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Des photos et des jours

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lundi 21 mars 2005

Pas trop vite le lundi

Une toute petite semaine commence - je prends deux jours de congés jeudi et vendredi - mais tout de même, un lundi, c'est un lundi. Le moment idéal pour trouver du réconfort auprès des reptiles officiels de ce blog :


Dipsochelys elephantina, la tortue géante des Seychelles, ménagerie du jardin des plantes, 15 mars 2005.

Voici l'habitat d'hiver des tortues géantes des Seychelles ; l'été, elles paissent aux abords du micro-zoo, dont elles constituent d'ailleurs l'unique intérêt. Au dessus, dans les branches, les voisins font un raffut du tonnerre : un couple d'unaus ou paresseux tridactyles.

Ne les confondez plus : l'unau a trois doigts par patte alors que l' n'en a que deux. Grâce à ce blog, la prochaine fois que vous rencontrerez un paresseux, vous pourrez l'identifier avec certitude.

À propos de paresse, je réalise que je me suis prévu plus de trucs à faire en trois jour que je n'en ai fait la semaine dernière. Quelque chose me dit que ça n'est pas gagné à 100%. On verra.

Le Plume vous salue bien.



dimanche 20 mars 2005

C'est l'printemps, tire-lire-lire...

Ouaip, demain, c'est le printemps. Et je n'ai même pas besoin de sortir de chez mois pour le voir, suffit de regarder nos plantes par la fenêtre :


À ma fenêtre, hier midi. Ces feuilles n'étaient pas là il y a trois jours.

Pour moi, le printemps, c'est le moment idéal pour les bonnes résolutions. Refaire un peu de muscu. Rédiger ma maîtrise. Arriver moins tard au boulot. Me coucher plus tôt.

O.K., c'est mal barré pour celle-ci. Pour les autres, on va essayer. Vraiment !

Le Plume vous salue bien.



samedi 19 mars 2005

Jour tranquille au Père Lachaise

Vous me croirez si vous voulez : cela fait plus de dix ans que je vie à Paris (avec quelques interruptions c'est vrai) et je n'avais jamais été au Père Lachaise.

Voilà qui est fait, pas pour me recueillir sur la tombe de Jim Morrisson ou de Marcel Proust (je n'ai pas été élevé dans le culte des tombes) mais pour aller photographier une œuvre majeure de la sculpture contemporaine*, le génie ailé sculpté par Jacob Epstein pour la tombe d'Oscar Wilde. Tout le monde connait Oscar Wilde mais rare sont ceux qui connaissent Epstein ; c'est pourtant une des figures majeures de la sculpture moderniste anglaise (car bien qu'Américain de naissance, c'est dans le milieu artistique britannique qu'il a fait sa carrière, tout comme le français Gaudier-Brzeska, autre grande figure du même mouvement). Mais je vous en reparlerais lorsque je posterais lesdites photos. Ce soir, je voudrais seulement parler du lieu.


Cimetière du Père Lachaise cet après-midi

Le Père Lachaise est un bon moyen de se rappeler que Paris est une ville extraordinaire. Ou, pour dire ça autrement, si Paris était un cimetière, ce serait sûrement le Père Lachaise, avec sa taille, sa densité, sa variété, ses recoins, ses petits villages de campage au milieu de la ville, son mélange des générations, des origines, des religions ; son exhubérance qui cotoie le plus grand anonymat, ses badauds, ses arbres, ses pavés...

Pour la sculpture d'Epstein, par contre, il faudrait que j'y retourne le matin : le génie regarde vers le soleil levant et mon appareil n'apprécie guère les contre-jours.

Le Plume vous salue bien.

* et puis aussi, il faisait beau...



vendredi 18 mars 2005

Des cercles de plus en plus grands

Ce soir les mots tournent, tournent, comme le faucon de Yeats :

Turning and turning in the widening gyre
The falcon cannot hear the falconer
Things fall apart; the center cannot hold...

Et je n'arrive pas à les attraper. Mallarmé, Rimbaud, Yeats, Shakespeare... Il me faudrait une nasse ou un filet.


Ce midi au jardin des plantes

Mais voilà, ça tourne,

Dans une fosse comme un ours
Chaque matin je me promène
Tournons tournons tournons toujours
Le ciel est bleu comme une chaîne
Dans une fosse comme un ours
Chaque matin je me promène

Ou encore :

On a faim dans la chambrée
C'est vrai.
Emanations, explosion. Un génie :
« je suis le grüère »
Lefèbvre « Keller ! »
Le génie : « Je suis le brie ! »...

Laisser tourner les mots, les regarder tourner. Et l'unique cordeau des trompettes marines.

Le Plume vous salue bien.

Références :
W.B. Yeats, Complete Poetry, « The Second Coming. »
Guillaume Apollinaire, Alcools, « A la Santé, III. »
Arthur Rimbaud, Illuminations, « Rêve. »
Guillaume Apollinaire, Alcools, « Chantre. »



jeudi 17 mars 2005

L'Émigrant de Landor Road

Le chapeau à la main il entra du pied droit

Chez un tailleurs très chic et fournisseur du roi

Ce commerçant venait de couper quelques têtes

De mannequins vêtus comme il faut qu'on se vête

La foule en tous sens remuait en mêlant

Des ombres sans amours qui se traînaient par terre

Et des mains vers le ciel plein de lacs de lumière

S'envolaient quelquefois comme des oiseaux blancs

Mon bateau partira demain pour l'Amérique

Et je ne reviendrai jamais

Avec l'argent gagné dans les prairies lyriques

Guider mon ombre aveugle en ces rues que j'aimais

Car revenir c'est bon pour un soldat des indes

les boursiers ont vendu tous mes crachats d'or fin

Mais habillé de neuf je veux dormir enfin

Sous des arbres pleins d'oiseaux muets et de singes

Les mannequins pour lui s'étant déshabillés

Battirent leurs habits puis les lui essayèrent

Le vêtement d'un lord mort sans avoir payé

Au rabais l'habilla comme un millionnaire

Au dehors les années

Regardaient la vitrine

Les mannequins victimes

Et passaient enchaînées

Intercalées dans l'an c'étaient les journées veuves

Les vendredis sanglants et lents d'enterrements

De blanc et de tous noirs vaincus des cieux qui pleuvent

Quand la femme du diable a battu son amant

Puis dans un port d'automne aux feuilles indécises

Quand les mains de la foule y feuillolaient aussi

Sur le pont du vaisseau il posa sa valise

Et s'assit

Les vents de l'Océan en soufflant leurs menaces

Laissaient dans ses cheveux de longs baisés mouillés

Des émigrants tendaient vers le port leurs mains lasses

Et d'autres en pleurant s'étaient agenouillés

Il regarda longtemps les rives qui moururent

Seuls des bateaux d'enfant tremblaient à l'horizon

Un tout petit bouquet flottant à l'aventure

Couvrit l'Océan d'une immense floraison

Il aurait voulu ce bouquet comme la gloire

Jouer dans d'autres mers parmi tous les dauphins

Et l'on tissait dans sa mémoire

Une tapisserie sans fin

Qui figurait son histoire

Mais pour noyer changées en poux

Ces tisseuses têtues qui sans cesse interrogent

Il se maria comme un doge

Aux cris d'une sirène moderne sans époux

Gonfle-toi vers la nuit Ô mer Les yeux des squales

Jusqu'à l'aube ont guetté de loin avidement

Des cadavres de jours rongés par les étoiles

Parmi le bruit des flots et les dernier serments

Guillaume Apollinaire, Alcools


New York, Ellis Island, 16 septembre 2005.

Je l'avoue : je n'avais jamais lu, vraiment lu, ce poème de Guillaume Apollinaire. Je l'avais forcément apperçu en feuilletant Alcools, mais, disons, d'une paupière distraite. Et là je suis tombé dessus... On peut y passer du temps, le lire, le relire, le compter -- ne jamais oublier qu'Apollinaire écrit dans un monde où le vers se compte. Exercice, compter les entorses au règles de la versification classique dans ce poème. Il y en a, peu, et forcément signifiantes. Ou y chercher les intertextes, les références. Ou juste le lire et le relire encore.

Quant à l'illustration, elle n'est pertinente que parce qu'elle parle de l'arrivée des imigrants aux États-Unis à l'époque où Apollinaire écrit ; mais bien sûr, si une des principales missions du centre d'Ellis Island était bien de combattre parasitoses et épidémies, il ne s'adressait qu'à ceux qui y arrivaient effectivement...

Le Plume vous salue bien.



mercredi 16 mars 2005

Quand zébu...

Je vous éparge la suite. Lame old jokes're us. Tout ça pour dire que, comme je le disais hier, il fait bon prendre sa pause déjeuner dans notre petit coin de verdure caché derrière les tours de Jussieu.


Ménagerie du jardin des plantes, hier après-midi.

Évidemment, on n'est pas forcés de partager aussi le menu des pensionnaires. Bah, après la récente vogue des régimes dissociés, on peut s'attendre à tout, y compris au retour de la frénésie chlorophyllienne des années 50-60, lorsque la chlorophylle sous toute ses formes était censée « tuer les mauvaises odeurs. » Un article du journal de l'association des médecins américains avait un petit peu calmé le jeu en rappelant que les boucs se nourissaient presque exclusivment de chlorophylle et n'étaient pourtant pas dépourvus d'odeurs corporelles.

Il fait beau, les éléphants volent, les mouches pètent, disions-nous dans nos années Biactol. Quel meilleur endroit que le jardin des plantes pour vérifier cette hypothèse ?

Le Plume vous salue bien.



mardi 15 mars 2005

Phrynops hilarii

C'est pas pour me vanter, mais aujourd'hui, il faisait beau.

Avec une journée pareille, difficile de ne pas me rappeler que je m'étais promis de reprendre ma carte de la société des amis du muséum d'histoire naturelle -- qui permet pour une somme finalement modique d'accéder gratuitement à la ménagerie et aux différentes galeries. Plutôt agréable, quand on bosse juste à côté, que de prendre sa pause déjeuner à vadrouiller entre orang-outangs et ibis rouges ou, s'il fait moins beau, dans la grande galerie de l'évolution ou dans sa compagne « à l'ancienne » qu'est la galerie d'anatomie et de paléontologie.

Aujourd'hui, donc, la ménagerie. Pas eu le temps d'y traîner beaucoup, l'acquisition de la carte ayant largement dépensé le capital-temps que je pouvais consacrer à ces questions cruciales ; petit tour au pas de course donc, qui a tout de même inclu le vivarium - un de mes coins favoris, il faut dire. D'où quelques photos en intérieur, ce qui est paradoxal compte tenu de la météo mais qui est tout à fait à l'honneur des capacité de l'Ixus 400 dans les petites lumières. Et tant qu'à faire, puisqu'une lectrice particulièrement assidue, bien qu'elle ne commente jamais, a un faible pour les tortues, et moi un faible pour cette lectrice (qui explique que je sois marié avec) :


La platémyde de Saint-Hilaire, ménagerie du jardin des plantes, 15 mars 2005.

Je n'avais pas pris le temps de regarder la petite étiquette ; nous en avons donc passé un peu dans Toutes les tortues du monde (Delachaux et Niestlé, 1998) pour la retrouver : la couleur, le liseré jaune, les barbillons (foncés à la base, clairs à l'exrtémité), les pattes noires dessus, blanches dessous, le trait noir le long de la tête et du cou, la « large tête terminée par un museau court et conique » - c'est bien elle, Phrynops hilarii (Duméril et Bibron), la platémyde de Saint-Hilaire, une habituée des étangs de la région du Rio de la Plata.

