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Des photos et des jours

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dimanche 17 avril 2005

Café et pousse-café

Comme promis, la recette de ma liqueur de café. C'est un mélange de plusieurs recettes trouvées ici ou là, avec une petite touche personnelle en prime.

Ingrédients :

Moudre les grains de café grossièrement - quelques secondes au moulin à café électrique, juste histoire de les broyer un peu. Important : le goût de la liqueur produite sera celui du café que vous avez utilisé. Donc, meilleur le café, meilleure la liqueur... Le café cubain que j'ai utilisé est très bien pour cet usage, à la fois aromatique et assez fort pour donner du peps' à l'ensemble.

Verser les grains dans une bouteille étanche de 75cl minimum ; ajouter l'alcool et, si vous le souhaitez, un zeste d'orange et une demi-gousse de vanille (j'ai fait sans) ; fermer la bouteille et remuer vigoureusement. Laisser macérer cinq à sept jours dans un placard sombre, en agitant une fois par jour.

Préparez un sirop en faisant bouillir le sucre et l'eau pendant dix minutes. On peut faire un mélange de sucre roux et de sucre blanc, mais dans ce cas, mettez plutôt 100g de chaque. Laissez refroidir un peu le sirop, puis ajoutez-le à votre tambouille. Si vous n'avez pas utilisé de zeste d'orange, ajoutez un verre à liqueur de triple-sec, histoire de faire comme si. Remettre à macérer cinq jours de plus.

Filrer l'ensemble ; un filtre à café dans un porte-filtre du bon format fait parfaitement l'affaire. Mieux vaut ne pas essayer de presser le marc, par contre il faut y mettre le temps. Mettre en bouteille. Patientez encore quelques semaines si vous y arrivez (minimum deux, mais la liqueur sera meilleure au bout d'un mois). Et voilà !

Très bon en dessert sur de la glace à la vanille ; pour un tiramisu, ça doit le faire aussi. Pour un Black russian, je conseille 10ml de liqueur pour 30ml de vodka plutôt que les 2/3 - 1/3 indiqué par les recettes habituelle. Maintenant que j'ai terminé les antibiotiques, je vais reprendre l'étude de cette question fondamentale.

Le Plume vous salue bien.



dimanche 8 mai 2005

Documentation nautique

Parmis le matériel réglementaire du plaisancier se trouve, en bonne place, la documentation nautique : tous les ouvrages nécessaire à la navigation dans la zone concernée. Ça inclue :

Évidemment, si le petit pêche-promenade avait tout ça à bord, c'est tout juste s'il flotterait... Du coup, un certain nombres d'éditeurs publient des ouvrages rassemblant toutes ces informations pour les zones de navigation usuelles - j'utilise à cet effet l'almanach du marin breton, sans m'interdire d'acheter pour le plaisir des ouvrages du service hydrographique et océanique de la marine que l'almanach résume.

Il reste toutefois les cartes. Ça, pas question de les remplacer par quoi que ce soit. Il est vrai que, lorsque l'on navigue autour de son port d'attache, on n'en a pas forcément besoin - quoi qu'on a parfois des doutes qu'il n'est pas déplaisant de pouvoir lever.

Ceci dit, la réglementation n'impose pas seulement de posséder la documentation nautique adéquate : elle exige également qu'elle soit à jour - c'est de simple bon sens, mais la réalisation ne va pas forcément de soi... En effet, si l'achat annuel d'un almanach nautique complet permet de s'épargner les mises à jour des livres des feux et autres guides du navigateur, il est clair qu'on ne va pas se racheter un jeu de carte tous les ans - plutôt plus cher que la Michelin de base, ces trucs là. Pour bien faire, il faut donc y reporter à la main, avec gomme, crayon, rapporteur et compas à pointe sèche, les corrections publiées dans les groupes d'avis aux navigateurs publiés toutes les semianes par le SHOM...


