des photos de temples comme si le Japon se limitait à ça, ça me déplait. Donc, un petit bout de Japon contemporain s'impose. Ça tombe bien, il n'est jamais très loin.


La gare de Kyoto vue de la terrasse, août 1998.

Allez au Japon pour chercher je ne sais quelle sagesse orientale immémoriale, c'est perdre son temps. Ce qui importe, c'est le feuilletage : les hautes technologies et les sanctuaires shintô, le base ball et la calligraphie traditionnelle... et toutes les combinaisons possibles en terme de résurgence, de réappropriation, d'ironie, de marchandisation, de recyclage culturel. C'est ça, ce qui mérite le voyage !

Le Plume vous salue bien.



lundi 22 janvier 2007

Salon de thé

Pour terminer cette mini-série japonaise : la reconstitution d'un pavillon de thé, construction dédiée spécifiquement aux rafinement de la cérémonie du Chanoyu - la préparation du thé.


Kinkakuji, Kyoto, août 1998.

Lesdits raffinements semblent d'ailleurs laisser perplexe un touriste japonais de passage (car les touristes japonais sont particulièrement nombreux au Japon - étonnant, non ?). Ou bien est-ce, tout simplement, qu'il faisait déjà très chaud du côté du Pavillon d'or en cette fin de matinée...

Le Plume vous salue bien.



dimanche 21 janvier 2007

De mousse et de buis

Les jardins de sable sont des jardins de lumière ; les jardins de mousse sont des jardins d'ombre. Curieusement, l'art du jardin de mousse ne fait guère couler d'encre et ne déplace pas les touristes du monde entier ; c'est pourtant l'autre versant du jardin à méditer des temples Zen. Il faut dire qu'il y fait froid et humide, comme il convient au développement des mousses, que c'est une construction qui se regarde de près, alors que les raies du rateau dans le gravier ne prennent forme qu'à distance ; que toute ces caractéristiques réunis en font des jardins peu photogéniques, ce qui n'aide pas à les promouvoir.


À défaut d'un jardin de mousses, un jardin avec de la mousse :
le bassin du temple du pavillon d'argent, Kyoto, août 1998.

Mais comme le jardin de sable, le jardin de mousse parle du temps et de l'homme - l'homme qui achemine les gouttes d'eau sur la roccaille pour favoriser tel type de mousse à tel endroit, au fil des ans... Transformation plutôt que construction, petits arrangements avec l'univers.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : tout ça est bel et bon, mais je n'arrive pas à envoyer de mail au Japon, justement. C'est quand même un comble !



samedi 20 janvier 2007

Collection de sable

Kyoto est sans doute une des villes les moins maritimes du Japon. Les seuls îlots battus par les flots qu'on y trouve, ce sont les rochers du jardin de sable du Ryoanji.


Jardin de sable du Ryoanji, août 1998.

On avait contemplé ces rochers tout en lisant Italo Calvino dans une entrée d'il y a bientôt deux ans. Quelle serait la durée additionnée des instants passés par chaque spectateur à les regarder ?

Ajoutons qu'en temps linéaire usuel cette photo a, à deux semaines près, l'âge du fils aîné d'un ami que je vais revoir bientôt - l'ami, le fils et le reste de la famille. Voilà une nouvelle qui fait d'aujourd'hui une belle journée.

Le Plume vous salue bien.



vendredi 19 janvier 2007

Promenons-nous dans les bois...

...pendant que le loup n'y est pas...

Les habitués de ces pages se rappellent peut-être de la conférence à laquelle j'avais participé l'été dernier à Varaignes et Etouars (Dordogne). Comme je crois comprendre que les membres de l'association organisatrice ont récemment découvert ce blog, voici un petit clin d'œil qui rappellera l'été !


Un paléométallurgiste polonais dans le taillis de châtaigner d'Hautefaye (Dordogne), 16 juillet 2006.

Le lien entre taillis et métallurgie est évident : c'est ainsi qu'on produisait les bûchettes propres à être transformées en charbon de bois. Lequel était le combustible exclusif des hauts-fourneaux jusqu'à la toute fin du XVIIIe siècle - le coke, produit à partir de la houille, ne le remplace que graduellement au siècle suivant1. Le lien avec la Pologne est plus circonstanciel : les associations organisatrices2 avaient convié des spécialistes polonias de la métallurgie ancienne à se joindre à nous.