Ce qui est bien, à Paris, c'est qu'on y rencontre des gens qui viennent de partout.

Le Plume vous salue bien.



lundi 14 mars 2005

Le Bateau Ivre

Victime de l'influence de mes petits camarades (Annie, en l'occurence), victime de mes fréquentations donc, je me lance moi aussi dans mon « printemps des poètes » :

Illustration : une figure de proue du XVIIIème siècle, musée de la marine, Paris, 8 mai 2004.

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentais plus tiré par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands et de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courrus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rhythme lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : Je sais le soir,
L'aube exaxltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelque fois ce que l'homme a cru voir !

J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très-antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

J'ai révé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

J'ai suivi, des mois pleins, pareilles aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux des panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !

J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulement d'eau au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !

Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés de punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
- Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instant.

Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombres aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...

Presque île, balottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir à reculons !

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repèché la carcasse ivre d'eau ;

Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur ;

Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient couler à coups de trique
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !

J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fond que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future vigueur ? -

Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !

Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesses, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillages aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

Arthur Rimbaud

Et sur ce, le Plume vous salue bien !


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dimanche 13 mars 2005

Il était une fois dans l'ouest

Continuons ces vacances virtuelles avec une petit coup de wild, wild West :


Nevada, Red Rock Canyon, août 2004

À deux pas du strip, les canyons s'enfoncent sur des kilomètres entre les montagnes. Peu de touristes ; pas d'indiens ni de cow boys -- s'il y en avait, leurs vaches ne seraient pas bien grasses.

Et le silence. Le silence.

Des points culminants de la route touristique qui permet de profiter de ces paysages, on distingue au fond de sa vallée sèche la ville de Las Vegas, où vivent plus de 80% des habitants de l'État du Nevada. Une autre planète.

Le Plume vous salue bien.


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samedi 12 mars 2005

Phares et balises, 3 : Penobscot Bay

Histoire de changer d'hémisphère, un petit tour au confins nord-est des États-Unis : le Maine, dans la baie de Penobscot, un vaste complexe d'îles et de chenaux dans cette région où la belle saison dure, dit-on, « le 4 juillet, du matin jusqu'au soir » (les bédéphiles reconnaîtront la citation). Du coup, le coin est truffé de ces petits phares trapus, assez bas mais aux lanternes puissantes pour percer le brouillard, avec une robuste toiture pour les frimas hivernaux.


Rockport light, Maine, juillet 2001

Mais pas de neige pour cette sortie en mer : c'était fin juillet et le soleil brillait malgré quelques brouillards ; un petit vent poussait la goëlette sur laquelle nous avions embarqué pour l'après-midi.

Évidemment, j'ai tout lieu de penser que ce plan d'eau soit un peu moins plat et le phare un peu plus indispensable par les temps qui courrent...

Le Plume vous salue bien.


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vendredi 11 mars 2005

Un Islam du bout du monde

Suite de la photo d'hier. On était comme je le disais sur Lion's head, une colline dont la forme rappelle vaguement celle d'un lion et qui flanque à l'ouest la fameuse montagne de la Table.

Juste derrière ce point de vue sur le port, qui n'est pas sans rappeler la rade de Marseille comme certain l'aurons remarqué, une autre touche méditerranéenne, mais de la rive Sud : le mausolée du Sayed Muhammad Hassan Ghabi Shahira (non, je ne sais pas le nom par cœur, mais je l'ai en gros plan sur une autre photo), une personnalité de l'Islam local du début du XXème siècle.


Le Mausolée de Lion's Head, Cape Town, 2 février 1997

Cette tombe est l'objet de visites assidues de la part des Musulmans locaux. Car c'est un fait peu connu : il y a au Cap une communauté musulmane importante et originale, à côté de la communauté plus récente issue de l'immigration indienne. Elle regroupe une bonne partie des Cape Coloured, cette population métissée issue de 350 ans de présence des Européens, de leurs esclaves (venus souvent d'Indonésie ou de Malaisie) et du substrat local « hottentot ». L'Islam viendrait de la composante Indo-Malaise de cette population, mais ça fait tellement longtemps que plus personne ne le sait au juste.

Juste derrière le mausolée, la colline plonge vers la mer. Vue directe sur Robben Island, l'île-prison où Mandela a passé l'essentiel de sa détention, sur le port du Cap où un beau jour de 1652 toute cette affaire a commencé et sur la côte ouest de l'Afrique qui remonte, presque tout droit, vers Saldanha Bay, vers les sables diamantifaires de Namibie, vers l'Angola, l'estuaire du Congo, l'Équateur...

Mais soyons sérieux : Lion's Head n'est pas si haut que l'on voie très au delà des Northern Suburbs !

Le Plume vous salue bien.


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jeudi 10 mars 2005

Régates

Allez, faute de vacances réelles, offrons nous encore un jour de vacances virtuelles : après la plage, les voiliers qui régatent dans la rade...


Régate dominicale à Cape Town, 2 février 1997.

On s'offrira même le luxe de ne pas penser aux contraste entre ces charmants petits bateaux et le vent de sable qui ballaye les Cape Flats à deux pas de là. Non, restons à l'ombre d'un vieux pin, tout en haut de Lion's head et admirons, assis sur un banc, la ville, la baie, l'océan, tout en bas...

Le Plume vous salue bien.

P.S. : après une nuit d'une dizaine d'heure, curieusement, je me sens plus en forme qu'hier !


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mercredi 9 mars 2005

Another fine day at the beach

Après tous ces petits glaçons, je vous avais promis une après-midi à la plage ; la voici :


Après-midi d'été à Solana Beach (Californie), 18 août 2004.

Je vous laisse donc profiter du décalage horaire pour faire bronzette pendant que moi, je vais directement me coucher, vu que ce soir je me paye le père et la mère de tous les maux de tête... Ça ira mieux demain.

Le Plume vous salue bien.


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mardi 8 mars 2005

Un peu plus bas, le ciel

Pour compléter l'entrée d'hier, une vue de la côte groenlandaise opposée (nord-ouest donc, enfin, plutôt ouest, somme toute : on n'est pas à Thulé, non plus) ; vue du ciel aussi, mais moins haut. Les De Havilland Dash-7 de la compagnie Grønlandsfly sont des quadrimoteurs à hélices étudiés pour décoller et aterrir sur des pistes qui seraient beaucoup trop courtes pour des appareils de même taille ; par contre, du coup, ils volent pas bien haut.


L'Ilulissat Isfjord vu d'un DHC-7 de la Grønlandsfly, 4 août 1993.

Tant mieux : ça permets d'apprécier les paysages hallucinants des marges de la calotte glaciaire et, juste avant l'arrivée à Ilulissat/Jakobshåvn (*), le survol de l'Isfjord, le plus gros producteur d'icebergs de l'hémisphère nord. Pour donner l'échelle, il fait plusieurs kilomètres à son point le plus étroit. J'avais dû vous montrer quelques photo du même endroit prises au niveau de la mer, non ?

Sinon, le temps se réchauffe, ne trouvez-vous pas ?

Le Plume vous salue bien.

(*) car si les noms de lieux danois avaient déjà été remplacés par des noms groenlandais, ce n'était pas encore clair pour les systèmes de réservations aériennes. D'où flottement, à l'aéroport de Sondre Strømfjord, ou plutôt Kangerlussuaq : mon billet était pour Jakobshåvn mais mon avion était pour Ilulissat...


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lundi 7 mars 2005

Vu du ciel

Alors que mon P.C. est en pleine crisede virus, je me raffraîchis rapidement les méninges avec une petite photo d'un de mes paysages préférés, le Groenland vu du ciel :


le Sud-Est du Groenland, vol UA943 Paris-Chicago, 7 août 2004.

Au risque de me tordre le cou et de me coucher sur les genoux de mon voisin, c'est un spectacle que je ne rate pas, dès lors qu'un avion me fait passer par ses régions (ce qui est le cas de tous les vols au départ de l'Europe et à destination de l'ouest ou du middle-ouest américain).

Tout ceci n'ayant bien sûr rien à voir avec le temps précieux que je perds ces derniers temps à jouer à Flight Simulator. Ou disons que ceci est une conséquence de cela.

De toute façon, ce soir, l'informatique a décidé de me faire perdre mon temps autrement. Groumpf.

Le Plume vous salue bien.


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dimanche 6 mars 2005

Il Pratino

Madame Plume, qui fût pisanne pendant quelques mois de sa vie étudiante, me fait remarquer que le campo dei miracoli est plus connu des Pisans sous l'appellation de pratino, le petit pré. Et qu'en plus de servir d'aimant à touristes, c'est un point de rendez-vous, un lieu de détente et de bronzette ; un espace ouvert, à deux pas du centre historique et de ses rues étroites (la ruelle qui passait derrière notre hôtel ne faisait pas les 2m de large). Bref, c'est un forum, au sens romain et non au sens giscardo-chiraquien (« centre commercial qu'on fait tomber dans le Trou »).


Le campo dei miracoli à la tombée de la nuit, Pise, février 1994.

D'ailleurs, la louve romaine est là, comme à Sienne, pour nous rappeler que les plaines et les collines de Toscane furent les premiers pas de l'expansion romaine, qui y affronta victorieusement les royaumes étrusques.

Quant à la tour, vous le croirez si vous voulez, mais elles est vraiement penchée. Si, si.

Le Plume vous salue bien.


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samedi 5 mars 2005

Toscana

Échappée du froid humide de ce Paris d'hiver : la Toscane, les rives de l'Arno, les placettes de Pise... Une de nos tous premiers voyages, avec celle qui est devenue Madame Plume. Je pétais un blues à l'approche de mon anniversaire (eh, ça m'arrivait donc déjà) : elle a appelé un hôtel qu'elle connaissait là-bas et nous sommes partis ventre à terre garde de Lyon pour attraper le Napoli express, le seul train pour l'Italie avec des places assises -- et donc sans réservations obligatoires. Après ça, normal que je me sois marié avec, non ? (*)


Pise : les quais de l'Arno un soir d'hiver, 7 février 1994.

Un avantage notoire de Pise sur les autres villes de Toscane : les hordes touristiques qui déferlent sur Florence ou Sienne sont ici totalement concentrées en un seul lieu, le campo dei miracoli avec sa fameuse tour penchée. Il suffit donc, si on n'aime pas trop la cohue, d'éviter ce coin (ou alors y aller une fois, tout de même : ça suffit amplement) ; on peut alors profiter des ruelles étonnantes, des petites places, des couleurs de la Toscane.

Est-ce un dîner (fort sympathique d'ailleurs) à la tour de Pise, dans le 18ème arrondissement, qui m'a remis ça en tête ? Ou bien la décision ferme et définitive que nous y avons prise de retourner là-bas l'été prochain ? Ou est-ce tout simplement un de ces endroits auquel il fait bon penser quand il tombe du ciel une merdaille glacée ?

Peu importe. Mais attendez-vous à trouver pas mal d'Italie dans le coin ces jours-ci. !

Le Plume vous salue bien.

(*) Pas tout à fait immédiatement après ce voyage, à vrai dire : je suis un peu lent parfois.


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vendredi 4 mars 2005

Luxembourg

C'est l'hiver aussi au jardin du Luxembourg -- qui est ouvert, lui, merci messieurs les sénateurs (*). Enfin, presque : les bords de la mare étaient fermés au public. Et moi qui voulais louer un petit bateau !


Parfait pour un picnic, verndredi 4 mars 2005, 13h07.

D'accord, aujourd'hui, c'était peut-être encore un tout petit peu tôt en saison pour déjeuner d'un sandwich sur les chaises du Luxembourg. Méthode Coué, quand tu nous tiens... Disons que nous n'avons pas traîné et que pour le café nous avons préféré le Rostand au tables en plein air de la buvette du jardin.

