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Des photos et des jours

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mercredi 5 septembre 2007

On passe à la suite !

Onze heures de sommeil plus tard, ça va beaucoup mieux !

Encore un peu de frénésie aujourd'hui pour amener un exemplaire du mémoire à un membre du jury imprévu, mais sinon on tache de calmer le jeu un petit peu, de penser à autre chose... Soutenance mardi matin ; plus grand chose que je puisse faire maintenant.


Port de Copenhague, 17 août 2007.

Et puis après, il va falloir à passer à la suite. Pas mal de truc à avancer en ce qui concerne l'histoire, avant de reprendre le boulot : pondre une proposition d'article basé sur la comm' de Copenhague, avancer l'organisation d'une (demi) journée d'étude en novembre, et puis préparer mes cours...

Mais bon : le plus dur est fait.

Le Plume vous salue bien.



samedi 8 septembre 2007

Après la conf'

J'ai montré ici moultes photos de mon seul déplacement de l'été - mais le but de ce déplacement, c'était quand même la conférence : ICOHTEC 2007, conférence annuelle de l'International Committee for the History of Technology. Elle avait lieu dans un bâtiment plutôt plaisant :


Le centre de conférences de l'IDA (association des ingénieurs danois), Copenhague, 14 août, 8 h du matin.

Il va d'ailleurs falloir que je me replonge dans la communication que j'ai commise à cette occasion : je dois en tirer une proposition de papier pour publication possible. Ce serait ma fois sympathique, ne vendons pas la peau de l'ours before it's hatched et tout ça - mais ça suppose de toute façon que je fasse ce qu'il faut. Bon, je ferais ça demain...

Le Plume vous salue bien.



vendredi 7 septembre 2007

Soleil du soir

Copenhague est traversée non par un fleuve mais par un bras de mer. Et sur ce bras de mer viennent se réfléchir les lumières des fins de journées d'été, quand le soleil décline tellement lentement qu'on ne voit pas la nuit arriver.


Copenhague : l'île de Christianshavn vue des quais, août 2007.

Quand finalement se lève la petite brise fraîche de la nuit, les serveurs des restaurants du bord de l'eau distribuent des plaids aux clients qui mangent en terrasse. C'est comme ça, Copenhague.

Le Plume vous salue bien.



mercredi 12 septembre 2007

Bonne année 5768

À tout ceux qui célèbrent ces fêtes, une bonne année à vous. Et aux autres aussi d'ailleurs.


Copenhague, août 2007.

Et maintenant, me dit-on, commencent les jours redoutables. Qui - curieuse coïncidence - sont aussi ceux dont je dispose pour préparer mes cours !

Le Plume vous salue bien.



dimanche 2 septembre 2007

Sandales ailées

Alors que les derniers paragraphes s'enchaînent pour terminer mon pensum (à rendre mardi), j'emprunterais bien à Hermès les ailes de son casque ou de ses sandales : mon vol s'alourdit à mesure que les pages s'accumulent. J'espère simplement arriver au bout sans que ce même Hermès ait à user de son caducée.


Hermès en pleine course sur un toit du centre-ville de Copenhague, 15 août 2007.

Au fait : je ne connais pas l'explication de cette statue, juste en face du musée des postes et télécommunications dont je parlais l'autre jour. L'hypothèse courante, formulée autour de quelques Carlsberg à la terrasse dudit musée, pile à la hauteur de ladite statue par conséquent - l'hypothèse courante, disais-je, est que le bâtiment sur lequelle elle se trouve ait lui aussi appartenu, en son temps, à la poste royale du Danemark. Le messager des dieux grecs aurait donc été érigé pour créer une saine émulation chez les facteurs nordiques...

Le paragraphe que je suis en train de rédiger porte sur le transport du minerai de fer en char à bœufs par les chemin creux et, l'hiver, passablement bourbeux, de l'Angoumois du XVIIIe siècle. On est loin des dieux ailés, tiens.

Le Plume vous salue bien.



jeudi 16 août 2007

Singing in the Rain

Bon : la visite d'un autre charmant petit musée des environs de Copenhague, c'était tout à fait sympathique ; toutefois, les 3 km sous une pluie battante pour y arriver étaient un peu de trop. Même si les organisateurs, avec une prévenance toute scandinave, avaient distribué à chacun des petits ponchos en polyéthylène bleu du plus bel effet.

Après ça, et histoire de se sécher un peu, nous étions reçus (fort bien) à la Danmarks Tekniske Universitet...


La bibliothèque universtaire de la DTU, Lynby.

Au demeurant, la déco était parfaitement appropriée : par un hasard malicieux, une bonne partie de la dizaine de communications que j'avais suivies aujourd'hui concernait l'aviation.

Et sur ce, au lit : c'est pas de tout repos, cette affaire.

Le Plume vous salue bien.



mardi 28 novembre 2006

Andalousie

J'ai ramené de Suisse un magnifique t-shirt portant le blason du canton d'Uri - une vache noire sur fond jaune, avec un anneau dans les narines. Résultat, tout le monde m'a demandé si j'avais passé mes vacances en Espagne. Ce qui me fournit matière à une habile transition vers la deuxième étape de ce tour d'Europe...


Benalmadena (Andalousie), fin juin 1992, au petit matin.

La photo est mauvaise mais je n'en n'ai pas beaucoup d'autres : j'ai peu (trop peu) visité l'Espagne. En fait, la seule visite dont je me souvienne était un voyage de retour : je débarquais dans le Sud de l'Espagne d'un voilier qui m'avait amené de Saint-Malo et je devais rentrer rapidement à Paris, où j'étais convoqué au Fort Neuf de Vincennes en vue des journées de sélection du service national - eh oui, ça existait encore, ce truc là. La difficulté était donc de traverser le pays avec devant moi assez peu de temps, pas énormément d'argent et une ignorance complète de la langue espagnole.