Si on combine le tout, on obtient quoi ? De bons moments, sympas et fructueux. Quand je pense qu'il y en a pour trouver l'histoire des techniques trop austère...

Le Plume vous salue bien.

1 les tonnages de fonte produite au coke ne dépassent lade fonte au bois qu'en 1853, les deux courbes étant alors ascendantes. Le tonnage de fonte au bois commence cependant sa décroissance quelques années plus tard.

2 La Route des Tonneaux et des Canons et le Centre permanent d'intitiatives pour l'environnement du Périgord-Limousin.



jeudi 18 janvier 2007

Pendant ce temps...

Et pendant ce temps, à Kobe, un bœuf en bronze massif vétu d'un tablier de soie regarde passer les porte-containers.


Kobe, 30 août 1998.

Il faut dire que le bœuf de Kobe est célèbre : en gros, c'est un bœuf qui passe ses journées vautré sur un canapé à manger du riz en regardant le sumo à la télé. Une viande très tendre, très persillée, savoureuse, et bien entendu hors de prix. Il méritait donc bien d'avoir son sanctuaire sur un promontoire au dessus du « quartier européen » de Kobe !

Le Plume vous salue bien.



mercredi 17 janvier 2007

Dans un magasin de porcelaine

Les rues nord-sud de Philadelphie sont numérotées : Second Street, Twelfth Street... C'est classique dans les villes américaines en damier mais Philly est, historiquement, la première à s'y mettre.

En fait, il n'y a pas (ou plus) de First Street, remplacée par l'autoroute urbaine qui longe le fleuve. Il y a par contre une Second Street, au bout de la ville historique. On y trouve par exemple le plus vieil ensemble locatif du pays (il date du début du XVIIIe siècle). C'est surtout, pour une raison qui m'échappe, là que se concentrent tous les fournisseurs d'articles pour restaurateurs. Faïence, batteries de cuisine... Tout ce qu'il vous faut pour monter le petit resto dont vous avez toujours révé.


Philadelphie, 2nd Street, 29 décembre 2006.

Heureusement, pas d'éléphant à signaler dans ce magasin de porcelaine. Ni de taureau d'ailleurs, puisqu'en anglais le proverbe parle de bull in a china shop. De toute façon, l'éléphant est la mascotte du parti républicain alors que Philly est solidement démocrate...

J'aime bien cette façade. J'aime bien cette deuxième rue qui tourne mal sous le colossal tablier du pont suspendu qui traverse le fleuve. J'aime bien Philadelphie

Le Plume vous salue bien.



mardi 16 janvier 2007

À la Halle et au moulin

Dans les lumières crépusculaires de l'hiver la course à l'échalotte continue sur le nouveau campus : un nouveau bâtiment en réseau depuis cet après-midi (la Halle au farines) et pas mal de composantes qui devraient arriver dans les Grands Moulins ces jours-ci - y compris dans des secteurs où on trouve encore des ouvriers armés de brouettes et de truelles. Ça devrait donner.


La Halle aux farines vus des Grands Moulins, hier matin.
Je reste perplexe sur les éclairages disposés par l'architecte sur la corniche dudit bâtiment.

Et sur ce, je vide les lieux, sinon on va encore se retrouver enfermés. Et vu les pointes des grilles qu'il faudrait franchir pour sortir en douce, je préfère éviter.

Le Plume vous salue bien.



lundi 15 janvier 2007

Machinerie

On branche son ordinateur dans une prise de type RJ45 et paf ! on « navigue sur internet », comme on dit. Sans se demander un seul instant ce qui peut se passer derrière la prise. Évidemment, quand on passe ses journées à faire marcher ce qu'il y a derrière la prise, on a une autre vision de la chose.


USS New Jersey : sous le pont avant, la machinerie des cabestans. Camden (NJ), 28 décembre.

Bon, concrètement, ça ne ressemble pas vraiment à ça, nos salles machines à nous - même si les locaux où on intervient peuvent être assez baroques. D'un point de vue conceptuel, par contre, la tuyauterie peut être assez complexe...

