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Des photos et des jours

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dimanche 27 février 2005

"Maman les p'tits les p'tits bateaux..."

Le problème des photos prises depuis un bateau c'est qu'il y a rarement des bateaux dessus. Celle d'hier, par exemple, étaient prise depuis un voilier de douze mètre (un Champagne, plan Ph. Harlé, un excellent bateau), sur lequel j'avais navigué deux à trois semaines et dont je n'ai pas une seule photo. Celle d'avant-hier était certes prise depuis le plancher des vaches, mais au cours d'un voyage sur un autre voilier (un Armagnac, 8m50, plan Harlé lui aussi d'ailleurs) dont je n'ai guère que des vues de loin où on le distingue vaguement.

Alors pour ce soir, une photo de bateaux prise depuis un bateau ; un excellent bateau bien sûr, puisque c'est le mien.


Le Saint Guirec en baie de Perros, août 2001.

Quatre bateaux sur cette photo, si l'on regarde bien : Le Saint Guirec, un bateau de pêche ancien assez bien rénové ; son annexe, à la traîne ; un petit caseyeur rentrant au port avec les langoustes, tourteaux et araignées de mer du jour (le seul pêcheur côtier encore quotidiennement actif à Perros-Guirec, à ma connaissance) ; un plaisancier non identifié dont on distingue la voile derrière le bout-dehors du Saint Guirec. Et nous, qui ne somme pas sur la photo car on ne saurait être simultanément des deux côtés d'un appareil. Tout ce petit monde se fait quelque peu chahuter par le clapot assez raide qui se lève à marée descendante dans la passe est de l'île Tomé pour peu que le vent soit du secteur nord : rien de bien méchant si on n'a pas repris trois fois du cassoulet juste avant, mais ça peut surprendre.

Me manque un peu, en ce moment, le bateau. Ah ? Vous aviez remarqué ? Tiens donc...

Le Plume vous salue bien.


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samedi 26 février 2005

Phares et balises, 2 : Europa Point

Je n'ai pas les caractéristiques de celui-ci : il ne figure pas dans le seul livre des feux que j'aie sous la main, le bon vieil almanach du marin breton, qui ne s'aventure pas si loin de nos côtes.

Europa point, c'est la pointe sud de Gibraltar. Ça n'en fait pas le point le plus au sud de l'Europe, ni même de la péninsule ibérique : la pointe et le phare de Tarifa sont nettement plus bas. Mais le spectaculaire rocher de Gibraltar, son vieux fort et la tourelle rouge et blanche du phare, cela en fait, en dépit des chiffres, une sorte de figure de proue de l'Europe.


Europa Point, Gibraltar, juin 1992.

Sur le rocher, des touristes et des singes (la seule population de singes sauvages d'Europe) ; dans le fort de la pointe, des militaires britaniques ; autour, une population mêlée pour cette petite Angleterre de Méditerrannée. Derrière, l'Espagne, avec laquelle la frontière terrestre a été fermée jusque dans les années 1980 ; en face, les montagnes de l'Atlas marocain, l'Afrique.

Le Plume vous salue bien.


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vendredi 25 février 2005

Une ville, ailleurs (mais pas beaucoup plus chaud)

Puisque le temps s'y prête, pourquoi ne pas vous emener au Groenland ? Le Groenland au mois d'août, rassurez-vous. Pendant les trois semaines que j'y ai passées, il n'a jamais gelé... Il n'aurait sans doute pas fallu attendre beaucoup plus, toutefois.

Je vous raconterais peut-être un jour ce voyage étrange dans ce pays qui ne l'est pas moins, à une période de ma vie passablement flottante. Mais là n'est pas mon sujet.

Fiskenæsset est une petite ville, un village plutôt, du sud-ouest du Groenland (environ 63° de lattitude nord). on a du mal à parler de village dans la mesure où ces petites villes groenlandaises sont largement artificielles, nées de la volonté danoise de rassembler la population là où elle pouvait être éduquée et soignée. Cela donne ces objets urbains étonnants, sans rues car sans voitures (qu'en ferait-on pendant l'hiver ?), sans guère de plan d'ensemble, entièrement construits en bois dans un pays où il n'y a pas un seul arbre.


Fiskenæsset (ou Qeqertarsuatsiaat), août 1993.

Certaines villes, un peu plus grandes, avaient une certaine vie, étaient même franchement sympathique : Sisimiut, plus au nord ; Paamiut, un peu plus au sud. Mais Fiskenæsset était positivement sinistre. Personne, nulle part, à part un adolescent plus ou moins autiste sur une balançoire... Peut-être le plus grand nombre était-il éparpillé dans les îles alentours, profitant de la fin de l'été pour aller à la chasse ou à la pêche... Mais à Paamiut, quand nous évoquions notre passage à Fiskenæsset, on levait les yeux au ciel : la ville avait semble-t-il mauvaise réputation.

Mais peut-être cette ambiance lourde venait-elle de nous : ambiance du bord, plombée par les soucis respectifs d'un équipage pourtant réduit au minimum, par les incompatibilités d'humeur, par la fatigue aussi.

Un ou deux jours plus tard, pendant l'étape suivante, surpris par un coup de vent dans un passage délicat, nous heurtons un growler, un petit bloc de glace flottant entre deux eaux. Voie d'eau importante(*), réparation de fortune, c'est après trois jours que nous rejoignons Paamiut, nos affaires trempées et le moral en berne. Mais ceci est une autre histoire.

Le Plume vous salue bien.

(*) Serait-ce la lecture du Lord Jim de Conrad qui me ramène à cet épisode ?


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jeudi 24 février 2005

Aménagement urbain tout temps

Une autre photo d'hier matin, prouvant la confiance sans borne des architectes dans les merveilles de l'ingénierie :


Dalle des Olympiades, Paris 13ème, hier, 10h07.

Le Plume vous salue bien.


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mercredi 23 février 2005

Une autre ville

Une semaine sans photo de Paris, voilà qui change un peu mes habitudes, dans la mesure je me suis rendu compte que 112 des 282 photos de cette rubrique ont été prises à Paris. Ce qui n'est pas illogique étant donné que c'est là que je vis, volens nolens. Retour à Paris donc, mais est-ce bien Paris ? Il suffit d'un épisode météorologique somme toute parfaitement normal en février pour que la ville change, à la fois plus chaotique et plus souriante.

Les enfants et les étudiants se lancent des boules de neige ; des bonshommes de neige collaboratifs naissent ici ou là. Des gens vous parlent dans la rue. Pour les rendez-vous, par contre ça n'est pas gagné, mais qu'importe ?


Paris 13e, rue nationale, ce matin, 8h20.

Bien que la neige se soit raréfiée dans les rues de Paris, elle va faire un retour en force sur les blogs ce soir, c'est sûr. De vrais gamins, on vous dit. Ou des faux. Mais on aime ça !

Le Plume vous salue bien.

P.S. : Coup de gueule au passage sur la fermeture des jardins (le jardin des plantes en l'occurence) dès qu'il tombe trois flocons ou qu'il y a une bourrasque de vent. La mairie de Paris avait promis l'an dernier de cesser ces âneries ; il faudrait transmettre la consigne à la direction du muséum national d'histoire naturelle...


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mardi 22 février 2005

La danse des canards

Si d'aventure vous visitez Boston à la belle saison, n'hésitez pas : faites la ballade en promène-couillon la plus kitsch qui soit, le Boston Duck Tour. De quoi s'agit-il ? d'une flotille de véhicules amphibies plus ou moins récupérés des surplus de l'armée, basés près d'un des grattes-ciel les plus visibles de la ville (la Prudential Tower) et qui vous feront faire un tour du centre-ville, vous mèneront peut-être jusqu'à Charlestown et finiront la virée par un plongeon dans la Charles River.


Un duck car se met à l'eau, Boston, juillet 2001.

Vous naviguerez pendant un petit quart d'heure au milieu des bateaux de l'école de voile locale, avant de revenir (par la route) à votre point de départ. C'est absolument ridicule. À ne manquer sous aucun prétexte.

Le Plume vous salue bien.


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lundi 21 février 2005

objet urbain non identifié

Une note brève après celle d'hier, qui tombait un peu dans l'excès inverse.

Au hasard d'un économiseur d'écran, je suis retombé sur cette photo ; il m'a fallu un bon moment pour que je me rappelle de quoi il s'agissait. Mérite suffisant pour vous la soumettre...


Boulevard Masséna, 2 février 2005, vers midi.

À la réflexion, il ne s'agissait pas d'un silo pour ogive nucléaire nord-coréenne, ni d'un téléobjectif géant, ni même d'un bracelet pour éléphant, mais tout simplement d'une pile de colliers de serrage pour tuyaux d'égouts (diamète : 1,20m, à vue de nez), en attente pour le renouvellement des conduites qui précède le chantier du tramway.

C'est tout pour aujourd'hui.

Le Plume vous salue bien.


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dimanche 20 février 2005

Phares et balises, 1 : la Jument

Je crois avoir compté jusqu'ici cinq phares dans les photos de cette rubrique (jeu concours, en donner la liste ; cadeau prime à déterminer pour féliciter les gagnants). Il y en a pas mal d'autres dans ma photothèque, vu que c'est une de mes nombreuses marottes. Cette série, dont la longueur est nettement moins prédéterminée que celle de mes précédentes séries, leur sera consacrée, ainsi qu'aux bouées, balises, amers et autres aides à la navigation.

Un petit mot d'historien pour commencer : les phares et les balises sont l'un des versants de la révolution de la navigation aux débuts de l'époque contemporaine -- l'autre versant étant l'hydrographie et sa production de documents nautiques, cartes et instructions nautiques. L'enjeu : rendre possible la navigation dans une région qu'on ne connait pas, ou qu'on connait mal. Jusque là, pas d'autre moyen que de prendre à son bord un « pratique local » : quelqu'un qui connait par cœur tous les cailoux de la côte qu'on longe, qui est capable de s'y repérer même avec une visibilité minimale et qui vous indiquera la route la plus sûre pour parvenir à bon port.

Évidemment, ça ne facilite pas les échanges, et ça devient peu viable dès lors que la navigation s'intensifie et s'internationalise... Alors à partir de la fin du XVIIIe siècle commence le double processus du levé de cartes (*) et de construction d'aide à la navigation, celles-ci permettant de figurer sa position sur celles-là. Une domestication du monde, rien moins.

Il ne suffit pas de repérer dans la nuit la lumière d'un phare, il faut aussi savoir lequel c'est. C'est pourquoi chaque phare a un rythme lumineux qui lui est propre. Cette caractéristique est indiquée sur les cartes marines ainsi que dans des ouvrages spécialisés, les livres des feux.

C'est évidemment dans les endroits qui combinent dangers et trafic maritime intense qu'on trouve le plus de phares. La pointe de la Bretagne en est donc particulièrement bien pourvu. Acute; tout seigneur tout honneur : je commencerai donc par un des phares les plus battus par les tempêtes, un de ces « enfers » des gardiens de phares d'autrefois :


La Jument, 48°25,4 N - 5°08,1 W, fl(3)R 15s, H36 P22

C'est à dire trois éclats rouges dans une période de 15 secondes depuis un foyer situé à 36m au dessus des hautes mers et visible à 22 milles nautiques pour un observateur situé au niveau de la mer. Si les conditions le permettent bien sûr. De jour et par beau temps, avec les pieds bien posés sur le plancher des vaches, ça n'est pas franchement une aide à la navigation : de toute façon, à marcher dans cette direction, on arrivera rapidement au bout de la pointe sud-ouest de l'île d'Ouessant. Mais un monument, par contre, c'en est un, sans le moindre doute.

Le Plume vous salue bien.

(*) à lire à ce sujet : Olivier Chapuis, À la mer comme au ciel, Beautemps-Beaupré & la naissance de l'hydrographie moderne (1700-1850), Paris, Presses de l'université de Paris-Sorbonne, 1999.