Voyage somme toute assez facile, d'abord en train de Malaga à Madrid - un long trajet à travers la Sierra Nevada et la montagne andalouse ; heureusement, la bonne sœur qui était assise en face de moi, persuadée sans doute que j'étais un vagabond affamé, entreprit de me gaver d'un délicieux chorizo qu'elle avait dans son sac. Puis de Madrid à Irun, un train de nuit en place assise en compagnie de deux Sud-Africaines rencontrées pendant le trajet. Une fouille des bagages en gare d'Irun par des douaniers français qui semblaient avoir une autre opinion de ma physionomie que la bonne sœur précitée - fouille rapidement expédiée, mon sac contenant le linge sale de deux semaines de mer. Enfin, après une demi-journée de perdue faute de place dans nos chers TGV, Irun-Paris à grande vitesse et arrivée en soirée à mon gourbi d'étudiant de l'époque, crasseux comme un peigne et épuisé. Parfait donc pour se rendre le lendemain matin au centre de sélection de notre chère défense nationale. Qui m'a sans hésiter déclaré bon pour le service.

Cette photo, c'était mes premiers pas sur le sol espagnol, après une nuit de navigation - nous avions quitté Gibraltar la veille au soir. Le pied pas trop assuré ; ça remue un peu, ce fameux plancher des vaches. Les centaines de chats qui se prélassent sur les pierres du brise-lame. La capitainerie néo-mauresque (fermée à cette heure là, bien sûr). Et surtout, la lumière.

Le Plume vous salue bien.



jeudi 6 janvier 2005

Les sept mers, 1 : Mer d'Alboran

Je commence une série "sept mers" qui sera probablement principalement dominicale - avec des exceptions, aujourd'hui par exemple. Cette série comprendra sept mers, à quelques unités près peut-être. Photographiées par votre serviteur, de préférence depuis un bateau -- un bateau pour chaque mer. Parce que la mer n'est pas (ou pas seulement) un truc qui tue, c'est avant tout un lien entre les hommes, un lieu de passage, un lieu de beauté.


La pointe de Tarifa, entrée ouest de la mer d'Alboran, juin 1992.

Aujourd'hui, la mer d'Alboran, ce petit bout de mer entre Atlantique et Méditerrannée, entre Espagne, Maroc et Gibraltar. Lieu de passage d'est en ouest, depuis que les Phéniciens sont parvenus à franchir les "colonnes d'Hercule", relayés aujourd'hui par les super-porte-containers de 5 ou 6000 boîtes ; du nord au sud aussi, avec les ferries qui vont et vienne entre Algesiras, Ceuta et Mellila ; entre Gibraltar et Tanger, et Casablanca, un peu plus loin sur l'Atlantique. Et la nuit, les puissants canots à moteur de la jeunesse gibraltarienne sillonnent le détroit avec leur chargement de cigarettes de contrebande, tandis que d'autre, encore moins scrupuleux, lancent des radeaux chargés de jeunes gens d'Afrique éblouis par les mirages de l'Europe, notre Europe.

Les chalutiers et thoniers espagnols vont et viennent, imperturbables au milieu de ces trafics qui s'entrecroisent.

Le Plume vous salue bien.

Les sept mers :
  1. mer d'Alboran : pointe de Tarifa, Espagne, juin 1992.

P.S. : image de qualité médiocre, certes, mais je n'avais pas d'appareil photo à l'époque et j'avais emprunté un Instamatic pour la durée de la croisière...


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lundi 3 juillet 2006

Alsace

Puisque le Tour de France était en Alsace ces jours-ci, petit coup d'œil sur les rares photos que j'aie de cette région que je connais à la vérité très mal - momme d'ailleurs il faut bien l'avouer toute la moitié de la France située à l'Est de la porte de Vincennes.

C'était l'an dernier, au cour de notre étape-marathon d'Andermatt (canton d'Uri) à la rue du Faubourg Saint-Denis (Paris 10ème). Il faisait 35° à Bâle où nous avions déjeuné et à peu près autant dans la plaine d'Alsace, ce qui faisait nettement plus que les 4° du matin au pied du Saint-Gothard. Dans une voiture non climatisée et chargée de charcuterie italienne et de chocolat suisse, c'est un peu rude. Du coup, nous n'avons fait qu'apercevoir cette région où je mettais les pieds pour le deuxième fois de mon existence.


Un village du Haut-Rhin, entre Bâle et Belfort. J'avoue que je ne sais plus précisément lequel. Y a-t-il un alsacien dans la salle ?

Sans doute eut-il fallu obliquer vers le nord pour s'élever un peu dans les Vosges - nous n'en avons vu que la fameuse ligne bleue, bornant sur la droite* la percée de Belfort bien connue des historiens militaire et dans laquelle nous nous engouffrions.

Départ dans une dizaine de jours pour le Sud-Ouest, région bien connue pour ses étés tempérés. Ou bien ?

De toute façon, maintenant, on l'a, la clim' !

Le Plume vous salue bien.

* Je veux dire à droite en entrant, bien sûr.



samedi 6 mai 2006

Par monts et par vaux

Puisque les intempéries anoncées semblent avoir été retardées, je suis reparti me promener dans mes terrains de chasse, entre Charente, Dordogne et même un petit bout de Haute-Vienne, sur les traces de mes maîtres de forge du XVIIIème siècle.

Au détour d'un pont sur la Tardoire, je tourne la tête au péril de la trajectoire pour regarder un panneau qui me tournait le dos : Pont Rouchaud, un toponyme connu par mes archives ; il y avait là un haut fourneau, que la famille de maîtres de forge qui m'intéresse plus spécialement avait racheté vers 1780 à un parent parti pour Saint-Domingue. Après un demi-tour problématique, je prends une toute petite route sur quelques kilomètres à travers les bois, et je finis par tomber sur un magnifique hameau de fond de vallée :


Le moulin de Luderias à Busserolle (Dordogne).

À noter que si, techniquement, le moulin se trouve à Busserolle, je le photographiais depuis la rive droite de la Tardoire, donc de Roussine (Charente). Quant à l'ancienne forge de Pont Rouchaud, à un kilomètre en amont, beaucoup plus près de la bifurcation dont il était question plus haut mais bien cachée par des haies, elle se trouve bien à Roussine, comme en attestent les disputes entre le propriétaire et la municipalité vers 1790 pour des questions de patentes, mais la rive opposée est à Maisonnais-sur-Tardoire (Haute-Vienne).