Remettez-moi un coup de QOS 802.1p pour la VoIP, avec mon VMPS cuit à cœur !

Le Plume vous salue bien.



dimanche 14 janvier 2007

Road Movie

Même pays, autre monde : ici, quand les images flottent, c'est sur un mirage - jeu de l'air et de la réfraction sur le bitume surchauffé.


Interstate 95, Eldorado Valley, Nevada, 20 août 2004, vers midi.

Un dimanche à l'heure américaine. D'ailleurs, vu sous cet angle, je me suis levé tôt ce matin, Eastern Time... Hamburgers maison ce midi (ajouter à la viande hachée feuilles de coriandre hachée, oignon rouge, raifort, sauce Worcester, sauce Lousiana, etc., un délice) ; ce soir, promenade nocturne et inquiétante du côté de Boulder City, Nevada, sur les traces de la police scientifique de Las Vegas. En DVD, on a les vraies voix des vrais acteurs, et de toute façon, « les Experts », ça ne passe plus sur la Une.

À part ça : repos. Activité bien française et qui fait un bien fou.

Le Plume vous salue bien.



samedi 13 janvier 2007

Flotsam and Jetsam

Autre continent, autre fleuve : l'estuaire de la Delaware s'étire de Trenton au cap May. Entre chantiers navals et gazomètres, des débris à la dérive, au gré des marées.


Les chantiers navals de Camden vus de Philadelphie, 29 décembre dernier.

On ne lance plus sur les bords de la Delaware de vaisseaux pour les sept mers 1, ni de cuirassés comme le USS New Jersey dont je vous parlais l'autre jour. Mais sur la rive gauche, en amont du Benjamin Franklin Bridge, en face de la vieille usine électrique, on rénove ces curieux remorqueurs américains, avec leur vigie perchée sur un pylône.

Quand j'étais gamin, j'aimais le quai des Abeilles, dans l'avant-port du Havre - c'étaient les remorqueurs qui s'apellaient comme ça, Abeille suivi d'un numéro. Leur coque noire et blanche, les vieux pneus en guises de pare-battage, les aussières, l'odeur de mazout. Et la marée qui remonte les marches d'un escalier à flanc de quai. La regarder monter.

Le Plume vous salue bien.

1 Thomas R. Heinrich, Ships for the Seven Seas, Philadelphia Shipbuilding in the Age of Industrial Capitalism, Baltimore, The John Hopkins University Press, 1997.



vendredi 12 janvier 2007

Dans le port d'Amsterdam

Nombreux sont les visiteurs français à Amsterdam qui ne voient pratiquement rien de l'activité portuaire de la ville - à part peut être depuis le quai de la gare alors que les chiens des douaniers renifflent les effluves de coffee shop qui s'échappent de leur sac de voyage...

Juste derrière la gare passe le canal de l'Ij, qui relie la mer du Nord et l'Ijmeer. Une grande voie maritime qui relie Amsterdam à son avant-port, Ijmuiden ; une bretelle d'accès, en quelque sorte, à ce grand rond-point économique de l'Europe du Nord qu'est la mer du même nom.


L'Ij derrière la gare d'Amsterdam, 27 octobre 2006. À droite, le bac pour Noord Amsterdam, sur l'autre rive.

En tonnage de marchandises, Amsterdam est certes loin derrière sa concurrente sudiste, Rotterdam mais fait toujours partie des 50 plus grands ports du monde, à peu près à égalité avec le Havre. L'eau, ici, ce n'est pas seulement le clapotis contre le bordé des péniches dans de paisibles canaux ; c'est aussi, comme à Londres, comme à New York, le passé profond de la ville, ce qui a fait sa puissance - car toute ville est un lieu de puissance.

Visiter une ville portuaire en négligeant son port, c'est se priver de l'essentiel.

Le Plume vous salue bien.



jeudi 11 janvier 2007

Retour sur image

Enfin trouvé le temps d'aller chercher la pellicule photo que j'avais déposée l'autre jour. Des images sur un autre rythme, loin du direct : j'avais commencé ce rouleau à Amsterdam, fin octobre dernier. Retour arrière...


Amsterdam, Nieuwe vaart, 30 octobre 2006.

