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Des photos et des jours

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mardi 18 septembre 2007

Tout petit déjà, dans les marges de ses cahiers...

J'ai souvent du mal à dater les photos prises dans les années 1980 que je récupère progressivement. Ce rouleau-là est plus facile à dater que les autres : on y voit les déménageurs à l'œuvre, alors que nous nous installions à Angoulême, mes parents, ma sœur et moi. C'était donc fin août, début septembre 1982.


Une de mes « créations » d'alors. Angoulême, septembre 1982.

J'avais onze ans. J'étais encore un fan de légo, mais je me défendais déjà pas mal avec un appareil photo - fût-ce un reflex Asahi Pentax SP500 pas précisément automatique.

Le reste du rouleau est essentiellement consacré à la cinquième édition du circuit des remparts, en septembre 1982 donc. J'y avais photographié une Ford A, une magnifique Rochet-Schneider, une Berliet Six, une Chenard et Walcker, un kart contemporain non identifié et une R5 Alpine. Ah, mais !

Le Plume vous salue bien.



mercredi 26 septembre 2007

Place à la course !

Les moteurs et les boîtes qui hurlent dans le raidillon de la Cathédrale : pousser dans leurs derniers retranchements les produits de l'ingéniosité des hommes.


Circuit des remparts, Angoulême, 16 septembre 2007.

Je n'ai toujours pas compris comment on pouvait qualifier les machines d'inhumaines. À la rigueur, on pourrait leur reprocher d'être un peu trop humaines, non ?

Le Plume vous salue bien.



vendredi 4 juin 2004

Le bout du tunnel

... à moins bien sûr que ce n'en soit l'entrée !


Angoulême, l'entrée du tunnel ferroviaire, 6 juin 2004, 9h30 environ...

Après une grosse journée de travail d'archive, je ne suis pas très disert.  Sans compter que le métro bondé et surchauffé quand on est harnaché de sacs et d'appareils photos et à la bourre pour aller prendre son train à Montparnasse, ça calme aussi (ok, c'était hier soir.. mais bon, faut que ça cicatrise !

More tomorow,

le Plume vous salue bien.


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vendredi 3 juin 2005

histoire : les affaires reprennent

Ceux qui suivent ce blog depuis ses débuts ont entendu parler de mon projet de mémoire de maîtrise - sur l'histoire des techniques au XVIIIe siècle en général et la sidérurgie de la fonte en particulier. D'aucun auron suivi mes tribulation d'un centre d'archive à un autre (Angoulême, Rochefort, Vincennes, Paris, Lorient - ce sera tout, merci bien) tout au long de l'année universitaire 2004-2005. Et depuis l'automne dernier... pas grand chose. Il est temps d'en reparler.

En somme, après quatre ans où une partie essentielle de mes loisirs a été consacrée à l'histoire, j'avais, je crois, besoin de souffler un peu. Finalement, faire en trois ans un DEUG et une licence tout en travaillant à plein temps, ça n'est pas si mal. Il est vrai que l'année de licence, qui aurait pu être problématique, correspondait à une année relativement creuse d'un point de vue professionnel. Ça n'a pas été le cas de ces deux dernières années - et rédiger un mémoire, surtout lorsqu'on a l'ambition de faire quelque chose de bien, demande un tout autre investissement que de bachotter quelques cours et de lire quelques bouquins sur un programme.

Du coup, j'ai traîné. En plus, comme j'espérais réussir à finir la bête à la toute dernière minute pour avoir ma maîtrise, j'ai omis de me réinscrire - c'est cuit donc pour cette année.  mais les affaires reprennent : je vais me réinscrire l'an prochain, en première année de master, avec une nouvelle directrice, mon directeur d'origine prenant sa retraite. J'ai quand même quelque remords à ce propos : il m'aurait semblé approprié de soutenir ce mémoire sous la direction officielle du professeur qui m'a fait découvrir la richesse de l'histoire des techniques. Ceci dit, la nouvelle titulaire de la chaire d'histoire des techniques est quelqu'un que je connais, que j'apprécie beaucoup et qui je crois m'apprécie aussi et qui est spécialiste de la jonction entre XVIIIe et XIXe siècle, ce qui correspond parfaitement à mon sujet.

Ce qu'on va faire, par conséquent, c'est de reprendre l'affaire de manière très pragmatique : comment tirer du diplôme universitaire - j'y accorde une certaine valeur - d'un travail de recherche d'ores et déjà plutôt réussi. On va tâcher de faire ça, je vous tiendrai au courant.

En attendant, voici un petit échantillon de la richesse des fonds d'archive que j'ai eu le plaisir de consulter. Il s'agit d'un plan de la rivière Touvre - un affluent de la Charente qui a la particularité de prendre sa source d'une résurgence importante et dont le flot est donc pratiquement constant en toute saison. C'est elle qui fait mouvoir les soufflets de l'usine que j'étudie - il n'y a pas de hauts fourneaux sans soufflage et, à cette époque, pas de soufflets sans roue hydraulique. Je vous renvoie à un schéma que j'ai posté il y a déjà logtemps dans ma rubrique "histoire de dire". Les droits domaniaux sur les eaux de cette rivière ont été l'objet de longs conflits juridiques - le domaine du Roi, s'il est inaliénable, peut être engagé, c'est à dire en quelque sorte hypothéqué ; cet engagement étant cessible, on aboutissait à une situation où l'on ne savait plus à qui était quoi, entre le roi, son frère et des particuliers. En 1777 a donc eu lieu un bornage délimitants lesdits droits et qui ont été fixés sur une carte. On a du coup commandé au même cartographe cette imposante carte de la rivière Touvre en trois rouleaux, intitulée Plan de la rivière de Touvre sur la quelle s'étendent les droits de pêche retirés par Monseigneur le Comte d'Artois sur les héritiers de Mr. Paultre et autres. Il s'agit vraissemblamblement de l'œuvre de Pierre Touffaire, ingénieur des bâtiments civils de la marine à Rochefort. Tout en haut, c'est l'usine que j'étudie et qui est au cœur du litige.

Cette affaire n'est que l'un des nombreux dossiers dans lesquels je me suis plongés, un peu périphérique à mon histoire mais soulevant plein de questions concernant la conception du domaine et de ce qu'est l'eau d'une rivière, à la fois source de nourriture par le biais de la pêche et d'énergie pour les moulins à blé mais aussi les forges, hauts-fourneaux, papeteries, qui forment la base de l'ancienne industrie.

Je pourrais en parler pendant des heures - mais je vois que ce qui ne se sont pas enfuis s'endorment. Je vous souhaite donc une bonne nuit !

Le Plume vous salue bien.

P.S. : il y a quelques bugs dans les raccords de photos, désolé. Les pieds de chaises qui tenait le rouleau ouvert à ses deux extrémités donnent l'échelle.



vendredi 5 mai 2006

Vieux papiers

Petit passage aux archives départementales de la Charente aujourd'hui - ça faisait longtemps. Je voulais y regarder quelques trucs précis : un document de 1777, dont j'avais trouvé la cote dans un article de 1925, et une source de l'époque du directoire à laquelle j'ai pensée en relisant le tome 3 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine (par Denis Woronoff, lecture très recommendable donc).


Une liasse des justices seigneuriales d'Angoumois, archives départementales de la Charente, cet après-midi.

Résultat : la chemise cotée A3 porte la mention « dix-huit pièces » et n'en contient que deux - pas celles qui m'intéressent bien sûr. Quant aux registres de la municipalité de canton de Garat, ils sont d'une plattitude inégalée. Les quelques registres judiciaires consultés, quant à eux, ne correspondait pas au bon coin - j'avais mal lu l'inventaire. Un autre dossier me donne quelques infos intéressantes, c'est déjà ça. Sinon, pas resté trop longtemps, étant donné que la plaie de toutes les archives départementales était là en force - les généalogistes, parlant haut et fort comme s'ils étaient dans leur salon. Des retraités, généralement, qui seraient parfaitement à même de travailler et qui viennent perdre leur temps à me gâcher l'existence au frais des caisses de retraites. Il y a des jours, franchement...

Sinon, ça va. Il fait beau, mon mémoire avance, je suis content de voir mes parents. On peut faire pire.

Le Plume vous salue bien.



vendredi 28 janvier 2005

En bulles

Bon, malgré une grosse crève gagnée à se les geler hier à Montparnasse et qui se traduit par une déplaisante sinusite (pas aidée il est vrai par l'humidité ambiante), journée dans les bulles aujourd'hui -- les chapiteaux du festival, quoi.