Quand la table de travail se transforme en table à carte : séance de mises à jour ce soir.

En fait, plein de gens ne le font jamais. Moi, de temps en temps, ne serait-ce que parce que j'aime ça. Ceci dit, pour être tout à fait honnête, ça faisait quelques années que je ne m'y étais pas collé. Ce qui me donne un retard conséquent à rattraper. Je n'avais même pas reporté le changement de balisage de Paimpol, qui a plus de trois ans maintenant !

Du coup, j'y retourne. Bon vent, comme dirait l'autre.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : j'y songe, les liens vers les groupes d'avis aux navigateurs ne rendront pas grand chose faute de récupérer les fontes spéciales qui vont bien... Bah, c'est juste histoire de donner une idée de la chose !



samedi 25 juin 2005

Craquement

Je le disais avant-hier : le sac à dos perdu était retrouvé, youpi, youkaïdi. Suis donc passé le lendemein matin le récupérer, dans les locaux flambant neuf du commissariat du 3ème arrondissement - miracle, il y était effectivement et je l'ai bel et bien récupéré ; tout était dedans, les clés, le chéquier, les trente-six câbles de tout poil et de toutes nationalités... Vu l'heure à laquelle il est arrivé au commissariat, il a dû y être amené dans les minutes qui ont suivies sa chute. Il y a peu de chance que mon bienfaiteur anonyme lise ces lignes, mais si c'était le cas, un grnad, grand merci.

Sur ce je retourne prendre mon vélo, mets le sac sur mon dos (on ne me la fera pas deux fois), enfourche l'engin et, lorsque le feu passe au vert (car j'essaye de respecter le code de la route, si, si), j'appuie sur ma pédale d'un molet décidé...

Et rien. Rien du tout. La pédale tourne dans le vide. Une rapide vérification me fait constater la présence de la chaîne à sa place réglementaire ; d'ailleurs, les pédales entraînent les pignons sans le moindre flottement - seulemment, ceux-ci n'entraînent plus la roue. Ce qui est tout de même le but de la manœuvre.

Cependant, après quelques coups de pied bien placés, tout semble rentrer dans l'ordre, jusqu'au passage devant la préfecture - l'endroit même où j'avais constaté la disparition de mon sac la veille, tiens. Là, tentative d'accélération pour se dégager d'un quelquonque foutoir, qui produit un craquement sinistre du côté de la roue arrière, et là, rien à faire : la roue libre était maintenant libre dans les deux sens, ce qui est un abus manifeste de liberté. Du coup, poussage du vélo jusqu'aux environs du Panthéon, où je devais récupérer notre voiture. On est passé tout à l'heure récupérer ledit vélo et je m'acharne depuis à tenter de le réparer...


La coupable roue arrière refuse de venir à récipiscence.

La pièce fautive, c'est ce cylindre rayé que l'on voit, débarassé de ses pignons, au moyeu de la roue. Sa remplaçante, munie elle de ses roues dentées, est sur l'établi à côté, avec dessus le fichu outil qui est censé permettre démontage et remontage de la roue libre. Tu parles ! Déjà, il n'est pas exactement aux cotes, il a fallu que je le rectifie. Ensuite, de toute façon, c'est grippé à mort, pris dans la masse, cuit et archi-cuit. Bah, en fin de compte, cette jante, elle commençait à fatiguer aussi...

Le Plume vous salue bien.