Ce hangar à bateaux un peu perdu entre le zoo et le musée de la marine, dans un coin beaucoup moins fréquenté que le Dam ou la ceinture de canaux ouest, est devenu un musée/chantier consacré à la batellerie. Autour, quelques terrains vagues, les restes d'un pont désaffecté - on ne fait que passer par ici, vers Diemen ou Ransdorp, les vastes banlieues un peu grises...

Un petit coin de ville caché sous un ciel d'automne. Le temps passé à le photographier, dans les mauvaises herbes, en attendant un rayon de lumière qui peine à percer la brume. Un moment dans la vie.

Le Plume vous salue bien.



mercredi 10 janvier 2007

Classic Philly

Un truc que j'aime bien, à Philadelphie, ce sont les immeubles de bureaux du tournant du siècle, paréllélépipèdes parfaits avec le nombre d'or dans tous les coins. Le Stephen Girard Building, sur 12th Street (pas très loin de l'ancienne gare que je vous avais montré l'autre jour), construit en 1896 par l'architecte James Windrim, auteur de plusieurs bâtiments à Philadelphie et d'un casino à Atlantic City (la ville du Monopoly !), concepteur également de la grande percée diagonale qui mène du centre de Philadelphie au musée des beaux-arts et au vaste espace vert de Freemont Park.


Stephen Girard Building, Philadelphie, 21 S 12th Street, 30 décembre 2006.

On n'est pas forcé d'aimer cette architecture, qu'on pourra trouver à la fois maniériste et compassée. Elle est par excellence l'expression urbaine de la lutte des classes dans ses années les plus féroces, dix ans après les grèves sanglantes de mai 1886 à Chicago - son expression du côté des plus riches, un combat pour garder la maîtrise du tissus urbain.

Le bâtiment tient d'ailleurs son nom d'un des premiers miliardaires américains : Stephen Girard, né Étienne Girard à Bordeaux en 1750, marin, navigant au commerce dans les Caraïbes, installé comme marchand à Philadelphie pendant la guerre d'indépendance, et devenu un des premiers bailleurs de fond de la jeune république des États-Unis. Le père fondateur du Grand Capital américain est donc français. Curieux, non ?

Revenons à nos moutons : je les aime bien, moi, ces immeubles. Na.

Le Plume vous salue bien.



mardi 9 janvier 2007

Et de trois

Et voilà : un troisième bâtiment nous arrive sur les bras : la Halle aux farines - bâtiment d'enseignement, pour l'essentiel. J'aime bien la richesse de ses volumes complexes et son aspect industriel assumé ; son fonctionnement comme bâtiment universitaire, j'attends de voir !


Halle au farines, Paris 13e, cet après-midi.

Sinon, la charrue est toujours largement devant les bœufs ; on prétend y faire des TP d'informatique dans deux ou trois semaines alors que nous n'avons pas encore été vérifier la présence de courant électrique dans nos locaux techniques... Mais du moment que tout semble en service lors de l'inauguration en grande pompe début février...

Le Plume vous salue bien.



lundi 8 janvier 2007

Dans un moulin

Et voilà : un lundi matin dans nos nouveaux bureaux. Un lundi pas tout à fait comme les autres puisque c'était le jour du déménagement de nos serveurs. Les déménageurs se chargeaient de nous les amener, et nous de les remonter dans les baies techniques, les rebrancher, etc. Ce qui fait du boulot.


Vue de mon nouveau bureau, Grands Moulins de Paris, 3 janvier, 10h du matin.

Pour compliquer l'affaire, l'ascenseur qui conduit à notre 6e étage avait choisi ce moment pour tomber en rade. Les équipements en question étant totalement intransportables par l'escalier, il a fallu attendre qu'un réparateur intervienne - du coup le montage n'a pu commencer qu'en fin d'après-midi. Et s'est terminé peu avant huit heure.

Le temps de remballer nos petites affaires et de descendre - et nous avons trouvé la grille du bâtiment fermée, le gardien étant parti faire sa tournée... On ne nous a libérés que vers 21h. Youpi.

Peut être facile d'y entrer, dans les moulins. Mais en sortir, c'est pas gagné.

Le Plume vous salue bien.



dimanche 7 janvier 2007

Et retour

Rentré à Paris ce soir, aussi fatigué qu'au départ, mais pas plus. C'est déja ça. Pourtant, on ne s'est pas surmenés pendant ces trois jours !