J'y ai traîné mes guêtres tout l'après-midi, farfouillant de-ci, de-là, regardant de loin les dédicaceurs ; le seul que je tenais à faire dédicacer, pour le compte d'un ami, je l'ai raté, c'était ce matin. Des stands de toutes les tailles, de l'ordre d'une supérette pour les gros éditeurs, ou juste une table pour les petits, avec tous les intermédiaires possibles.

Me suis attardé comme il se doit au stand de "l'association", vu que c'est quand même de là qu'est venu ces dernières années le nouveau souffle de la B.D. française. Grosse foule sur un stand bien petit au regard de l'importance qu'a cette maison pour les amateurs de B.D. :

Il faut dire, Marjan Satrapi, moteur économique de la boutique, était en train de dédicader, et ça attirait du monde. De l'autre côté du stand, un spectacle à part entière : Baudoin dédicace. Baudoin, c'est un peu le père spirituel de ce mouvement, avant même que Lewis Trondheim et ses copains n'organisent tout ça. Et quand Baudoin dédicace, c'est un spectacle à part entière : au pinceau, prenant tout son temps, ne faisant guère du coup que deux ou trois signatures en une demi-heure. Et rayonnant la gentillesse par dessus tout ça.

La maison ne prenant pas la carte bleue, petit tour chez Dargaud pour faire quelques achats : la ligne de front, de Manu Larcenet (excellent), et puis le chat du rabbin de Sfar. On l'a déja, mais pas mes parents, donc ça vallait la peine de l'acheter. Ne serait-ce que pour le relire. Il y a des B.D. comme ça qu'on a envie d'acheter deux fois...

Allez, au lit, j'y retourne demain.

Le Plume vous salue bien.


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mardi 25 septembre 2007

Et dix-huit filles dedans

De ce voyage à Angoulême devais-je ramener, disais-je, moultes photos de voitures anciennes - et je ne vous en ai pratiquement pas montré ! Réparons cette injustice avec des chromes à l'américaine, pas si anciens que ça, mais plutôt rutilants...


Arrière d'une Chevrolet, jardins de l'Hôtel de Ville, Angoulême, 15 septembre 2007.

À propos d'automobile, et mes cours ? Ils commencent la semaine prochaine, en principe. En principe : il y a huit jours, alors que les inscriptions pédagogiques n'avaient il est vrai débutées que depuis peu de temps, je n'avais en tout et pour tout qu'un (1) étudiant inscrit dans cette option...Je ne croulerai pas sous les copie, en tout cas. C'est déjà ça.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : titre emprunté à Laurent Voulzy, bien sûr.



dimanche 16 septembre 2007

Remparts, moteurs et ruisseaux forestiers

De retour à Paris après ce séjour angoumoisin à grande vitesse. De vieilles voitures sur les remparts, une ancienne abbatiale en rase campagne, crotter mes chaussures en pleine forêt... Bilan largement positif, donc.


Avant d'une Delaunay-Belleville de 1913, Angoulême, samedi après-midi.

Côté vieilles voitures, j'ai enrichi quelque peu mon patrimoine phtographique - et ce d'autant que j'ai récupéréles photographies que j'avais prises du même événement l'année même où nous avions aménagé à Angoulême, c'est à dire, si mes souvenirs sont bons, en 1981. Ça ne rajeunit personne, je ne vous le fait pas dire.

Sinon, j'étais passé voir en avril dernier l'étang du Cluzeau, à Combiers, à la limite entre Dordogne et Charente. Je m'étais étonné à l'époque d'y trouver quantité de scories métallurgiques ; j'en ai trouvé la raison dans un ouvrage d'érudition locale* acheté chez un libraire d'Angoulême : il y avait là, au XVIe et XVIIe siècles, un haut fourneau. Tout s'éclaircit donc.

Le Plume vous salue bien.

* M. Aillot, Moulins & forges du canton de Villebois-Lavalette, imprimerie La Chasseneuillaise, 2003.



mercredi 20 septembre 2006

Carte scolaire

Alors, on remet sur le tapis les histoires de carte scolaire, paraît-il...


Le lycée polyvalent Marguerite de Valois, à Angoulême, 15 ans et 8 mois après que j'y aie obtenu mon bac - pas le moindre changement.

Je n'ai pas étudié dans le collège ni dans le lycée que me prescrivaient la carte scolaire : mon père enseignait alors au lycée Marguerite de Valois, à l'autre bout de la ville - y aller simplifiait largement les questions de transport. Au demeurant, ni le collège ni le lycée n'avaient particulièrement bonne réputation : un bâtiment des années soixante, fort laid comme il apparaît ci-dessus, entouré de cités HLM et de banlieues pavillonnaires modestes. Le lycée chic, où toute la bonne société se contorsionnait pour envoyer ses gamins, c'était Guez de Balzac, au cœur du Vieil Angoulême, certainement pas celui-là.

J'y ai passé de très bonnes années ; je n'aurais sûrement pas mieux étudié si j'avais été au « bon » lycée - je m'y serais probablement moins amusé par contre, ce qui aurait été dommage.

Ce que je veux dire : le fantasme du bon lycée est essentiellement ça : un fantasme. Entretenu par les innombrables classements que publient tous les ans les magazines réacs, sur le thème Où faut-il envoyer vos enfants ? - sous-entendu, où ne surtout pas les envoyer, sinon ils se vautreront dans l'échec scolaire, la drogue, la criminalité et sans doute le stupre (pour le stupre, c'était pas terrible, mon lycée, je dois dire). La vérité, c'est que ça ne fait pas (ou peu) de différence. Peut-être plus dans les collèges, je suis prêt à l'admettre - mais dans les lycées, je n'y crois guère.

Le problème, c'est qu'en supprimant la carte scolaire, on encouragerait justement cette fantasmagorie. Et c'est idiot : une fois que tout le monde (riches et pauvres) aura décidé qu'il faut absolument envoyer les gosses au lycée Machin, parce qu'ils l'ont dit dans le journal, on fera quoi ? On tirera au sort ? C'est aberrant.

Bah, c'est vrai que du coup, ça ne changerait pas grand chose. De la démagogie bon marché, quoi...

Je la sens mal, cette campagne électorale !

Le Plume vous salue bien.

P.S. : demain, promis, une photo de mer.



lundi 2 janvier 2006

Rouleaux perdus (suite)

Avant de partir pour Washington, je vous avais parlé de ces rouleaux de photos retrouvés à Angoulême, datant des premières pellicules que je m'étais offerte, pour employer dans le boîtier de mon père. De certaines je ne me souvenais plus du tout, au point d'avoir quelques difficultés à les identifier. De ce rouleau par contre, en noir et blanc, j'avais gardé des souvenirs précis, bien que j'ai un peu de mal à dater la chose. 1986 ? 1987 ? 1986, sans doute : c'était une toute fin d'année scolaire et je ne crois pas avoir été en instance d'examen - ce devait donc être en classe de seconde.


Mon petit bout de land art, Angoulême, avril ou mai 1986.

C'était une époque où l'art nous parlait directement, que ce soit les Ménines de Velasquez, la Spiral Jetty de Smithson ou les variations pour une porte et un soupir - je ne réalise qu'aujourd'hui à quel point les cours que nos prodiguaient nos professeurs d'arts plastiques et d'histoire de l'art étaient exceptionellement affûtés dans leur éclectisme. C'était une époque où l'on pouvait rester silencieux à contempler quelques mots que nous avions écrits, avec des altérations qui nous semblaient hautement significatrices, sans que nous sachions exactement de quoi. C'étaient l'époque où le grand combat d'Henri Michaux nous prenait aux tripes... Une adolescence romantique, sans doute, au sens propre du mot.

Je n'étais pas mécontent de mon idée : faire à la craie des dessins sur l'enrobé de la cour de récréation, qui ne prennent forme que lorsqu'on les regardait du quatrième étage - où se trouvait l'antre des plasticiens. D'autant que l'idée a été reprise par les autres, ce qui est une satisfaction sans borne pour un ado pas forcément des plus charismatiques. Et comme ce printemps était un des plus sec qu'ai connu le centre-ouest, nos bariolures colorées ont subsisté des mois, à la plus grande surprise des autres élèves...

Finalement, je l'aime bien, cet adolescent mal fagotté que j'étais !

Le Plume vous salue bien.