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samedi 19 février 2005

Far West

Puisqu'on en est à faire les continents, voilà un petit coin d'Amérique : Valley Wells, dans la Shadow Valley -- une aire de repos au milieu de nulle part, en plein désert Mojave, à une vingtaine de miles de la frontière du Nevada. C'est l'interstate 15, la veine jugulaire de Las Vegas.

Si on s'éloigne un peu des sentiers battus, on tombe sur ce panneau :

Welcome to the wild, wild West!

Le Plume vous salue bien.


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vendredi 18 février 2005

Swartberg

Envie de faire voyager un peu ce blog : autre jour, autre continent. Moi qui suis un homme des plaines, côtières de préférence, avec si possible quelques collines et valonnements un peu casses-pattes, je me sens complètement dépaysé par les espaces verticaux et cloisonnés des pays de montagne. Et quand en plus c'est sur un autre continent...

Parce que dans ce style, les montagnes sud-africaines se posent un peu là. Pas forcément très hautes, sauf beaucoup plus à l'est, du côté du Drakensberg, elles se présentent en chaînes rectilignes et uniformes, sans pics marqués mais sans cols raisonnables non plus. Le pays s'en retrouve cloisonné en régions aux climats et aux végétations complètement différents. Peut-être est-ce de là qu'est né chez les Afrikaner ce fantasme de la forteresse...

Le Swartberg est une de ces chaînes-murailles, culminant à 2132m seulement mais isolant totalement des pluies océaniques le Grand Karoo, où l'agriculture se fait rare, concentré autour des rivières qui descendent de la montagne.


Vallée de la Dorpsrivier près de la Swartbergpass, Afrique du Sud, février 1997.

Dans cette valée que le soleil d'après-midi n'atteint pas plonge la route qui mène à la petite ville de Prins Albert, dans le Grand Karoo, où le couple d'amis avec qui je voyageais et moi faisions étape. Après quelques difficultés à trouver un logement, nous aboutissons dans un bed & breakfast tenu par un homme charmant, s'excusant de ce qu'en l'absence de son compagnon cuisinier, il ne puisse servir à dîner ; nous indiquant le resto sympa du coin ; le lendemain, nous servant un petit déjeuner mémorable et haut en couleur :  tout l'arc-en-ciel dans les fruits du jardin.

le Plume vous salue bien.


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jeudi 17 février 2005

Rome

Encore une journée où il vaut mieux ne pas parler de sa journée... Jettons donc un voile pudique sur le merdier quotidien. Et regardons ailleurs.

Rome par exemple. le forum bien sûr, les ruines antiques, le Colisée. Mais aussi les quais du Tibre, les petites rues du Trastevere et ses placettes où vous débouchez par surprise. L'Isola Tibertina, avec la charmante église San Bartomlomeo della Pelle, censée abriter une relique de marque, la peau de saint Barthélémy, rien moins. Ne vous affolez pas, elle n'est pas accrochée au mur comme un trophée de chasse.

Les couleurs ocre de cette ville du Sud, pas une mégalopole, non, juste une ville, sans autre prétention que d'être une des plus belles du monde.


L'Isola Tibertina et le Grande Synagogue, vues du Trastevere, Rome, février 2001.

J'irais bien y faire un tour, tiens. Mais ça m'a pas l'air de se présenter dans l'immédiat. Ce qui nous ramène aux fibres optiques récalcitrantes qu'on voulait oublier. Encore raté.

Le Plume vous salue bien.


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mercredi 16 février 2005

Pavillon d'or

J'ai déjà dit ici que le Japon ne se limitait pas aux temples, que les temples les plus célébrés par les guides n'étaient pas forcément les plus intéressants, qu'il ne fallait pas se focaliser sur les deux ou trois plus célèbres, et ainsi de suite. Mais tout de même :


Kinkakuji ou temple du pavillon d'or, Kyoto, août 1998.

Comme il se doit, le pavillon d'or (qui est effectivement doré, contrairement à son petit frère le pavillon d'argent, aux limites Est de la ville) n'est que le centre d'un vaste complexe touristico-religieux comprenant notamment un grand portail, un ou deux autres temples, la reconstitution d'un pavillon de thé ancien et un sanctuaire shinto. Il fait partie de la ceinture de temples qui entourent la ville sur trois côté : Tenryuji à l'ouest, Ryoanji, Kinkakuji et Daitokuji (moins connu, mais on y mange bien) au nord, Ginkakuji, Kiyomizu-dera et Sanjusangendô au sud, pour ne citer que ceux que nous avons eu le temps de visiter.

Alors, tant pis pour le cliché : tout de même, le pavillon d'or..!

Le Plume vous salue bien.



mardi 15 février 2005

" Dis Astérix, ça veut dire quoi, je me sens lalalalala ? "

Journée idéal pour un sous-genre notoire du blog : le grommelement de fin de journée. Parce que là, j'avoue que j'ai un petit coup de barre.

Points saillants d'aujourd'hui : du vélo sous la neige pour aller en urgence sur un site où le réseau était cassé ; 2h30 de voiture à l'intérieur du cinquième arrondissement sans jamais réussir à en sortir ; 1h de marche au milieu des restes d'une manifestation lycéenne avec un gros carton contenant un commutateur-routeur dans les bras ; réaliser à l'arrivée que les plantages ayant lieu de la même manière avec le matériel de remplacement et celui qui était remplacé, le problème était ailleurs ; trouver une solution absurde à ce problème illogique, solution qui aurait pu se faire dès ce matin sans le moindre effort et voir que contre toute attente ça marche...

Bref je ne sais pas pourquoi mais là je me sens un peu las.

Ah et puis alors que je transportais mon routeur, j'ai croisé plein de gentils CRS photogéniques en diable, mais je n'avais bien entendu pas mon appareil. En échange, un petit coin rigolo du treizième arrondissement, le passage national photographié hier, entre les rues nationale et du château des rentiers. Pavé peu jointifs, petites maisons ouvrières, un garage-tôlerie et l'église chinoise missionnaire de France (avec panneau lumineux bilingue « Jésus t'aime »). Et tout autour, les immeubles, soit d'habitation en béton défraîchi, soit de bureau en verre et acier défraîchis aussi. Et une école d'architecture pseudo-Aillaud néo-postmoderno-organique, couverte de carrelage bleuâtre d'une laideur déroutante. J'aime nettement mieux le crépi grisâtre de ces petites maisons.

Le Plume vous salue bien.


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lundi 14 février 2005

Et maintenant, une page de publicité

Maintenant que la freebox est dans de meilleures disposition (ne me demandez pas pourquoi), je peux reprendre sur des bases saines et indépendamment de la borne wifi des voisins.

Ceci dit, j'ai quand même réussi à finir de sauvegarder cette rubrique dans la base de donnée de ma page perso. Une petite vue pour attirer le chaland :

Reste à améliorer la navigation et ajouter quelques fonctionnalités de recherche. Vous y trouverez cependant dès à présent :

Mais qu'on ne vienne pas mêler Jacques Prévert à tout ça !

Le Plume vous salue bien.


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samedi 12 février 2005

Sept mers, 7 : la Manche

Je termine tout naturellement cette série sur mon chez-moi maritime, la Manche, où j'ai pêché des crevettes avec une épuisette percée et dessalé des optimists du côté de Perros ; regardé manœuvrer les Abeilles dans le port du Havre ; où flotte à l'heure qu'il est l'un de mes rares morceaux conséquents de propriété - enfin, j'espère bien, qu'il flotte ! D'ailleurs, c'est tout naturellement une photo prise à la barre dudit bateau qui illustre cette entrée.


la Manche : le phare de l'île Louet, face à Carantec, baie de Morlaix.

La baie de Morlaix est un coin assez fascinant pour la navigation : vu du large et à première vue, on ne distingue pas la moindre entrée entre les ilôts rocheux et les petites îles caillouteuses. Si on a la carte marine du coin, tout devient beaucoup plus simple : avec une bonne paire de jumelles, on repère le phare de la Lande, un peu perdu dans les bois, sur la colline, tout au fond ; puis on l'alligne avec le phare de l'île Louet et on avance jusqu'à contourner de tout près l'île en question - et c'est tout droit, même à marée basse on débouche, en évitant tous les dangers, sur l'arrière-baie(*). Plus un seul caillou, un vaste plan d'eau entre des berges en pente douce, impression d'avoir changé de monde en quelques mètres. Tout au fond, la rivière qu'on remontera lorsque la marée le permettra jusqu'au port de Morlaix, presque sous le viaduc du chemin de fer.

Oui, la Manche, c'est un peu mon pays.

Le Plume vous salue bien.

(*) Ça, c'est la grande passe ; la passe de Tréquier (ainsi nommé parsqu'elle passe du côté du Trégor alors que la grande passe est du côté du Léon) est un peu plus délicate : accessible à mi-marée seulement, le chenal commence par l'allignement du phare de l'île noire (ouh, ouh  !) par le même phare de la Lande mais fait ensuite un coude assez prononcé. Quand je n'ai pas envie de réfléchir, je passe par l'autre côté, le détour n'est pas énorme.

Les sept mers :
  1. mer d'Alboran : pointe de Tarifa, Espagne, juin 1992.
  2. mer celtique : Rosslare Harbour, Irlande, août 1992.
  3. océan atlantique : Boston Harbor, Massachusetts, États-Unis, juillet 2001.
  4. océan pacifique : Solana Beach, California, États-Unis, août 2004.
  5. mer d'Iroise : pointe Saint-Mathieu, Finistère, France, juillet 2000.
  6. mer du Nord : Robin Hood's Bay, North Yorkshire, Angleterre, été 1994.
  7. la Manche : baie de Morlaix, Finistère, été 2001.


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vendredi 11 février 2005

Sur la ligne d'arrivée

Bon, ce soir, coup de calcaire de la freebox : je crains un slam, c'est à dire une demande de dégroupage sur notre ligne de la part d'un autre opérateur auquel je n'ai rien demandé. Plus agressif, comme technique de marketing, on ne fait pas... On verra ça demain. Pour l'instant, les voisins du dessus dont je me plaint si souvent me rendre un gros service (pas tout à fait volontaire certes) en laissant branchée leur borne Airport sans aucune protection. Donc, pour aujourd'hui, ce sera du Noos !

Grâce à la TV sur freebox, j'avais pu regarder l'autre jour l'arrivée d'Ellen McArthur, en direct pendant une demi-heure sur les deux chaînes d'infos anglaises, BBC world et SkyNews. Je ne suis pas un inconditionnel de voile à grand spectacle, mais l'enthousiasme des médias anglais pour cette arrivée faisait plaisir à voir, me rappelant quelques passages de Conrad sur l'Angleterre et la mer.

Bref, le journaliste de la BBC expliquait sans trop de détail que le bateau de la marine anglaise sur lequel il se trouvait ne pouvait pas s'approcher de la côte autant que le trimaran d'Ellen, le littoral étant assez dangereux -- et du coup on distinguait seulement le feu de mât et les feux de route, avec au dessus les pinceaux lumineux du phare de Créac'h, Fl(2)10s70m32M me dit mon livre des feux (deux éclats blancs dans un cycle de 10 secondes, foyer à 70m haut dessus du niveau de la marée haute, visible à 32 milles nautiques, ce qui en fait le phare le plus puissant d'Europe).

En effet, la ligne d'arrivée vue en plein jour, ça donne ça :


La côte d'ouessant au Nord du phare de Créac'h, août 2000

On comprend qu'on ait envie de mettre un phare dans ce coin, assez balaise de préférence. D'autant que la route maritime la plus chargée du monde passe tout près. Se balader dans ce coin-là en plein hiver, de nuit, à la barre d'un gros multicoque et dans un état d'épuisement total, il faut vouloir.