Angoulême, l'église Saint-Ausonne vue de l'entrée du Jardin Vert, décembre 2005.

D'ailleurs on n'est tellement pas sortis que je recycle de vieilles photos pour ces entrées. Samedi, pas mis les pieds dehors ; aujourd'hui, sortis seulement pour aller à la gare.

Demain, au boulot. Un peu marre de traîner la patte à ce point là. Il est vrai que question repos, on n'a pas fait très fort ces dernières semaines...

Le Plume vous salue bien.



vendredi 5 janvier 2007

Brève charentaise

À Angoulême pour quelques jours. Complètements crevés sinon tout est OK.


L'hôtel de ville d'Angoulême... en mai dernier. Mais ça n'a pas tellement changé depuis.

Du coup, seule activité du jour : un petit tour en ville, quelques achats indispensables et retour. Et maintenant, dodo. Ne pas penser au compte en banque à marée basse, même s'il est basé à 300 m d'ici, ni à la vaisselle pas faite qui nous attends à Paris - oui, drôle d'idée d'inviter du monde à dîner quand on a un train le lendemain matin. Bref. Dodo, donc.

Le Plume vous salue bien.



jeudi 4 janvier 2007

...and crossing back.

Suite de la précédente : après la Pennsylvanie vue du New Jersey, le New Jersey (et le New Jersey) depuis la Pennsylvanie.


Le USS New Jersey derrière la poupe du Moshulu, Philadelphie, Penn's Landing, 29 décembre 2006.

De ce côté-ci de l'Atlantique, les choses avancent : fini les tas de cartons dans un local surchauffé du bâtiment Condorcet ; notre service est maintenant dans ses murs et dans ses meubles aux Grands Moulins de Paris. Un grand moment !

Par contre, il n'y a pas de chauffage. On peut toujours aller se réchauffer au bâtiment Condorcet quand on commence à avoir froid aux pieds.

Le Plume vous salue bien.



mercredi 3 janvier 2007

Crossing the Delaware

Un des épisodes les plus célèbres de la guerre d'indépendance américaine - au fait, pourquoi dit-on en français « guerre d'indépendance américaine » et en anglais « Revolutionary War »? Ça me semble une bonne question, et je ne vois pas de réponse évidente.

Un des épisodes les plus célèbre de cette guerre, donc : la traversée de la Delaware. Washington fait franchir le fleuve à moitié gelé à son armée pour surprendre l'armée anglaise sur son lieu d'hivernage, au lendemain de noël 1776. La célébrité de l'épisode doit sans doute beaucoup à un tableau historique fameux représentant la scène. À voir ce tableau, une chose est certaine : fin décembre 2006, il faisait meilleur entre Pennsylvanie et New Jersey que 230 ans auparavant.


Philadelphie vue du poste d'observation de l'USS New Jersey, Camden (NJ), 28 décembre 2006, vers midi.

Le cuirassé New Jersey, construit de 1940 à 1942 aux chantiers navals de Philadelphie, a fait quatre guerres, de la bataille du Pacifique à la première guerre du Golfe. C'est maintenant un bateau musée sur lequel les petits garçons ouvrent de grands yeux sous le soleil d'hiver. En face, devant l'Independence Seaport Museum, le croiseur USS Olympia (lancé en 1892, coque blanche) et le quatre-mâts Moshulu (1904, coque noire) rappellent que les bords de la Delaware sont un port de mer. Les effets de la marée se font d'ailleurs ressentir jusqu'à Trenton, bien en amont - c'est là que Washington fit sa traversée hivernale.

Le Moshulu ne m'étais pas inconnu ; je l'avais croisé il y a pas mal de temps dans les lignes d'un livre d'Eric Newby. Ce qui est bien sûr l'occasion de rendre un hommage supplémentaire à un des grands disparus de l'année 2006.

Le Plume vous salue bien.

Eric Newby, The Last Grain Race, An Epic Adventure of the Sea, Londres, Martin Secker & Warburg, 1956 (Picador, 1990).



mardi 2 janvier 2007

Le désert des Tartares

Et voilà : comme dans le roman de Buzzati, nous sommes dans la forteresse en attendant les Tartares - en l'occurence, les déménageurs qui doivent nous amener nos outils de travail. Un grand classique du genre : « Ah, mais on avait toujours dit le 4 » même si la veille des vacances le même type avait dit « le 2 sans faute, donc. » Normal, quoi.