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lundi 7 juin 2004

Toc, toc, toc, qui frappe à la porte ?

Sûrement quelqu'un qui a de grandes mains.


Entrepôts aménagés dans les arcades, Angoulême, rempart nord, en plein cagnard tout à l'heure.

Je reconnais : c'est un coin de la ville que je ne connaissais pas du tout. Il faut dire, pour aller des archives départementales aux archives municipales, c'était un raccourci très illusoire. Et lorsque le soleil cogne et qu'on transporte son bureau sur le dos, l'illusion se dissipe vite. Heureusement qu'il y a du beau au détour des rues, en guise de compensation.

Le Plume vous salue bien.


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dimanche 30 janvier 2005

Dernières bulles

[texte composé entre Poitiers et Tours dans le train du retour]

Fin de festival, comme une fin de réception, avec les dernières bulles accrochées aux parois des dernières flutes de champagne. Ou encore : quand les bulles de savons disparaissent, comment savoir si elles sont trop haut pour qu'on les voit, ou si elles ont claqué discrètement ?


Angoulême, le Plateau vu de la route de Bordeaux, aujourd'hui vers 14h30.

Le dimanche, c'est fin de partie au festival. Certains stands sont désertés dès le début de l'après-midi ; sur les autres, les dédicaceurs se font rares après 16h, et les stocks aussi. D'ailleurs, pas réussi à faire dédicacer mon Lapinot par Trondheim, ni à acheter le Combat ordinaire de Larcenet. La vie est dure pour le festivalier tardif.

À part ça, acheté le dernier petit Trondheim à l'Association, Désœuvré, essai, sur la difficulté pour un auteur de B.D. à durer ; revient sur la mort de son personnage symbole, Lapinot, puisque La vie comme elle vient est bien entendu un album sur la mort. Youkaïdi, youkaïda, ce qui est bien avec les petits miquets, c'est que c'est la poilade. Hésité à prendre les mémoires d'un branleur/Memory of a Wanker chez Dynamite édition, B.D. bilingue et vaguement porno sans le moindre intérêt, sinon qu'une copine à nous a fait la traduction anglaise. Mais 20€ pour ça, alors que je me prive des Courts-circuits géographiques de Jochen Gerner par soucis d'économie ou tout au moins d'étalement des dépenses, de serait tout de même un petit peu ridicule.

Acheté aussi quelques tomes récents de Valérian pour compléter la collection commencée par mes parents quand ma sœur et moi avions onze ou douze ans. Marrant du coup comment sont réparties mes B.D. ou tout au moins les B.D. dont je me suis nourri depuis les Philémon qu'achetait mon père quand j'étais gamin. Il y a les B.D. de l'enfance et de l'adolescence, chez mes parents, complétées par mes soins de temps à autre ; les B.D. de mes années d'étudiant (j'en achetais pas mal malgré mon impécuniosité chronique), qui ont atterries en Bretagne après avoir passé quelques années dans une cabanne de jardin de Seine-et-Marne ; et puis mes achats d'adulte, faute d'expression plus appropriées, dans les rayonnages de notre chez-nous conjugal et parisien -- peu nombreuse au début, j'ai pratiquement cessé d'acheter (et d'ailleurs de lire) des bandes dessinées pendant plusieurs années ; m'y suis remis depuis peu. Pareil pour la musique d'ailleurs. Tout ça doit dire quelque chose sur ma vie mais je ne sais pas quoi -- et puis, quelle importance ?

Et voilà : le train du retour, où j'écris cette entrée ; heures intercalaires, idéal pour les bilans et réminiscences ou, s'il on préfère, pour tourner autour de son propre nombril. Il y a le temps.

Le Plume vous salue bien.


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jeudi 10 février 2005

Un petit pour la route ?

Après le gâteau, un petit digestif ?


Angoulême, route de Bordeaux, 30 janvier, 18h15.

(ou si vous en êtes encore à l'apéro : 1/3 Suze, 2/3 jus d'orange, mélanger au shaker avec de la glace, servir, ajouter un trait de crème de cassis pour la couleur et consommer avec modération)

Le Plume vous salue bien.


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samedi 18 décembre 2004

Tout un cinéma

Petit tour en ville et en couple cet après-midi ; pas très gai, une ville moyenne sous la pluie. Acheté un bouquin (reproduction mal fichue d'un très bon mémoire du XVIIIe siècle sur l'Angoumois) et une paire de bottes (pas pour moi). Depuis les remparts, on distingue les cimenteries de La Couronne à peine visibles dans le brouillard. Pluie, vent, etc.

A noter un tournage dans les petites rues du vieil Angoulême, tentant manifestement de recréer l'ambiance de la Libération :


Angoulême, cet après-midi, vers quatre heures.

Le film s'appelle, si j'ai bien compris l'arrêté municipal affiché sur un panneau voisin, Hôtel de France. Je suis curieux de savoir comment il justifiera une météo pareille pour une Libération qui a tout de même eu lieu en août... Je dois être insensible au glamour du 7ème art : je n'envie pas du tout le cycliste porte-drapeau qui attend en plein vent qu'on lui donne le top départ.

Le Plume vous salue bien.


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samedi 29 janvier 2005

Angoulême, tome 2. La suite.

Angoulême, tome 2. La suite.

Retourné de bon matin sur le champ de bataille. Enfin, 11h30, on n'est pas des bœufs tout de même. Tenté d'aller voir l'expo "clafoutis", dans la tour médiévale de l'hôtel de ville ; expo chaudement recommandée par l'ami Saryon. "Accès uniquement sur invitation entre 11h30 et 12h30." Bon, je descend faire un tour dans les bulles, reviens un peu après 12h30 : on m'explique que "c'est ouvert dans le hall, mais que le reste est sur invitation seulement." Bien. J'aime bien me faire jetter, mais il y a des limites ; déolé pour ton pote, Saryon, mais il ira se faire voir.

Pour le reste, journée partagée entre les bulles et les rues d'Angoulême -- finalement, les expos... Belle journée, au bout du compte.


Mur peint, rue piétonne d'Angoulême (on ne me fera pas la nommer "rue Hergé"), cet après-midi.

Des acquisitions dont je suis content : un Hunt Emerson (dédicacé tout en faisant de la traduction entre Emerson et Franck Margerin, lequel faisait la queue pour avoir son exemplaire, le début de la gloire quoi) ; au stand de l'Association (toujours lui), achat d'un Sfar (le petit monde du Golem) et, un peu par hasard du Saint Patron de Jochen Gerner : très, très bien, une sorte de voyage/documentaire à travers la Lorraine, avec Saint Nicolas comme fil conducteur : l'histoire des reliques du saint, les interviews de "Saint Nicolas" de village, etc. Ca fonctionne très bien. Au même stand dédicaçait notre bédéiste 20sixienne officielle, la jeune Mélaka, mais pendant fort peu de temps, la mauvaise fille. Repérée après picolant dans les arrières du stant Fluide Glacial... Des projets s'échaffaudraient-ils ? Inquiring minds want to know.

Au rayon anglophone, acheté aussi BOP (more box office poison), d'un jeune bédéiste new-yorkais qui a eu le prix du meilleur premier album, Alex Robinson.

Allez, on y retourne demain.

Le Plume vous samue bien.


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samedi 5 juin 2004

Angoulême, capitale de la B.D...?

...oui, 3 jours par ans.  Le reste du temps, pas beaucoup plus de B.D. que dans n'importe quelle ville moyenne, sinon au CNBDI. Le CNBDI, c'est le centre national de la bande dessinée et de l'image, fort beau lieu adroitement situé suffisamment à l'écart du centre-ville pour que les promeneurs ne s'y rendent guère, et suffisament dans le centre pour qu'y venir en voiture soit problématique. Mais bon, ça réjouit la mairie et ça ne gêne personne.

Mais je m'égare : en dehors du dernier week-end de janvier, Angoulême n'est pas plus la capitale de la B.D. que n'importe quelle autre ville. Plus que Commentry, dirait Melaka, mais pas tant que ça. Ceci dit, on a droit à quelques beaux murs peints en guise de souvenir, dont celui-ci, spectaculairement placé sur le pignon d'un immeuble qui se dresse sur le rempart, avec une vue magnifique sur, euh, la gare SNCF et les archives départementales.


Mur peint près de St. Martial, photo prise en début d'après-midi.