À propos de phares, attendez-vous à voir se développer, sitôt conclue ma série des « sept mers », une série « phares et balises » dont on peut considérer qu'elle a commencé par anticipation cette semaine.

Le Plume vous salue bien.


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jeudi 10 février 2005

Un petit pour la route ?

Après le gâteau, un petit digestif ?


Angoulême, route de Bordeaux, 30 janvier, 18h15.

(ou si vous en êtes encore à l'apéro : 1/3 Suze, 2/3 jus d'orange, mélanger au shaker avec de la glace, servir, ajouter un trait de crème de cassis pour la couleur et consommer avec modération)

Le Plume vous salue bien.


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mercredi 9 février 2005

34

Eh oui, comme tous les 9 février, je me prends un an sur le coin de la figure. Fini, l'époque où un an d'âge supplémentaire était attendu comme une médaille : il faut se rendre à l'évidence, le « quand je serais grand » est déjà commencé.

Pour des raisons que je ne m'explique pas, l'approche de cet anniversaire me filait un peu le bourdon. Mais maintenant que l'affaire est faite, ça va mieux. Faut pas chercher...

j'ai 34 ans. Je vis une vie qui vaut la peine d'être vécue. Je porte aux pieds un cadeau d'anniversaire idéal pour l'ado prolongé que j'entend rester. Je vais retrouver dans une dizaine de minute la femme que j'aime et avec qui je progresse dans l'existence et on va aller se manger un petit plat entre quatre yeux. Que demande le peuple ?


32 bougies seulement sur ce gateau de février 2003...

Sinon, les gens attentifs auront noté le lien dans les favoris vers le.plume.free.fr, les pages perso dont je vous rebats les oreilles depuis quelques temps. Vous les utilisiez déjà sans le savoir, puisque toute mes images sont dessus, mais je profite de l'occasion pour vous les présenter oficiellement. Vous y retrouverez la majeure partie du contenu de ce blog, mis à jour en temps presque réel. Mais pas d'inquiétude : le blog continuera ici même ; les pages perso seront son répertoire, sa béquille aussi en cas de vapeur des serveurs de 20six. Amusez-vous bien et dites-moi ce que vous en pensez.

Le Plume vous salue bien.


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mardi 8 février 2005

Des tas de pois !

Je continue la thérapie des grands espaces pour ne pas penser au temps qui passe (j'ai 34 ans demain)...  Retrouvé hier soir des paquets de photos que je croyais perdus, photos d'une semaine de vacances passées à la toute pointe de la Bretagne, Camaret, Ouessant... Une partie de la région que je connaissais mal et que nous découvrions tranquilement, le tout sous un soleil improbable.


La pointe de Pen Hir et les Tas de pois, Camaret, août 2000.

Sinon, à peu près fini les pages personnelles qui reprennent, sauvegardent et indexent les entrées de ce blog. Tous n'y est pas (il manque à peu près les trois premiers mois), mais ça commence à prendre tournure. J'« inaugure » ça demain, pour l'occasion !

Le Plume vous salue bien.


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lundi 7 février 2005

Vieux moines

Je me rend compte que je me suis un peu embrouillé lors de mon entrée « sept mers, 5 » de la semaine dernière : le phare de la pointe Saint-Mathieu s'appelle « Saint-Mathieu », tout simplement ; c'est la balise latérale babord qui est juste en dessous qui porte le nom de « Vieux Moines », une grosse tourelle éclairée à la forme un peu biscornue à quelques centaines de mètres de la pointe.

Mais c'est bien le phare et non la tourelle qui cohabite avec l'ancienne abbaye, formant un des plus beaux sites de Bretagne, avec un magnifique panorama sur toute l'Iroise, puisqu'on distingue Sein à l'horizon par les jours de beau temps.


Le phare de la pointe Saint-Mathieu vu du plancher des vaches (ou des moutons), début juillet 2000.

Eh oui, dès que les jours commencent à s'allonger, mon regard a tendance à s'égarer vers l'ouest...

Le Plume vous salue bien.


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dimanche 6 février 2005

Sept mers, 6 : mer du nord

Une mer assez étrangère pour moi -- quelque peu à l'est de mes territoires de chasse habituels. Je n'ai pas retrouvé de photos prises du pont d'un bateau ; il faut dire, le seul bateau que j'y ai emprunté, si l'on excepte un lointain Calais-Douvre et retour, c'est le petit promène-couillons du port de Whitby, à quelques kilomètres de cette photo.

Whitby fut, comme chacun sait, le port d'arrivée de Dracula sur le sol britannique. C'est une petite ville portuaire du North Yorkshire, un petit peu endormie, trop loin de Londres pour bénéficier de la manne hebdomadaire des virées de fin de semaine au casino et autres enterrements de vie de garçon/jeune fille qui font la fortune des villes balnéaires du Sud. On n'y voit guère non plus de cargos en provenance de Transylvanie, ce qui est de toute façon géographiquement problématique.


Robin Hood's Bay, North Yorkshire, été 1994.

Et là, Robin Hood's Bay, petite station au pied des falaises, dans les contrées où Robin des Bois fit paraît-il sa carrière. De bois, guère : les vastes landes du Yorkshire commencent tout près, avec leurs immensités de bruyères et de moutons. On est bien loin du Sud-Est de l'Angleterre, loin aussi du pays noir des mines de charbon et des hauts-fourneaux. Une autre Angleterre. J'aime bien celle-ci aussi.

Le Plume vous salue bien

Les sept mers :
  1. mer d'Alboran : pointe de Tarifa, Espagne, juin 1992.
  2. mer celtique : Rosslare Harbour, Irlande, août 1992.
  3. océan atlantique : Boston Harbor, Massachusetts, États-Unis, juillet 2001.
  4. océan pacifique : Solana Beach, California, États-Unis, août 2004.
  5. mer d'Iroise : pointe Saint-Mathieu, Finistère, France, juillet 2000.
  6. mer du Nord : Robin Hood's Bay, North Yorkshire, Angleterre, été 1994.


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samedi 5 février 2005

Quelques branchements

Depuis qu'on a reçu la Freebox 4, la TV sur adsl marche nickel. Ca suppose juste quelques branchements.

C'est très simple : la freebox est branchée sur le réseau téléphonique. Le routeur wifi est branché sur la freebox. Le lecteur de DVD est branché sur la chaîne et sur la télévision, via un répartiteur pour pouvoir brancher aussi la freebox. Le répartiteur est branché sur la télé qui est branchée sur l'arrivée de l'antenne. Tous les cinq sont branchés sur le secteur. Soit douze cables seulement et quatres télécommandes. Heureusement qu'on n'utilise pas le téléphone de Free.

Seul hic, avec le répartiteur, ça chie dans la compote dès lors que la freebox y est raccordée, même si on éteint la fonction télé. Zarbe. Retour donc à l'organisation précédente, en changeant à la main le branchement péritel en cas de besoin. Et en lovant les câbles proprement !

Du coup, à nous les concerts de free jazz bulgare aux génériques incompréhensible, les courses de stock car, les jeux télé italiens et le contraste saisissant entre l'anglais qu'on parle à la BBC et celui de CNN... En fait, j'adore, ce fouillis de chaînes dans tous les sens.

Le Plume vous salue bien.


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vendredi 4 février 2005

Jugement dernier

Je vous avais parlé le 27 décembre dernier du portail central de Notre-Dame. Je suis repassé devant, à une heure d'aileurs comparable ; en voici donc une vue un peu plus détaillée.


Portail central de Notre-Dame, ce soir, 19h30.

L'ensemble se passerait de commentaire si la photo avait été meilleure. Bon, je me lance, bien que n'y connaissant pas grand chose, sur les trois étages de la composition centrale : en bas, le réveil des morts, qui se lèvent, soulevant les pierres tombales sous lesquelles ils gisaient. Les anges sonnent la trompette, et tous se relèvent, hommes, femmes, enfants, le roi, le pape, le juif, le soldat, l'évèque...

Au dessus, c'est le jugement proprement dit. Les âmes sont pesées par un ange et un démon ; les morts sont partagés en deux groupes, à gauche avec les anges, à droite en partance pour l'enfer, enchaînés et tirés par des démons. Au dessus trône le Christ en gloire, entouré par deux figures (saint Pierre et ?) et par deux orants, un prince et un moine. Tout autour, des petits anges contemplent la scène, comme un public acoudé aux balcons d'un théâtre.

Voilà pour une description à deux balles, le premier guide venu doit pouvoir faire mieux. Juste pour signaler que quelques unes des plus belles œuvres de la sculpture médiévale ne sont pas dans des musées mais là, en plein air : il n'y a qu'à lever le nez.

Le Plume vous salue bien.


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jeudi 3 février 2005

Sept mers, 5 : Iroise

La mer d'Iroise, c'est cet espace entre Ouessant et pointe du Raz, domaine des courants de marée qui se bousculent et se chevauchent, levant une mer difficile dès que le vent est contre le courant, impossible par gros temps.

Un espace ouvert : tout droit, c'est l'Amérique. Mais l'océean n'a pas de pareils fleuves marins qui s'inversent tous les jours, jusqu'à 10 nœuds par vives eaux dans le Fromveur ou le raz de Sein. Pour trouver mieux, il faut aller au raz blanchard, entre Aurigny et la Hague, au bout du Cotentin, mais il s'agit là d'une zone minuscule.


Mer d'Iroise : pointe Saint-Mathieu, Finistère, France, été 2000.

Photo prise (sans doute par Madame Plume) du bateau de la Penn-ar-Bed reliant Camaret à l'Ile d'Ouessant. Sur la pointe, flanqué d'une abbaye en ruine, le phare des Vieux-Moines marque le bout de la pointe Saint-Mathieu et l'entrée de la rade de Brest.

Le Plume vous salue bien.

Les sept mers :
  1. mer d'Alboran : pointe de Tarifa, Espagne, juin 1992.
  2. mer celtique : Rosslare Harbour, Irlande, août 1992.
  3. océan atlantique : Boston Harbor, Massachusetts, États-Unis, juillet 2001.
  4. océan pacifique : Solana Beach, California, États-Unis, août 2004.
  5. mer d'Iroise : pointe Saint-Mathieu, Finistère, France, juillet 2000.


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mercredi 2 février 2005

on fera ceinture

Quelque part entre Géant Casino et la rue du Château des Rentiers, un petit bout du chemin de fer de ceinture :


Entre avenue d'Ivry et rue nationale, la petite ceinture.

Faut-il pleurer le chemin de fer de ceinture ? Quelques élus de droite des 14e et 15e arrondissement avaient entonné cet air-là à propos du débat du tramway. Mais si on l'a fermée, ce n'est pas entièrement pour rien : prisonnière de ses emprises, qui rendaient ses accès mal commodes (d'autant qu'elle est rarement au niveau de la chaussée) ; en retrait des quartiers de logement de l'ancienne zone des remparts, pour ne pas parler de la proche banlieue d'outre-périph... Son seul intérêt aurait été de ressuciter les anciennes correspondances ferroviaires (Masséna, Ouest Ceinture...) mais il aurait pour cela falu imposer un arrêt supplémentaire aux banlieusards.

Le butdu jeu, de la part de ces élus, ce n'était bien sûr pas de promouvoir le train (qu'ils pourfendent par ailleurs), mais bien de défendre la place de l'automobile sur les boulevards des maréchaux. Ceci dit, j'ai beau ne pas être un hystérique de la lutte contre la voiture, franchement, faut-il vraiment un périphérique-bis juste à côté du premier ?

La nostalgie du chemin de fer de ceinture est tout à fait sympathique ; ça n'en fait pas forcémentune bonne politique de transports !

Ca ne m'empêchera pas de regarder avec tendresse ces bouts de rail perdus dans la ville et surmontés de quelques carrés de choux.

Le Plume vous salue bien.


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mardi 1 février 2005

Las Vegas Las Vegas

Échangé des souvenirs de voyage avec une amie hier soir ; du coup, on se met un peu de clinquant et de ciel bleu dans l'hiver parisien.