P.S. : il n'y avait pas que le vélo qui craquait hier ; moi-même, je ne me sentais pas très bien. Sensation d'apesanteur, comme Daffy Duck avant qu'il réalise qu'il y a le vide sous lui... Bah, ça va sûrement s'arranger ; un peu de vacance, ça ne va pas faire de mal.



dimanche 25 septembre 2005

Elaichi Gosht

(agneau à la cardamôme)

L'indien du dimanche soir du jour, d'après 50 Great Curries of India de Camelia Panjabi :

Pour deux, trois ou quatre convives suivant les apétits (cuisinier compris !) :
500 à 750g d'agneau (je prends généralement 750g à 1kg de gigot, que je désosse) découpé en petits cubes
un yaourt (les yaourts à la Grecque du supermarché du coin tiennent bien la cuisson je trouve)
36 cardamômes vertes
un verre d'huile (12cl)
une cuillère à café de poivre noir fraîchement moulu (acheter du poivre noir en poudre est une infâmie, de toute façon)
une cuillère à café de curcuma
une cuillère à café de piment en poudre
deux cuillères à café de coriandre en poudre
trois tomates hachées ou une demi boite de tomates concassées
sel

La marche à suivre : (mieux vaut s'y prendre assez tôt, la cuisson prend un bon bout de temps)

  1. Réduire les cardamômes en poudre avec un moulin à café et ajouter un peu d'eau pour en faire une pâte, ou les passer au mixer avec un peu d'eau. Battre le yaourt dans un bol.
  2. Faire chauffer l'huile dans une sauteuse. Y mettre la pâte de cardamôme et le poivre et frire trois minutes à feu moyen. Ajouter la viande, le curcuma, le piment et la coriandre et faire sauter dix minutes en remuant pour éviter que les épices collent au fond.
  3. Baisser le gaz et ajouter les tomates et le yaourt. Saler. Laisser cuire 5 minutes à feu moyen.

  1. Ajouter un petit litre d'eau, couvrir et laisser mijoter jusquà ce que la viande soit très tendre (compter deux heures). Je fais généralement réduire un peu la sauce pendant le dernier quart d'heure de cuisson, mais point trop n'en faut.

Voilà ; ça donne un curry à sauce assez fluide et particulièrement tonifiant. Le bouquin où j'ai trouvé la recette prétend que, dans la communauté sindhi de Bombay, on en sert tous les jours au femmes ayant accouché. Ça devrait donc suffire à me tirer de la vague crève de début d'automne que je me traînais ces derniers jours, je suppose.

On a mangé ça avec du riz et des pommes de terre au chat massala, mais ceci est une autre histoire. Et sur ce, je vous laisse pour aller passer ma cuisine au kärcher...

Le Plume vous salue bien.



jeudi 13 octobre 2005

Le grand pardon

Aujourd'hui vers 19h50 se terminait la célébration de Yom Kippur, le grand pardon - l'une des deux principales fêtes juives de l'années avec Pessah, la Pâque. J'étais pour l'occasion à la synagogue de la rue Notre-Dame de Nazareth, dans le 3ème arrondissement de Paris. La plus proche de chez nous, je crois, et surtout celle que fréquentaient depuis plusieurs décennies la mère et la grand-mère de mon épouse : n'étant juif ni par la naissance, ni par la foi, j'étais là en ami - ou plutôt en conjoint.

Je l'ai déja dit, je suis d'un naturel aussi peu religieux qu'il se puisse trouver. Seulement, voilà : les hasards de la vie, affublés comme souvent de trais féminins (et d'ailleurs charmants) m'ont fait rencontrer le judaïsme, m'en rapprocher d'aussi près qu'il est possible sans qu'on en fasse partie. J'ai envie d'en parler un petit peu.

Dire d'abord à quel point le terme de judéo-christianisme est un leurre, peut-être une malhonnêteté. Un procédé, en tout cas, consistant finalement à inclure de grée ou de force le judaisme sous la bannière chrétienne, au prix d'une ignorance réelle ou simulée des spécifictés du judaïsme.

Pas de prétention à l'universalité. Pas de volonté de convertir. Accent sur la vie terrestre plutôt que sur une éventuelle vie ultérieure. Sur la loi plutôt que sur la foi. Finalement, ce serait plutôt la recherche des points communs qui prendrait du temps - à ceci près que chétiens et juifs ont un livre sacré en commun, ce qui n'est tout de même pas rien. Mais si le livre est le même, y lit-on la même chose ?