Le Plume vous salue bien.

(*) Parce que pour le jardin des plantes, ces jours-ci, c'était tintin...


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jeudi 3 mars 2005

Le matériel et le logiciel

C'est un vieux dicton informatique qui le dit : la différence entre le matériel et le logiciel, c'est que quand le matériel ne marche pas, on peut mettre des coups de pieds dedans. Mais alors, comment reconnaître le réseau informatique ?

Eh bien, le réseau, c'est la même chose, sauf qu'on se prend les pieds dedans...


Fibre optique au sortir de l'ovoïde d'égout, Paris 13e, mercredi 23 février 2005.

Cette photo représente une étape marquante d'une galère de plus de deux mois : relier au réseau de l'université une UFR récemment déménagée dans un immeuble de bureaux dans le sud-est de Paris. Pas vraiment de difficultés techniques, mais tout ce qu'on voudra de procédures administratives, auprès des égouts de Paris, auprès des propriétaires des immeubles aux deux extrémités, etc. Et de ces délais sont nés des difficultés techniques : nécessité de bricoler une solution provisoire pour permettre aux collègues de travailler pendant que les dossiers suivaient leur chemin, et ce pour le moins cher possible vu le caractère transitoire de la chose -- et ça, ça a pas été de la tarte.

Toujours est-il que les choses se sont décoincées la semaine dernière ; l'espèce de gros fil orange lové en 8, c'est ma fibre optique à sa sortie des égouts. Je vous rassure, c'est pas moi qui suis allé dérouler ma fibre là-dedans, c'est une boîte dont c'est le métier ! Depuis, ce fil a progressé dans le bâtiment jusqu'à mon local technique et s'est raccordé à des équipements prévu à cet effet... J'ai fait le branchement hier soir ; le temps de régler une petite merdouille de configuration et depuis ce matin, ça marche !

Ouf, une bonne chose de faite. On va maintenant pouvoir reprendre les dossiers qui du coup ont pris deux mois dans la vue...

Le Plume vous salue bien et file prendre son métro.


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mercredi 2 mars 2005

Mais où sont les neiges d'antan ?

De la neige encore - moins drôle : comme ça n'a commencé qu'en début d'après-midi, ça n'a pas tenu. Par contre, Jussieu - porte d'Ivry en vélo par ce temps, c'est un peu trop vivifiant tout de même. Le pire n'étant pas la neige mais le conducteur parisien dépassé par les événements, stressé comme un pou, ses deux petites mains contractées sur son volant et son regard fixé sur un point situé à 50cm devant son pare-choc...

Une photo des neiges d'antan (celles de mercredi dernier), que c'était quand même autre chose ma bonne dame :

Plus que l'été et j'aurai les quatre saisons du jardin des plantes vues de la tour 65 de Jussieu (cf. ici).

Le Plume vous salue bien.



mardi 1 mars 2005

Petite fleur

Alors que le mois des fièvre s'achève et que nous entamons le mois de la guerre (bien que sous nos lattitudes les campagnes militaires ne commençaient guère avant le mois de mai), penchons nous donc plutôt sur les petites fleurs :


Le charme discret des crocus dans le carré Paul Jovet du jardin des plantes, ce lundi.

Notre cyclamen par contre a pris un sacré coup de froid la nuit dernière ; il est maintenant en convalescence dans notre intérieur douillet. Il va très bien et suit une rééducation intensive afin de retrouver l'usage de la parole.

Ahem.

Bref. Tout ça pour dire que malgré ma colère de l'autre jour, je me suis décidé à reprendre ma carte de la société des amis du muséum. Attendez-vous donc à voir se multiplier par ici les photos de bestioles, que ce soit en chair, en os ou empaillées : pourquoi se priver d'un endroit magique comme celui là alors que, assis à mon bureau, j'ai à peine besoin de pencher la tête pour en voir un bout ?

le Plume vous salue bien.


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lundi 28 février 2005

Ville éternelle

On cause beaucoup de Rome ces temps-ci -- rapport à l'agonie de l'autocrate que l'on sait. Reviens, Leonid... Du coup, les images qu'on nous offre sont celles du parking d'un hôpital de banlieue. Il y a pourtant mieux dans le coin, tant pour le paysage que pour le sujet.

J'avais causé ici du charme discret des placettes du Trastevere et des pelouses du Palatin. Mais j'aurai beau dire, sur la semaine que nous avions passé à Rome, c'est quand même dans le fatras du Foro Romano que j'aurais passé le plus de temps.


Le Foro Romano et les contreforts du Palatin, février 2001.

Tâchons de nous y retrouver, histoire de feuilleter le Guide Archeologiche - Roma de Filippo Coarelli que j'avais acheté à la gare au moment de repartir et qui du coup n'a pas servi autant qu'il aurait pu. Nous sommes donc dans le « forum romain », par oppositions aux différents forums impériaux bâtis dans les deux premiers siècles de l'Empire un chouïa plus au nord. Ceci dit, ce sont les constructions impériales qui dominent, chaque empereur s'étant fait un devoir d'ajouter là la preuve de sa propre grandeur.

À vue de nez et après mûre réflexion, la photo doit être prise deuis les environd de la basilique émilienne et du temple d'Antonin et Faustine, puisqe l'on voit la nef de l'église Santi Cosimo e Damiano. Les colonnes pouraient être celles du portique julien et les murs derrière, le temple du divin Jules. Rappelons que les empereurs n'avaient pas le statut de dieux mais acquéraient, à leur mort, celui de divus. Les Romains n'ont donc pas attendu l'église du même nom, catholique et apostolique, pour tirer le meilleurs parti des subtilité sémantiques.

Je renonce à essayer de vous guider dans l'ensemble complexe qui fait la transition entre le Forum et le Palatin, dont les arbres dominent le paysage à l'arrière-plan. le guide mentionne, outre la petite église de Santa Maria Antica, un complexe de bâtiments datant de Domitien, grand bâtisseur sur le Palatin... Faute de m'y être balladé avec ce même guide à la main, et pour cause, je ne m'y retrouve pas. De toute façon, il y en a partout : vaste foutoir issus de la volonté de chacun d'y aller de son bâtiment, de son arc ou de son portique dans un lieu qui gardait la mémoire les triomphes des généraux des siècles précédents.

Fascinante imbrication des niveaux de mémoire : les empereurs construisaient parce que là était la mémoire de la république romaine et de la puissance sénatoriale ; le moyen-âge et la rennaissance ont réutilisé colonnes et soubassements pour construire quatres églises ; les romantiques et pré-romantiques y rêvaient à la mort en contemplant les vieilles pierres abandonnées ; Mussollini s'y rêvait en nouveau César, pour ne faire qu'une carrière plus brève encore ; nous y traînions nos godasses avec en tête tous ces niveaux de réinterprétation -- en tâchant d'oublier un peu Benito tout de même, a bit too close for comfort.

Tout ça nous mène bien loin des sinistres pantalonnades pré-mortuaires que nous offrent les média ces jours-ci. Et pourtant : seul le pouvoir absolu peut produire une pareille représentation de la vieillesse et de la mort. Je parlais de Brejnev, mais à l'époque, le russe moyen ricannait et n'en pensait pas moins, plutôt que de venir chanter sous les fenêtres de l'auguste mourrant. C'est plutôt les derniers jours de Staline, ou de Philippe II d'Espagne qu'il faudrait évoquer. Heureusement, celui-ci n'a de pouvoir que sur ceux qui veulent bien l'écouter. Enfin, l'écouter... bref... n'insistons pas.

Aucun d'entre nous n'aura la longévité de ces tas de pierre. C'est comme ça. Pas de quoi en faire un fromage.

Le Plume vous salue bien. 


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dimanche 27 février 2005

"Maman les p'tits les p'tits bateaux..."

Le problème des photos prises depuis un bateau c'est qu'il y a rarement des bateaux dessus. Celle d'hier, par exemple, étaient prise depuis un voilier de douze mètre (un Champagne, plan Ph. Harlé, un excellent bateau), sur lequel j'avais navigué deux à trois semaines et dont je n'ai pas une seule photo. Celle d'avant-hier était certes prise depuis le plancher des vaches, mais au cours d'un voyage sur un autre voilier (un Armagnac, 8m50, plan Harlé lui aussi d'ailleurs) dont je n'ai guère que des vues de loin où on le distingue vaguement.

Alors pour ce soir, une photo de bateaux prise depuis un bateau ; un excellent bateau bien sûr, puisque c'est le mien.


Le Saint Guirec en baie de Perros, août 2001.

Quatre bateaux sur cette photo, si l'on regarde bien : Le Saint Guirec, un bateau de pêche ancien assez bien rénové ; son annexe, à la traîne ; un petit caseyeur rentrant au port avec les langoustes, tourteaux et araignées de mer du jour (le seul pêcheur côtier encore quotidiennement actif à Perros-Guirec, à ma connaissance) ; un plaisancier non identifié dont on distingue la voile derrière le bout-dehors du Saint Guirec. Et nous, qui ne somme pas sur la photo car on ne saurait être simultanément des deux côtés d'un appareil. Tout ce petit monde se fait quelque peu chahuter par le clapot assez raide qui se lève à marée descendante dans la passe est de l'île Tomé pour peu que le vent soit du secteur nord : rien de bien méchant si on n'a pas repris trois fois du cassoulet juste avant, mais ça peut surprendre.

Me manque un peu, en ce moment, le bateau. Ah ? Vous aviez remarqué ? Tiens donc...

Le Plume vous salue bien.


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samedi 26 février 2005

Phares et balises, 2 : Europa Point

Je n'ai pas les caractéristiques de celui-ci : il ne figure pas dans le seul livre des feux que j'aie sous la main, le bon vieil almanach du marin breton, qui ne s'aventure pas si loin de nos côtes.

Europa point, c'est la pointe sud de Gibraltar. Ça n'en fait pas le point le plus au sud de l'Europe, ni même de la péninsule ibérique : la pointe et le phare de Tarifa sont nettement plus bas. Mais le spectaculaire rocher de Gibraltar, son vieux fort et la tourelle rouge et blanche du phare, cela en fait, en dépit des chiffres, une sorte de figure de proue de l'Europe.


Europa Point, Gibraltar, juin 1992.

Sur le rocher, des touristes et des singes (la seule population de singes sauvages d'Europe) ; dans le fort de la pointe, des militaires britaniques ; autour, une population mêlée pour cette petite Angleterre de Méditerrannée. Derrière, l'Espagne, avec laquelle la frontière terrestre a été fermée jusque dans les années 1980 ; en face, les montagnes de l'Atlas marocain, l'Afrique.

Le Plume vous salue bien.


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vendredi 25 février 2005

Une ville, ailleurs (mais pas beaucoup plus chaud)

Puisque le temps s'y prête, pourquoi ne pas vous emener au Groenland ? Le Groenland au mois d'août, rassurez-vous. Pendant les trois semaines que j'y ai passées, il n'a jamais gelé... Il n'aurait sans doute pas fallu attendre beaucoup plus, toutefois.

Je vous raconterais peut-être un jour ce voyage étrange dans ce pays qui ne l'est pas moins, à une période de ma vie passablement flottante. Mais là n'est pas mon sujet.

Fiskenæsset est une petite ville, un village plutôt, du sud-ouest du Groenland (environ 63° de lattitude nord). on a du mal à parler de village dans la mesure où ces petites villes groenlandaises sont largement artificielles, nées de la volonté danoise de rassembler la population là où elle pouvait être éduquée et soignée. Cela donne ces objets urbains étonnants, sans rues car sans voitures (qu'en ferait-on pendant l'hiver ?), sans guère de plan d'ensemble, entièrement construits en bois dans un pays où il n'y a pas un seul arbre.