Le début de mai est, dans ces contrées, la saison la plus verdoyante de l'année. Tous les arbres portent leurs feuilles nouvelles ; prairies et blés ont bien entamés leur pousse.

Pas mal, finalement, comme manière de faire de l'histoire.

Le Plume vous salue bien.



dimanche 21 mai 2006

Un de bouclé

Bon : un chapitre de terminé. Le seul ennui, c'est que c'est le chapitre 2, et que j'en ai prévu cinq. Le chapitre 3 est commencé, heureusement, mais le chapitre premier aura besoin d'un sérieux coup de polissage. Et, bien sûr, l'introduction reste à écrire.

Ceci dit, il m'enquiquinait bien, ce chapitre, vu qu'il s'agissait d'y concentrer trois tonnes de choses que j'avait envie de dire sur le sujet, et qui constituait l'essentiel du mémoire de maîtrise originellement prévu. J'ai réussi à condenser tout ça en 27 pages, plus une vingtaine d'illustrations hors texte - en laissant tomber certains pans du problèmes (genre, l'origine des matières premières de l'usine étudiée) pour en développer d'autres que j'avais d'abord négligé. Bonne chose de faite.


Halle à charbon des anciens hauts fourneaux d'Ethouars (Dordogne). La rampe devait permettre de monter les brouettes.

Tiens, la forge d'Ethouars, par exemple ; elle n'apparait qu'une fois, en haut de la page 13, comme lieu d'exercice du sieur Baynaud (Louis) avant qu'en 1762 il ne reprenne « mon » usine. On ne peut pas être exhaustif sur tout, hein...

En tout cas, heureusement qu'il y a des week-ends pluvieux, sinon, ça n'avancerait vraiment pas, mon affaire !

Le Plume vous salue bien.



lundi 5 juin 2006

Périgord vert

Sauf imprévu, je dois faire une présentation de mes recherches le 15 juillet prochain, en plein Périgord vert - à Varaignes, tiens, j'en parlais ici il y a quelques temps. Du coup, ça tombe plutôt bien que je soutienne mon mémoire le 27 juin...


Le cours d'eau aval de l'ancienne forge d'Ethouars, où se situait le bocard.
Ethouars (Dordogne), 4 mai 2005.

Du coup, c'est pas tout ça, mais j'y retourne.

Le Plume vous salue bien.



vendredi 21 juillet 2006

kilomètre 550 : Etouars (Dordogne)

Conférence sur deux jours : le samedi 15, la théorie, et le lendemain, travaux pratiques - place à l'archéologie expériementale !

Le 16 juillet, après quelques tartines à la crème de marrons ou à la confiture pomme/coing (productions du maître de maison), la compagnie se retrouve à Etouars, qui forme avec Varaignes, Teyjat et Soudat la communauté de commune du haut Périgord, soit un peu moins de mille habitants. Programme double : d'une part, visite en minibus de quelques sites métallurgiques de la région, d'autre part, deux expériences de réduction du minerai de fer, menées sur la place du village - par la méthode directe, au bas fourneau, comme on le pratiquait jusqu'au XIVe siècle, et jusqu'à une date récente dans certaines régions ; par la méthode indirecte, d'autre part, dans le haut fourneau expérimental construit en dur par une association locale il y a quelques années.


Un paléométallurgiste polonais en costume d'époque au travail sur le soufflet du bas-fourneau

Le bas fourneau, c'était l'affaire des invités polonais du colloque, sur le modèle de ceux qu'ils ont fouillés dans leur région : on y trouve des champs entiers occupés par les restes de fourneaux de ce type. Ils étaient à usage unique puisque les scories restaient piégées dans une fosse creusée sous le foyer et qu'on devait détruire le fourneau pour en tirer la masse de fer qui s'y est formée : la loupe ou, comme on dit en Périgord, le massiot. Contrairement à ce qui se passe dans un haut fourneau, il s'agit directement de fer (d'où le nom de procédé direct) et non de fonte, alliage de fer et de carbone qu'on doit ensuite décarburer.

Pour être tout à fait honnête, le haut fourneau expérimental, s'il a bien permis de couler de la fonte (la première coulée de haut fourneau à Etouars depuis 1866, nous a-t-on dit), il y en avait à peine assez pour produire un boulet de canon, alors que dans un temps comparable les forges du XVIIIe siècle coulaient le canon du calibre adéquat pour ce boulet. Quand au massiot du bas fourneau, il semble avoir été tout aussi modeste. Mais bon, somme toute, l'objectif n'était pas de produire en masse...

Je ferais un de ces jours une entrée plus complète sur l'expérimentation dans le domaine de l'histoire des techniques. Ajoutons que mes résultats du jour au service historique de la marine (limités à une heure de travail, il est vrai) sont largement aussi modeste. Ah, non, j'ai trouvé le compte-rendu de l'expériementation d'un ventilateur nouvellement inventé, dans les entrepôts de la Marine à Brest. En août 1790.

Le Plume vous salue bien.



samedi 11 novembre 2006

Mémoire (de ciel) d'été

Retour au point de départ, en regardant vers le haut cette fois.


Étouars : les Forges, nuage d'orage en formation, juillet 2006.

Même lieu exactement que pour l'entrée de mercredi, même jour, presque la même heure - une heure plus tard, en fait. Mais un autre angle : derrière l'ancien logis des maîtres de forges (à la famille desquelles il appartient toujours, bien que le haut-fourneau se soit éteint en 1866), un cumulo-nimbus se forme, doucement. Il attendra poliment la fin du dîner sur la place du village pour nous rincer.

Nuages d'été, à l'ombre des maronniers. Il fait chaud. Le nuage a l'air immobile, mais si on regarde lontemps, on le voit muer, grossir, bouger, accumuler lentement l'énergie de la saison.

Le Plume vous salue bien.



mercredi 8 novembre 2006

Mémoires d'été

Bon : novembre, le mois où l'on plonge vers l'hiver, les petits tracas de santé qui vont avec et tout et tout, ça suffit : dans ce blog, cure d'estivothérapie : pour quelques jours, photos garanties 100% juillet-août. Ah, mais.


L'étang des forges d'Étouars, Dordogne, juillet 2006.

Avec pour commencer, de la chaleur, un plan d'eau pour donner un peu de fraîcheur, des bois où il fait bon souffler un peu et une petite bicoque pour ranger les cannes à pêches.