Difficile de retrouver ses marques dans une ville où on a été un adolescent heureux (autant qu'un adolescent peut l'être en tout cas). D'abord parce que la plupart des gens de ma génération sont partis, essaimant de Nantes à Toulouse et Bayonne ; ceux qui sont restés ne se balladent plus en ville le samedi après-midi, ils vont faire leurs courses au centre commercial ou passent la tondeuse dans le jardin de leur pavillon. En plus de ça, Angoulême, ville sans université, a un déficit abyssal pour la tranche d'âge des 18-25 ans dont je me sens facilement proche.

On en arrive à se sentir complètement étranger dans une ville où on s'était senti parfaitement chez soi. Décalage : les pierres sont les mêmes, mais la sociabilité n'y est plus.

Et encore : le pavage kitsch de LA rue piétonne est en train d'être changé.

Le Plume vous salue bien.


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vendredi 14 septembre 2007

Angoulême, trois minutes d'arrêt

Pour mon dernier week-end avant reprise, passage vite fait à Angoulême...


Angoulême : la voie ferrée en direction de Bordeaux, cet après-midi.

Avantage du calendrier : il y a des courses de vieilles voitures ces jours-ci en ville - le « circuit des remparts » : je peux prétendre que je prépare mon cours sur L'automobile, objet technique du XXème siècle...

Le Plume vous salue bien.



mardi 20 décembre 2005

Grande distribution

Je sais, c'est le quotidien (ou l'hebdomadaire) de 95% des Français ; nous vivons à cet égard, habitants du centre des très grandes villes, dans un autre espace-temps. Plus que toute autre société, la France contemporaine dédie à la vente aux particuliers des lieux-dits spécifiques, nettement séparés des lieux d'habitation ou de production : les zones commerciales. Vastes espaces entièrement dédiés à une fonction unique, la distribution, avec un urbanisme qui leur est propre, autour d'un « centre » polyvalent autour duquel s'organisent des unités spécialisées (chaussures bon marchés ou articles de sports) - tout comme les boutiques des divers métiers se disposaient jadis autour d'une place consacrée au marché.

L'ethnologue venu d'Aldébaran décrirait sans aucun doute avec délectation cet espace fonctionalisé ; sans doute s'étonnerait-il qu'un trait aussi caractéristique de la civilisation qu'il étudie soit totalement absente de la production littéraire et artistique de cette même société. La combinaison entre encouragements à la consommation de la part des autorités politico-économiques et emploi manifestement péjoratif du même mot de la part des autorités religieuses ou morales l'amènerait sans doute à penser que la France actuelle voit la consommation comme une activité nécessaire quoi que vaguement honteuse - statut réservé, dans la plupart des sociétés, aux fonctions excrétives.

Du coup, forcément, la boutique insérée dans le tissus urbain a pratiquement disparu ; à cet égard, la nostalgie ne sert à rien. La géogaphie de nos villes a changé, voilà tout.


Fermé depuis plus de vingt ans, pas sûr qu'avant j'y aurais mis les pieds...

Depuis le niveau supérieur du parking du centre commercial Chantemerle, à la Couronne (Charente), nous regardons le centre-ville d'Angoulême, illuminé pour les fêtes, qui se déroule sur son éperon calcaire ; de l'autre côté, la cimenterie déploie ses volutes dans la nuit. Au dessus du second a de l'enseigne rouge, la planète mars brille de son éclat saumon si particulier dans le ciel clair de l'hiver.

Le Plume vous salue bien.


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mardi 15 juin 2004

Grands moulins de Paris (et autres)

Ayant enfin réussi à boucler un rapport que je devais pondre depuis des lustres sur le futur campus Paris-Rive gauche, et notamment sur l'immeuble des Grands Moulins de Paris, je dédie cette photo à tous mes collègues de l'université Denis-Diderot Paris 7.


Les Grands Moulins, commune de Bouëx (Charente), le 4 juin dernier. [edit: Bouëx et non Garat]

Le Plume vous salue bien.


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dimanche 18 février 2007

Rivières

Je me suis mal exprimé dans mon entrée d'hier : la grisaille était bien entendu tout intérieure ; il faisait, autant que j'aie pu m'en rendre compte, fort beau hier et aujourd'hui. Autant que j'aie pu m'en rendre compte : je ne suis guère sorti, sinon à la nuit tombée, pour faire les courses. Ce qui m'a permis d'ailleurs d'arriver à ma supérette au moment où le rideau de fer se refermait, malin, ça, non ?

Résultat : je n'ai pas profité du temps qu'il faisait, mais j'ai profité du temps dont je disposais pour me remettre sur pied, ce qui n'est pas une si mauvaise manière d'occuper son temps. Qui plus est, je me suis replongé goulûment dans mes dossiers d'archives, mise en fiche, tri de photos d'archives, mise en fiche de nouveau... Un travail long mais indispensable, qui me permet de répondre par l'affirmative à la question fatidique : oui, j'ai clairement assez de documentation pour écrire mon mémoire de M2. Il y a plus qu'à.

Et mes fiches bristol fraîchement imprimées m'ont replongé à la poursuite d'anciennes forges, les documents d'un côté, la carte IGN de l'autre ; suivre du doigt les rivières et les étangs...


Le Bandiat à Bunzac (Charente), 29 décembre 2003.

Sur les cartes, sur le terrain : l'histoire de la métallurgie ancienne se fait au fil des cours d'eau. Le Bandiat, par exemple, faisait mouvoir les affineries du Limousin et les hauts fourneaux du Périgord avant de se perdre dans le karst du plateau de la Braconne. Bonne petite rivière à son entrée en Charente, elle n'est plus qu'un ruisseau à Bunzac avant de disparaître totalement. Et encore était-on en période de hautes eaux au moment de ce cliché ; pas sûr qu'on y trouve la moindre goutte lorsque l'été arrive.

La neige est tombée peu après ; comme tout le monde, lorsqu'il neige, j'essaye d'avaler des flocons en marchant. Quitte à arrêter la voiture au bord d'une route forestière déserte pour ça.

Le Plume vous salue bien.



dimanche 6 juin 2004

La Pipaudie

Petit hameau de Charente, mentionné dans mes sources sur l'histoire de la fonderie de Ruelle au XVIIIe siècle (cf. ma rubrique "Histoire de dire"). Les minerais de fer étaient extrait à 20km au sud-est de l'emplacement de l'usine, dans les bois surmontant la vallée du Bandiat. 20km, c'est trop pour faire l'aller et retour dans la journée avec une charette à boeufs, surtout quand à l'aller on transporte quelques tonnes de minerais. L'entrepreneur installe donc en 1778 un entrpôt intermédiaire dans ce hameau, situé à peu près à mi-chemin, en haut d'une sérieuse montée tant qu'à faire. Je me devais donc d'aller y faire un saut.


La Pipaudie, commune de Chazelle, Charente, en début d'après-midi tout à l'heure.

Honnêtement, cette petite construction en ruine était une exception, le reste était bien debout, de solide maisons de pierre de pays qu'on n'a pas de mal à imaginer multiséculaire. Un coin super. Et il y a même de l'action : une voiture du SAMU, avec gyrophare, médecin et infirmière, complètement paumée (on est à un bon kilomètre de route gravillonnée de la départementale voisine), qui me demande son chemin. "ah non, navré, mais j'ai vu un type dans son jardin là-bas, il pourra peut-être vous aider.

Un peu plus tard, visite d'une zone d'extraction du minerai, à Maubatin, commune de Feuillade. Propriétaire super sympa, un agriculteur, propriétaire du lieu depuis 1957. Me fais visiter les parties anciennes de la ferme, me raconte "sa" tempête de 1999 (une grange de tôles mise en pièce, un bois rasé -- le corps de ferme et la grange du XVIIIe ont très bien tenus par contre. Petite ballade dans les bois des environs, plein de trace d'extraction du minerai (les formations ferrifères sont en surface, donc trous d'un ou deux mètres de fond, deux à cinq mètres de diamètre) ; du coup, le sous-bois ressemble à un champ de bataille. Marrant. Sauf pour les débardeurs qui ont fait le nettoyage de l'autre bois, celui que la tempête à fichu par terre. Apparemment, ils ont dégusté.

Bref, moi content. Demain, archives, après-demain, Rochefort.

Le Plume vous salue bien.


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lundi 29 janvier 2007

Interlude charentais

Avec tout ça, mes chères études sont un peu à la traîne... Heureusement, il y a les copains : on m'envoit une liasse de documents récupérés par une association avec laquelle il fait bon percer des tonneaux pour boire des canons ; parmis ceux-là, un certain nombre de pièces (enfin, leur copies ou transcriptions, bien sûr) que j'avais cherchées en vain dans divers dépôts d'archive.