Fiskenæsset (ou Qeqertarsuatsiaat), août 1993.

Certaines villes, un peu plus grandes, avaient une certaine vie, étaient même franchement sympathique : Sisimiut, plus au nord ; Paamiut, un peu plus au sud. Mais Fiskenæsset était positivement sinistre. Personne, nulle part, à part un adolescent plus ou moins autiste sur une balançoire... Peut-être le plus grand nombre était-il éparpillé dans les îles alentours, profitant de la fin de l'été pour aller à la chasse ou à la pêche... Mais à Paamiut, quand nous évoquions notre passage à Fiskenæsset, on levait les yeux au ciel : la ville avait semble-t-il mauvaise réputation.

Mais peut-être cette ambiance lourde venait-elle de nous : ambiance du bord, plombée par les soucis respectifs d'un équipage pourtant réduit au minimum, par les incompatibilités d'humeur, par la fatigue aussi.

Un ou deux jours plus tard, pendant l'étape suivante, surpris par un coup de vent dans un passage délicat, nous heurtons un growler, un petit bloc de glace flottant entre deux eaux. Voie d'eau importante(*), réparation de fortune, c'est après trois jours que nous rejoignons Paamiut, nos affaires trempées et le moral en berne. Mais ceci est une autre histoire.

Le Plume vous salue bien.

(*) Serait-ce la lecture du Lord Jim de Conrad qui me ramène à cet épisode ?


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jeudi 24 février 2005

Aménagement urbain tout temps

Une autre photo d'hier matin, prouvant la confiance sans borne des architectes dans les merveilles de l'ingénierie :


Dalle des Olympiades, Paris 13ème, hier, 10h07.

Le Plume vous salue bien.


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mercredi 23 février 2005

Une autre ville

Une semaine sans photo de Paris, voilà qui change un peu mes habitudes, dans la mesure je me suis rendu compte que 112 des 282 photos de cette rubrique ont été prises à Paris. Ce qui n'est pas illogique étant donné que c'est là que je vis, volens nolens. Retour à Paris donc, mais est-ce bien Paris ? Il suffit d'un épisode météorologique somme toute parfaitement normal en février pour que la ville change, à la fois plus chaotique et plus souriante.

Les enfants et les étudiants se lancent des boules de neige ; des bonshommes de neige collaboratifs naissent ici ou là. Des gens vous parlent dans la rue. Pour les rendez-vous, par contre ça n'est pas gagné, mais qu'importe ?


Paris 13e, rue nationale, ce matin, 8h20.

Bien que la neige se soit raréfiée dans les rues de Paris, elle va faire un retour en force sur les blogs ce soir, c'est sûr. De vrais gamins, on vous dit. Ou des faux. Mais on aime ça !

Le Plume vous salue bien.

P.S. : Coup de gueule au passage sur la fermeture des jardins (le jardin des plantes en l'occurence) dès qu'il tombe trois flocons ou qu'il y a une bourrasque de vent. La mairie de Paris avait promis l'an dernier de cesser ces âneries ; il faudrait transmettre la consigne à la direction du muséum national d'histoire naturelle...


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mardi 22 février 2005

La danse des canards

Si d'aventure vous visitez Boston à la belle saison, n'hésitez pas : faites la ballade en promène-couillon la plus kitsch qui soit, le Boston Duck Tour. De quoi s'agit-il ? d'une flotille de véhicules amphibies plus ou moins récupérés des surplus de l'armée, basés près d'un des grattes-ciel les plus visibles de la ville (la Prudential Tower) et qui vous feront faire un tour du centre-ville, vous mèneront peut-être jusqu'à Charlestown et finiront la virée par un plongeon dans la Charles River.


Un duck car se met à l'eau, Boston, juillet 2001.

Vous naviguerez pendant un petit quart d'heure au milieu des bateaux de l'école de voile locale, avant de revenir (par la route) à votre point de départ. C'est absolument ridicule. À ne manquer sous aucun prétexte.

Le Plume vous salue bien.


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lundi 21 février 2005

objet urbain non identifié

Une note brève après celle d'hier, qui tombait un peu dans l'excès inverse.

Au hasard d'un économiseur d'écran, je suis retombé sur cette photo ; il m'a fallu un bon moment pour que je me rappelle de quoi il s'agissait. Mérite suffisant pour vous la soumettre...


Boulevard Masséna, 2 février 2005, vers midi.

À la réflexion, il ne s'agissait pas d'un silo pour ogive nucléaire nord-coréenne, ni d'un téléobjectif géant, ni même d'un bracelet pour éléphant, mais tout simplement d'une pile de colliers de serrage pour tuyaux d'égouts (diamète : 1,20m, à vue de nez), en attente pour le renouvellement des conduites qui précède le chantier du tramway.

C'est tout pour aujourd'hui.

Le Plume vous salue bien.


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dimanche 20 février 2005

Phares et balises, 1 : la Jument

Je crois avoir compté jusqu'ici cinq phares dans les photos de cette rubrique (jeu concours, en donner la liste ; cadeau prime à déterminer pour féliciter les gagnants). Il y en a pas mal d'autres dans ma photothèque, vu que c'est une de mes nombreuses marottes. Cette série, dont la longueur est nettement moins prédéterminée que celle de mes précédentes séries, leur sera consacrée, ainsi qu'aux bouées, balises, amers et autres aides à la navigation.

Un petit mot d'historien pour commencer : les phares et les balises sont l'un des versants de la révolution de la navigation aux débuts de l'époque contemporaine -- l'autre versant étant l'hydrographie et sa production de documents nautiques, cartes et instructions nautiques. L'enjeu : rendre possible la navigation dans une région qu'on ne connait pas, ou qu'on connait mal. Jusque là, pas d'autre moyen que de prendre à son bord un « pratique local » : quelqu'un qui connait par cœur tous les cailoux de la côte qu'on longe, qui est capable de s'y repérer même avec une visibilité minimale et qui vous indiquera la route la plus sûre pour parvenir à bon port.

Évidemment, ça ne facilite pas les échanges, et ça devient peu viable dès lors que la navigation s'intensifie et s'internationalise... Alors à partir de la fin du XVIIIe siècle commence le double processus du levé de cartes (*) et de construction d'aide à la navigation, celles-ci permettant de figurer sa position sur celles-là. Une domestication du monde, rien moins.

Il ne suffit pas de repérer dans la nuit la lumière d'un phare, il faut aussi savoir lequel c'est. C'est pourquoi chaque phare a un rythme lumineux qui lui est propre. Cette caractéristique est indiquée sur les cartes marines ainsi que dans des ouvrages spécialisés, les livres des feux.

C'est évidemment dans les endroits qui combinent dangers et trafic maritime intense qu'on trouve le plus de phares. La pointe de la Bretagne en est donc particulièrement bien pourvu. Acute; tout seigneur tout honneur : je commencerai donc par un des phares les plus battus par les tempêtes, un de ces « enfers » des gardiens de phares d'autrefois :


La Jument, 48°25,4 N - 5°08,1 W, fl(3)R 15s, H36 P22

C'est à dire trois éclats rouges dans une période de 15 secondes depuis un foyer situé à 36m au dessus des hautes mers et visible à 22 milles nautiques pour un observateur situé au niveau de la mer. Si les conditions le permettent bien sûr. De jour et par beau temps, avec les pieds bien posés sur le plancher des vaches, ça n'est pas franchement une aide à la navigation : de toute façon, à marcher dans cette direction, on arrivera rapidement au bout de la pointe sud-ouest de l'île d'Ouessant. Mais un monument, par contre, c'en est un, sans le moindre doute.

Le Plume vous salue bien.

(*) à lire à ce sujet : Olivier Chapuis, À la mer comme au ciel, Beautemps-Beaupré & la naissance de l'hydrographie moderne (1700-1850), Paris, Presses de l'université de Paris-Sorbonne, 1999.


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samedi 19 février 2005

Far West

Puisqu'on en est à faire les continents, voilà un petit coin d'Amérique : Valley Wells, dans la Shadow Valley -- une aire de repos au milieu de nulle part, en plein désert Mojave, à une vingtaine de miles de la frontière du Nevada. C'est l'interstate 15, la veine jugulaire de Las Vegas.

Si on s'éloigne un peu des sentiers battus, on tombe sur ce panneau :

Welcome to the wild, wild West!

Le Plume vous salue bien.


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vendredi 18 février 2005

Swartberg

Envie de faire voyager un peu ce blog : autre jour, autre continent. Moi qui suis un homme des plaines, côtières de préférence, avec si possible quelques collines et valonnements un peu casses-pattes, je me sens complètement dépaysé par les espaces verticaux et cloisonnés des pays de montagne. Et quand en plus c'est sur un autre continent...

Parce que dans ce style, les montagnes sud-africaines se posent un peu là. Pas forcément très hautes, sauf beaucoup plus à l'est, du côté du Drakensberg, elles se présentent en chaînes rectilignes et uniformes, sans pics marqués mais sans cols raisonnables non plus. Le pays s'en retrouve cloisonné en régions aux climats et aux végétations complètement différents. Peut-être est-ce de là qu'est né chez les Afrikaner ce fantasme de la forteresse...

Le Swartberg est une de ces chaînes-murailles, culminant à 2132m seulement mais isolant totalement des pluies océaniques le Grand Karoo, où l'agriculture se fait rare, concentré autour des rivières qui descendent de la montagne.


Vallée de la Dorpsrivier près de la Swartbergpass, Afrique du Sud, février 1997.

Dans cette valée que le soleil d'après-midi n'atteint pas plonge la route qui mène à la petite ville de Prins Albert, dans le Grand Karoo, où le couple d'amis avec qui je voyageais et moi faisions étape. Après quelques difficultés à trouver un logement, nous aboutissons dans un bed & breakfast tenu par un homme charmant, s'excusant de ce qu'en l'absence de son compagnon cuisinier, il ne puisse servir à dîner ; nous indiquant le resto sympa du coin ; le lendemain, nous servant un petit déjeuner mémorable et haut en couleur :  tout l'arc-en-ciel dans les fruits du jardin.

le Plume vous salue bien.


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jeudi 17 février 2005

Rome

Encore une journée où il vaut mieux ne pas parler de sa journée... Jettons donc un voile pudique sur le merdier quotidien. Et regardons ailleurs.

Rome par exemple. le forum bien sûr, les ruines antiques, le Colisée. Mais aussi les quais du Tibre, les petites rues du Trastevere et ses placettes où vous débouchez par surprise. L'Isola Tibertina, avec la charmante église San Bartomlomeo della Pelle, censée abriter une relique de marque, la peau de saint Barthélémy, rien moins. Ne vous affolez pas, elle n'est pas accrochée au mur comme un trophée de chasse.

Les couleurs ocre de cette ville du Sud, pas une mégalopole, non, juste une ville, sans autre prétention que d'être une des plus belles du monde.


L'Isola Tibertina et le Grande Synagogue, vues du Trastevere, Rome, février 2001.

J'irais bien y faire un tour, tiens. Mais ça m'a pas l'air de se présenter dans l'immédiat. Ce qui nous ramène aux fibres optiques récalcitrantes qu'on voulait oublier. Encore raté.

Le Plume vous salue bien.


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mercredi 16 février 2005

Pavillon d'or

J'ai déjà dit ici que le Japon ne se limitait pas aux temples, que les temples les plus célébrés par les guides n'étaient pas forcément les plus intéressants, qu'il ne fallait pas se focaliser sur les deux ou trois plus célèbres, et ainsi de suite. Mais tout de même :


Kinkakuji ou temple du pavillon d'or, Kyoto, août 1998.