Mais surtout, le judaïsme, c'est la combinaison d'une religion et d'un peuple ; la religion d'un peuple, un peuple un peu particulier car ayant vécu des siècles au milieu d'autres peuples, sans s'isoler mais sans s'y fondre non plus. Dans le hall bondé de la synagogue, dont c'est la plus grande affluence de l'année, les gens se retrouvent, échangent des nouvelles, au grand dam dam des rabbins et des fidèles les plus observant qui tentent d'obtenir le silence par des chut ! courroucés qui s'ajoutent au bruit ambiant. Lorsqu'approche la fin légale du jour, la foule augmente encore ; certains prient, d'autre non ; il fait chaud, les enfants sont fatigués, ceux qui ont observé le jeûne commencent à vasciller sur leurs jambes ; et puis le silence se fait : après la bénédiction des cohanim sonne enfin le shofar, la corne qui clôt les célébrations. Moment de soulagement, d'embrassades, de joie d'être ensembles : une semaine après son début officiel, l'année peut commencer pour de bon.

Le Plume vous salue bien.


Illustration : une mezuzah, achetée je crois à Portland (Maine), qui orne le chambranle d'une des portes de notre domicile.



samedi 5 novembre 2005

Essai d'inventaire analytique d'un espace de travail

Nous avons la chance d'avoir chacun, dans notre appartement parisien, une pièce consacrée à nos travaux intellectuels respectifs. Mon bureau, si l'on doit l'appeler ainsi, a comme meuble principal une table qui est à proprement parler mon bureau - lorsqu'un dîner n'impose pas de la transformer temporairement en une table à manger, cataclysme éminemment salutaire en termes de rangement.

L'encombrement de cette table de travail est en effet un problème récurrent. Je ne me souviens pas d'avoir jamais eu, même dans mes années de collège, de bureau qui ne soit pas un vaste foutoir... En tant qu'historien des techniques, cependant, je m'intéresse à l'organisation spatiale des espaces de travail. Pourquoi ne pas faire l'inventaire de celui-ci ?


Vue aérienne de mon bureau il y a dix jours, quelques jours après le dernier rangement en grand - la situation décrite ci-dessous est nettement plus complexe...

Analysons donc. Cet espace est divisé en quatre zones fonctionnelles aux délimitations mouvantes.

au centre, L'outil de travail par excellence : l'ordinateur portable accompagné de son clavier externe et d'une souris. Derrière lui, une sorte de no man's land contenant une lampe de bureau, un tour de CD petit modèle contenant des CD vierges, un double décimètre que je ne retrouvais plus et une paire de ciseaux.

À droite, au plus près de la porte d'entrée, un espace consacré à la dépose temporaires d'objets, parmis lesquels : une boite à gâteaux japonais contenant divers instruments d'écriture et un compas à pointe sèche ; une tour de CD (moyen modèle) contenant diverses sauvegardes et l'un des disques de Flight simulator 2004 ; le guide vert Michelin de la ville de Rome ; mon Palm ; mes clés ; une agraffeuse de gros calibre ; un petit meuble à trois tiroirs dont l'inventaire serait trop longs mais qui contient entre autre un étui à lunette, mon passeport et pas mal de courrier ; un classeur à fiches ; un casque de bicyclette ; trois fiches bristol de couleur bleue intitulées La Pipaudie, Grosbot et Guillot ; deux fiches bristol de couleur verte intitulées mines de fer et sable et terre à mouler ; une saccoche pour guidon de vélo ; posé sur cette dernière, L'invention technique au siècle des lumières de Liliane Hilaire-Perez que j'avais entrepris de lire dans mon bain.