Hôtel-casino New York, New York sur le Strip, Las Vegas, 19 août 2004

Le Plume vous salue bien.

P.S. : l'archivage/indexage de mes entrées passées sur mes pages personnelles avance petit à petit ; allez, j'inaugure ça dans huit jours !


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lundi 31 janvier 2005

Hors de la bulle

Il y a une vie après le salon, si, si. La vie hors de la bulle, quoi.

Ramené d'Angoulême, outre la demi-douzaine d'album que j'y ai acheté, ce petit carnet, souvenir d'un ado angoumoisin qui venait enquiquiner le dessinateur. Un échantillon : ce dessin de Loisel, en 1984. Je ne suis pas sûr que je réalisais tout à fait qui c'était, à cette époque...

J'avais été particulièrement efficace, cette année là (ou peut-être particulièrement casse-pied) : Convard, Loisel, Druillet... J'avait d'autres carnets du même genre que je n'ai pas retrouvés -- mais peut-être était-ce des feuilles volantes. Et vu que je n'était pas beaucoup plus ordonné à 13 ans que je le suis maintenant...

Une chose est sure en tout cas, ce genre de détail fait qu'aller "à la B.D.", comme on dit là-bas, c'est un peu plus qu'aller à un festival. C'est reprendre une série commencée en 1982 (si j'ai bonne mémoire, l'affiche était de Moëbius, président du festival cette année-là), qui continue tout au long de mon adolescence et continue avec quelques intermittences pendant mes interminables années d'études. Peut-être qu'y retourner, après si longtemps, c'est admettre que je suis bien la même personne que le gamin des années 80 qui se faufilait dans la foule.

Le Plume vous salue bien.


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dimanche 30 janvier 2005

Dernières bulles

[texte composé entre Poitiers et Tours dans le train du retour]

Fin de festival, comme une fin de réception, avec les dernières bulles accrochées aux parois des dernières flutes de champagne. Ou encore : quand les bulles de savons disparaissent, comment savoir si elles sont trop haut pour qu'on les voit, ou si elles ont claqué discrètement ?


Angoulême, le Plateau vu de la route de Bordeaux, aujourd'hui vers 14h30.

Le dimanche, c'est fin de partie au festival. Certains stands sont désertés dès le début de l'après-midi ; sur les autres, les dédicaceurs se font rares après 16h, et les stocks aussi. D'ailleurs, pas réussi à faire dédicacer mon Lapinot par Trondheim, ni à acheter le Combat ordinaire de Larcenet. La vie est dure pour le festivalier tardif.

À part ça, acheté le dernier petit Trondheim à l'Association, Désœuvré, essai, sur la difficulté pour un auteur de B.D. à durer ; revient sur la mort de son personnage symbole, Lapinot, puisque La vie comme elle vient est bien entendu un album sur la mort. Youkaïdi, youkaïda, ce qui est bien avec les petits miquets, c'est que c'est la poilade. Hésité à prendre les mémoires d'un branleur/Memory of a Wanker chez Dynamite édition, B.D. bilingue et vaguement porno sans le moindre intérêt, sinon qu'une copine à nous a fait la traduction anglaise. Mais 20€ pour ça, alors que je me prive des Courts-circuits géographiques de Jochen Gerner par soucis d'économie ou tout au moins d'étalement des dépenses, de serait tout de même un petit peu ridicule.

Acheté aussi quelques tomes récents de Valérian pour compléter la collection commencée par mes parents quand ma sœur et moi avions onze ou douze ans. Marrant du coup comment sont réparties mes B.D. ou tout au moins les B.D. dont je me suis nourri depuis les Philémon qu'achetait mon père quand j'étais gamin. Il y a les B.D. de l'enfance et de l'adolescence, chez mes parents, complétées par mes soins de temps à autre ; les B.D. de mes années d'étudiant (j'en achetais pas mal malgré mon impécuniosité chronique), qui ont atterries en Bretagne après avoir passé quelques années dans une cabanne de jardin de Seine-et-Marne ; et puis mes achats d'adulte, faute d'expression plus appropriées, dans les rayonnages de notre chez-nous conjugal et parisien -- peu nombreuse au début, j'ai pratiquement cessé d'acheter (et d'ailleurs de lire) des bandes dessinées pendant plusieurs années ; m'y suis remis depuis peu. Pareil pour la musique d'ailleurs. Tout ça doit dire quelque chose sur ma vie mais je ne sais pas quoi -- et puis, quelle importance ?

Et voilà : le train du retour, où j'écris cette entrée ; heures intercalaires, idéal pour les bilans et réminiscences ou, s'il on préfère, pour tourner autour de son propre nombril. Il y a le temps.

Le Plume vous salue bien.


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samedi 29 janvier 2005

Angoulême, tome 2. La suite.

Angoulême, tome 2. La suite.

Retourné de bon matin sur le champ de bataille. Enfin, 11h30, on n'est pas des bœufs tout de même. Tenté d'aller voir l'expo "clafoutis", dans la tour médiévale de l'hôtel de ville ; expo chaudement recommandée par l'ami Saryon. "Accès uniquement sur invitation entre 11h30 et 12h30." Bon, je descend faire un tour dans les bulles, reviens un peu après 12h30 : on m'explique que "c'est ouvert dans le hall, mais que le reste est sur invitation seulement." Bien. J'aime bien me faire jetter, mais il y a des limites ; déolé pour ton pote, Saryon, mais il ira se faire voir.

Pour le reste, journée partagée entre les bulles et les rues d'Angoulême -- finalement, les expos... Belle journée, au bout du compte.


Mur peint, rue piétonne d'Angoulême (on ne me fera pas la nommer "rue Hergé"), cet après-midi.

Des acquisitions dont je suis content : un Hunt Emerson (dédicacé tout en faisant de la traduction entre Emerson et Franck Margerin, lequel faisait la queue pour avoir son exemplaire, le début de la gloire quoi) ; au stand de l'Association (toujours lui), achat d'un Sfar (le petit monde du Golem) et, un peu par hasard du Saint Patron de Jochen Gerner : très, très bien, une sorte de voyage/documentaire à travers la Lorraine, avec Saint Nicolas comme fil conducteur : l'histoire des reliques du saint, les interviews de "Saint Nicolas" de village, etc. Ca fonctionne très bien. Au même stand dédicaçait notre bédéiste 20sixienne officielle, la jeune Mélaka, mais pendant fort peu de temps, la mauvaise fille. Repérée après picolant dans les arrières du stant Fluide Glacial... Des projets s'échaffaudraient-ils ? Inquiring minds want to know.

Au rayon anglophone, acheté aussi BOP (more box office poison), d'un jeune bédéiste new-yorkais qui a eu le prix du meilleur premier album, Alex Robinson.

Allez, on y retourne demain.

Le Plume vous samue bien.


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vendredi 28 janvier 2005

En bulles

Bon, malgré une grosse crève gagnée à se les geler hier à Montparnasse et qui se traduit par une déplaisante sinusite (pas aidée il est vrai par l'humidité ambiante), journée dans les bulles aujourd'hui -- les chapiteaux du festival, quoi.

J'y ai traîné mes guêtres tout l'après-midi, farfouillant de-ci, de-là, regardant de loin les dédicaceurs ; le seul que je tenais à faire dédicacer, pour le compte d'un ami, je l'ai raté, c'était ce matin. Des stands de toutes les tailles, de l'ordre d'une supérette pour les gros éditeurs, ou juste une table pour les petits, avec tous les intermédiaires possibles.

Me suis attardé comme il se doit au stand de "l'association", vu que c'est quand même de là qu'est venu ces dernières années le nouveau souffle de la B.D. française. Grosse foule sur un stand bien petit au regard de l'importance qu'a cette maison pour les amateurs de B.D. :

Il faut dire, Marjan Satrapi, moteur économique de la boutique, était en train de dédicader, et ça attirait du monde. De l'autre côté du stand, un spectacle à part entière : Baudoin dédicace. Baudoin, c'est un peu le père spirituel de ce mouvement, avant même que Lewis Trondheim et ses copains n'organisent tout ça. Et quand Baudoin dédicace, c'est un spectacle à part entière : au pinceau, prenant tout son temps, ne faisant guère du coup que deux ou trois signatures en une demi-heure. Et rayonnant la gentillesse par dessus tout ça.

La maison ne prenant pas la carte bleue, petit tour chez Dargaud pour faire quelques achats : la ligne de front, de Manu Larcenet (excellent), et puis le chat du rabbin de Sfar. On l'a déja, mais pas mes parents, donc ça vallait la peine de l'acheter. Ne serait-ce que pour le relire. Il y a des B.D. comme ça qu'on a envie d'acheter deux fois...

Allez, au lit, j'y retourne demain.

Le Plume vous salue bien.


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jeudi 27 janvier 2005

C'était pas gagné...

Quand je suis arrivé à la gare Montparnasse ce matin, le panneau "départ" n'était pas très encourrageant. Une heure après, j'avais nettement plus froid au pieds mais le panneau ne s'était guère amélioré :

Je commençais à soupçonner que je ne verrais du salon de la bande dessinée que l'affiche que j'avais contemplé au métro château d'eau, en essayant de reconnaître tous les personnages de B.D.  qui y sont carricaturés par Zep. Mais finalement...

Finalement, si le 12h15 n'a pas montré le bout de sa motrice (le 10h45 initialement prévu, n'y pensons plus, le site web de la SNCF le donnait pour inexistant : je n'ai même pas essayé), le 14h10 à destination de Toulouse par Bordeaux s'est bel et bien formé en voie deux. Et a fini par partir, plein comme un œuf. Impression : ligne 4 à l'heure de pointe, les gens du quartier me comprendront.

Et puis voilà, on est partis... Me suis trouvé un petit coin sympa, entre deux wagons, avec deux jeunes sympas en mission pour le festival de B.D. de Darnétal (Seine-Maritime) et un étudiant irlandais envoyé en stage à Toulouse par son université londonienne -- en se partageant le strapontin du local à langer pour se pose un peu. Ressemblance supplémentaire avec le métro : arrêts partout, à Saint-Pierre-des-Corps, Châtellerault, Futuroscope, Poitiers. Speech du contrôleur avant les gares : on restera en gare le temps qu'il faudra, descendez tranquilement, ne nous bousculons pas... Ambiance assez bonne, tout compte fait, genre, bah, faut bien faire avec.

Bref, me voici dans la maison familiale, prêt à affronter le festival !

Le Plume vous salue bien.


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mercredi 26 janvier 2005

C'est parti !

Eh oui, après deux semaines un peu rudes (d'ailleurs vous m'avez entendu râler copieusement), je pars quatre jours souffler un peu. Enfin je pars... s'il y a des trains. Apparemment il risque de ne pas y en avoir des tonnes... Normalement, j'ai pas mal la baraka pour ce genre de choses : je me rappelle avoir fait un aller-et-retour à Paris pendant la grande grève de l'hiver 1987 sans le moindre retard. On verra bien.

Si tout ce passe bien, quatre jours à Angoulême. Parents, festival de la BD, un peu de repos peut-être aussi. Mais ne vous inquiétez pas : je n'oublie pas le cordon du modem ! Et puis je reviens dimanche.


Le bateau-phare entre BNF et Bercy, 19 janvier 2005. J'en reparlerai.

Le Plume vous salue bien.


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mardi 25 janvier 2005

La vie au fond du puit

les puits de lumière, c'est très bien. Sauf que, quoiqu'on fasse, le fond d'un puit c'est pas idéal comme lieu de vie.


« puit de lumière », rue du château des rentiers, Paris 13eme, 19 janvier 2005.