Comme il se doit, le pavillon d'or (qui est effectivement doré, contrairement à son petit frère le pavillon d'argent, aux limites Est de la ville) n'est que le centre d'un vaste complexe touristico-religieux comprenant notamment un grand portail, un ou deux autres temples, la reconstitution d'un pavillon de thé ancien et un sanctuaire shinto. Il fait partie de la ceinture de temples qui entourent la ville sur trois côté : Tenryuji à l'ouest, Ryoanji, Kinkakuji et Daitokuji (moins connu, mais on y mange bien) au nord, Ginkakuji, Kiyomizu-dera et Sanjusangendô au sud, pour ne citer que ceux que nous avons eu le temps de visiter.

Alors, tant pis pour le cliché : tout de même, le pavillon d'or..!

Le Plume vous salue bien.



mardi 15 février 2005

" Dis Astérix, ça veut dire quoi, je me sens lalalalala ? "

Journée idéal pour un sous-genre notoire du blog : le grommelement de fin de journée. Parce que là, j'avoue que j'ai un petit coup de barre.

Points saillants d'aujourd'hui : du vélo sous la neige pour aller en urgence sur un site où le réseau était cassé ; 2h30 de voiture à l'intérieur du cinquième arrondissement sans jamais réussir à en sortir ; 1h de marche au milieu des restes d'une manifestation lycéenne avec un gros carton contenant un commutateur-routeur dans les bras ; réaliser à l'arrivée que les plantages ayant lieu de la même manière avec le matériel de remplacement et celui qui était remplacé, le problème était ailleurs ; trouver une solution absurde à ce problème illogique, solution qui aurait pu se faire dès ce matin sans le moindre effort et voir que contre toute attente ça marche...

Bref je ne sais pas pourquoi mais là je me sens un peu las.

Ah et puis alors que je transportais mon routeur, j'ai croisé plein de gentils CRS photogéniques en diable, mais je n'avais bien entendu pas mon appareil. En échange, un petit coin rigolo du treizième arrondissement, le passage national photographié hier, entre les rues nationale et du château des rentiers. Pavé peu jointifs, petites maisons ouvrières, un garage-tôlerie et l'église chinoise missionnaire de France (avec panneau lumineux bilingue « Jésus t'aime »). Et tout autour, les immeubles, soit d'habitation en béton défraîchi, soit de bureau en verre et acier défraîchis aussi. Et une école d'architecture pseudo-Aillaud néo-postmoderno-organique, couverte de carrelage bleuâtre d'une laideur déroutante. J'aime nettement mieux le crépi grisâtre de ces petites maisons.

Le Plume vous salue bien.


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lundi 14 février 2005

Et maintenant, une page de publicité

Maintenant que la freebox est dans de meilleures disposition (ne me demandez pas pourquoi), je peux reprendre sur des bases saines et indépendamment de la borne wifi des voisins.

Ceci dit, j'ai quand même réussi à finir de sauvegarder cette rubrique dans la base de donnée de ma page perso. Une petite vue pour attirer le chaland :

Reste à améliorer la navigation et ajouter quelques fonctionnalités de recherche. Vous y trouverez cependant dès à présent :

Mais qu'on ne vienne pas mêler Jacques Prévert à tout ça !

Le Plume vous salue bien.


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samedi 12 février 2005

Sept mers, 7 : la Manche

Je termine tout naturellement cette série sur mon chez-moi maritime, la Manche, où j'ai pêché des crevettes avec une épuisette percée et dessalé des optimists du côté de Perros ; regardé manœuvrer les Abeilles dans le port du Havre ; où flotte à l'heure qu'il est l'un de mes rares morceaux conséquents de propriété - enfin, j'espère bien, qu'il flotte ! D'ailleurs, c'est tout naturellement une photo prise à la barre dudit bateau qui illustre cette entrée.


la Manche : le phare de l'île Louet, face à Carantec, baie de Morlaix.

La baie de Morlaix est un coin assez fascinant pour la navigation : vu du large et à première vue, on ne distingue pas la moindre entrée entre les ilôts rocheux et les petites îles caillouteuses. Si on a la carte marine du coin, tout devient beaucoup plus simple : avec une bonne paire de jumelles, on repère le phare de la Lande, un peu perdu dans les bois, sur la colline, tout au fond ; puis on l'alligne avec le phare de l'île Louet et on avance jusqu'à contourner de tout près l'île en question - et c'est tout droit, même à marée basse on débouche, en évitant tous les dangers, sur l'arrière-baie(*). Plus un seul caillou, un vaste plan d'eau entre des berges en pente douce, impression d'avoir changé de monde en quelques mètres. Tout au fond, la rivière qu'on remontera lorsque la marée le permettra jusqu'au port de Morlaix, presque sous le viaduc du chemin de fer.

Oui, la Manche, c'est un peu mon pays.

Le Plume vous salue bien.

(*) Ça, c'est la grande passe ; la passe de Tréquier (ainsi nommé parsqu'elle passe du côté du Trégor alors que la grande passe est du côté du Léon) est un peu plus délicate : accessible à mi-marée seulement, le chenal commence par l'allignement du phare de l'île noire (ouh, ouh  !) par le même phare de la Lande mais fait ensuite un coude assez prononcé. Quand je n'ai pas envie de réfléchir, je passe par l'autre côté, le détour n'est pas énorme.

Les sept mers :
  1. mer d'Alboran : pointe de Tarifa, Espagne, juin 1992.
  2. mer celtique : Rosslare Harbour, Irlande, août 1992.
  3. océan atlantique : Boston Harbor, Massachusetts, États-Unis, juillet 2001.
  4. océan pacifique : Solana Beach, California, États-Unis, août 2004.
  5. mer d'Iroise : pointe Saint-Mathieu, Finistère, France, juillet 2000.
  6. mer du Nord : Robin Hood's Bay, North Yorkshire, Angleterre, été 1994.
  7. la Manche : baie de Morlaix, Finistère, été 2001.


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vendredi 11 février 2005

Sur la ligne d'arrivée

Bon, ce soir, coup de calcaire de la freebox : je crains un slam, c'est à dire une demande de dégroupage sur notre ligne de la part d'un autre opérateur auquel je n'ai rien demandé. Plus agressif, comme technique de marketing, on ne fait pas... On verra ça demain. Pour l'instant, les voisins du dessus dont je me plaint si souvent me rendre un gros service (pas tout à fait volontaire certes) en laissant branchée leur borne Airport sans aucune protection. Donc, pour aujourd'hui, ce sera du Noos !

Grâce à la TV sur freebox, j'avais pu regarder l'autre jour l'arrivée d'Ellen McArthur, en direct pendant une demi-heure sur les deux chaînes d'infos anglaises, BBC world et SkyNews. Je ne suis pas un inconditionnel de voile à grand spectacle, mais l'enthousiasme des médias anglais pour cette arrivée faisait plaisir à voir, me rappelant quelques passages de Conrad sur l'Angleterre et la mer.

Bref, le journaliste de la BBC expliquait sans trop de détail que le bateau de la marine anglaise sur lequel il se trouvait ne pouvait pas s'approcher de la côte autant que le trimaran d'Ellen, le littoral étant assez dangereux -- et du coup on distinguait seulement le feu de mât et les feux de route, avec au dessus les pinceaux lumineux du phare de Créac'h, Fl(2)10s70m32M me dit mon livre des feux (deux éclats blancs dans un cycle de 10 secondes, foyer à 70m haut dessus du niveau de la marée haute, visible à 32 milles nautiques, ce qui en fait le phare le plus puissant d'Europe).

En effet, la ligne d'arrivée vue en plein jour, ça donne ça :


La côte d'ouessant au Nord du phare de Créac'h, août 2000

On comprend qu'on ait envie de mettre un phare dans ce coin, assez balaise de préférence. D'autant que la route maritime la plus chargée du monde passe tout près. Se balader dans ce coin-là en plein hiver, de nuit, à la barre d'un gros multicoque et dans un état d'épuisement total, il faut vouloir.

À propos de phares, attendez-vous à voir se développer, sitôt conclue ma série des « sept mers », une série « phares et balises » dont on peut considérer qu'elle a commencé par anticipation cette semaine.

Le Plume vous salue bien.


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jeudi 10 février 2005

Un petit pour la route ?

Après le gâteau, un petit digestif ?


Angoulême, route de Bordeaux, 30 janvier, 18h15.

(ou si vous en êtes encore à l'apéro : 1/3 Suze, 2/3 jus d'orange, mélanger au shaker avec de la glace, servir, ajouter un trait de crème de cassis pour la couleur et consommer avec modération)

Le Plume vous salue bien.


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mercredi 9 février 2005

34

Eh oui, comme tous les 9 février, je me prends un an sur le coin de la figure. Fini, l'époque où un an d'âge supplémentaire était attendu comme une médaille : il faut se rendre à l'évidence, le « quand je serais grand » est déjà commencé.

Pour des raisons que je ne m'explique pas, l'approche de cet anniversaire me filait un peu le bourdon. Mais maintenant que l'affaire est faite, ça va mieux. Faut pas chercher...

j'ai 34 ans. Je vis une vie qui vaut la peine d'être vécue. Je porte aux pieds un cadeau d'anniversaire idéal pour l'ado prolongé que j'entend rester. Je vais retrouver dans une dizaine de minute la femme que j'aime et avec qui je progresse dans l'existence et on va aller se manger un petit plat entre quatre yeux. Que demande le peuple ?


32 bougies seulement sur ce gateau de février 2003...

Sinon, les gens attentifs auront noté le lien dans les favoris vers le.plume.free.fr, les pages perso dont je vous rebats les oreilles depuis quelques temps. Vous les utilisiez déjà sans le savoir, puisque toute mes images sont dessus, mais je profite de l'occasion pour vous les présenter oficiellement. Vous y retrouverez la majeure partie du contenu de ce blog, mis à jour en temps presque réel. Mais pas d'inquiétude : le blog continuera ici même ; les pages perso seront son répertoire, sa béquille aussi en cas de vapeur des serveurs de 20six. Amusez-vous bien et dites-moi ce que vous en pensez.

Le Plume vous salue bien.


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mardi 8 février 2005

Des tas de pois !

Je continue la thérapie des grands espaces pour ne pas penser au temps qui passe (j'ai 34 ans demain)...  Retrouvé hier soir des paquets de photos que je croyais perdus, photos d'une semaine de vacances passées à la toute pointe de la Bretagne, Camaret, Ouessant... Une partie de la région que je connaissais mal et que nous découvrions tranquilement, le tout sous un soleil improbable.


La pointe de Pen Hir et les Tas de pois, Camaret, août 2000.

Sinon, à peu près fini les pages personnelles qui reprennent, sauvegardent et indexent les entrées de ce blog. Tous n'y est pas (il manque à peu près les trois premiers mois), mais ça commence à prendre tournure. J'« inaugure » ça demain, pour l'occasion !

Le Plume vous salue bien.


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lundi 7 février 2005

Vieux moines

Je me rend compte que je me suis un peu embrouillé lors de mon entrée « sept mers, 5 » de la semaine dernière : le phare de la pointe Saint-Mathieu s'appelle « Saint-Mathieu », tout simplement ; c'est la balise latérale babord qui est juste en dessous qui porte le nom de « Vieux Moines », une grosse tourelle éclairée à la forme un peu biscornue à quelques centaines de mètres de la pointe.

Mais c'est bien le phare et non la tourelle qui cohabite avec l'ancienne abbaye, formant un des plus beaux sites de Bretagne, avec un magnifique panorama sur toute l'Iroise, puisqu'on distingue Sein à l'horizon par les jours de beau temps.