À gauche, un espace plus spécifiquement réservé aux documents que je consulte lorsque je suis devant l'ordinateur : trois feuilles griffonnées contenant mes notes pour mon exposé d'hier ; un plan de la ville de Rome ; un cahier aux couleurs de l'UC San Diego contenant des notes prises depuis deux ans et d'innombrables feuilles volantes ; une version intermédiaire de ma bibliographie ; une pile d'ouvrages à inclure dans ladite bibliographie : Apologie pour l'hisoire, ou : Métier d'historien de Marc Bloch, Mine et Métal, d'Anne-Françoise Garçon, La Charente révolutionnaire, 1789-1799, de Jean Jézéquel, La banque Seillière-Demachy, une dynastie familiale au centre du négoce, de la finance et des arts ainsi que Gilbert Romme (1750-1795), actes du colloque de Riom ; en dessous, une boite de fiches bristol vierges ; The Hobbit, de J.R.R Tolkien ; une chemise pleine de photocopies d'articles et documents d'archives ; la carte géologique de la France du BRGM au 1/50.000, feuille de Montbron ; la carte IGN au 1/25.000 de Ruelle ; un numéro du New Yorker daté du 19 septembre ; Missionnaires de la république, de Michel Biard ; quelques numéro de l'hebdo des socialistes, encore sous plastique ; une carte de la province de Bergame, don de l'office du tourisme ; un paquet de papier calque au format A4.

Au fond à gauche, hors de portée de main donc : un vieux téléphone portable et son alimentation ; l'alimentation du Dell ; un micro-ordinateur portable Apple Ibook et son alimentation ; un catalogue de vente par correspondance d'accastillage et vêtements de mer, une boite de cartouches d'encre pour Art Pen (si quelqu'un retrouve le stylo qui va avec, je suis preneur) ; la boite de ma carte WiFi ; un câble USB débranché qui se demande un peu ce qu'il fait là.

Je crois que je devrais ranger mon bureau.

Le Plume vous salue bien.

(correction : les fiches bristol bleues et vertes sont maintenant sur le parquet.)



jeudi 26 janvier 2006

Déménagement

Et voilà : le déménagement de ce blog est désormais officiel. Certes, 20six est sorti de son coma, mais dans quel état... Il reste du travail à faire ici, ça, oui, mais sur 20six, plus envie de me fatiguer - plus confiance, terminé, fini. Je garde là-bas les notes existantes, bien qu'elles ne soient plus accessibles par la base de donnée pour cause de perte des permaliens et que leur mise en page nouveau style soit apocalyptique. Ça me permettra de retrouver vos commentaires, qui sont difficilement transportables ; quant aux anciens messages, je les reproduirais ici petit à petit, afin que d'ici quelques semaines ils soient tous disponibles.


La dernière fois qu'on a déménagé en vrai, ça donnait quelque chose comme ça (Paris, avril 2000).

Bon, comme il y a 600 entrées dans la rubrique principale, ça ne se fera pas en un clin d'œil, sauf si je trouve moyen d'automatiser le processus. Enfin, le moyen je le connais mais ça suppose un peu de programmation, donc ça risque de ne pas être pour tout de suite vu que j'ai pas mal d'autres trucs sur le feu. Quant aux rubriques secondaires, pour le moment, elles disparaissent (si ce n'est bien sûr dans l'ancien weblog où elles restent accessibles). Après tout, je peux très bien parler d'histoire ou de bouquins ici même.

Rappelons la contrainte de départ de ce weblog : chaque jour, un message illustré par une photo - généralement de mon cru, sauf mention contraire. C'est la contrainte que je me suis imposé dès le début, ne serait-ce que parce que pour moi un weblog est une page personnelle avec une dimension temporelle en plus ; je l'ai à peu près respectée, à une interruption majeure près dans les débuts (avril-mai 2004) et quelques éclipses faute d'accès internet ou toutes autres raisons.