Une nouvelle semaine à avaler des kilomètres à vélo en me tuant le dos et les épaules à force de trimbaler mon sac à dos avec l'ordinateur dedans ; à rentrer à la maison à des heures sans nom pour essayer de sauver la galaxie ou au moins quelques uns de nos utilisateurs ; à essayer de tirer de choix techniques que je n'ai pas fait plus que ce qu'ils peuvent offrir ; bref à me faire chier comme un rat mort derrière une malle.

Le problème d'avoir des UFR baladeuses, c'est qu'il ne leur suffit pas d'avoir des mettres carrés pour mettre leur tables et leurs chaise : il leur faut du téléphone, du réseau, avec de l'accès à internet mais aussi au réseau d'établissement... Tout ça coûte très cher à mettre en place, sans compter le temps et l'énergie dépensée. Sans compter les loyers qui s'accumulent, sur ces milliers de mètres carrés de bureaux loués dans tout Paris...

Bon, jeudi, je pars me ressourcer au salon de la BD ; la queue sous les bulles pour avoir mes petites dédicaces, comme quand j'étais môme. En plus, vu le prix qu'il faut payer maintenant pour accéder à la chose, je vais renflouer les finances publiques !

Le Plume vous salue bien.


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lundi 24 janvier 2005

Petite ceinture

Prenez à gauche après les Olympiades en descendant l'avenue d'Ivry et vous emprunterez la rue Regnault, que vous suivrez, toujours tout droit, rejoignant la tranchée de l'ancienne petite ceinture, puis plongeant vers la rue de Patay, tout au bas de la butte. Si vous continuez, négligeant l'appel de la rue du Chevaleret qui tente de vous ramener vers des lieux plus civilisés, vous fiinirez en impasse entre les emprises ferroviaires : c'est l'ancienne gare du boulevard Massena.


L'ex-gare Masséna, 19 décembre 2005, cinq heures du soir.

Je l'ai utilisé une fois, il y a pas mal d'année -- non par nécessité (il n'y a pas grand chose à voir ni même grand monde à visiter dans le coin) mais par curiosité, pour voir à quoi ressemblait cette gare que les BALI et autres YETI du RER C traversaient à vive allure.

On descendait de l'omnibus, on montait jusqu'à ce petit bâtiment tout en hauteur. De là, on pouvait soit redescendre sur cette petite place, soit emprunter un vieux pont en poutrelles métalliques qui vous amenait jusqu'au quai d'Ivry, par de petites cours aux pavés disjoints. La correspondance ferroviaire qui faisaient sa raison d'être n'existatit plus bien sûr depuis bien longtemps.

La gare est fermée, maintenant, comme avaient fermé quarante ans plus tôt ses consœurs de la petite ceinture. Elle est emplacée par le béton précontraint flambant neuf de la station "bibliothèque François Mitterrand", à deux pas de là, où même les BALI s'arrêtent, c'est dire. Du coup ce petit bout de rue Regnault n'a vraiment plus grand chose à faire de ses journées ; juste un petit bout de XXe siècle qui attend la retraite et nous rappelle que nous aussi, nous sommes du siècle dernier.

Le Plume vous salue bien. 


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dimanche 23 janvier 2005

Sept mers, 4 : océan pacifique

Le Pacifique est trop grand pour l'imagination. Je peux juste parler des quelques abords où je suis passé : Californie ou sud du Japon. Y a-t-il une unité à cet ensemble ? Je ne sais pas, d'autant que ce que j'ai vu du littoral japonais était la petite mer intérieure, entre Honshu et les îles du Sud. Le Pacifique, le vrai, je n'y ai jamais navigue ; je ne l'ai vu qu'en Californie du Sud, de San Diego aux limites nord de Los Angeles.

Est-ce qu'on voit vraiment que c'est immense, ou cette sensation vient-elle des cartes aprises depuis l'enfance, cet hémisphère bleu au milieu duquel on passe du jour au lendemain, ou l'inverse ?


Océan pacifique : Solana Beach, California, U.S.A.

En fin de journée en tout cas, la lumière se reflète sur les vagues qui glissent les unes sur les autres vers le sable à un rythme bien particulier, tout à la foi pressé et sur de soi.

Le Plume vous salue bien.

Les sept mers :
  1. mer d'Alboran : pointe de Tarifa, Espagne, juin 1992.
  2. mer celtique : Rosslare Harbour, Irlande, août 1992.
  3. océan atlantique : Boston Harbor, Massachusetts, États-Unis, juillet 2001.
  4. océan pacifique : Solana Beach, California, États-Unis, août 2004.


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samedi 22 janvier 2005

Le retour des hirondelles

 

Ce n'est pas de l'oiseau migrateur que je parle, bien qu'avec les jours qui rallongent, janvier/Janus commence à montrer son visage souriant, mais de ces petites marques dont les imprimeurs encadrent les pages d'un futur livre, sans doute pour centrer le massicot.

Activité de ce samedi, en effet, la relecture des épreuves envoyées par l'éditeur d'un petit bouquin écrit par ma chère épouse.  Ecrit dans des délais absolument délirant, d'ailleurs, l'auteur initialement retenu n'ayant pas tenu ses engagements et le calendrier de publication étant plutôt impératif.


Les outils du relecteur : mon bureau cet après-midi.

La relecture d'épreuves, c'est une activité que j'aime bien : il ne s'agit plus d'idées, ni même de style, mias juste de peaufiner le beau travail d'artisan que doit être un livre. Deux lettres ont été inversées ici ; le composeur a induement rajouté une demi-espace là...

Les outils indispensables : le jeu d'épreuves, bien sûr, et un crayon ; et puis, les références : un dico quelquonque, qu'on pourra compléter d'un Bescherelle. Et puis, surtout, l'indispensable lexique des règles typographiques en usage à l'imprimerie nationale, dont la lecture devrait être obligatoire à quiconque doit produire plus d'une demi-douzaine de pages imprimées. On y trouve en particulier un mémento des signes de corrections qui permettront d'anoter les épreuves sans la moindre ambigüité.

Tout ça est finalement plus rigolo que des mots croisés, un peu plus utile aussi. Cette relecture marque la fin de semaines assez éprouvantes, tant pour l'auteur que pour son entourage immédiat (à savoir, moi). Ouf ! Vivement qu'il soit sur les tables des libraires, le bestiau.

Le Plume vous salue bien.


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vendredi 21 janvier 2005

Quo non ascendet ?

 

Bon, pas de tout repos, la semaine qui s'achève. Mes mésaventures d'hier ont eu un grand succès à la présidence de l'université (« alors, t'es SDF il paraît ? ») -- mais du coup le problème de l'accès au nouveau site va se régler en un temps record. Quant aux manips faites hier soir, pas trop de casse, finalement, à part une erreur de configuration qui faisait que rien ne marchait et le rebranchement ce soir d'une partie des prises débranchées...

Mais bon, c'est la dure loi du sport. Maintenant, c'est le moment de penser à autre chose, de lever le nez du guidon comme on dit. D'ailleurs, 40km au compteur depuis mercredi alors que j'étais censé être en formation ces jours-ci. Bah.


Chappelle de la Sorbonne, vu depuis un palier du deuxième étage samedi dernier.

Ce week end, c'est promis, on va tâcher de faire des trucs sympas, utiles et gratifiants. D'élever un peu le niveau de jeu. Lire, faire un peu d'histoire peut-être ?

Le Plume vous salue bien.


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jeudi 20 janvier 2005

Bien fait pour moi.

M'apprendra à pas faire grève.

je n'ai pas fait grève parce que j'hésite toujours à faire grève pour des questions salariales, lesquelles à ma connaissance étaient les seules revendications concernant l'enseignement supérieur ; je n'ai pas fait grève parce que mon absence aujourd'hui aurait retardé considérablement des projets que j'ai envie de voir aboutir depuis longtemps ; je n'ai pas fait grève parce qu'un certain nombre de collègues qui aménagent sur un nouveau site sont tributaire de nous pour pouvoir travailler la semaine prochaine... bref, je n'ai pas fait grève.

Et j'ai été bien puni.

De 9h30 à 17h, rien que de très normal, je suivais une formation pour pouvoir configurer le matériel WiFi que nous sommes en train d'installer ; intéressant, pas simple du tout, et quelques moments de solitude pour cause de sous-dosage de caféine.

Après ça, on passe dans la quatrième dimension. Ne cherchez pas à régler votre moniteur...


Une passerelle pour nulle part, rue Watt, hier soir


Je réussis à récupérer les clés d'une voiture de service, le vélo ayant ses limite, et je file vers le point d'origine du déménagement dont je parlais plus haut. Enfin je file... La guimbarde arthritique qui tente de se faire passer pour une voiture de service m'y amène poussivement, à condition de toujours garder une main sur le starter (le baisser en ligne droite, le remettre à fond dès qu'on rétrograde, au moins pendant le premier quart d'heure ; après ça, il suffit d'en remettre un coup aux feux rouges).

Arrivé là bas, je galère comme un perdu pour essayer de déméler parmis les 150 et quelques cordons de brassage quels sont ceux qui appartiennent aux gens qui déménagent tout de suite et quels sont ceux qu'il ne faudra débrancher que dans huit jours. Finis par y parvenir et à libérer les deux switchs dont j'ai besoin à l'autre bout. Les démonte (pas légers ces trucs là).
Quelques reconfigurations plus tard, me rend compte qu'il est 19h30 et que l'accueil du bâtiment de l'autre extrémité du déménagement ferme à 20h. Sprint, avec switchs, cordons, outils, etc. pour tout charger dans la tire&nbs;; accélérations du tonnerre dans la côte de la rue de Tolbiac ; tours de pâté de maison car pas de place pour se garer ; trouvé place à 200m, re-sprint ; enfin, arrivée vers 19h45 dans le hall de l'immeuble, avec mes deux switchs sous le bras (pas si léger, des commutateurs-routeurs 48 ports 10/100+2 ports gigabit), mes 50 cordons autour du cou et ma saccoche à l'épaule.

Et évidemment, à l'accueil, il n'y a personne. "Il y a quelqu'un ?" Non, il n'y a pas. Et comme personne ne s'est soucié de nous trouver les badges d'accès nécessaires, je suis comme un con.

Et je retourne au point de départ, toujours avec le matériel. Le stocke dans un local adéquat. Remonte finir quelques trucs que je n'avais pas eu le temps de faire pour ne pas rater l'heure. Repars pour ramener la tuture.

Là, calages à répétition, jauge au plus bas... J'ai bien failli la laisser au bord du trotoir et rentrer en métro. Mais non, j'ai fais le plein, bien sagement. Et je suis rentré à Jussieu, ai récupéré mon vélo, et suis rentré à la maison.

Heure d'arrivée : 21h30. Moralité : il faudrait que je pense à arrêter d'être con.

Le Plume vous salue bien.


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mercredi 19 janvier 2005

De l'autre côté

Petit tour cet après midi par la face cachée du treizième arrondissement : depuis la rue du château des rentiers, la rue Regnault et sa descente de casse-cou le long de la petite ceinture -- sous la pluie battante, j'ai bien fait de régler mes freins il y a peu. Puis, par la rue du Loiret, on rejoint la rue Watt, qui mérite plus que jamais son titre de plus belle rue de Paris que lui avaient décernés Raymond Queneau et Boris Vian. Ce qui la connaisse comprendrons ; pour les autres, je mettrais une photo un de ces jours.

Après les rails, on se retrouve tout près de l'avenue de France et de ses immeubles de verre et d'acier. Mais on est au verso de ce recto, entre vielles clôtures, carcasses de voiture et la boue des engins de chantier. La pluie s'arrête ; nuages bas. C'est cinq heures, les chantiers sont arrêtés, les ouvriers sont parti se changer ; encore un peu et leurs voitures traverseront le silence de ce petit no man's land.


Rue Watt, cet après midi, 17h06.

Derrière les clôtures, derrière le périphérique, la centrale des Ardoines turbine dur pour éclairer, chauffer, machine-à-laver les Parisiens. Ses volutes sont belles, elles aussi.