Le phare de la pointe Saint-Mathieu vu du plancher des vaches (ou des moutons), début juillet 2000.

Eh oui, dès que les jours commencent à s'allonger, mon regard a tendance à s'égarer vers l'ouest...

Le Plume vous salue bien.


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dimanche 6 février 2005

Sept mers, 6 : mer du nord

Une mer assez étrangère pour moi -- quelque peu à l'est de mes territoires de chasse habituels. Je n'ai pas retrouvé de photos prises du pont d'un bateau ; il faut dire, le seul bateau que j'y ai emprunté, si l'on excepte un lointain Calais-Douvre et retour, c'est le petit promène-couillons du port de Whitby, à quelques kilomètres de cette photo.

Whitby fut, comme chacun sait, le port d'arrivée de Dracula sur le sol britannique. C'est une petite ville portuaire du North Yorkshire, un petit peu endormie, trop loin de Londres pour bénéficier de la manne hebdomadaire des virées de fin de semaine au casino et autres enterrements de vie de garçon/jeune fille qui font la fortune des villes balnéaires du Sud. On n'y voit guère non plus de cargos en provenance de Transylvanie, ce qui est de toute façon géographiquement problématique.


Robin Hood's Bay, North Yorkshire, été 1994.

Et là, Robin Hood's Bay, petite station au pied des falaises, dans les contrées où Robin des Bois fit paraît-il sa carrière. De bois, guère : les vastes landes du Yorkshire commencent tout près, avec leurs immensités de bruyères et de moutons. On est bien loin du Sud-Est de l'Angleterre, loin aussi du pays noir des mines de charbon et des hauts-fourneaux. Une autre Angleterre. J'aime bien celle-ci aussi.

Le Plume vous salue bien

Les sept mers :
  1. mer d'Alboran : pointe de Tarifa, Espagne, juin 1992.
  2. mer celtique : Rosslare Harbour, Irlande, août 1992.
  3. océan atlantique : Boston Harbor, Massachusetts, États-Unis, juillet 2001.
  4. océan pacifique : Solana Beach, California, États-Unis, août 2004.
  5. mer d'Iroise : pointe Saint-Mathieu, Finistère, France, juillet 2000.
  6. mer du Nord : Robin Hood's Bay, North Yorkshire, Angleterre, été 1994.


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samedi 5 février 2005

Quelques branchements

Depuis qu'on a reçu la Freebox 4, la TV sur adsl marche nickel. Ca suppose juste quelques branchements.

C'est très simple : la freebox est branchée sur le réseau téléphonique. Le routeur wifi est branché sur la freebox. Le lecteur de DVD est branché sur la chaîne et sur la télévision, via un répartiteur pour pouvoir brancher aussi la freebox. Le répartiteur est branché sur la télé qui est branchée sur l'arrivée de l'antenne. Tous les cinq sont branchés sur le secteur. Soit douze cables seulement et quatres télécommandes. Heureusement qu'on n'utilise pas le téléphone de Free.

Seul hic, avec le répartiteur, ça chie dans la compote dès lors que la freebox y est raccordée, même si on éteint la fonction télé. Zarbe. Retour donc à l'organisation précédente, en changeant à la main le branchement péritel en cas de besoin. Et en lovant les câbles proprement !

Du coup, à nous les concerts de free jazz bulgare aux génériques incompréhensible, les courses de stock car, les jeux télé italiens et le contraste saisissant entre l'anglais qu'on parle à la BBC et celui de CNN... En fait, j'adore, ce fouillis de chaînes dans tous les sens.

Le Plume vous salue bien.


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vendredi 4 février 2005

Jugement dernier

Je vous avais parlé le 27 décembre dernier du portail central de Notre-Dame. Je suis repassé devant, à une heure d'aileurs comparable ; en voici donc une vue un peu plus détaillée.


Portail central de Notre-Dame, ce soir, 19h30.

L'ensemble se passerait de commentaire si la photo avait été meilleure. Bon, je me lance, bien que n'y connaissant pas grand chose, sur les trois étages de la composition centrale : en bas, le réveil des morts, qui se lèvent, soulevant les pierres tombales sous lesquelles ils gisaient. Les anges sonnent la trompette, et tous se relèvent, hommes, femmes, enfants, le roi, le pape, le juif, le soldat, l'évèque...

Au dessus, c'est le jugement proprement dit. Les âmes sont pesées par un ange et un démon ; les morts sont partagés en deux groupes, à gauche avec les anges, à droite en partance pour l'enfer, enchaînés et tirés par des démons. Au dessus trône le Christ en gloire, entouré par deux figures (saint Pierre et ?) et par deux orants, un prince et un moine. Tout autour, des petits anges contemplent la scène, comme un public acoudé aux balcons d'un théâtre.

Voilà pour une description à deux balles, le premier guide venu doit pouvoir faire mieux. Juste pour signaler que quelques unes des plus belles œuvres de la sculpture médiévale ne sont pas dans des musées mais là, en plein air : il n'y a qu'à lever le nez.

Le Plume vous salue bien.


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jeudi 3 février 2005

Sept mers, 5 : Iroise

La mer d'Iroise, c'est cet espace entre Ouessant et pointe du Raz, domaine des courants de marée qui se bousculent et se chevauchent, levant une mer difficile dès que le vent est contre le courant, impossible par gros temps.

Un espace ouvert : tout droit, c'est l'Amérique. Mais l'océean n'a pas de pareils fleuves marins qui s'inversent tous les jours, jusqu'à 10 nœuds par vives eaux dans le Fromveur ou le raz de Sein. Pour trouver mieux, il faut aller au raz blanchard, entre Aurigny et la Hague, au bout du Cotentin, mais il s'agit là d'une zone minuscule.


Mer d'Iroise : pointe Saint-Mathieu, Finistère, France, été 2000.

Photo prise (sans doute par Madame Plume) du bateau de la Penn-ar-Bed reliant Camaret à l'Ile d'Ouessant. Sur la pointe, flanqué d'une abbaye en ruine, le phare des Vieux-Moines marque le bout de la pointe Saint-Mathieu et l'entrée de la rade de Brest.

Le Plume vous salue bien.

Les sept mers :
  1. mer d'Alboran : pointe de Tarifa, Espagne, juin 1992.
  2. mer celtique : Rosslare Harbour, Irlande, août 1992.
  3. océan atlantique : Boston Harbor, Massachusetts, États-Unis, juillet 2001.
  4. océan pacifique : Solana Beach, California, États-Unis, août 2004.
  5. mer d'Iroise : pointe Saint-Mathieu, Finistère, France, juillet 2000.


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mercredi 2 février 2005

on fera ceinture

Quelque part entre Géant Casino et la rue du Château des Rentiers, un petit bout du chemin de fer de ceinture :


Entre avenue d'Ivry et rue nationale, la petite ceinture.

Faut-il pleurer le chemin de fer de ceinture ? Quelques élus de droite des 14e et 15e arrondissement avaient entonné cet air-là à propos du débat du tramway. Mais si on l'a fermée, ce n'est pas entièrement pour rien : prisonnière de ses emprises, qui rendaient ses accès mal commodes (d'autant qu'elle est rarement au niveau de la chaussée) ; en retrait des quartiers de logement de l'ancienne zone des remparts, pour ne pas parler de la proche banlieue d'outre-périph... Son seul intérêt aurait été de ressuciter les anciennes correspondances ferroviaires (Masséna, Ouest Ceinture...) mais il aurait pour cela falu imposer un arrêt supplémentaire aux banlieusards.

Le butdu jeu, de la part de ces élus, ce n'était bien sûr pas de promouvoir le train (qu'ils pourfendent par ailleurs), mais bien de défendre la place de l'automobile sur les boulevards des maréchaux. Ceci dit, j'ai beau ne pas être un hystérique de la lutte contre la voiture, franchement, faut-il vraiment un périphérique-bis juste à côté du premier ?

La nostalgie du chemin de fer de ceinture est tout à fait sympathique ; ça n'en fait pas forcémentune bonne politique de transports !

Ca ne m'empêchera pas de regarder avec tendresse ces bouts de rail perdus dans la ville et surmontés de quelques carrés de choux.

Le Plume vous salue bien.


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mardi 1 février 2005

Las Vegas Las Vegas

Échangé des souvenirs de voyage avec une amie hier soir ; du coup, on se met un peu de clinquant et de ciel bleu dans l'hiver parisien.


Hôtel-casino New York, New York sur le Strip, Las Vegas, 19 août 2004

Le Plume vous salue bien.

P.S. : l'archivage/indexage de mes entrées passées sur mes pages personnelles avance petit à petit ; allez, j'inaugure ça dans huit jours !


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lundi 31 janvier 2005

Hors de la bulle

Il y a une vie après le salon, si, si. La vie hors de la bulle, quoi.

Ramené d'Angoulême, outre la demi-douzaine d'album que j'y ai acheté, ce petit carnet, souvenir d'un ado angoumoisin qui venait enquiquiner le dessinateur. Un échantillon : ce dessin de Loisel, en 1984. Je ne suis pas sûr que je réalisais tout à fait qui c'était, à cette époque...

J'avais été particulièrement efficace, cette année là (ou peut-être particulièrement casse-pied) : Convard, Loisel, Druillet... J'avait d'autres carnets du même genre que je n'ai pas retrouvés -- mais peut-être était-ce des feuilles volantes. Et vu que je n'était pas beaucoup plus ordonné à 13 ans que je le suis maintenant...

Une chose est sure en tout cas, ce genre de détail fait qu'aller "à la B.D.", comme on dit là-bas, c'est un peu plus qu'aller à un festival. C'est reprendre une série commencée en 1982 (si j'ai bonne mémoire, l'affiche était de Moëbius, président du festival cette année-là), qui continue tout au long de mon adolescence et continue avec quelques intermittences pendant mes interminables années d'études. Peut-être qu'y retourner, après si longtemps, c'est admettre que je suis bien la même personne que le gamin des années 80 qui se faufilait dans la foule.

Le Plume vous salue bien.


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dimanche 30 janvier 2005

Dernières bulles

[texte composé entre Poitiers et Tours dans le train du retour]

Fin de festival, comme une fin de réception, avec les dernières bulles accrochées aux parois des dernières flutes de champagne. Ou encore : quand les bulles de savons disparaissent, comment savoir si elles sont trop haut pour qu'on les voit, ou si elles ont claqué discrètement ?


Angoulême, le Plateau vu de la route de Bordeaux, aujourd'hui vers 14h30.

Le dimanche, c'est fin de partie au festival. Certains stands sont désertés dès le début de l'après-midi ; sur les autres, les dédicaceurs se font rares après 16h, et les stocks aussi. D'ailleurs, pas réussi à faire dédicacer mon Lapinot par Trondheim, ni à acheter le Combat ordinaire de Larcenet. La vie est dure pour le festivalier tardif.

À part ça, acheté le dernier petit Trondheim à l'Association, Désœuvré, essai, sur la difficulté pour un auteur de B.D. à durer ; revient sur la mort de son personnage symbole, Lapinot, puisque La vie comme elle vient est bien entendu un album sur la mort. Youkaïdi, youkaïda, ce qui est bien avec les petits miquets, c'est que c'est la poilade. Hésité à prendre les mémoires d'un branleur/Memory of a Wanker chez Dynamite édition, B.D. bilingue et vaguement porno sans le moindre intérêt, sinon qu'une copine à nous a fait la traduction anglaise. Mais 20€ pour ça, alors que je me prive des Courts-circuits géographiques de Jochen Gerner par soucis d'économie ou tout au moins d'étalement des dépenses, de serait tout de même un petit peu ridicule.