Du coup, rentrée dans les mêmes conditions qu'avant les vacances : squatt dans les caves du bâtiment Condorcet. D'un autre côté, il commence à y avoir du monde, dans ce bâtiment, c'est plus sympa que dans un bâtiment tout vide...


Le bâtiment Codorcet vu du quai d'Ivry le 19 décembre dernier.

Par contre les conditions thermiques dans ce local ne s'améliorent guère. Va falloir sortir les maillots de bains !

Le Plume vous salue bien.



lundi 1 janvier 2007

Vœux

Pour 2007 : Amour, bonheur, santé et tout ça. Et tant qu'à faire, beaucoup d'argent.


Campus de l'université de Pennsylvanie, 27 décembre, 16:07 EST.

Sur ce dernier point - il va de soi que si mon vœu se réalisait pour certain d'entre vous je serais amené à demander une commission. Mettons 10%.

Bananier à tous !

Le Plume vous salue bien.



dimanche 31 décembre 2006

Philadelphia / Convention Center

L'ancienne gare de Reading, en plein centre de Philadelphie, fait maintenant partie du Convention Center de Philadelphie, à côté des grands hôtels, pas bien loin du City Hall. La grande verrière était déserte : la convention pour laquelle nous étions venus se passait dans une autre partie du complexe. Au rez-de-chaussée, le marché couvert d'East Market fourmille de monde ; on peut y acheter de la charcuterie amish, des accessoires de cuisine, du poisson, du fromage ; y manger des huîtres grillées, du cheese steak, de la crème glacée ou tout ce qu'on veut.


Philadelphia, Reading Terminal, 12th and Market Street, 30 décembre, 14h36 EST.

Au sous-sol, par contre, on prend toujours le train : c'est Market East, une gare de banlieue. On peut se rendre à Trenton (New Jersey), à Wilmington (Delaware) et dans différents coins du Sud-Est de la Pennsylvanie. Pour les trains de grandes lignes (il y en a : Philadelphie est au centre du North-East Corridor qui relie Boston à Richmond via New York, Philadelphie, Baltimore et Washington), il faut se rendre à la monumentale gare de 30th Street, à quelques blocks de là.

Nous y prenions quant à nous le train pour l'aéroport. Le contrôleur, en grande forme, faisait virevolter sa pince à bousiller les billets avec une agileté comparable au cuistot du grill japonais de la veille. De l'annonce des stations comme show - and you all have a safe holiday week end and a happy new year !

Le voyage de retour : fatiguant, comme d'habitude, surout pour quelqu'un qui ne dort pas dans l'avion, ou si peu. Ça m'a permis de voir quelques navets, c'est toujours ça de fait. Et il n'est pas déplaisant de rentrer chez soi.

Le Plume vous salue bien.



samedi 30 décembre 2006

Philadelphia / South Street

En remontant des quais de la Delaware, je suis tombé par hasard sur une rue connue pour ses boutiques, ses petits restaurants et ses cheese steaks. Le Philly chease steak : une institution à part entière. Il s'agit d'un sandwich de lamelles de bœuf grillées avec des oignons et du fromage fondu... Un concentré de choléstérol, pas d'utilisation prolongée sans avis médical. Miam.


South Street, Philadelphia, hier, vers 13 h.

À propos de médecine : en remontant vers le Convention Center, croisé la figure émaciée de Ben Franklin, encore lui - sous la forme d'une statue dans la cours du Pennsylvania Hospital, fondé en 1752 par ledit Franklin et un médecin de la ville. Il dépend maintenant de l'université de Pennsylvanie, tout comme le principal hôpital de la ville, près du campus, de l'autre côté de la Shuykill River.

Plus tard, passé un bon moment autour d'une bière avec des amis venus également pour la convention. Et maintenant, alors que notre rythme de sommeil commence à s'adapter à la longitude du lieu, il est temps de faire les valises : nous repartons ce soir.