Même si je n'ai jamais été un pêcheur à la ligne, personnellement. Mais je comprend qu'on puisse aimer ça.

Le Plume vous salue bien.



samedi 26 mai 2007

Impression : la forge après l'orage

Juillet dernier ; l'orage était passé sur le Nord de la Dordogne. Le disc-jockey rangeait ce qui, de son matériel, avait survécu à la pluie ; sur les routes de la région, on déblayait les arbres. Mais de l'autre côté de la place du village, les paléométallurgiste polonais n'avait pas cessé de pomper sur le soufflet de leur bas-fourneau expérimental. La pluie s'était calmé, l'heure de « l'ouverture spectaculaire du fourneau » (l'événement était annoncé en ces termes par le programme des réjouissance) approchait.


Etouars (Dordogne), 16 juillet 2006, vers 10h du soir.

À vrai dire, si l'ouverture était spectaculaire, le résultat l'était moins. Au lieu d'une masse de fer plus ou moins pur, les lampes électriques n'ont détecté que quelques vagues refflets métalliques. Le matin même, le haut-fourneau expérimental avait fait à peine mieux que son petit frère en produisant les trois quarts d'un boulet de canon. On ne devient pas maîtres de forge en un jour.

Le Plume vous salue bien.



dimanche 12 août 2007

Aux fourneaux

« Les ouvriers de fourneau : une quasi corporation rurale au XVIIIe siècle » - telle est la communication que j'avais promise pour le colloque de la semaine prochaine à Copenhague. Et bien voilà : elle est terminée, relue, imprimée, prête à être fourrée dans la valise. Bonne chose de faite.

De quoi s'agit-il ? En gros, de montrer que les ouvriers qui conduisaient les hauts-fourneaux au charbon de bois que j'étudie formaient un groupe cohérent et organisé, au sein duquel chacun avait son rang, et que c'est ce groupe qui, collectivement, détenait le savoir-faire métallurgique. Pas forcément palpitant pour le grand public mais, vu le peu de sources dont nous disposons sur la vie ouvrière avant le XIXe siècle, c'est précieux.


Le haut-fourneau expérimental d'Etouars, Dordogne, juillet 2006.

D'ailleurs, ce savoir-faire, ce n'était pas rien : l'archéologie expérimentale arrive à faire fonctionner des bas-fourneaux à fer sans aucun problème ; à reproduire la réduction du plomb ou du cuivre telle qu'elle était pratiquée par les anciens ; mais pour les hauts-fourneaux au charbon de bois, ce n'est pas encore concluant : lors de la campagne d'essais de l'été 2006, le haut-fourneau expérimental d'Etouars avait produit en tout et pour tout 9 kilos de fonte...

Le Plume vous salue bien.



mercredi 26 juillet 2006

Charbonnier

Je me rends compte que l'entrée d'hier n'était pas très claire sur un point : que la majorité des forêts étaient utilisées pour produire non pas du bois (bois de chauffage ou bois d'œuvre) mais bien du charbon de bois, pour alimenter en particulier les forges, y compris les hauts fourneaux, mais aussi les autres industries métallurgiques, les verreries, les potiers, etc. On achetait le bois sur pied, sauf bien sûr à être propriétaire de ses propres bois, à un âge de quinze à vingt-cinq ans suivant les essences, et on payait un charbonnier pour le transformer en charbon - le « carboniser ».


Reconstitution partielle d'une meule de charbonnier, Hautefaye (Dordogne), 16 juillet 2006.

Les copains de la RTC ont reconstitué cette meule de charbonnier sur une parcelle longtemps utilisée à cet effet. Le bois était empilé comme on voit ici, en ménageant un trou au milieu, puis recouvert de terre ou plus exactement de plaques de gazon, avec la terre qui va avec. On mettait le feu au milieu et, une fois que ça avait bien pris, on refermait le trou. La meule brûlait comme ça sans flamme pendant plusieurs jours, le charbonnier restant à côté pour rajouter de la terre si jamais la meule s'ouvrait et commençait à brûler pour de bon.

En tout cas, si on s'imagine les anciennes forêts avec de grands arbres spectaculaires, on se met le doigt dans l'œil : les forêts privées étaient exploitées en taillis pour produire de la « charbonnette » - des troncs d'une dizaine de centimètres de diamètre ; quant aux forêts domaniales, elles étaient essentiellement exploitées en taillis sous futaie : la même chose, sauf qu'à chaque coupe on laissait subsister quelques troncs, les « balliveaux », pour produire du bois d'œuvre. Du coup, on trouve encore dans quelques coins de grands arbres portant toute une série de marque : celles qu'apposaient les « gardes-marteaux » de la maîtrise des eaux et forêts, désignant cet arbre comme balliveau. Un arbre de plus de vingt-cinq ans était donc l'exception et non la règle*.

Le Plume vous salue bien.

* Je lisais cet après-midi les déboire d'un maître-mâteur à la recherche de 73 mâts pour Toulon en 1748, et qui ne peut en trouver que 55, d'ailleurs trop petits, dans la vaste forêt de la Petite Vache - aujourd'hui forêt de Génieux, qui couvre le sud du massif de la Chartreuse. Il repart donc vers la Franche-Comté, où on a signalé de beaux sapins...



vendredi 19 janvier 2007

Promenons-nous dans les bois...

...pendant que le loup n'y est pas...

Les habitués de ces pages se rappellent peut-être de la conférence à laquelle j'avais participé l'été dernier à Varaignes et Etouars (Dordogne). Comme je crois comprendre que les membres de l'association organisatrice ont récemment découvert ce blog, voici un petit clin d'œil qui rappellera l'été !


Un paléométallurgiste polonais dans le taillis de châtaigner d'Hautefaye (Dordogne), 16 juillet 2006.

Le lien entre taillis et métallurgie est évident : c'est ainsi qu'on produisait les bûchettes propres à être transformées en charbon de bois. Lequel était le combustible exclusif des hauts-fourneaux jusqu'à la toute fin du XVIIIe siècle - le coke, produit à partir de la houille, ne le remplace que graduellement au siècle suivant1. Le lien avec la Pologne est plus circonstanciel : les associations organisatrices2 avaient convié des spécialistes polonias de la métallurgie ancienne à se joindre à nous.