Blés verts et toits de tuiles, Chazelle (Charente), 6 juin 2004.

Bien joué, les gars. Du coup, il y a plein de trucs qui s'éclairent et une cohérence qui se forme. Le travail de recherche avance aussi par ces biais là.

Du coup, je lève un verre rempli de pineau régional aux historiens bon vivants d'Angoumois ou d'ailleurs !

Le Plume vous salue bien.



lundi 24 septembre 2007

Mes nuits sont plus longues que mes jours

L'équinoxe est venu et il est reparti - c'est maintenant l'automne, officiellement, au cas où on aurait conservé la moindre illusion à ce sujet. Les jours diminuent ; ils ont été officiellement dépassés par la nuit hier à 9h51, temps universel. Les jours diminuent - mais la diminution des jours diminue aussi désormais : ainsi vont les sinusoïdes. Les sinusites par contre sont sur l'ascendant.

Les fleurs de l'automne sont plus discrètes que celles du printemps. Il faut se pencher, au risque de crotter son pantalon, les regarder de tout près pour les apprécier vraiment.


Bruyère en bordure de forêt, Combiers, 15 septembre 2007.

Sinon, aujourd'hui, pas de petites fleurs : des manipulations un peu complexes de commutateurs et de fibres optiques du côté de Jussieu, où je n'avais pas remis les pieds depuis le printemps dernier. Manipulations qui ont failli échouer pour une vis bloquée, d'ailleurs, mais elle a fini par se rendre à mes arguments énergiques.

À mon grand étonnement, je crois n'avoir rien cassé pendant toutes ces manips. J'ai même pu terminer à temps pour qu'un collègue qui attendait le bon achèvement de la manœuvre puisse aller à son rendez-vous de médecin : le pauvre souffrait d'une méchante sinusite, justement.

Le Plume vous salue bien.

[boîtier Pentax MZ-10, film Fuji Pro400H, zoom 35-80mm f:4-5.6 + bagues macro 12mm]



mercredi 11 avril 2007

La campagne à la campagne

Une fois n'est pas coutume : la campagne électorale fait son apparition sur ce blog - son absence en était, je crois, plutôt criante. Mais il ne faut pas trop m'en demander ; après avoir passé la campagne des primaires socialistes à clamer qu'on allait choisir la mauvaise candidate, j'ai un peu du mal à me crever le popotin pour pousser à la roue lorsqu'il s'avère qu'en effet, la candidate ne vaut pas tripette. Bayrou répète à qui veut l'entendre que n'importe quel autre socialiste aurait gagné sans problème : je suis assez prêt à le croire.

Bref, en ce qui concerne la campagne, mon blog en est au même point que les panneaux d'affichage réglementaires vus hier sur la place de la mairie de Combiers :

Ceci dit, ça ne va pas m'empêcher d'être de bureau de vote. J'ai eu l'autre jour un coup de téléphone du camarade trésorier de section : « La présidente de ton bureau de vote est avec moi : elle est très inquiète, elle ne t'a pas vu depuis longtemps, elle se demande si tu habites toujours là... - Te fatigues pas, va, dis lui que c'est d'accord. » Et pouf : dans un petit nuage de fumée rose, quatre dimanches de printemps s'étaient volatilisés en quelques seconde - et c'est du 8h-22h, hein, ça rigole pas. Quatre, vu qu'une fois qu'on aura gagné les présidentielles, faudra gagner les législatives, évidemment.

Ceci dit, ma contribution à la présente campagne va se limiter à ça. De toute façon, la distribution de tracts sur la place de la mairie de Combiers, je ne suis pas certain que ça aurait gagné grand chose. Somme toute, il doit y avoir autant d'habitants domiciliés à mon adresse parisienne que dans toute la commune de Combiers...

Le Plume vous salue bien.



mardi 10 avril 2007

Prospection

Parti en promenade pour aller voir un de mes hauts fourneaux ainsi que les dépôts de minerais associés. Enfin, je veux dire : un haut fourneau qui a produit de l'artillerie pour la marine au XVIIIe siècle. C'est à la limite entre Charente et Dordogne, comme souvent ; sur la rivière Nizonne, qui marque la limite des deux départements.

Au sortir du (tout petit) village, La vieille forge, discothèque : vérification faite*, c'est bien mon haut-fourneau. C'est fermé, évidemment. Du coup je me replie sur le dépôt de minerai ou travaillaient en 1794 une trentaine de personnes (j'ai les noms). Le toponyme repéré sur une carte, il faut trouver moyen d'y accéder, sans râcler trop le bas de caisse sur le milieu du chemin... et terminer à pied, à travers les débardages toujours en cours des bois abattus par la tempête de 1999.


Le Cluzeau, forêt de la Mothe-Clédoux, Combiers (Charente).

Et au bout : l'étang. Avec sa retenue en pierre de taille de belle facture - au milieu de rien. Une bicoque en ruine, au bout de la levée - un moulin, certainement, mais quel genre de moulin, c'est difficile à dire. Des morceaux de minerai de fer un peu partout, rouge vif - c'est bien mon dépôt de minerai.

Beaucoup plus surprenant : un peu plus bas, des scories vitrifiées ou laiteuses, traces de transformation du minerai en métal - ça, je ne m'attendais pas à en trouver là. De deux choses l'une : soit on les y a amenées, ce qui serait surprenant vu la configuration du lieu, soit on les a faites sur place et il y avait un atelier métallurgique dans le coin.

La connaissance progresse. En plus, j'ai réussi à rejoindre la tuture avant qu'il commence à pleuvoir.

Le Plume vous salue bien.

* Grâce à l'inventaire du patrimoine industriel de Charente, bien sûr.



dimanche 15 avril 2007

Au fond des bois

Autre réalisation humaine, plus discrète - et en moins bon état, il faut bien le dire : la maison en ruines du Cluzeau à Combiers (Charente). Celle qu'on voit tout au fond sur la photo de mardi dernier.


Le Cluzeau, commune de Combiers (Charente), 10 avril 2007.

Eh : j'ai récupéré mon dernier rouleau de photos argentiques hier ; comptez sur moi pour vous en infliger quelques. Toujours pas résolu les problèmes de scories que me posaient ce site mais, à la réflexion, il n'est pas impossible que les bouviers qui descendaient le minerai à la forge du bourg aient remonté des laitiers pour être concassés au bocard1. Mais d'un autre côté, certains fragments de laitier n'avaient pas l'air concassés du tout - il y reste même des inclusions de charbon de bois. Donc je ne suis pas plus avancé.

Dernier jour de vacances aujourd'hui. Fait quelques fiches d'après ma documentation ; promenade sur les Grands Boulevards pour profiter du soleil, comme dans la chanson ; acheté quelques bouquins : la réédition des planches de l'Encyclopédie sur la fabrication des canons, un bouquin intitulé Architecture et industrie, publié en 1983 par le centre Georges Pompidou, et un Guide des otaries, phoques et siréniens2. Je me demande comment j'ai fait pour vivre sans jusqu'ici, tiens.

Je suis donc maintenant parfaitement documenté pour hurler en cas d'embouteillage : « Mais avance, eh, dugong ! »

Le Plume vous salue bien.

1 Dispositif à roue hydraulique étudié pour concasser, justement. Cf. le modèle réduit exposé à Varaignes (Dordogne).

2 Ordre de mamifères aquatiques comprenant les dugongs et les lamentins. Pas de photos de ces bestioles dans mes archives, désolé.



samedi 28 avril 2007

Promenons-nous dans les bois

Un avantage de l'histoire des techniques : crotter ses bas de pantalons dans des lieux où jamais, vraiment jamais vous n'auriez été traîner autrement. Un étang au fond des bois, par exemple, inaccessible par la route et invisible depuis les chemins, sauf à regarder attentivement une carte détaillée...


Étang du Cluezau, Combiers (Charente), 10 avril 2007.

Un étang, c'est presque toujours un objet d'histoire des techniques : à part dans les Dombes, il n'y a guère d'étangs naturels dans nos contrées - les innombrables étangs qu'on voit un peu partout, ce ne sont pas les castors qui les ont fait. Ou alors, vu la tête de la levée qui retient l'eau de cet étang-ci, je serais curieux de voir les castors qui ont fait ça.