Le Plume vous salue bien.



vendredi 29 décembre 2006

Philadelphia / Penn's Landing

Longue promenade à pied aujourd'hui dans le quartier historique de Philadelphie et sur les quais de la Delaware. Ces derniers sont dédié au fondateur de la ville, le Quaker William Penn, qui débarqua à cet endroit en 1682. Cependant, le grand homme de l'histoire de Philadelphie, c'est Benjamin Franklin, imprimeur et philosophe, l'un des pères de la révolution américaine - le pont qui relie Philadelphie à Camden porte son nom.


Penn's Landing et le Benjamin Franklin Bridge, aujourd'hui, vers midi.

Au musée maritime voisin, acheté un ou deux livres, l'un sur les chantiers navals de Philadelphie et Camden au XIXe siècle et l'autre, plutôt un fascicule, sur les tentatives de construction de navires en béton au début du XXe. Ils viennent s'ajouter aux livres achetés sur le campus avant-hier sur le USS Monitor, sur les égouts de Paris et sur les voitures électriques des années 1890. Sans compter divers romans policiers et la douzaine d'ouvrages achetés par Madame dans sa propre spécialité : les valises vont peser plus lourd à l'aller qu'au retour, c'est certain. Moi aussi, d'ailleurs, compte tenu des spécialités gastronomiques locales dont je vous parlerai demain...

Le Plume vous salue bien.



jeudi 28 décembre 2006

Camden, New Jersey

À l'Est de Philadelphie, un fleuve : la Delaware. De l'autre côté du fleuve, un autre État : le New Jersey. Camden est à Philadelphie ce que Newark, à l'autre bout du New Jersey, est à New York : entre zone portuaire et faubourg déclassé, un parent pauvre.


Camden, New Jersey, Market Avenue, ce matin, 10 h.

Philadelphie s'est difficilement sorti de vingt années de crise dans les décennies 1970 et 80 ; Camden n'est pas encore tiré d'affaire. À deux pas d'un gigantesque City Hall, mémoire d'une prospérité perdue, le tissus urbain est discontinu, ténu, usé jusqu'à la corde ; dans les petits immeubles d'un ou deux étages qui bordent les avenues, les boutiques grecques ou italiennes ont souvent mis la clé sous la porte ; de vénérables bâtiments sont presque en ruines. Tout près de lugubres housing projects, l'ancien cuirassé USS New Jersey a jetté l'ancre définitivement et attire les touristes (qui n'affluent pas spontanément à Camden) vers le front de rivière.

À mi-chemin entre l'hôtel de ville et le New Jersey Aquarium, trois maisons isolées entre une avenue déserte et un immense parking : c'est la maison de Walt Whitman. Son fantôme est parti ; il arpente les travées d'un supermarché californien, très loin d'ici.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : « A Supermarket in California » d'Allen Ginsberg est également disponible sur le site PennSound de l'université de Pennsylvanie, de l'autre côté de la rivière.



mercredi 27 décembre 2006

Philadelphia / City Center

Philadelphie : la cité de l'amour fraternel, à en croire ses fondateurs. Et de fait, pas désagréable comme ville, moins artificiel que Washington, moins démesuré que New York... Ce qui est démesuré, c'est l'immensité pavillonnaire que l'on apperçoit de l'avion ; le centre-ville, quand à lui, ne fait quelques kilomètres, entre le fleuve Delaware à l'Est et la rivière Shuykill à l'Ouest.

Le centre-ville, c'est le plus ancien plan en damier d'Amérique du Nord : la ville a été conçue ainsi dès le début du XVIIIe siècle. Au centre, l'hôtel de ville, style Second Empire dopé aux anabolisants ; autour, c'est la cohabitation des immeubles parallélépipédiques du siècle dernier et des gratte-ciels de verre et d'acier qui marquent le réveil de la ville depuis la fin des années 1980...


L'angle nord-est du City Hall et le quartier des affaires, Philadelphie, ce matin, 9h20.

Aujourd'hui, journée studieuse, sur le campus de l'université de Pennsylvanie (à un quart d'heure du centre-ville en autobus, sans doute moins en métro) : bibliothèque, librairies, etc. J'en reparlerai sûrement. Et ce soir, les mondanités commencent : pas pour rien que j'ai amené le costard, tiens !

Le Plume vous salue bien.