Si on combine le tout, on obtient quoi ? De bons moments, sympas et fructueux. Quand je pense qu'il y en a pour trouver l'histoire des techniques trop austère...

Le Plume vous salue bien.

1 les tonnages de fonte produite au coke ne dépassent lade fonte au bois qu'en 1853, les deux courbes étant alors ascendantes. Le tonnage de fonte au bois commence cependant sa décroissance quelques années plus tard.

2 La Route des Tonneaux et des Canons et le Centre permanent d'intitiatives pour l'environnement du Périgord-Limousin.



lundi 11 juin 2007

Des couleurs et des notes

C'est peut-être une manière de se retirer dans ma tour d'ivoire ; en tout cas, quand je ne fais pas de l'histoire - ni le boulot pour lequel je suis payé, tout de même - je poursuis mon exploration de la musique dite classique.

Pensée profonde du jour : le concerto pour Piano n°2 de Brahms me fait penser à la peinture de Kandinsky. Si ça c'est pas un blog de haute tenue intellectuelle, ça, madame ?


De grosses notes sur une vaste portée : après les moissons, Hautefaye (Dordogne), juillet 2006.

Autre découverte fondamentale : la Fantaisie pour piano et violon en do majeur, de Schubert, c'est nettement plus guilleret que les Lieder du Winterreise, par le même, écrits en 1827 aussi. Avec des réflexions d'une telle profondeur, je vais finir docteur en musicologie, c'est sûr.

Le Plume vous salue bien.



vendredi 9 mars 2007

Les risques du métier

L'histoire est une discipline dangereuse : vous construisez patiemment une narration historique de votre sujet, en faisant des hypothèses mûrement pesées en fonction de la documentation dont vous disposez - mais à tout moment, l'état de cette documentation peut changer et ébranler votre échaffaudage...

Tombé aujourd'hui sur des masses de documents conservés dans un fonds improbable et concernant directement mon sujet. Fatalement, ça remet en cause un certain nombre d'idée que je m'était faites ; ça en confirme certaine, ce qui fait toujours plaisir ; ça en fait jaillir de nouvelles... C'est ça, la recherche en histoire.


L'intérieur du haut-fourneau de Forgeneuve, commune de Javerlhac, Dordogne, juillet 2006.

Évidemment, si j'avais pu trouver ça avant d'écrire mon mémoire de M1, je n'aurais pas écrit exactement les mêmes choses... Ce sont les risques du métiere.

Le Plume vous salue bien.



jeudi 4 mai 2006

Forge neuve

Depuis le temps que je vous casse les pieds avec les hauts fourneaux du XVIIIème siècle, je vais enfin pouvoir vous en montrer un, remarquablement bien conservé contrairement aux « vieilles forges » d'Argoat dont on parlait hier : Forgeneuve-en-Périgord, commune de Javerlhac, département de la Dordogne, pas très loin de Nontron. Je n'avais jamais été jusque là : j'avais remonté le Bandiat au delà de la limite du département de la Charente jusqu'au site des forges de la Chapelle Saint-Robert, assez décevant du point de vue de la conservation et j'avais rebroussé chemin. Comme aujourd'hui, au volant de la Toyota paternelle, j'ai brillament loupé le tournant pour la Chapelle, j'ai fait les quelques kilomètres manquant jusqu'à Forgeneuve, et pour le coup je n'ai pas été déçu :


Anciens hauts fourneaux de Forgeneuve, commune de Javerlhac, Dordogne, cet après-midi vers 17h.

Bon, évidemment, si vous vous attendez à un monstre d'acier de 70m de haut, genre les complexes sidérugiques de Lorraine dans les années 60 ou de Gravelines aujourd'hui, c'est un peu décevant : un espèce de donjon rectangulaire de 6 ou 7 mètres de haut entouré de granges en tuile romaine, c'est sympa, mais bon...

Explication : le bâtiment rectangulaire, c'est le massif des hauts fourneaux. Il contenait à l'orgine deux fourneaux, c'est à dire des trous verticaux en forme, eh bien, de hauts fourneaux. Je sais qu'il y en avait deux parce que j'ai lu mes sources, et parce qu'un haut fourneau simmple serait carré plutôt que rectangulaire. La roue qui a été conservée servait à actionner les soufflets, à l'aide d'un arbre à came ; les deux appentis en amont et en aval des fourneaux abritaient chacun une paire de soufflets. Une seule des deux roues a été conservée (ou refaite) ; en toute rigueur, cette taille de roue devait plutôt se trouver à l'origine dans la soufflerie amont, celle d'aval étant plus petite. Mais bon, en toute probabilité, le bâtiment a dû être réutilisé pour d'autres usages au XIXème siècle, ce qui expliquerait cette modification.

Le haut du massif des hauts fourneaux forme une sorte de terrasse. Sur cette terrasse s'ouvrent les gueulards des hauts fourneaux, dans lesquels les ouvriers dénommés chargeurs et arqueurs balançaient alternativement minerai de fer et charbon de bois au fur et à mesure que les charges précédentes étaient consommées. Quand on a empuanti ses tee-shirts à retourner des merguez qui crâment au dessus d'un tas de charbon de 5 cm d'épaisseur, on imagine sans peine l'agrément d'un travail de force au débouché d'une colonne de charbon de la hauteur du bâtiment en pleine combustion... D'accord, on travaillait surtout en hiver, mais tout de même !

Allusion fine à la production de l'endroit : les gargouilles évacuant les eaux pluviales de la plateforme sont en forme de têtes de canons.

Le Plume vous salue bien.



vendredi 20 avril 2007

Rivières

Du bassin de la Dordogne : la Dronne, la Nizonne, l'Isle, l'Auvézère ; du bassin de la Charente : le Bandiat, la Tardoire, la Touvre, l'Échelle, la Bonnieure... quelques une de mes rivières à forges, entre Angoumois, Périgord et Limousin, juste pour le plaisir des noms.


La Nizonne au pont de La Rochebeaucourt, département de la Dordogne (la partie gauche du cliché est en Charente).