À part ça, une finale de coupe du monde est en train de s'achever dans la confusion par la victoire probable de l'Australie sur le Sri Lanka. Grace à la Madame qui a l'œil, j'ai regardé un quart d'heure de ce match sur l'écran plat d'un restaurant indien des environs en fin d'après-midi, et le résultat était déjà prévisible. Je ne suis pas un fan de One Day Cricket (je préfère les vrais test matchs de cinq jours, ça c'est du sport) et cette coupe du monde éparpillée dans les caraïbes était plutôt décevante. Bon, le fait que l'entraîneur d'une des équipes en présence ait été retrouvé mort sans sa chambre d'hôtel (probablement par strangulation) après l'élimination de ses joueurs rehaussait quelque peut le plat, mais est-ce bien le but ?

Politique : pas une mauvaise journée. Tractage sur le Faubourg avec les copains ce matin, même si je dois reconnaitre que je suis arrivé un peu tard pour distribuer des tracts et à peine trop tôt pour prendre un verre en terrasse après. J'irais sans doute faire un tour à Charléty mardi soir : comme je disais l'autre jours, plus le moment d'avoir des états d'âme. Pendant ce temps, le camp d'en face est pris à contre pied et réagit par une agressivité franchement déplacée - après tout, campagne ou pas campagne, n'importe qui a le droit de débattre avec qui il veut, fût-ce devant les caméras. C'est ce qu'on appelle la liberté d'expression.

Le Plume vous salue bien.



dimanche 29 juillet 2007

Chemins d'histoire

Journée passée dans mon trésor de notes et photos de documents d'archives - dont il est clair maintenant que je n'aurais pas tout exploité le jour, pas si lointain, où je mettrai le point final à mon mémoire.

En même temps, je ne conçois pas ce travail de croisement de documents, d'enquête bibliographique, de rédaction enfin, sans avoir derrière moi des parcours bien réels sur les routes et les chemins qu'évoquent mes documents. À pied, en voiture, à bicyclette, peu importe...


Château de Combiers (Charente), mardi 10 avril 2007.

Mon histoire des techniques n'est pas, ou peu, une affaire abstraite de savoirs savants et d'échange d'idées ; c'est une histoire de sites où ces techniques étaient pratiquées : des lieux de travail. Et même si le travail n'y est plus, les lieux sont toujours là - ils sont comme ça, les lieux.

En plus, ça donne des occasions de se promener, cette affaire. Dans des coins totalement improbables qui plus est. Si ça n'est pas une bonne raison de faire de l'histoire des techniques, ça ?

Le Plume vous salue bien.



dimanche 23 septembre 2007

Au coin du bois

Après la clairière, les bois : après ma visite à Rauzet il y a huit jours, direction « Le Temple » - le coin de la forêt de la Mothe-Clédou désigné par mes sources comme un lieu d'extraction et de lavage du minerai. Trouvé le chemin sur les indications de la propriétaire ; son fils, qui rentrait de débiter du bois chablis de la tempête de 1999, m'indique la zone des puits à minerai. Et de fait, dans les sous-bois au dessus du chemin, des trous rebouchés de grosses pierres : c'est bien là.


Forêt de la Mothe-Clédou, commune de Combiers, 15 septembre dernier.

Je n'étais pas là pour faire des fouilles, bien sûr ; juste pour voir. Des fouilles ne révèleraient rien de bien spectaculaire, d'ailleurs : un trou de quelque mètres ; au fond, une sorte de chambre, ou une petite galerie - rien à voir avec les vastes systèmes miniers associés au plomb argentifère, par exemple. Jusqu'à la fin du XIXe siècle, l'extraction du minerai de fer est plus proche du grattouillage que de l'exploitation minière au sens actuel du terme...

Sinon, aujourd'hui, journée décidément sportive : deux heures de rugby à la télévision (du vrai, pas l'équipe de Bernard Laporte) suivi d'une heure de vélo. Au bois de Vicennes. Ça ne vaut pas la forêt de la Mothe-Clédou, mais pour le vélo, faut reconnaître que c'est plus pratique.

Le Plume vous salue bien.



vendredi 21 septembre 2007

Dans le pré d'à côté

À côté du prieuré grandmontain de Rauzet, les vaches ne sont pas grandmontaines ni même limousines mais prim'holstein, comme tout le monde.


Lieu-dit Rozet, commune de Combiers (Charente), 15 septembre 2007.

Comme disait Billy the Kick dans les grandes années de la pop rennaise :

Là-bas des vaches nous regardaient
D'un air complice et détendu
Y'avait plus qu'à s'y mettre
Pour assurer la cueillette

Pour ma part je ne cueillais rien : j'avais assez récolté d'échantillons de minerai et de scories à mon dernier passage dans le coin, et puis cette fois je rentrais à Paris en train... J'avais toutefois bien envie de retourner sur les gisements mentionnés dans mes sources : en avril, je n'étais pas allé jusqu'au lieu-dit « Le Temple », seulement au Cluzeau, en aval. M'étant ouvert de ce projet à un des responsables de l'association qui s'occupe du site de Rauzet, il m'emène voir une sympathique vieille dame qu'il me présente comme la propriétaire de cette partie de la forêt.

C'est donc avec sa bénédiction et et muni de ses indications que je suis allé faire un peu de marche dans les sous-bois, à la recherche des gisements, des anciens lavoirs à minerai et des ruines d'un ancien ermitage qui donnent son nom au lieu-dit. Je vous raconterai ça un de ces jours !

Le Plume vous salue bien.



jeudi 20 septembre 2007

Grandmontains

En virée au Sud d'Angoulême samedi dernier, au volant de la voiture paternelle, j'avais pris une route que je ne connaissais pas, passant par Rougnac pour rejoindre Combiers à travers la forêt de la Mothe-Clédou. Un raccourci qui avait le mérite de m'épargner les kilomètres un peu monotones de la route de Périgueux. Avec l'avantage supplémentaire qu'on n'a même pas besoin de se ranger sur le côté pour lire la carte - on redémarrera si par extraordinaire arrive un autre véhicule.

Au sortir de la forêt, je tombe sur un hameau dominé par une grande église en ruine. Arrêt ; coup de chance, en l'honneur des journées du patrimoine, l'association qui s'occupe du site fait visiter les restes de l'abbaye de Rauzet, de l'ordre monastique de Grandmont.


L'abbatiale de Rauzet, commune de Combiers, 15 septembre dernier.

L'ordre grandmontain est l'un de ces ordres d'esprit érémitique du XIe siècle, un peu comme les Chartreux - mais basé dans les monts moins redoutables du Limousin. L'ordre a par la suite essaimé dans tout le domaine Plantagenêt, de l'Aquitaine à l'Angleterre. Y compris, donc, à Combiers.

Les ordres religieux n'étaient plus qu'une survivance à l'époque moderne : l'abbaye voisine (cistercienne) de Grosbot était pratiquement désertée en 1725 - « il y réside ordinairement un prieur et quelquefois un autre religieux », écrit alors Jean Gervais dans sa description de l'Angoumois. Le prieuré de Rauzet n'est même pas mentionné. L'ordre tout entier est finalement supprimé, non pas à la Révolution, mais en 1772, par la commission des réguliers de Loménie de Brienne, chargée de faire le ménage dans les abbayes et monastères.

Un peu d'histoire en rase campagne...

Le Plume vous salue bien.



jeudi 23 décembre 2004

Moulin de Guillot

Le moulin frère de celui que je montrais hier, avant que sa roue ne connaisse une fin tragique :


Moulin de Guillot, Feuillade (Charente), 29 décembre 2003, assez tôt le matin.

Cf. le commentaire d'hier sur l'histoire de ce moulin. A partir de l'époque révolutionnaire, il semble avoir été exclusivement un moulin à blé.

In other news : je continue à travailler à mes pages persos, qui devraient être un complément sympa (j'espère) de ce blog. Restez à l'écoute !

Le Plume vous salue bien.



jeudi 13 mai 2004

Petit pont (mais pas de bois)

Bon, puisque ce sont les saints de Glace paraît-il ("saints", j'ai dit, pas de mauvais esprit s'il vous plait), je ressors une photo de décembre dernier. Il s'agit du pont de Guillot sur le Bandiat, à Feuillade (Charente). Je n'en connais pas la date de construction, mais je le soupçonne du XVIIIe siècle.


Pont de Guillot, Feuillade, 29 décembre 2003.