Bienvenue ici, donc. J'espère que vous serez quelques uns à me suivre - je n'ai jamais eu un lectorat de journal à grand tirage, de toute manière. N'hésitez pas à me faire remarques, reproches et récrimination si vous le souhaitez : les commentaires sont là pour ça.

Le Plume vous salue bien.



jeudi 9 février 2006

D.O.B.

Je ne m'étendrais pas sur mon anniversaire - j'ai beau être resté un grand enfant, je dois reconnaître que le temps qui passe me réjouis moins que quand j'en était un petit. Enfin, j'ai tout de même été gâté à souhait, ça je ne suis jamais contre. Mais le Dob dont il s'agit ici n'est pas (ou pas seulement) l'abréviation anglaise de « date de naissance. »


Mister Dob, figurine de Takashi Murakami, sur nos étagères, février 2004.

Vous avez peut-être observé les petits personnages de la vignette qui orne la marge droite du bandeau de titre. Ou en tout cas qui remplit ce rôle à ce jour ; pas exclu que je change ça de temps à autre. Ces deux charmantes figurines montées sur une marguerite sous Prozac et brandissant des têtes de mort, ce sont Kaïkaï et Kiki - d'ailleurs, c'est écrit sur leurs grandes oreilles. Ces figurines sont des versions miniatures des sculptures de l'artiste japonais Takashi Murakami, dont nous avions découvert le travail au musée des beaux-arts de Boston en 2001 ; il a exposé depuis en Europe, y compris à Paris.

Dans sa galerie de personnages inquiétants, revenus des dessins animés pour se venger, voici Mister Dob - lui aussi c'est écrit sur ses oreilles. Bonsoir, Mister Dob.

le Plume vous salue bien.



dimanche 12 mars 2006

Mélange dominical

Belle journée. Dans l'air hivernal, des bouts de viande laqués prennent le soleil, sans qu'on puisse déterminer précisément de quelle sorte de viande il s'agit.


10ème arrondissement de Paris, aujourd'hui, vers midi.

Je sais qu'il y a des gens que ça gênent ; j'avoue avoir du mal à comprendre pourquoi. Somme toute, ce ne sont pas mes fenêtres.

Au bois de Vincennes cet après-midi, tout le monde était de sortie ; de nombreux enfants faisaient leur premières tentatives sur la bicyclette qu'ils avaient sans doute reçue pour noël, avec des résultats plus ou moins convaincants. Quant à moi, foin de ces enfantillages : j'inaugurais le support de guidon pour le GPS portable. Que j'avais eu pour noël.

Dans la télévision, notre premier ministre causait, paraît-il. Même pas besoin d'écouter : « le courage de moderniser », « les craintes de notre jeunesse », « la nécessité d'être pédagogue », etc. Faut dire, ils sont cons, ces Français, quand on prend une mesure qui leur nuit, ils s'obstinent à ne pas comprendre que c'est pour leur bien. Dans ces conditions, comment veux-tu ! Villepin avait pu faire illusion quelques mois mais c'est bien fini. Sur France Info, un UMP quelquonque rappelle que « le CPE est un outil fondamental de la lutte contre l'emploi » - c'est pas faux ça.

À propos, il m'est venu à l'esprit que la droite avait naturellement une tournure d'esprit d'ancien régime : elle adore multiplier les types de contrats, les dérogations, les exceptions, jusqu'à ce que chacun ait son propre statut social individuel et portatif ; elle aime affecter des ressources spécifiques à tel ou tel projet (genre, la prétendue journée de solidarité de Raffarin), en contradiction totale avec le principe républicain de l'unicité du trésor public. Cette révélation profigieuse m'étant venue alors que je roulais à vélo, je tenais à vous la faire partager, ah mais.

Sinon, ma rubrique Cartes sur table est dorénavant hebdomadaire et dominicale. En tout cas, elle l'est depuis maintenant huit jours.