Le Plume vous salue bien.


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mardi 18 janvier 2005

La tête en l'air

En sortant de déjeuner ce midi, au coin de la rue des Ecoles et de la rue du cardinal Lemoine (docteur de la faculté de théologie de Paris, né vers 1210 mais je ne sais pas la date de sa mort parce que le feu passe toujours au vert à ce moment là),

En sortant de déjeuner ce midi, le vent a subitement monté d'un cran et il s'est mis a neiger. Neiger, neiger, de gros flocons qui tourbillonnaient entre les barres de Jussieu, le vent qui s'engouffrait entre les tours , comme pour tout arracher, les tôles des palissades qui battaient come si le vent allait tout arracher, et la neige recouvrir ce qui reste,

En sortant de déjeuner ce midi, il a neigé, et puis ça s'est arrêté.

J'ai essayé de photographier la neige, mais ça n'a rien donné.


Blizard minute, rue Jussieu, vers 14h.

Le Plume vous salue bien.

 


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lundi 17 janvier 2005

Galette, vieilles poternes et jean trempé

 

Ce titre résume les grandes lignes de ma journée. Ce midi, une fois n'est pas coutume, agapes municipales à l'occasion de la cérémonie des vœux de la mairie d'arrondissement, à laquelle j'étais convié en raison je suppose du sacrifice de mes dimanches électoraux. Je pensais avoir à faire à un vague discours suivi d'un quelquonque apéro, c'était en fait un déjeuner (un buffet froid, mais tout de même...) suivi de la traditionnelle galette. Occasion de se tenir au courant de la vie locale et d'initiatives auxquelles on n'aurait peut-être pas prêté attention : la montée en puissance de la maison de l'architecture, dans l'ancien couvent des récollets (près de la gare de l'Est), par exemple, ou encore le renouveau de l'espace Jemmapes, qu'une nouvelle équipe de direction a fait sortir de son rôle de vague patronage pour en faire une véritable salle de spectacle en même temps qu'un lieu d'activité culturelles. Et puis pas mal de copains étaient là, que ça fait toujours plaisir de revoir.

Ensuite mon boulot m'a conduit dans les ruelles de Caracassonne, comme le prouve la photo ci-dessous :


Bon, OK, en fait, ce sont les arrières des bâtiments Louis XIII de l'hôpital Saint-Louis, cet après-midi...

Après ça, retour rive gauche, histoire de. Et puis en repartant ce soir, j'ai eu l'occasion de me remémorer tout le bien que je disais de la pratique du vélo comme moyen de transport. La misère, je vous dis pas. Et il faut absolument que je me trouve une dynamo avec garde-boue pour les jours de pluie : il m'a fallu la moitié du trajet pour comprendre ce qui faisait que ma jambe gauche était totalement trempée alors que la droite s'en sortait bien.

Le Plume vous salue bien.


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dimanche 16 janvier 2005

Sept mers, 3 : océan atlantique

Difficile de parler de mer et de ne pas parler de cet océan. En voici un coin reculé (par rapport à l'endroit où je me trouve en tout cas), l'approche du port de Boston.


Océan Atlantique : Boston Harbor, Massachusetts, U.S.A., juillet 2001.

J'avais dû dire quelque part à quel point l'Atlantique me frappe par son unité. Que ce soit à Boston, à Brest ou au Cap, on a la sensation d'avoir à faire aux mêmes vagues ; l'eau à la même couleur bleu-gris, le soleil s'y reflète pareil... Alors que le Pacifique, par exemple, rien à voir, on sent tout de suite qu'on a changé de crèmerie. Pas surprenant du tout finalement que lorsque le conquistador Vasco Nuñez Balboa franchît la crête de l'isthme de Panama et vit cette étendu d'eau, il ait immédiatement réalisé qu'il s'agissait d'un nouvel océan, et non d'un prologement quelquonque de l'Atlantique.

J'ai beau ne pas être atlantiste, je dois me rendre à l'évidence, cet océan-ci, c'est bien le mien.

Le Plume vous salue bien.

Les sept mers :
  1. mer d'Alboran : pointe de Tarifa, Espagne, juin 1992.
  2. mer celtique : Rosslare Harbour, Irlande, août 1992.
  3. océan atlantique : Boston Harbor, Massachusetts, États-Unis, juillet 2001.


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samedi 15 janvier 2005

Géologie sorbonicole

Passage éclair à la Sorbonne cet après-midi ; j'en profite pour reprendre la série des coinstots étranges de la Sorbonne (j'en avais montré un ou deux dans les tous débuts de ce blog). Voici donc, vu du deuxième étage, les arrières de l'actuel amphitéâtre Bachelard.


L'une des innombrables cours intérieures de la Sorbonne, prise cet après-midi.

Sur les plans de la reconstruction de la Sorbonne (qui a eu lieu de 1885 à 1900 ; il n'y a rigoureusement rien d'antérieur à la troisième république dans ce bâtiment), il est indiqué comme amphitéâtre de géologie. Ca tombe bien, vu mon entrée de ce matin dans « Cartes sur table, » ça fait une journée consacrée entièrement à cette discipline -- à laquelle par parenthèse je ne connais pas grand chose.

Reparti ensuite sur mon beau Pigeot vers les lointaines contrées de l'Ouest parisien : je me rendais à ce qui reste un de mes magasins préférés, l'espace IGN, rue de la Boétie. Je n'avais besoin de rien en particulier, sinon peut-être d'une ou deux cartes géologiques qui étaient en rupture de stock. Ca ne m'a pas empêché d'acheter une bonne demi-douzaine de cartes, consacrées à des régions où je n'ai aucune intention de me rendre.

Au cours de ce triangle parisien, je m'émerveille : toute l'Ile-de-France (et une partie de la province) a décidé comme un seul homme de prendre son automobile pour aller faire les soldes dans les grands magasins, au prétexte je suppose que « le week-end, ça roulera. » Même si c'est le premier samedi des soldes. Beati pauperi spiritu, et je m'y connais. Il doit y en avoir qui y sont encore.

Le Plume vous salue bien.


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vendredi 14 janvier 2005

Pour l'eau tiède, on verra lundi

Encore quelques heures passées dans un local technique ce soir, tout au bout de la rue du château des rentiers, à deux pas de la porte d'Ivry. Un joli local pour un nouveau bâtiment à raccorder de toute urgence, au prix d'acrobatie plus ou moins sordides. Côté réseau, ça n'est pas encore gagné ; par contre, pour la clim', ça baigne :


Eau froide et froide à tous les étage, rue du château eds rentiers, Paris 13e, vers 18h ce soir.

Je suis resté accroupi dos à ces tuyaux, avec mon portable sur les genous, essayant tant bien que mal de démerder d'obscurs problèmes de translation d'adresses à deux ou trois niveaux (je vous passe les détails, ça n'a rien de bien passionnant) ; en tout cas, c'est vrai qu'ils n'étaient pas bien chauds, les tuyaux.

Heureusement, la traversée de Paris qui a suivi, avec les raidillons successifs de la place d'Italie et de la montagne Sainte-Geneviève, était idéale pour se réchauffer, nonobstant la météo. C'est la joie du vélo en hiver : on grelotte pendant les deux premiers kilomètres, et on sue comme un bœuf à partir du cinquième.

La semaine est finie. Plutôt rude : ces gens qui me payent et qui prétendent me faire travailler, c'est vraiment trop injuste !

Le Plume vous salue bien.


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jeudi 13 janvier 2005

Désamiantage

Vu que ce n'est un secret pour personne que je travaille à Jussieu et que la question de l'amiante refait surface, j'y vais de mon petit grain de sel...


Le parvis de Jussieu, cet après-midi, 16h07. A gauche et en face, les tours 44-45, 45-46 et 36-46, récemment désamiantée.

Si l'on reparle de ça ces jours-ci, c'est en raison de la mise en examen (au pénal, donc) des établissements en cause en tant que personnes morales. J'avoue que la notion de responsabilité pénale d'une personne morale me laisse perplexe. Tout le droit pénal moderne repose, que je sache, sur la notion d'individu ("individualisation des peines", "responsabilité individuelle", etc.). Une personne morale n'est pas in individu...

Plus généralement, je suis perplexe de voir ce genre d'affaires arriver systématiquement devant une juridiction pénale. On voit bien que l'intérêt d'une telle procédure est, pour les victimes, de recevoir des dommages et intérêts, ce qui n'a rien d'illégitime. Mais n'est-ce pas le boulot de la justice civile ? Oui, je sais, le carractère délictueux du dommage causé (qui par définition se juge au pénal) change quelque peu l'échelle des dommages et intérêts accordés.

Mais il n'y a pas que ça : il y a une pression sociale et médiatique pour trouver pour chaque dommage un coupable, quelqu'un sur qui exercer la vengeance collective. « Je suis malade, ou bien ma maison a brûlé, ou bien le téléphérique est tombé, donc quelqu'un doit être condamné. »

Mais la justice pénale n'est pas chargée de dire « à qui la faute ? » Elle est chargé de déterminer s'il a été commis des actes délictueux ou criminels. Ce sont des actes qu'il s'agit, pas du résultat. N'en déplaise à l'opinion qui n'a jamais pardonné à Georgina Dufoix sa formule (passablement malvenue il est vrai), on peut parfaitement être responsable d'un dommage sans être coupable d'un délit. Si les freins de ma voiture lâchent et qu'elle défonce la vitrine de l'épicier du bas de la côte, je suis responsable, et la justice civile me condamnera à rembourser les dégâts causés. Je ne serai condamné par un tribunal correctionnel que s'il est établi que j'ai sciemment garé là une voiture avec des freins en mauvais état afin de faire de la casse. Bref, responsable et coupable, ce n'est pas la même chose. Et la foule, c'est des coupables, qu'elle veut. Pour se sentir vengée.

Tout ceci n'enlève rien au fait que cette saloperie de campus a tué des gens, et en tuera encore. Pas tant des étudiants (qui après tout ne sont là que quelques heures par semaines pandant 4 ou 5 ans de leur vie), ni même des enseignants, mais surtout des agents, le petit gars mal payé  qui a passé 30 ans de sa vie a faire des trous dans des murs amiantés et à balayer la poussière du sol et des dessus de meubles.  Une belle saloperie, ça, personne ne dira le contraire.

Le Plume vous salue bien.

ps: en ce qui me concerne, j'ai la chance de travailler essentiellement en locaux désamianté ; de toute façon, l'amiante est maintenant correctement confinée dans le reste des locaux. Encore heureux, d'ailleurs.


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mercredi 12 janvier 2005

Viiiitrier ! Viiiitrier !

Le brave vitrier des "portraits de Paris" de jadis avait son porte vitre sur le dos et dans son havresac un pain de mastic, un couteau et un marteau, agrémentés le cas échéant d'un litron de gros bleu qui tache et d'un sauciflard. Maintenant, il a besoin de quelques accessoires supplémentaires :


Pose de vitrages au coin de l'avenue de France et de la rue neuve Tolbiac, lundi dernier vers 16h.

Genre : un camion-grue gros calibre ("convoi exceptionnel") armée d'un outil spécifique et une nacelle élévatrice. Evidemment, les vitres blindées des immeubles de bureau modernes, ça ne se soulève pas à la main. Et ça a intérêt à être blindé parce qu'on n'a pas envie de les changer tous les jours, justement.

Dans le style "nous vivons une époque moderne", je suis en train de vous mitonner les pages web de cette rubrique, que vous allez voir ce que vous allez voir. PHP, mySQL, tout ça, tout ça. Je vous donne pas le lien tout de suite ; il y a encore quelques améliorations à faire d'ici là...

Le Plume vous salue bien.


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mardi 11 janvier 2005

Marquise, vos beaux yeux...