Ce qui est amusant, c'est qu'il y a un pont, mais pas de route : celle-ci atteint le moulin qui se trouve à gauche du cadre, puis se transforme en chemin agricole pour desservir les champs de l'autre côté du Bandiat.

Alors, pourquoi un pont s'il n'y a pas de route ? C'est que le moulin de Guillot n'était pas un moulin ordinaire, mais un moulin à minerais et une forerie de canons. On y lavait et concassait le minerai avant de l'envoyer dans les hauts-fourneaux des environs (il y en avait trois ou quatre dans un rayon de quelques kilomètres) et surtout à la fonderie de Ruelle. Ce pont était donc tout indiqué pour supporter les tombereaux de minerais en provenance des bois de Varaigne, sur la rive droite.

Donc non seulement c'est un joli petit pont, mais en plus il intéresse l'historien. On peut être dans une région à forte histoire sidérurgique sans que ça ressemble à une zone industrielle !

Le Plume vous salue bien.



dimanche 25 mars 2007

Écouter parler les sources

À l'occasion de mon passage au musée de la Marine, jeudi dernier, j'ai acheté un numéro récent de la revue des amis du musée, Neptunia, consacré à la fabrication de l'artillerie de marine. J'y ai lu un article qui cause en partie de mes sujets de recherches - avec tellement d'erreurs et d'à-peu-près que je réalise mieux l'urgence qu'il y a à boucler, rédiger et, si possible, publier mes propres résultats.

Vendredi, dernière séance d'archives consacrée au carton qui m'intéressait ces derniers temps. Je ne pense pas que j'irais faire beaucoup plus de dépouillement aux archives nationales cette année ; il faut savor dire « stop ». Ou peut-être encore un tout petit, petit, petit peu. Ce qui ne veut pas dire que j'ai renoncé à retourner voir des trucs à Lorient ou à aller jeter un coup d'œil à Limoges...


Le moulin de Guillot, ancienne forerie de canons et lavoir à minerai, Feuillade (Charente), juin 2004.

En attendant, je fais des fiches. Utile, dans la mesure où ça me force à revoir l'ensemble de ma documentation. Qui, disons-le, commence à être substantielle.

Lucien Fèbvre disait que faire de l'histoire, ce n'est pas simplifier mais compliquer. Et c'est vrai : en prétendant simplifier, généraliser, prendre de la hauteur, on arrive à faire de belles phrases, de belles démonstrations - et on se plante. Parce qu'on n'a pas assez écouté parler sa documentation, tout simplement.

Le Plume vous salue bien.



vendredi 7 juillet 2006

Voies carrossables

Activité du soir : établir les itinéraires de nos balades limougeo-périgourdines - qui d'ailleurs pourraient s'avérer limougeo-périgourdo-quercynoises :

«  Ah, dis, ça a l'air chouette les grottes de Pech-Merle -- Pech-Merle, dis-tu... Commune de Cabrerets... (recherche sur un logiciel de cartographie) Ah, oui, de Sarlat, ça ferait 70 bornes, c'est parfait. Et puis il y a St-Cirq-Lapopie juste à côté, bonne idée ça. »

Bref, on roule par la pensée le long des voies plus ou moins carrossables de ces parages.


Le chemin du pont de Guillot à Feuillade (Charente), entre Périgord et Angoumois, juin 2004.

Affaire à suivre. Finalement je connais très mal ces régions, à l'exception d'un petit séjour à l'auberge de jeunesse de Sarlat il y a quelques lustres. C'était un été entre deux chaises, entre un DEUG à Bordeaux et un deuxième cycle à Paris ; c'était aussi juste avant de mémorables agapes pyrénéennes... Il y a donc lieu de raffraîchir ma mémoire !

Le Plume vous salue bien.



samedi 8 juillet 2006

De l'eau sous les ponts (mais pas beaucoup)

Même endroit qu'hier, mais suivant un autre axe :


Pont de Guillot, Feuillade (Charente), juin 2004.

J'avais fait la même photo six mois plus tôt - plus d'eau sous les ponts en décembre, et moins de verdure pour la boire.

Sinon, j'ai bien réfléchi, et je trouve que j'ai pas mal de chance, dans la vie.

Le Plume vous salue bien.



mercredi 22 décembre 2004

Moulin de Chapiteau

Je vous l'avais promis, le voilà : le moulin de Chapiteau.


Le moulin de Chapiteau, Feuillade, Charente, 20 décembre 2004.

Feuillade se trouve à la limite entre les départements de la Charente et de la Dordogne, au point d'avoir été un point de discussion lors du découpage des départements. C'est surtout le cœur d'une des plus riches zones d'extraction de minerai de fer de la région, rassemblé dans des dépots sédimentaires superficiels sur les collines qui entourent la vallée du Bandiat. Mais avant que le minerai puisse aller au hauts-fourneaux, il fallait le concasser et le laver dans des installations hydrauliques, bocards et lavoirs.

Feuillade était le lieu idéal pour cette activité, proche des lieux d'extractions et sur une partie encore bien en eaux de la rivière : le Bandiat disparait ensuite progressivement dans les failles des terrains calcaires pour ressortir à dix ou vingt kilomètres de là, aux sources de la Touvre.

Jusqu'en 1789, cette activité avait lieu, pour le compte des entrepreneurs de Ruelle, un petit kilomètre en aval, au moulin de Guillot. Mais le changement d'entrepreneur (les nouveaux entrepreneurs, avisés qu'ils sont, signent le 12 juillet -- la famille Seillière a toujours eu le sens de l'histoire, c'est évident) se passe mal et la négociation sur la cession de Guillot, pourtant bien avancée, semble échouer. Dès lors, c'est Chapiteau qui apparait dans mes sources pour jouer le même rôle.

Quelle est l'histoire précise des infrastructures de Chapiteau ? Je ne sais pas, et il n'est pas sûr qu'on puisse la faire un jour. Les structures actuelles datent sans doute du XIXe siècle. Elles sont tout à fait exceptionnelles : pas moins de six chutes d'eau parallèles, dans des bassins ovales manifestement conçus pour le lavage du minerai. Il y avait certainement des bocards, ces machines à piler le minerai, mais difficile de savoir exactement où...

Les structures en pierre séparant les bassins sont maintenant surmontées de petits pavillons et de piscines pour le particulier qui possède aujourd'hui les lieux. Je lui en souhaite : juste dans l'ombre de la colline voisine, il y faisait un froid polaire lundi, malgré le grand soleil qui avait réchauffé les environs.

Le Plume vous salue bien.



jeudi 22 décembre 2005

Étangs

En l'an 1778, Dom Coup-de-Lance, abbé cistercien de Grosbot, assigne en justice les entrepreneurs de la fonderie de Ruelle : il leur reproche d'avoir fait établir, en amont d'étangs appartenant à l'abbaye, des lavoirs à mines, c'est à dire à minerai de fer. Ces lavoirs, dit-il, menacent d'« anéantir » lesdits étangs ainsi que les moulins qui les accompagnent. J'ignore les détails de cette affaire, n'ayant pas pour le moment retrouvé les pièces de la procédure - pas sûr d'ailleurs que je les retrouve jamais, les archives juridiques du XVIIIème siècle étant parfois un grand mystère.

Les textes me permettent toutefois de situer avec une bonne précision les lieux concernés ; après avoir conduit Madame Plume à son train, je suis donc allé y mouiller mes chaussures. Je pense avoir localisé un des étangs dont parle l'abbé, un étang artificiel (comme presque tous les étangs de France d'ailleurs) d'environ 200m de long, alimenté entre autre par une petite source, mais sans doute aussi, en période de hautes eaux, par un petit ruisseau venu du nord-ouest. L'étang était solidement pris par la glace, même si je ne me suis pas aventuré à mettre cette solidité à l'épreuve de mon poids. Le soleil commençait déjà à descendre derrière les arbres des collines environnantes ; en dehors du bruit de l'eau, pas un bruit.


L'étang de Font Palet, Grassac, Charente, cet après-midi, 16h36.

Mes tentatives pour retrouver, en amont, l'implantation des lavoirs à mines n'ont rien données - au demeurant, je ne tenais pas à me perdre dans les bois à la nuit tombée. Toutefois, un petit coup d'?il en aval me montre, sur les bords de l'émissaire de l'étang, d'épaisses couches de boues rouges qui me semblent compatibles avec celles produites par ce genre d'installations. Nulle doute que ce sont ces boues qui causaient la fureur de Dom Coup-de-Lance (je ne me lasse pas de ce nom), peu compatibles à n'en pas douter avec le bien-être des carpes abbatiales...