Acheté aussi quelques tomes récents de Valérian pour compléter la collection commencée par mes parents quand ma sœur et moi avions onze ou douze ans. Marrant du coup comment sont réparties mes B.D. ou tout au moins les B.D. dont je me suis nourri depuis les Philémon qu'achetait mon père quand j'étais gamin. Il y a les B.D. de l'enfance et de l'adolescence, chez mes parents, complétées par mes soins de temps à autre ; les B.D. de mes années d'étudiant (j'en achetais pas mal malgré mon impécuniosité chronique), qui ont atterries en Bretagne après avoir passé quelques années dans une cabanne de jardin de Seine-et-Marne ; et puis mes achats d'adulte, faute d'expression plus appropriées, dans les rayonnages de notre chez-nous conjugal et parisien -- peu nombreuse au début, j'ai pratiquement cessé d'acheter (et d'ailleurs de lire) des bandes dessinées pendant plusieurs années ; m'y suis remis depuis peu. Pareil pour la musique d'ailleurs. Tout ça doit dire quelque chose sur ma vie mais je ne sais pas quoi -- et puis, quelle importance ?

Et voilà : le train du retour, où j'écris cette entrée ; heures intercalaires, idéal pour les bilans et réminiscences ou, s'il on préfère, pour tourner autour de son propre nombril. Il y a le temps.

Le Plume vous salue bien.


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samedi 29 janvier 2005

Angoulême, tome 2. La suite.

Angoulême, tome 2. La suite.

Retourné de bon matin sur le champ de bataille. Enfin, 11h30, on n'est pas des bœufs tout de même. Tenté d'aller voir l'expo "clafoutis", dans la tour médiévale de l'hôtel de ville ; expo chaudement recommandée par l'ami Saryon. "Accès uniquement sur invitation entre 11h30 et 12h30." Bon, je descend faire un tour dans les bulles, reviens un peu après 12h30 : on m'explique que "c'est ouvert dans le hall, mais que le reste est sur invitation seulement." Bien. J'aime bien me faire jetter, mais il y a des limites ; déolé pour ton pote, Saryon, mais il ira se faire voir.

Pour le reste, journée partagée entre les bulles et les rues d'Angoulême -- finalement, les expos... Belle journée, au bout du compte.


Mur peint, rue piétonne d'Angoulême (on ne me fera pas la nommer "rue Hergé"), cet après-midi.

Des acquisitions dont je suis content : un Hunt Emerson (dédicacé tout en faisant de la traduction entre Emerson et Franck Margerin, lequel faisait la queue pour avoir son exemplaire, le début de la gloire quoi) ; au stand de l'Association (toujours lui), achat d'un Sfar (le petit monde du Golem) et, un peu par hasard du Saint Patron de Jochen Gerner : très, très bien, une sorte de voyage/documentaire à travers la Lorraine, avec Saint Nicolas comme fil conducteur : l'histoire des reliques du saint, les interviews de "Saint Nicolas" de village, etc. Ca fonctionne très bien. Au même stand dédicaçait notre bédéiste 20sixienne officielle, la jeune Mélaka, mais pendant fort peu de temps, la mauvaise fille. Repérée après picolant dans les arrières du stant Fluide Glacial... Des projets s'échaffaudraient-ils ? Inquiring minds want to know.

Au rayon anglophone, acheté aussi BOP (more box office poison), d'un jeune bédéiste new-yorkais qui a eu le prix du meilleur premier album, Alex Robinson.

Allez, on y retourne demain.

Le Plume vous samue bien.


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vendredi 28 janvier 2005

En bulles

Bon, malgré une grosse crève gagnée à se les geler hier à Montparnasse et qui se traduit par une déplaisante sinusite (pas aidée il est vrai par l'humidité ambiante), journée dans les bulles aujourd'hui -- les chapiteaux du festival, quoi.

J'y ai traîné mes guêtres tout l'après-midi, farfouillant de-ci, de-là, regardant de loin les dédicaceurs ; le seul que je tenais à faire dédicacer, pour le compte d'un ami, je l'ai raté, c'était ce matin. Des stands de toutes les tailles, de l'ordre d'une supérette pour les gros éditeurs, ou juste une table pour les petits, avec tous les intermédiaires possibles.

Me suis attardé comme il se doit au stand de "l'association", vu que c'est quand même de là qu'est venu ces dernières années le nouveau souffle de la B.D. française. Grosse foule sur un stand bien petit au regard de l'importance qu'a cette maison pour les amateurs de B.D. :

Il faut dire, Marjan Satrapi, moteur économique de la boutique, était en train de dédicader, et ça attirait du monde. De l'autre côté du stand, un spectacle à part entière : Baudoin dédicace. Baudoin, c'est un peu le père spirituel de ce mouvement, avant même que Lewis Trondheim et ses copains n'organisent tout ça. Et quand Baudoin dédicace, c'est un spectacle à part entière : au pinceau, prenant tout son temps, ne faisant guère du coup que deux ou trois signatures en une demi-heure. Et rayonnant la gentillesse par dessus tout ça.

La maison ne prenant pas la carte bleue, petit tour chez Dargaud pour faire quelques achats : la ligne de front, de Manu Larcenet (excellent), et puis le chat du rabbin de Sfar. On l'a déja, mais pas mes parents, donc ça vallait la peine de l'acheter. Ne serait-ce que pour le relire. Il y a des B.D. comme ça qu'on a envie d'acheter deux fois...

Allez, au lit, j'y retourne demain.

Le Plume vous salue bien.


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jeudi 27 janvier 2005

C'était pas gagné...

Quand je suis arrivé à la gare Montparnasse ce matin, le panneau "départ" n'était pas très encourrageant. Une heure après, j'avais nettement plus froid au pieds mais le panneau ne s'était guère amélioré :

Je commençais à soupçonner que je ne verrais du salon de la bande dessinée que l'affiche que j'avais contemplé au métro château d'eau, en essayant de reconnaître tous les personnages de B.D.  qui y sont carricaturés par Zep. Mais finalement...

Finalement, si le 12h15 n'a pas montré le bout de sa motrice (le 10h45 initialement prévu, n'y pensons plus, le site web de la SNCF le donnait pour inexistant : je n'ai même pas essayé), le 14h10 à destination de Toulouse par Bordeaux s'est bel et bien formé en voie deux. Et a fini par partir, plein comme un œuf. Impression : ligne 4 à l'heure de pointe, les gens du quartier me comprendront.

Et puis voilà, on est partis... Me suis trouvé un petit coin sympa, entre deux wagons, avec deux jeunes sympas en mission pour le festival de B.D. de Darnétal (Seine-Maritime) et un étudiant irlandais envoyé en stage à Toulouse par son université londonienne -- en se partageant le strapontin du local à langer pour se pose un peu. Ressemblance supplémentaire avec le métro : arrêts partout, à Saint-Pierre-des-Corps, Châtellerault, Futuroscope, Poitiers. Speech du contrôleur avant les gares : on restera en gare le temps qu'il faudra, descendez tranquilement, ne nous bousculons pas... Ambiance assez bonne, tout compte fait, genre, bah, faut bien faire avec.

Bref, me voici dans la maison familiale, prêt à affronter le festival !

Le Plume vous salue bien.


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mercredi 26 janvier 2005

C'est parti !

Eh oui, après deux semaines un peu rudes (d'ailleurs vous m'avez entendu râler copieusement), je pars quatre jours souffler un peu. Enfin je pars... s'il y a des trains. Apparemment il risque de ne pas y en avoir des tonnes... Normalement, j'ai pas mal la baraka pour ce genre de choses : je me rappelle avoir fait un aller-et-retour à Paris pendant la grande grève de l'hiver 1987 sans le moindre retard. On verra bien.

Si tout ce passe bien, quatre jours à Angoulême. Parents, festival de la BD, un peu de repos peut-être aussi. Mais ne vous inquiétez pas : je n'oublie pas le cordon du modem ! Et puis je reviens dimanche.


Le bateau-phare entre BNF et Bercy, 19 janvier 2005. J'en reparlerai.

Le Plume vous salue bien.


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mardi 25 janvier 2005

La vie au fond du puit

les puits de lumière, c'est très bien. Sauf que, quoiqu'on fasse, le fond d'un puit c'est pas idéal comme lieu de vie.


« puit de lumière », rue du château des rentiers, Paris 13eme, 19 janvier 2005.

Une nouvelle semaine à avaler des kilomètres à vélo en me tuant le dos et les épaules à force de trimbaler mon sac à dos avec l'ordinateur dedans ; à rentrer à la maison à des heures sans nom pour essayer de sauver la galaxie ou au moins quelques uns de nos utilisateurs ; à essayer de tirer de choix techniques que je n'ai pas fait plus que ce qu'ils peuvent offrir ; bref à me faire chier comme un rat mort derrière une malle.

Le problème d'avoir des UFR baladeuses, c'est qu'il ne leur suffit pas d'avoir des mettres carrés pour mettre leur tables et leurs chaise : il leur faut du téléphone, du réseau, avec de l'accès à internet mais aussi au réseau d'établissement... Tout ça coûte très cher à mettre en place, sans compter le temps et l'énergie dépensée. Sans compter les loyers qui s'accumulent, sur ces milliers de mètres carrés de bureaux loués dans tout Paris...

Bon, jeudi, je pars me ressourcer au salon de la BD ; la queue sous les bulles pour avoir mes petites dédicaces, comme quand j'étais môme. En plus, vu le prix qu'il faut payer maintenant pour accéder à la chose, je vais renflouer les finances publiques !

Le Plume vous salue bien.


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lundi 24 janvier 2005

Petite ceinture

Prenez à gauche après les Olympiades en descendant l'avenue d'Ivry et vous emprunterez la rue Regnault, que vous suivrez, toujours tout droit, rejoignant la tranchée de l'ancienne petite ceinture, puis plongeant vers la rue de Patay, tout au bas de la butte. Si vous continuez, négligeant l'appel de la rue du Chevaleret qui tente de vous ramener vers des lieux plus civilisés, vous fiinirez en impasse entre les emprises ferroviaires : c'est l'ancienne gare du boulevard Massena.


L'ex-gare Masséna, 19 décembre 2005, cinq heures du soir.

Je l'ai utilisé une fois, il y a pas mal d'année -- non par nécessité (il n'y a pas grand chose à voir ni même grand monde à visiter dans le coin) mais par curiosité, pour voir à quoi ressemblait cette gare que les BALI et autres YETI du RER C traversaient à vive allure.

On descendait de l'omnibus, on montait jusqu'à ce petit bâtiment tout en hauteur. De là, on pouvait soit redescendre sur cette petite place, soit emprunter un vieux pont en poutrelles métalliques qui vous amenait jusqu'au quai d'Ivry, par de petites cours aux pavés disjoints. La correspondance ferroviaire qui faisaient sa raison d'être n'existatit plus bien sûr depuis bien longtemps.

La gare est fermée, maintenant, comme avaient fermé quarante ans plus tôt ses consœurs de la petite ceinture. Elle est emplacée par le béton précontraint flambant neuf de la station "bibliothèque François Mitterrand", à deux pas de là, où même les BALI s'arrêtent, c'est dire. Du coup ce petit bout de rue Regnault n'a vraiment plus grand chose à faire de ses journées ; juste un petit bout de XXe siècle qui attend la retraite et nous rappelle que nous aussi, nous sommes du siècle dernier.

Le Plume vous salue bien. 