Je disais hier que j'étais encore il y a peu un électeur hésitant. À la vérité, suis-je bien certain de ne l'être plus ? Il n'y a pas que dans les rivières qu'il y a du flottement.

Le Plume vous salue bien.



jeudi 12 avril 2007

Circulation

Pas mal de route aujourd'hui encore : parti d'Angoulême ce matin, je devais déjeuner sur le campus de Limoges avce le responsable d'un projet de recherche auquel je participe. De la route nationale à l'ancienne, sur une bonne partie du chemin, avec les poids lourds qui se croisent difficilement dans les rues des patelins. Roumazière-Loubert avait eu son heure de gloire il y a quelques années quand on y a retrouvé des fûts de dioxine venus tout droit de Seveso et entrposés illégallement dans une carrière des environs ; un de ces jours, on en causera pour cause d'empilement de semi-remorques espagnols au coin de la place du marché.

L'après-midi, archives départementales de la Haute-Vienne - un dépôt de plus à ma collection. Des documents intéressants, mais pas renversants ; en deux heures et des brouettes, tout était fiché, photographié et enregistré. Du coup, plutôt que de me trouver comme prévu un hôtel pour la nuit, j'ai rejoint l'autoroute : direction notre chez nous à nous. Ah, mais !


Speedy Gonzales contre Franklin la tortue ?
Véhicule apperçu dans le bourg de la Rochebeaucourt (Dordogne) mardi après-midi.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : je n'ai pas d'explication sur le passage de l'attelage de la photo dans une rue assoupie d'un village du Périgord Vert. Vu les confettis dans les caniveaux, je suppose qu'il y avait eu un défilé de chars quelques jours plutôt, à l'occasion de Pâques, sans doute... C'était après tout le première fois que je mettais les pieds dans ce coin précis ; je ne suis donc guère informé des coutumes locales !



vendredi 13 avril 2007

Dans les villages

L'autre jour, au détour d'une petite route, tombé sur un village dont j'ignorais complètement l'existence, du côté de Combiers, dont je vous parlais l'autre fois. Ça m'a un peu surpris sur le momant : ne serait-ce que pour avoir feuilleté l'annuaire du téléphone dans mes années lycée, je crois avoir entendu parler au moins très vaguement de la plupart des communes du département de la Charente. Renseignement pris, j'étais passé au coin d'un bois dans celui de la Dordogne - sur les chemins vicinaux, pas de panneau géant qui vous annonce en lettre de feu que vous êtes le bienvenu en Tarn-et-Molette..


Les Graulges (Dordogne), 10 avril 2007.

Désert, le village - c'est ce qui frappe quand on traverse un village ou un petit bourg un jour de semaine. Et c'est finalement assez normal : les enfants sont à l'école, la plupart des adultes au travail dans une ville voisine ; les agriculteurs sont au travail également dans les champs alentours ; il n'y a pas beaucoup plus de femmes au foyer à la campagne qu'en ville... Il ne reste donc guère que les personnes agées. Il faut croire que les vieux graulgiens n'étaient pas de sortie à cette heure-là.

Il faut dire que la commune est plutôt modeste : un hameau à flanc de colline, une superficie de 413 hectares (4,13 km²) et 61 habitants en 1999. Dont la moitié avaient alors plus de 60 ans, si j'en crois l'INSEE... Ils étaient bien cachés, les bougres.

Le Plume vous salue bien.



dimanche 7 mai 2006

Villages

Samedi, en fin d'après-midi. Varaignes, Dordogne, sous un ciel d'orage qui ne méssiérait point au Limousin tout proche. Autour d'une place couverte de grands maronniers, un petit château médiéval, une église romane sans prétention et un petit bureau des Postes, Téléphone et Télégraphe - au premier, la Caisse Nationale d'Épargne. Des vieilles maisons, certaines à vendre et en fort mauvais état, mais pas la majorité.


Varaignes, samedi 6 mai 2006, 17h20.

Au château se sont retrouvés, depuis les années 80, des gens qui voulaient faire vivre le patrimoine de la région ; mon professeur de gymnastique de 5ème et 4ème, que je prenais alors pour une brute épaisse, y passait son temps libre pour dispenser des cours de dentelle traditionelle. Un centre d'animation a été créé, reprenant ces initiatives ; son responsable a publié un petit ouvrage richement illustré et pas si mal fait sur les hauts fourneaux de la région, malgré un titre que la nécessité de plaire aux bailleurs de fonds a frappé d'obésité (*). Sur le ruisseau, en contrebas, des reconstitutions de machines hydrauliques diverses ont été installées dans un petit parc : noria, meule à blé, mais aussi les bocards et soufflets de hauts fourneaux de la métallurgie locale. C'est très bien fait - pas si souvent qu'on présente l'hydraulique ancienne de manière à la fois vivante et intelligente comme ça.

Plus loin, Soudat, Bussière-Badil, Busserole... Pas un chat dehors, juste quelques chiens, plus tous jeunes. Les villages...

Le Plume vous salue bien.

(*) MAGNE, Christian, Au temps où le Périgord-Limousin-Angoumois canonnait en Atlantique, Du fer & des canons pour sa Majesté, Varaignes (Dordogne), Centre permanent d?initiative pour l?environnement du Périgord-Limousin, 2004, 112 p. La photo de couverture est pratiquement la même que celle de mon enrée de jeudi, pourtant je n'ai acheté le livre que samedi.



vendredi 19 mai 2006

Hydraulique


Reproduction d'une noria au Lud'eau vive de Varaignes (24).

L'eau passe sous les ponts. L'eau passe sous la roue. La roue tourne.

La roue à aube entraine l'engrenage, qui actionne le rouet, qui est solidaire de la grande roue de la noria. Les godets de la noria puisent l'eau de la rivière et l'élèvent vers la conduite d'irrigation.

La conduite est bouchée ; l'eau retombe sur le sol.

C'était une semaine comme ça.