Hier, en remontant le premier tronçon de l'avenue de France avec mon switch sur le porte-bagage, je n'ai pas pu m'empêcher de m'arrêter pour regarder le beau soleil d'hiver (rappelez-vous, il ya avait du soleil, hier) derrière la grande marquise de la gare d'Austerlitz :


La marquise d'Austerlitz, hier après-midi.

Un objet architectural que j'aime bien, ça, les verrières de gare. Parce que j'aime bien les trains, déja. Et puis parce que c'est un souvenir d'une époque où les locomotives avaient besoin de volume au dessus de leur têtes pour évacuer leur fumée. Et puis tout simplement parce que c'est un bel objet, léger et imposant à la fois.

Inutiles, aujourd'hui, ces verrières : un plafond de quelques mètre suffit, dès lors qu'on arrive à loger les caténaires. Mais voyez Montparnasse : le style parking souterrain en béton brut et les marquises d'antan, on a beau dire, ce n'est pas la même chose.

Le Plume vous salue bien.

 


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lundi 10 janvier 2005

Un réseau qui roule !

Eh oui, ce n'est pas tout de faire des appels d'offres, des commandes et tout le bastringue en novembre et décembre : encore faut-il ensuite mettre en place le matos... Du coup, en ce moment, c'est un petit peu frénétique, ce qui explique la fréquence des épisodes professionnels sur ce blog ces derniers jours.

Aujourd'hui, après des débuts un peu laborieux (jamais faire de mise à jour d'IOS avant d'avoir bu son premier café de la journée), configuration en urgence de différents matériels qui doivent être en place entre tout de suite et maintenant ; installation de l'un d'eux sur un site du XIIIe arrondissement et intervention sur un autre site pour faire des trucs louches avec des fibres optiques... Heureusement que j'avais mon moyen de transport favori :


Un nouveau concept, le vélo-réseau. Jussieu, 15h30.

Heureusement aussi que la perturbation annoncée a eu le bon goût d'attendre la soirée, parce que je ne suis pas sûr que les Cisco Catalyst 2950-12 soient franchement amphibies.

D'ailleurs, belle journée, avec quelques photos sympas dont je vous ferait profiter ces jours-ci. C'est chouette, le beau temps d'hiver. On sait que ça ne va pas durer mais ça fait un bien fou. De fait, ça n'a pas duré, mais j'aurais bien aimé que ça dure une demi-heure de plus, le temps de rentrer à la maison. Parce que le vélo de nuit sous la pluie battante, c'est quand même pas le top-génial-super pied, il faut bien le dire.

Le Plume vous salue bien.


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dimanche 9 janvier 2005

Sept mers, 2 : mer celtique

Une autre mer pas très commode, et ce à peu près en toute saison : la mer celtique, c'est à dire ce confin de l'Atlantique entre la côte sud de l'Irlande et la côte sud-ouest de la Grande-Bretagne.


Rosslare Harbour (Irlande), en mer celtique, août 1992.

Photo prise depuis un bateau plus tout jeune mais d'une taille respectable, le ferry Saint Patrick II, des Irish ferries, qui assure la liaison régulière entre Rosslare (county Wexford, Rép. d'Irlande) et le Havre. Un peu balloté tout de même par une mer assez forte pendant la traversée de cette mer : c'était la fin août, l'époque des premières perturbations de la fin de l'été, et l'éclaircie qui m'avait permis de prendre une photo n'était que passagère...

Estomac balotté, pas malade mais pas bien frais non plus, petit dodo une fois la nuit tombée dans un coin de coursive (mon budget d'étudiant ne me permettait pas les couchettes ; en fait, objectivement, il n'aurait pas dû me permettre ce voyage).

Et puis, en milieu de nuit, réveil en sursaut : plus rien ne bouge. Depuis le pont, on voit défiler les falaises du cap Lizzard et son phare : on avait quitté la mer celtique pour la Manche... Quel calme !

Le Plume vous salue bien.

Les sept mers :
  1. mer d'Alboran : pointe de Tarifa, Espagne, juin 1992.
  2. mer celtique : Rosslare Harbour, Irlande, août 1992.


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samedi 8 janvier 2005

Sur l'estran


Une avocette sur la plage Solana Beach (CA), août 2004.

J'aime bien les limicoles, les petits échassiers du bord de mer. Ils vont et viennent sans cesse, à la recherche d'un vers par-ci, d'un petit crustacé par là... Courlis, bécasseaux, avocettes, huitriers-pies... Si j'étais un oiseau, je serais un de ceux là, à coup sûr.

Le Plume vous salue bien.


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vendredi 7 janvier 2005

"Informatique, un fort des halles"

C'était ce que disait un de mes anciens patrons en nous regardant les bras croiséq trimballer de gros cartons. Sur le moment ça ne m'avait pas fait rire, mais avec le recul, le celembour a son mérite.


Le routeur installé avant-hier : les interfaces GigabitEthernet. Mercredi 5 janvier 2005.

Activité du jour (enfin, comme toute activité à la durée imprévisible, activité commencée à 17h30) : soit une armoire technique, du type de celle représentée ici mais plus remplie. Les équipement sont "rackés" sur des rails verticaux (à droite de l'image ici, il a son frangin à gauche). L'armoire en question disposait de plus d'une porte avant. Problème : un nouveau matériel à installer suppose des interfaces qui dépassent en face avant plus que ne l'autorise la porte. Solution, reculer les rails verticaux, eux-même boulonnés en haut, en bas et au milieu sur des rails horizontaux.

Evidemment, la complication, c'est que lesdits rails étaient chargés jusqu'à la garde de matériel actif et de serveurs impossible à démonter sans interruption de service, ce qui aurait été un peu délicat. Donc, opération à faire en pleine charge. Pas question de tout démonter d'un coup, bien sûr, sinon tout se serait cassé la figure... Il a fallu tout de même déposer les deux onduleurs dont la trentaine de kilos rendaient l'opération physiquement impossible. Ah, oui, aussi, le système d'écrous-cages utilisé exige un parfait alignement de la vis et de l'écrou, et donc des pièces entre elles. Sinon ç'aurait été l'affaire d'une demi-heure. Mais là, ajuster au demi-millimètre des objets lourds dans des positions complètement tordues, c'était beaucoup plus drôle.

On y est arrivé, avec mon collègue, qui est à peu près aussi sportif que moi. En à peine plus d'1h30.Le plus étonnant dans l'affaire c'est qu'on ne s'est même pas fait mal, à part un hématome sous un ongle.

Décidément, l'informatique mène à tout.

Le plume vous salue bien et s'en va se remplir la panse. Na !


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jeudi 6 janvier 2005

Les sept mers, 1 : Mer d'Alboran

Je commence une série "sept mers" qui sera probablement principalement dominicale - avec des exceptions, aujourd'hui par exemple. Cette série comprendra sept mers, à quelques unités près peut-être. Photographiées par votre serviteur, de préférence depuis un bateau -- un bateau pour chaque mer. Parce que la mer n'est pas (ou pas seulement) un truc qui tue, c'est avant tout un lien entre les hommes, un lieu de passage, un lieu de beauté.


La pointe de Tarifa, entrée ouest de la mer d'Alboran, juin 1992.

Aujourd'hui, la mer d'Alboran, ce petit bout de mer entre Atlantique et Méditerrannée, entre Espagne, Maroc et Gibraltar. Lieu de passage d'est en ouest, depuis que les Phéniciens sont parvenus à franchir les "colonnes d'Hercule", relayés aujourd'hui par les super-porte-containers de 5 ou 6000 boîtes ; du nord au sud aussi, avec les ferries qui vont et vienne entre Algesiras, Ceuta et Mellila ; entre Gibraltar et Tanger, et Casablanca, un peu plus loin sur l'Atlantique. Et la nuit, les puissants canots à moteur de la jeunesse gibraltarienne sillonnent le détroit avec leur chargement de cigarettes de contrebande, tandis que d'autre, encore moins scrupuleux, lancent des radeaux chargés de jeunes gens d'Afrique éblouis par les mirages de l'Europe, notre Europe.

Les chalutiers et thoniers espagnols vont et viennent, imperturbables au milieu de ces trafics qui s'entrecroisent.

Le Plume vous salue bien.

Les sept mers :
  1. mer d'Alboran : pointe de Tarifa, Espagne, juin 1992.

P.S. : image de qualité médiocre, certes, mais je n'avais pas d'appareil photo à l'époque et j'avais emprunté un Instamatic pour la durée de la croisière...


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mercredi 5 janvier 2005

Ca ne marche pas tout seul...

Eh oui, contrairement à ce que l'on pourrait croire, le réseau, ça ne marche pas tout seul : ça marche parce qu'il y a des mecs (ou des nanas) un peu étranges qui passent des heures à criser et à s'arracher les tifs dans des locaux sans fenêtres et remplis de boi-boites bizarres avec des diodes vertes qui clignotent dans tous les sens.

C'est précisément le genre d'activité que j'ai eu toute la journée sans interruption si ce n'est les trois minutes de silence de midi. Temps passé pour l'essentiel à triturer matériel, fibres optiques et configs dans un joli local qu'une climatisation maintenait à une température polaire...

Je vous présente, de haut en bas :

A ce petit monde s'ajoute les fibres optiques multimodes (en orange principalement), quelques fibres monomodes (plus vite, plus loin, plus cher, en bas, en jaune canari), des jarretières en paire torsadée (en bleu, pour l'essentiel)...


 

Tout ce petit monde étant organisé par ce qui ne se voit pas sur les photos, c'est à dire les configurations multiples et variées. Et au bout d'une trop longue journée émailée de plantages divers et de mauvaises fortunes à répétition, on se rend compte qu'on bloquait depuis une heure parce qu'on avait oublié de désactiver une option totalement inutile, au point qu'on avait totalement oublié qu'elle était là, sur un port d'un des équipements...

Ceci dit, quand ça ne foire pas au plus mauvais moment, je dois reconnaître que c'est plutôt rigolo, comme boulot.

Le Plume vous salue bien.

Photo : les coupables de cette rude journée, photographiés lors de leur reddition en toute fin d'après-midi.


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mardi 4 janvier 2005

Hiver, tout simplement

Janvier, le mois à deux visages (comme il se doit) : les jours qui ralongent déjà, mais on est plus en hiver que jamais. Les arbres ont perdu les dernières feuilles qui leur restaient, sauf bien sûr ceux qui entendent les garder.


Le jardin des plantes cet après-midi.
Au fond, le rempart de Giscardisme immobilier qui cerne la gare de Lyon.

Du coup, la nudité des arbres donne à voir les petits bâtiments croquignoles de la ménagerie du jardin des plantes. J'aime bien ce lieu, j'y ai plein de souvenirs d'enfance, de petit provincial en vacance à Paris, avec les mygales (beurk), les phasmes (ah, les phasmes !), les fauves, la chouette harfang et l'otarie.

Elle est plus là l'otarie. Son bassin en ciment est à sec et le recoin éloigné où elle se trouvait est maintenant occupé  par les wallabies de Davis et quelques cygnes noirs.

Là s'étalait jadis une ménagerie ;
Là je vis, un matin, à l'heure où sous les cieux
Froids et clairs le Travail s'éveille, où la voirie
Pousse un sombre ouragan dans l'air silencieux,

Un cygne qui s'était évadé de sa cage [...]

Charles Baudelaire, Le Cygne.

Demain, grand branle-bas de combat sur notre site de la rue du Javelot, changement de routeur, installation de nouveau matériel, etc. A ce propos, la boulette dont je parlais hier s'est révélée ne pas en être une, puisqu'on a retrouvé dans un fond de carton le petit bout de fibre optique vace les connecteurs qui vont bien et dont je craignais de manquer. Faut dire, les fibres optiques ont, sans compter les sous-variétés, cinq types de connecteurs différents (ST, SC, LC, FC et MT-RJ), ce qui donne 20 types de jarretières optiques puisqu'une fibre a toujours deux bouts.  Du coup on est toujours en manque du type de variété dont précisément on a besoin -- SC à un bout, LC à l'autre dans mon cas, alors que j'avais plein de ST-SC...