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dimanche 23 janvier 2005

Sept mers, 4 : océan pacifique

Le Pacifique est trop grand pour l'imagination. Je peux juste parler des quelques abords où je suis passé : Californie ou sud du Japon. Y a-t-il une unité à cet ensemble ? Je ne sais pas, d'autant que ce que j'ai vu du littoral japonais était la petite mer intérieure, entre Honshu et les îles du Sud. Le Pacifique, le vrai, je n'y ai jamais navigue ; je ne l'ai vu qu'en Californie du Sud, de San Diego aux limites nord de Los Angeles.

Est-ce qu'on voit vraiment que c'est immense, ou cette sensation vient-elle des cartes aprises depuis l'enfance, cet hémisphère bleu au milieu duquel on passe du jour au lendemain, ou l'inverse ?


Océan pacifique : Solana Beach, California, U.S.A.

En fin de journée en tout cas, la lumière se reflète sur les vagues qui glissent les unes sur les autres vers le sable à un rythme bien particulier, tout à la foi pressé et sur de soi.

Le Plume vous salue bien.

Les sept mers :
  1. mer d'Alboran : pointe de Tarifa, Espagne, juin 1992.
  2. mer celtique : Rosslare Harbour, Irlande, août 1992.
  3. océan atlantique : Boston Harbor, Massachusetts, États-Unis, juillet 2001.
  4. océan pacifique : Solana Beach, California, États-Unis, août 2004.


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samedi 22 janvier 2005

Le retour des hirondelles

 

Ce n'est pas de l'oiseau migrateur que je parle, bien qu'avec les jours qui rallongent, janvier/Janus commence à montrer son visage souriant, mais de ces petites marques dont les imprimeurs encadrent les pages d'un futur livre, sans doute pour centrer le massicot.

Activité de ce samedi, en effet, la relecture des épreuves envoyées par l'éditeur d'un petit bouquin écrit par ma chère épouse.  Ecrit dans des délais absolument délirant, d'ailleurs, l'auteur initialement retenu n'ayant pas tenu ses engagements et le calendrier de publication étant plutôt impératif.


Les outils du relecteur : mon bureau cet après-midi.

La relecture d'épreuves, c'est une activité que j'aime bien : il ne s'agit plus d'idées, ni même de style, mias juste de peaufiner le beau travail d'artisan que doit être un livre. Deux lettres ont été inversées ici ; le composeur a induement rajouté une demi-espace là...

Les outils indispensables : le jeu d'épreuves, bien sûr, et un crayon ; et puis, les références : un dico quelquonque, qu'on pourra compléter d'un Bescherelle. Et puis, surtout, l'indispensable lexique des règles typographiques en usage à l'imprimerie nationale, dont la lecture devrait être obligatoire à quiconque doit produire plus d'une demi-douzaine de pages imprimées. On y trouve en particulier un mémento des signes de corrections qui permettront d'anoter les épreuves sans la moindre ambigüité.

Tout ça est finalement plus rigolo que des mots croisés, un peu plus utile aussi. Cette relecture marque la fin de semaines assez éprouvantes, tant pour l'auteur que pour son entourage immédiat (à savoir, moi). Ouf ! Vivement qu'il soit sur les tables des libraires, le bestiau.

Le Plume vous salue bien.


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vendredi 21 janvier 2005

Quo non ascendet ?

 

Bon, pas de tout repos, la semaine qui s'achève. Mes mésaventures d'hier ont eu un grand succès à la présidence de l'université (« alors, t'es SDF il paraît ? ») -- mais du coup le problème de l'accès au nouveau site va se régler en un temps record. Quant aux manips faites hier soir, pas trop de casse, finalement, à part une erreur de configuration qui faisait que rien ne marchait et le rebranchement ce soir d'une partie des prises débranchées...

Mais bon, c'est la dure loi du sport. Maintenant, c'est le moment de penser à autre chose, de lever le nez du guidon comme on dit. D'ailleurs, 40km au compteur depuis mercredi alors que j'étais censé être en formation ces jours-ci. Bah.


Chappelle de la Sorbonne, vu depuis un palier du deuxième étage samedi dernier.

Ce week end, c'est promis, on va tâcher de faire des trucs sympas, utiles et gratifiants. D'élever un peu le niveau de jeu. Lire, faire un peu d'histoire peut-être ?

Le Plume vous salue bien.


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jeudi 20 janvier 2005

Bien fait pour moi.

M'apprendra à pas faire grève.

je n'ai pas fait grève parce que j'hésite toujours à faire grève pour des questions salariales, lesquelles à ma connaissance étaient les seules revendications concernant l'enseignement supérieur ; je n'ai pas fait grève parce que mon absence aujourd'hui aurait retardé considérablement des projets que j'ai envie de voir aboutir depuis longtemps ; je n'ai pas fait grève parce qu'un certain nombre de collègues qui aménagent sur un nouveau site sont tributaire de nous pour pouvoir travailler la semaine prochaine... bref, je n'ai pas fait grève.

Et j'ai été bien puni.

De 9h30 à 17h, rien que de très normal, je suivais une formation pour pouvoir configurer le matériel WiFi que nous sommes en train d'installer ; intéressant, pas simple du tout, et quelques moments de solitude pour cause de sous-dosage de caféine.

Après ça, on passe dans la quatrième dimension. Ne cherchez pas à régler votre moniteur...


Une passerelle pour nulle part, rue Watt, hier soir


Je réussis à récupérer les clés d'une voiture de service, le vélo ayant ses limite, et je file vers le point d'origine du déménagement dont je parlais plus haut. Enfin je file... La guimbarde arthritique qui tente de se faire passer pour une voiture de service m'y amène poussivement, à condition de toujours garder une main sur le starter (le baisser en ligne droite, le remettre à fond dès qu'on rétrograde, au moins pendant le premier quart d'heure ; après ça, il suffit d'en remettre un coup aux feux rouges).

Arrivé là bas, je galère comme un perdu pour essayer de déméler parmis les 150 et quelques cordons de brassage quels sont ceux qui appartiennent aux gens qui déménagent tout de suite et quels sont ceux qu'il ne faudra débrancher que dans huit jours. Finis par y parvenir et à libérer les deux switchs dont j'ai besoin à l'autre bout. Les démonte (pas légers ces trucs là).
Quelques reconfigurations plus tard, me rend compte qu'il est 19h30 et que l'accueil du bâtiment de l'autre extrémité du déménagement ferme à 20h. Sprint, avec switchs, cordons, outils, etc. pour tout charger dans la tire&nbs;; accélérations du tonnerre dans la côte de la rue de Tolbiac ; tours de pâté de maison car pas de place pour se garer ; trouvé place à 200m, re-sprint ; enfin, arrivée vers 19h45 dans le hall de l'immeuble, avec mes deux switchs sous le bras (pas si léger, des commutateurs-routeurs 48 ports 10/100+2 ports gigabit), mes 50 cordons autour du cou et ma saccoche à l'épaule.

Et évidemment, à l'accueil, il n'y a personne. "Il y a quelqu'un ?" Non, il n'y a pas. Et comme personne ne s'est soucié de nous trouver les badges d'accès nécessaires, je suis comme un con.

Et je retourne au point de départ, toujours avec le matériel. Le stocke dans un local adéquat. Remonte finir quelques trucs que je n'avais pas eu le temps de faire pour ne pas rater l'heure. Repars pour ramener la tuture.

Là, calages à répétition, jauge au plus bas... J'ai bien failli la laisser au bord du trotoir et rentrer en métro. Mais non, j'ai fais le plein, bien sagement. Et je suis rentré à Jussieu, ai récupéré mon vélo, et suis rentré à la maison.

Heure d'arrivée : 21h30. Moralité : il faudrait que je pense à arrêter d'être con.

Le Plume vous salue bien.


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mercredi 19 janvier 2005

De l'autre côté

Petit tour cet après midi par la face cachée du treizième arrondissement : depuis la rue du château des rentiers, la rue Regnault et sa descente de casse-cou le long de la petite ceinture -- sous la pluie battante, j'ai bien fait de régler mes freins il y a peu. Puis, par la rue du Loiret, on rejoint la rue Watt, qui mérite plus que jamais son titre de plus belle rue de Paris que lui avaient décernés Raymond Queneau et Boris Vian. Ce qui la connaisse comprendrons ; pour les autres, je mettrais une photo un de ces jours.

Après les rails, on se retrouve tout près de l'avenue de France et de ses immeubles de verre et d'acier. Mais on est au verso de ce recto, entre vielles clôtures, carcasses de voiture et la boue des engins de chantier. La pluie s'arrête ; nuages bas. C'est cinq heures, les chantiers sont arrêtés, les ouvriers sont parti se changer ; encore un peu et leurs voitures traverseront le silence de ce petit no man's land.


Rue Watt, cet après midi, 17h06.

Derrière les clôtures, derrière le périphérique, la centrale des Ardoines turbine dur pour éclairer, chauffer, machine-à-laver les Parisiens. Ses volutes sont belles, elles aussi.

Le Plume vous salue bien.


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mardi 18 janvier 2005

La tête en l'air

En sortant de déjeuner ce midi, au coin de la rue des Ecoles et de la rue du cardinal Lemoine (docteur de la faculté de théologie de Paris, né vers 1210 mais je ne sais pas la date de sa mort parce que le feu passe toujours au vert à ce moment là),

En sortant de déjeuner ce midi, le vent a subitement monté d'un cran et il s'est mis a neiger. Neiger, neiger, de gros flocons qui tourbillonnaient entre les barres de Jussieu, le vent qui s'engouffrait entre les tours , comme pour tout arracher, les tôles des palissades qui battaient come si le vent allait tout arracher, et la neige recouvrir ce qui reste,

En sortant de déjeuner ce midi, il a neigé, et puis ça s'est arrêté.

J'ai essayé de photographier la neige, mais ça n'a rien donné.


Blizard minute, rue Jussieu, vers 14h.

Le Plume vous salue bien.

 


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lundi 17 janvier 2005

Galette, vieilles poternes et jean trempé

 

Ce titre résume les grandes lignes de ma journée. Ce midi, une fois n'est pas coutume, agapes municipales à l'occasion de la cérémonie des vœux de la mairie d'arrondissement, à laquelle j'étais convié en raison je suppose du sacrifice de mes dimanches électoraux. Je pensais avoir à faire à un vague discours suivi d'un quelquonque apéro, c'était en fait un déjeuner (un buffet froid, mais tout de même...) suivi de la traditionnelle galette. Occasion de se tenir au courant de la vie locale et d'initiatives auxquelles on n'aurait peut-être pas prêté attention : la montée en puissance de la maison de l'architecture, dans l'ancien couvent des récollets (près de la gare de l'Est), par exemple, ou encore le renouveau de l'espace Jemmapes, qu'une nouvelle équipe de direction a fait sortir de son rôle de vague patronage pour en faire une véritable salle de spectacle en même temps qu'un lieu d'activité culturelles. Et puis pas mal de copains étaient là, que ça fait toujours plaisir de revoir.

Ensuite mon boulot m'a conduit dans les ruelles de Caracassonne, comme le prouve la photo ci-dessous :


Bon, OK, en fait, ce sont les arrières des bâtiments Louis XIII de l'hôpital Saint-Louis, cet après-midi...

Après ça, retour rive gauche, histoire de. Et puis en repartant ce soir, j'ai eu l'occasion de me remémorer tout le bien que je disais de la pratique du vélo comme moyen de transport. La misère, je vous dis pas. Et il faut absolument que je me trouve une dynamo avec garde-boue pour les jours de pluie : il m'a fallu la moitié du trajet pour comprendre ce qui faisait que ma jambe gauche était totalement trempée alors que la droite s'en sortait bien.

Le Plume vous salue bien.


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