Le Plume vous salue bien.



jeudi 20 juillet 2006

kilomètre 540 : Varaignes (Dordogne)

Et voici le but du voyage : l'université d'été de la route des tonneaux et des canons. La route des tonneaux et des canons ? L'axe commercial qui du Périgord et du Limousin rejoint l'Atlantique par le fleuve Charente, apportant entre autre au port de Rochefort ses canons et aux distilleries du Cognaçais leurs tonneaux - d'où le nom. Un prof de math à la retraite originaire de Varaignes (ou de Hautefaye, je ne sais plus) avait lancé une association pour promouvoir études et animations sur ce thème ; j'étais rentré en contact avec eux par son successeur à la présidence de l'association, qui était jusqu'à une date récente directeur de la communication à la DCN équipement naval (la raison sociale actuelle de la fonderie de Ruelle). Je leur avais proposé de présenter mes travaux à l'occasion de cette manifestation, ce qu'ils avaient accepté avec enthousiasme. Agréable de parler de choses qui vous intéressent à un public qui s'y intéresse, et tant mieux si ce public n'est pas celui des amphithéatres universitaires.

Quinze juillet, c'est le moment de rejoindre le lieu de la conférence. Le barman de l'hôtel m'avait recommandé d'ignorer les panneaux de déviation concernant la route que je souhaitais emprunter ; il avait raison - cet hôtel ne pouvait avoir tort sur tout. Petites routes entre champs de blé et chataîgneraies. Les bourgs sont le long des routes, les villages souvent un peu à l'écart. Arrivée dans les temps pour l'ouverture de la conférence, sur le coup de dix heure ; exposé des membres locaux le matin, des chercheurs invités l'après-midi. Entre les deux, vin d'honneur et inauguration d'une plaque au « Lud'eau vive » voisin - je vous en avais parlé. Après ça, gueuleton champêtre pour 60 personnes sous les arbres, au bord de l'eau.


Varaignes, 15 juillet 2006, 13h.

L'après-midi, la digestion pèse un peu, la chaleur dans la salle des fêtes également. Malgré tout, mon exposé se passe très bien ; de nombreuses questions à la fin montrent que le public ne s'était pas endormi, ce qui est une performance en soi dans ces conditions. Je n'ai bien sûr pas suivi le texte que j'avais soigneusement préparé - plutôt une impro autour de ma présentation powerpoint. Les jolis dessins, ça ne peut pas faire de mal, et je dispose d'une projectionniste de choc pour faire défiler les images.

Le soir, c'est la soirée grillade du samedi sur la place du village (tous les week-ends en juillet et août, semble-t-il). Conversation passionnante avec un jeune forgeron travaillant au chantier de l'Hermione à Rochefort. Dommage que l'irruption de quelques nazillons locaux, bien que canalisée par les anciens, gâche un peu l'ambiance.

Bah : on a une mauvaise nuit à rattraper, et une balade à deux sur les petites routes avant d'aller se coucher, ça ne fait pas de mal non plus. Bilan globalement positif, comme disait l'autre.

Retour aux archives aujourd'hui, comme prévu. Séance de travail à Vincennes, sur une série (DD2, travaux maritimes) qui s'avère assez décevante, mais il fallait y regarder pour le savoir. On ne peut pas décrocher le gros lot à chaque fois. Demain, Vincennes ou archives nationales, je ne sais pas encore, tout dépendra de mon humeur du moment.

17h, au sortir de la salle de lecture, gros nuages noirs derrière le gothique flamboyant de la chapelle du fort. Retour express à dos de scooter, arrivée synchro avec les premières gouttes. Si c'est pas du grand art, ça !

Le Plume vous salue bien.



samedi 16 décembre 2006

Tant va la cruche à l'eau...

...qu'à la fin il n'y a plus d'eau, disait Boris Vian. Je vous fais gré du raisonnement qui le conduisait à cette maxime.

Bref : j'avais réussi à récupérer un peu hier, en sacrifiant une séance d'archives et un séminaire. Et patatra, de gentils voisins avaient décidé de faire une fête chez eux ; je n'ai donc pas dormi avant quatre heures du matin, vu que je supporte très mal les boules quiès. Et quelque part j'ai la vague impression que, si je paye un loyer, c'est pour avoir un lieu où je peux dormir, y compris les vendredi soirs... La chose aurait été sans conséquence si je n'avais pas eu un autre séminaire d'histoire ce matin, intéressant d'ailleurs. Et rebelotte cet après-midi. Du coup j'ai une vague sensation de fatigue...


Un bocard à l'échelle 1/4, Varaignes (Dordogne), mai 2006.

Le séminaire de cet après-midi concernait la charpenterie, c'est à dire non seulement la manière de bâtir des charpentes mais plus généralement l'art de construire avec du bois. N'oublions pas que jusqu'à l'arrivée de la machine à vapeur, tout ce qui est de l'ordre de la mécanique est ouvrage de charpenterie. Voir par exemple ce bocard, dispositif à piles de bois actionnées par un arbre à came, entraîné lui-même par une roue hydraulique, et destiné essentiellement à broyer le minerai.

Ceci dit, les exposés concernaient essentiellement la charpente stricto sensu, avec en sus un exposé intéressant sur la sylviculture, qui clarifiait largement la compréhension que j'avais de la forêt au XVIIIe siècle (j'en causerai dans ma rubrique historique un de ces jours) et un autre de l'archéologue Eric Rieth sur la charpenterie de marine, fort intéressant également. En gros, il mettait en évidence quelque chose qui devrait aller de soi : que la conception et la réalisation de la charpente d'un vaisseau, avec ses membrures toutes différentes les unes des autres et dessinées, dès le XIIIe siècle au moyen d'abaques sophistiquées, n'ont pas grand chose à voir avec avec une charpente terrestre, réalisée avec des pièces de bois pratiquement normalisées. Ce qui ne retire rien à l'ingéniosité et à l'inventivité des charpentiers de la construction, mises en évidences par les exposés suivant.

Mais bon, là, tout de suite, je crois que je vais aller directement me coucher, sans passer par la case départ, ni rien.

Le Plume vous salue bien.



samedi 17 décembre 2005

Haute voltige (une après-midi au cirque, 2)

Évidemment, d'une excursion à Gavarnie en été, ce qui marque le plus, c'est la cascade. Enfin, avec les éboulis qui bousillent les pieds au bas des parois du cirque et qui marquent pas mal, surtout les chevilles si on n'a pas les chaussures appropriées. Mais la cascade, tout de même...