J'avais pensé à plein d'autres choses pour ce mélange dominical mais ça m'échappe pour le moment. Dimanche prochain peut-être... Ah, si : image saisie en roulant en vélo sur le boulevard Saint-Martin, un groupe de gamines qui traînent, installées autour du buste de Johann Strauss - toutes vêtues de sweat-shirts dédiés à Nirvana et autres groupes plus récents dont je n'ai pas retenu les noms. J'ai trouvé ça sympa, comme image.

Le Plume vous salue bien.



mercredi 10 mai 2006

Grâce à nos canonniers

Les vacances étant finies, c'est le moment de s'occuper des souvenirs de vacances. Et notamment, ramenée d'un vide-grenier pluvieux bien que costarmoricain, devinez quoi : une assiette.

Compte tenu de la date indiquée et du motif, qu'elle m'ait particulièrement attiré l'œil n'étonnera pas ceux qui connaissent mes sujets de recherche... Au demeurant, j'ignore de quand elle date, ni où elle a été réalisée. Elle faisait partie d'une petite série commémorant la Révolution, d'une réalisation assez grossière ; aucune inscription au dos. Au hasard, je dirais fin XIXème, mais ça peut être plus tardif.

La question qui me titille dans l'affaire - et la raison pour laquelle j'utilise un extrait de la Carmagnole comme titre pour la troisième fois en un peu plus de deux mois - c'est la place que tient le canon dans l'imaginaire de la Révolution.

Les piques, par exemple, ça se comprend. L'arme du sans-culotte, facile à fabriquer, facile à manier... Mais le canon ? Peut-être une image de la puissance terrifiante de l'État, reprise à son compte par la Nation ? C'est une hypothèse qui en vaut une autre.

J'observe en tout cas que ce canon est manifestement de bronze, sinon il serait colorié en noir, comme les piques qui le surmontent. Normal, c'est un canon de l'artillerie de terre : n'en déplaise au bouquin de Magne dont je parlais l'autre jour et qui contient tout de même pas mal d'erreurs, les canons en fonte de fer étaient bel et bien réservés pour la marine, où leur poids plus important était moins handicapant.

Bref : l'histoire est dans l'assiette. Et l'assiette est sur le mur.

Le Plume vous salue bien.



mercredi 24 mai 2006

Vous êtes arrivés à Le Mans

Le Mans était autrefois célèbre pour les poulets du Mans, ce qui explique la photo ci-dessous. Le fait qu'étant arrivé par le train de 18h44, donc vers 19h15, je n'ai pas eu le temps de faire beaucoup de photos y est aussi pour quelque chose, avouons-le.


Un couple de poulets probablement sarthois mais photographiés dans notre passage dixième-arrondissementiste en mars 2004.

Le Mans disé-je étais jadis célèbre pour les poulets du Mans mais ils préfèrent aujourd'hui se revendiquer de Loué, sous le vil prétexte qu'ils proviennent de Loué et non du Mans. C'est ainsi que les poulets de Rennes se font appeler de Janzé, ce qui laisserait toute la place aux poulets de Bresse s'ils n'étaient pas confinés. Exeunt donc les poulets du Mans.

Les 24 heures par contre sont toujours du Mans, bien que se déroulant en réalité à Arnage. Apparemment, « poulets de Loué », ça fait vendre, mais «24 heures d'Arnage », ça fait pas vendre. Le marketing, ça me dépasse.

Les 24 heures sont donc du Mans. Mais les 24 heures, c'est pas tous les jours - le reste du temps, le Mans est par excellence une ville normale. C'est à dire une ville où des gens normaux essayent de mener leur vie du mieux qu'ils peuvent. Moi, je trouve ça plutôt bien. À moins que le Mans ne me semble une ville normale que parce que je la connais (très) mal depuis (très) longtemps. Je venais régulièrement rendre visite à une grand-mère (très) octogénaire ; du coup, mes souvenirs du Mans se limitent, en dehors de la gare, aux platanes de la rue des Maillets et à quelques jouets dépareillés dans le tirroir du bas.