Le Plume vous salue bien.


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mardi 21 décembre 2004

Forêt

Hier, avant de rentrer vers les frimas (eh !) parisiens, grand beau temps tout à fait inespéré. Alors on a emprunté un véhicule automobile pour une promenade hivernale (ou tardo-automnale si l'on veut) dans la campagne charentaise. Le Bandiat à Feuillade (le moulin de Chapiteau, moulin à minerai assez exceptionnel, je vous en parlerai un de ces jours), la forêt d'Horte, le tout nouveau viaduc de l'Anguienne, juste au sud d'Angoulême...

En forêt d'Horte, entre les traces de l'exploitation ancienne (nombreux lieux-dits liés à l'activité des cloutiers, vieille spécialité locale), un camion de bois pour rappeler que la forêt est, hier comme aujourd'hui, un lieu d'activité humaine.


Entre Charras et Sers, Charente, 20 décembre 2004.

Le Plume vous salue bien.


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vendredi 18 juin 2004

brouillard

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Un TER entre en gare de Jarnac (Charente), mardi 8 juin dernier, 7h du matin.

Quand on va par le rail d'Angoulême à Saintes, la traversé du Cognaçais est souvent assez fantômatique. En hiver c'est la Charente en crue qui recouvre une bonne partie du paysage, en aval de Cognac. Au printemps, les calcaires de la fine champagne rendent leur chaleur au petit matin, créant d'épais brouillards alors que, 10km plus loin, le ciel est d'un bleu parfait.

Etrange pays que celui-ci, si loin de l'équilibre pantouflard et "benaise" du reste de l'Angoumois. Faut-il s'étonner qu'à l'occasion on s'y entretue à la sortie des mariages ? Les haines locales y sont plus durables et plus vigoureuses qu'ailleurs, semble-il.

Le Plume vous salue bien.

ps: d'aucuns prétendront que Sireuil, où a eu lieu une bagarre spectaculaire à la fin d'une fête de mariage bien arrosé, n'est pas encore réellement dans le Cognaçais. Hmmm... Ca y ressemble, pourtant.


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lundi 8 mai 2006

Par ci, par là

Rentré depuis hier à Paris Ile-de-France, comme disait l'autre, mais je ne résiste pas à une image charentaise :


Marthon, Charente, 4 mai 2006.

J'aime bien Marthon ; pas tellement plus peuplé que les villages voisins, mais l'aspect d'un vrai bourg, avec son donjon, son petit château renaissance et l'étonnante tour Saint-Jean, sorte de maison-grenier toute en hauteur (à gauche sur la photo). Il y a aussi La clé des champs, qui était la boîte du secteur la plus fréquentée par les gens à cheveux longs et pull en laine ou blouson de cuir, dont je faisais partie (option laine). Je n'y suis jamais allé, je n'allais pas en boite à l'époque. Maintenant non plus d'ailleurs.

Sinon, je commence à me familiariser avec mon nouveau vélo - quelques tours de piste à Vincennes, il est décidément très bien, cet engin. Je vous le montrerai un de ces quatre.

Le Plume vous salue bien.



mardi 1 novembre 2005

En amont des sources

La singularité de cette source a fait dire qu'elle étoit formée ou grossie des eaux du Bandéat et de la Tardoüere, qui se perdent en été à quelques lieues au dessus, et qui viennent renaître, à ce qu'on croit, sous cette montagne. Le trouble qui paroît en celle-ci, dans les temps du débordement des autres, a donné lieu à cette opinion, qui n'a peut-être pas de fondement plus solide que la fable d'Alphée et d'Aréthuse.

Jean Gervais, Mémoires sur l'Angoumois, 1725, p. 6.

La science contemporaine, armée de fluorescine, a cependant confirmé cette hypothèse, alors même qu'on ne se souvient guère ni d'Alphée, ni d'Aréthuse. Les eaux du Bandiat ne parviennent directement à la Charente que lors de crues exceptionnelles, tandis que La Tardoire, belle rivière à son passage à Montbron, n'est plus guère à l'étiage qu'un filet d'eau stagnante à son arrivée à la Rochefoucauld, une vingtaine de kilomètres en aval. En hiver par contre elle reste tout à fait respectable :


La Tardoire à Rancogne, 31 décembre 2003.

Plusieurs textes mentionnent un changement du régime de la Touvre à la suite du tremblement de terre de 1719. J'avoue avoir un peu de mal à le croire ; toutefois, la forge de Rancogne, fondée à deux pas de là par un parent de Colbert pour fabriquer des canons, connaît alors des difficultés plus marquées qu'à l'ordinaire :

...mais le cours de la Tardouëre, qui la fait aller, ayant été arrêté, les deux dernières années, à cause des excessives sécheresses, on y a été forcé de mettre hors aun milieu des plus belles saisons, ce qui a causé des préjudices infinis aux fondages que la demoiselle de Logivière avoit entrepris pour fournir au Roi le nombre de trois cent soixante-seize pièces de canon, dont elle s'est chargé pour le port de Rochefort..

Jean Gervais, Op. cit. p. 15-16.

Mettre hors, c'est mettre hors feu : éteindre les hauts fourneaux, qui normalement fonctionnent en continu pendant de longs mois. Avant de les redémarrer, il faudra en faire refaire tout le parement intérieur par des maçons et tailleurs de pierre, ce qui est long et coûteux - bref, la saison est fichue.

Malgré une tentative de reprise, la forge de Rancogne cesse définitivement son activité dans les années 1750, alors que le Marquis de Montalembert inaugure celle de Ruelle, à la place d'une ancienne papeterie établie sur la Touvre. Mieux vaut prendre l'eau là où elle veut bien aller !

Le Plume vous salue bien.



vendredi 4 novembre 2005

en aval

Voilà : cette journée se termine et il semble bien que j'y aie survécu. C'était pas gagné : j'avais, d'une part, un chapitre à présenter à ma directrice ; d'autre part, une présentation à faire de mon travail devant mes petits camarades. Couché à quatre heures, finir ce matin de ne pas terminer le chapitre tout en le rendant présentable en commentant les lacunes, me rendre présentable moi-même, et direction l'université, où j'ai rendu ledit chapitre. J'écris bien, paraît-il, et serait plutôt bien parti - c'est déjà ça, il ne me reste plus qu'à arriver.

Me restait alors trois heures pour préparer mon exposé, à grand renfort de pain d'épice acheté au supermarché du coin - une petite présentation PowerPoint, quelques pages de notes peu lisibles pour tout autre que moi, et même pour moi d'ailleurs, et c'est parti...

Ça c'est assez bien passé je crois ; la preuve, j'ai été beaucoup plus long que prévu et pourtant on ne m'a pas lancé de tomates.

Maintenant, je suis en aval des difficultés, je peux me laisser glisser un petit peu.


La Touvre en aval de la fonderie de Ruelle, 20 février 2004.

Un truc curieux : la plupart des questions qu'on m'a posées venaient de problèmes de vocabulaire. C'est effectivement une des difficultés de l'histoire des techniques, où l'on jongle entre le vocabulaire des sources et le nôtre avec plus ou moins de bonheur. L'usine que j'étudie est désignée jusqu'en 1785 environ sous le nom de « forge de Ruelle, » alors même que l'on n'y a jamais rien forgé, au sens classique d'affiner ou de mettre en forme du métal en le frappant à chaud. On n'y a d'ailleurs jamais produit de fer forgé, mais seulement de la fonte... Seulement voilà, à l'époque, on appelle forge tout établissement industriel, grand ou petit, où l'on travaille le fer, même si on ne l'y forge pas.

Vers 1780, d'ailleurs, des textes commencent à faire remarquer que le terme de forge est impropre. Quelques années plus tard, le terme de fonderie, auparavant réservé au traitement des métaux non ferreux (plomb, cuivre) s'impose rapidement. Il était toujours en usage dans les années 1980, alors même que le produit vedette de l'usine était le missile Exocet, qui ne contient guère de fonte... Le langage va à son propre rythme, au gré du jeu subtil des sons et des sens - à quoi bon le brusquer ?

Ma vision de l'écran commence à se troubler salement ; il est temps que je vous laisse. Sans compter que Madame Plume, qui avait une journée du même tabac aujourd'hui pour cause de colloque, remet ça demain, elle.

Le Plume vous salue bien.