Gavarnie, 3 août 1999.

S'il y a un connaisseur, je serais preneur du dénivelé total, depuis la crête jusqu'aux pieds des promeneurs, de ces chutes d'eau. Plus de mille mètres, c'est sûr, mais combien, je ne sais pas.

D'un autre côté, un cirque, c'est bien comme endroit, pour des cascades. Non ?

Le Plume vous salue bien.


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vendredi 16 décembre 2005

Une après-midi au cirque

Pendant que je faisais ma config' de la mort qui tue pour l'opération dont je parlais hier (opération qui s'est plutôt bien passée, finalement : j'étais un peu pessimiste sur la qualité de la configuration écrite après 3h du matin. D'ailleurs, vers la fin, il y a pas mal de trucs qui clochaient, mais bon, on a pu corriger ça en temps et en heure. Fermons la parenthèse), pendant donc que je me faisais suer à écrire du JunOS dans le texte, j'ai numérisé quelques rouleaux de photos que je n'avais pas encore sur l'ordinateur. Je vais donc me faire un plaisir de continuer sur ma lancée avec les photos du cru 1999.

Et donc, pour oublier le crachin, les fibres optiques qui lâchent et les fichiers de configuration de 15.500 lignes, pourquoi pas un après-midi au cirque ? C'est une après-midi d'été ; tout le monde y va, en famille ou entre amis, par le chemin de terre, pour profiter du spectacle.


Gavarnie, 3 août 1999.

Oui, c'est de ce cirque-là qu'il s'agit : les archives de ce weblog manquaient salement d'images de la France au sud de la Garonne - étant donné que les périodes où je fréquentais le plus ces contrées étaient celles où je photographiais le moins. On va corriger ça.

À suivre...

Le Plume vous salue bien.


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mardi 25 mai 2004

Plume au pays des Burgondes (suite)

A Vauluisant toujours : attention, mesdames et messieurs, ce que vous avez sous les yeux est... un étang !


Eh oui, il s'agit du grand étang de l'abbaye, vue de la digue qui le retenait. Les arbes au fond en marquent les limites, et la profondeur devait être de trois ou quatre mètres au niveau de la digue. Sur la droite, un petit bief partait alimenter le moulin. Il ne semble pas y avoir eu à Vauluisant d'autres activités que la meunerie aui utilise l'hydraulique, à part bien sûr l'indispensable pisciculture : Les cisterciens, au titre du strict retour à la règle de saint Benoît, ne mangeaient pas de viande. Et puis, dans les periodes difficiles, la vente de poisson représentait un revenu non négligeable pour les monastères.

Voilà en tout cas un étang où on ne risque pas de se remplir les bottes.

Le Plume vous salue bien, les pieds au sec.


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dimanche 23 mai 2004

Le Plume chez les Burgondes




Week-end improvisé en Bourgogne, à l'ancienne abbaye cistercienne de Vauluisant, près de Sens  (ici, la porterie, sans doute le plus beau bâtiment de ce qui en reste) pour une conférence de Paul Benoit sur l'hydraulique cistercienne.

Conférence passionnante, suivie d'une ballade à travers les forêts de l'Yonne (très, très belle région), puis bonne bouffe, bon vin...  Ca vallait le coup de faire quelques kilomètres pour ça.

Reste que la Bourgogne, comme toute la France de l'Est d'ailleurs, est pour moi un dépaysement permanent. Comme quoi, on a beau se vanter de ne pas avoir de racines (et c'est pourtant vrai, j'ai vérifié sous mes pieds, il n'y en a pas), il y a des régions où je me sens plus chez moi que dans d'autres.

Le Plume vous salue bien, et en particulier les copains bourguignons!


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dimanche 4 décembre 2005

Métal et construction (suite)

Puisqu'une lectrice attentive mentionne le vitrail comme lieu d'emploi du métal, je confirme : un vitrail comporte certe du verre mais aussi une résille de plomb joignant les morceaux et une armature de fer. Voyez plutôt :


Courgenay (Yonne), grisaille de l'ancienne chapelle de l'abbaye de Vauluisant.

On voit bien dans cette photo, prise en équilibre instable du rebord d'une tribune à 4 ou 5m au dessus du sol, les différents éléments : Les pièces de verre (ici sans aucun intérêt d'ailleurs) sont insérées dans une résille en plomb ; l'ensemble est maintenu en place par les « barlotières, » mot que je tenais absolument à utiliser vu que je viens de l'apprendre. Il s'agit de paires de fers plats dont l'un est pourvu de fente, l'autre de petits taquets et qu'on positionne de part et d'autre du vitrail ; les taquets viennent se loger dans les fentes et des clavettes plus ou moins triangulaires viennent verrouiller l'ensemble - d'où le nom, contraction de « barres loquetières » si on en croit les termes romain qu'on relève dans les livres de comptes de l'époque. Ici, il s'agit clairement d'une rénovation récente : les clavettes sont de parfaits triangles rectangles, taillés en deux coup de scie ou de meuleuse dans du fer plat. Les clavettes anciennes ont généralement la forme d'une sorte de virgule. Il y a par ailleurs ici une grande barlotière verticale, ce qui est inhabituel.

À noter en haut et en bas un deuxième ordre de renfort en fer, les vergettes, de section moindre et fixées au vitrail par des bouts de résille nouées derrière - c'est l'avantage du plomb, c'est mou comme tout. Il s'agit non pas de retenir le vitrail mais juste de le rigidifier pour tenir le coup en cas de raffale de vent, sinon c'est un peu râlant. Dans les grands vitraux en lancette des cathédrales, on a de plus de gorsses barres, munies de clavettes comme les barlotières, mais bien plus fortes et servant en fait d'étai à l'encadrement de la fenêtre, à moins qu'elles soient inclues dans un ceinturage du bâtiment (ce qui n'est pour l'instant pas avéré, mais allez savoir).

Les nombreuses toiles d'araignées, malgrés les propriétés mécaniques que vantait récemment une vingtisixienne qui se reconnaîtra, n'ont pas de rôle structurel précis à ma connaissance !

C'était : comment faire un cours magistral pompeux sur un sujet dont on ignorait tout vendredi dernier.

Le Plume vous salue bien.