Comment ça, je suis payé pour jouer aux legos ? Mais d'abord j'étais un vrai pro des legos, moi  !

Bon, pas tout ça, mais demain il va falloir que je me lève à l'heure où sous les cieux / Froids et clairs le Travail s'éveille, moi...

Le Plume vous salue bien.

 


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lundi 3 janvier 2005

Je ne me sentis plus tiré par mes hâleurs

 

Des peaux-rouges criard les avaient pris pour cibles
Les ayant cloués nus au poteau de douleurs.
[etc.]

Pas très bonne journée aujourd'hui... Du coup je ne suis pas d'humeur causante... et je m'en sors par l'image :


Les écluses Saint-Martin, sur le canal du même nom, ce soir vers neuf heures.

Sur la journée, qu'il me suffise de dire que c'est la rentrée, que je suis crevé parce que la voisine du dessus a comme d'habitude mis la musique à fond en rentrant chez elle à 3h du matin, qu'il y a eu un os imprévu au boulot (enfin imprévu par moi ; il était fondamentalement tout à fait prévisible à condition d'avoir réfléchi), que pour finir le remarquable bricolage dont je vous avais parlé aux environs de la toussaint (à savoir un magnifique sèche linge d'acajou et d'acier, suspendu au plafond de nos chiottes) s'est effondré tout à l'heure sur la tête de ma chère épouse... Je vous épargne le reste.

Il y a des jours où on devrait rester couché.

Le Plume vous salue bien.


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dimanche 2 janvier 2005

Hep, vous, là !

Oui, vous ! Je vous ai à l'œil ! S'agirait pas d'oublier d'aller travailler demain ! Elles sont finies, les vacances !


Un échassier en maraude, zoo de San Diego, août 2004.

Meuh non, je ne suis pas aigri de ne pas avoir pris de vacances. Ceci dit, pour quelq'un qui n'a pas pris de vacances, j'ai été d'une inefficacité remarquable la semaine dernière, à peine 30% de ce que je voulais faire effectivement réalisé.. Seul jour de boulot vraiment efficace, vendredi dernier. Etonnant, non ?

Allez hop, pour cette année 2005, ça ne va pas traîner, on va te les configurer, ces switchs, et te les installer, ces points d'accès wifi, et te le tuner, ce routeur...

Le Plume vous salue bien.


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samedi 1 janvier 2005

Et bein, euh... bonne année, quoi !


Feu d'artifice maison, 14 juillet 2004.

OK, utiliser une photo de 14 juillet pour le nouvel an, c'est pas très fair play. Mais on pourra par exemple déclarer d'un air entendu que le 14 juillet est au solstice d'été ce que le nouvel an est au solstice dhiver. Comme noël et la Saint-Jean d'été, quoi. Même si les feux de joie de la Saint-Jean se font rares. Marrant d'ailleurs que la tradition veulent qu'on allume un grand feu au moment de l'année où il y en a le moins besoin.. Quoi que, finalement, c'est la même logique qui veut que l'on attende minuit (pour la messe du même nom si l'on fréquente ce genre de cérémonies, ou bien pour le bisou du nouvel an) dans les nuits où cette attente est la plus longue : souligner le caractère paroxystique de ce moment du cycle annuel.

Petit silence. L'assistance, interloquée par cette péroraison, toussote discrètement.

Et puis, le feu d'artifice du nouvel an, il y en a eu un, on l'a très bien entendu, et on en a vu quelques reflets sur les immeubles voisins. Mais comme on était bien décidés à ne pas sortir hier soir, on n'en a guère vu d'avantage. Ce qu'on voyait, tranquiles, à deux, dans notre chez nous, nous suffisait parfaitement. Depuis quelques années, nos réveillons de fin d'années sont des moments à deux. Et ce n'est pas mal du tout comme ça, il faut dire.

Le Plume vous salue bien.
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vendredi 31 décembre 2004

That's all, folks

...en ce qui concerne cette année 2004 en tout cas.

Avant de faire le petit bilan réglementaire de fin d'année, je me permets de corriger ma note de samedi dernier : les aéroports, finalement, j'aime bien.


Roissy 1, ce matin, 10h32, en attendant le vol US026 de 09h45.

Et puisque l'on arrive (justement) au bout de cette année -- ce qui bien entendu ne veut strictement rien dire, sinon que c'est un repaire calendaire pratique pour évaluer la fuite du temps, essayons un petit résumé personnel :

Le Plume vous salue bien et vous souhaite un bon début d'année.


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jeudi 30 décembre 2004

L'arbre en cage (suite)

 

Bon, vous vous rappelez de mon fameux arbre en cage à côté du bâtiment des baleines, au jardin des plantes ?

On avait pensé un moment que c'était un dispositif de protection du tronc contre les baleines qui aiment, on le sait, se frotter le cos contre les arbres. Mais j'ai eu la confirmation ce matin que c'était bien une cage : il a tenté de s'évader. En utilisant le bon vieux coup de l'incendie du stock d'authentiques tapis de selle du général Custer !

Un peu avant midi ce matin, je lève les yeux de mon écran et je vois des volutes de fumée noire s'échapper derrière le bâtiment d'en face. Je descend les escaliers vite fait, et je vois que ça vient du bâtiment d'anatomie comparée, le bâtiment pas très beau en brique qu'on voit au fond et qui abrite divers labos. Je vois aussi que pompiers, police et gardiens du muséum sont déja sur le coup.

L'évasion a donc raté. D'un autre côté, pour un arbre, c'est pas évident. Avoir ses racines n'est pas forcément un atout...

Sinon, pas de dégâts majeurs, feu éteint au bout d'une heure. Et je n'avais pas mon appareil photo, sinon j'aurais joué les paparazzi de rencontre, évidemment.

Le Plume vous salue bien.


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mercredi 29 décembre 2004

En sous-sol

Bien faillis faire un don tout à fait involontaire à un gestionnaire de parkings souterrains ce soir : j'étais en voiture, le vélo étant en cours de réparation, et je me rendais au centre comercial Italie 2 (pour trouver de quoi réparer le vélo justement). Comme je n'avais pas envie de tourner 20 minutes pour me garer, je vais direct au parking souterrain.

A la barrière, gag habituel, je fais tomber le ticket ; je réussis -- non sans mal -- à le ramasser. Et vais donc faire mes courses, en prenant le temps de traîner un peu vu que je ne vais pas si souvent que ça dans un centre commercial.


Centre commercial Italie 2, ce soir, 20h.

En repartant, avec mes câbles de freins et de dérailleur et mes accessoirs variés sous le bras, je m'arrête à la borne de paiement. Je retrouve le ticket -- pour une fois je me souvenais dans quel poche il était ; je le glisse dans la fente prévue à cet effet et je prépare mes 2,20 €.

« 30,50 € » ! Ecarquiller les yeux ne semblant pas devoir changer le montant demandé, je me rends à l'évidence : en tâtonnant dans une posture bizarre par ma portière entr'ouverte, j'ai ramassé un ticket qui datait de la veille... D'aileurs, à bien regarder, c'était marqué dessus.

Faute de meilleure idée, je file au pas de course en direction de la fameuse barrière -- qui par chance dans ce parking est raisonnablement accessible à pied depuis les places de stationnement, sans trop d'espoir, mais sait-on jamais ? Et.. je retrouve mon ticket, qui m'attendait bien sagement par terre depuis une heure.

Bref, je n'ai pas payé 30 € pour une heure de stationnement ; je n'ai pas eu à expliquer mon cas pendant une éternité à un vigile peu compréhensif ; j'ai pu rentrer chez moi rapidement ; j'ai fini de réparer mon vélo.

Donc, tout va bien, à part la guidoline gauche que je n'ai pas super bien posée.

Le Plume vous salue bien.


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mardi 28 décembre 2004

Pas de photo aujourd'hui

Désolé, mais juste là, aujourd'hui, mettre mes dernier clichés des travaux aux Grands Moulins ou une statue du jardin des plantes, je n'y arrive pas.

Demain, promis.

le Plume vous salue bien.

[ P.S. : Je ne veux pas être lourd, mais en cette période de grand potlatch annuel et compte tenu des circonstances, un don, même pas gros, à une O.N.G., ça n'aurait rien de ridicule.  La plupart d'entre elles permettent de faire ça en ligne sur leur site web. Alors, n'hésitez pas. ]


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lundi 27 décembre 2004

Notre-Dame des confiseurs

Retour nocturne et piéton de Jussieu à chez moi ce soir, dans le Paris un peu étrange de la trêve des confiseurs. Une ville un peu en suspens, au ralenti, sinon pour les innombrables visiteurs français ou étrangers. Passage devant Notre-Dame, sa pierre rénovée presque rose sous la lumière des lampes au sodium et des projecteurs des bateaux-mouches, un peu isolée au centre des immenses parvis dont l'a entourée le baron Haussman.


Notre-Dame sous la pleine lune, ce soir, vers 9h.

Petit arrêt devant les trois portails de la façade, en particulier sur le spectaculaire jugement dernier. Tout un récit sculpté dans la pierre. Les morts qui se lèvent, sont partagés entre le convois mené par les anges et le convoi mené par les démons, le tout sous l'œil attentif du Christ en gloire.

Ha ! se dit-on, on en est plus là, l'homme contemporain n'a plus besoin de ces sornettes, la vie, la mort, il sait bien comment ça marche... Mais arrive une catastrophe, une vraie, au delà de l'imagination, et on se sent tout petit, un peu vide à l'intérieur, avec une grosse boule dans la gorge.

Le Plume vous salue bien.


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dimanche 26 décembre 2004

Points cardinaux, 4 : Est

Pour finir cette petite série, Nara, au Japon, une trentaine de kilomètres à l'est d'Osaka, une quarantaine de kilomètre au sud de Kyoto -- et un tout petit peu plus à l'est, aussi. Une ville ancienne, capitale très temporaire de l'Empire à une période reculée ; presque une ville musée, avec ses dizaines de temples rivalisant d'ancienneté, entrelacés comme il se doit d'une dose de sanctuaires Shintô : pas de concentration de temples bouddhistes sans sanctuaires shnitô, ce ne serait pas raisonnable.

Parmis eux, le temple du grand bouddha, une statue géante abritée par un bâtiment à sa mesure, qui se vente d'être une des plus grandes structures intégralement en bois du monde. Un grand calme :


34°38' N, 135°52' E, Japon, août 1998.

Ceci dit la tradition l'entoure de potes plus nerveux : comme dans tous les sites de ce type, autour du bouddha sont placées une faramboles de créatures plutôt menaçantes, plus ou moins des version sinisée puis nipponisée de divinité hindouhistes et qui jouent le rôle de gardes du coprs. Ca n'est pas parce qu'on est non violent qu'on ne doit pas se protéger, je suppose.

En face de son visage, une sorte de chien assis, seule ouverture dans l'immense toiture. Une fois par an, lors de la cérémonie de repeinte des yeux il me semble, on ouvre les volets pour qu'il regarde dehors. En voyant les innombrables daims qui pâturent partout dans Nara (ou qui, plus souvent, sont nourris par les touristes avec les graines vendues spécialement à cet effet dans de nombreuses échoppes), s'exclame-t-il, comme les écolières en visite, « kawaii ! » à chaque fois qu'il en voit un ?

Le Plume vous salue bien.

Les points cardinaux :

  • Nord : 69°40' N, 50°20' W, Groenland, août 1993 (Eqip Sermia)
  • Ouest : 34°02' N, 118°32' W, Californie, août 2004 (Will Rogers State Beach)
  • Sud : 34°15' S, 18°28' E, Afrique du Sud, février 1997. (Good Hope Peninsula)
  • Est : 34°38' N, 135°52' E, Japon, août 1998. (Nara)


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