À propos de gare, le Mans est aussi une ville où les voix synthétiques de la SNCF vous accueillent d'un barbarisme retentissant : « Vous êtes arrivés à Le Mans, trois minutes d'arrêt. » Bon, après tout, avant même d'avoir mis les pieds au Mans, j'habitais à Le Havre. Mais c'était une époque où les annonces ferroviaires étaient faites par un véritable humain - ce qui ne les empêchaient d'ailleurs pas d'être nettement plus incompréhensibles qu'aujourd'hui.

Le Mans est également la ville où Amédée Bollée a inventé l'autobus à vapeur en 1873 et où Charles VI est devenu fou le 5 août 1392. Alors que, bien après le dessert, je commençais à disserter sur cette question, Madame Plume a commencé à me tirer par la manche en me montrant sa montre du doigt. De la censure, voilà ce que c'est.

Le Plume vous salue bien.



jeudi 6 juillet 2006

Grondements

Après une journée lourde, qui collait aux sabots, les nuages montent et le lumière passe par toutes les teintes du jaune d'or au rose saumon, en passant par l'orange mandarine ; le tonnerre gronde ; parfois, quelques éclairs.


Vue vers l'est de notre fenêtre.

Le vent monte : c'est le suspens qui précède l'arrivée des premières gouttes qui s'écraseront lourdement sur le zinc.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : Oui, j'étais plutôt content du résultat du match d'hier. Mais cinq morts, est-ce bien raisonnable ?



samedi 29 juillet 2006

Vélocipède

Quoi de plus urgent, la veille du départ, que de régler les derailleurs d'un vélo qui va rester ici ? Rien, bien sûr. Et pour ce faire, je suis allé faire une acquisition que j'avais en vue depuis un temps certain : un pied d'atelier, permettant d'immobiliser l'engin dans une position compatible avec le travail.

Du coup, virée en scooter jusqu'à la porte de Montreuil (à Répu, il n'y en avait plus) et retour avec l'outil susdit. De fait, beaucoup plus facile de faire des réglages un peu précis quand le vélo n'est pas en équilibre précaire sur sa selle et son guidon.


La monture, comme à la parade.

Et demain, en route, sauf imprévu de dernière minute. Sur quatre roues cette fois, pour aller retrouver ce cher crachin breton. Et le bateau, bien sûr.

Le Plume vous salue bien.



lundi 16 octobre 2006

Il y avait plusieurs moutonsse

(Pagnol, Topaze, acte I, scène première).

Le mouton noir de la Civetta a un frère jumeau, paissant tranquilement sur les pentes de notre réfrigérateur. Le voici.


Notre petite ménagerie de cuisine. Fascinant, non ?

Ne m'en demandez pas plus pour ce soir : après une heure passée dans les vapeur de colle cyanoacrylate les fumées de polypropylène fondu, je me sens un cran en dessous du mouton aimanté, question QI.

Demain, c'est promis, je vous expliquerai en détail la composition et le renouvellement du Congrès des États-Unis, en prélude aux élections du 6 novembre. Mais pas ce soir.

Le Plume vous salue bien.



dimanche 12 novembre 2006

Cartothèque

Je profite de la 25e entrée de ma rubrique Cartes sur table pour m'offrir un moment d'auto-satisfaction : je suis assez content de ma cartothèque.


Morceaux choisis répandus sur le parquet.

Si j'ai bien compté : 105 carte terrestres pliées et 12 à plat, 30 plans de villes, 11 cartes marines, 15 atlas (petits ou grands)... Le tout couvrant nettement plus de pays que j'en ai visités, évidemment. Et ça sert à quoi, me direz-vous ? Pour certaines cartes, à retrouver son chemin ; pour d'autre, à rien, sinon à regarder.

Pendant qu'on y est, deuxième source d'auto-satisfaction : le curry dominical, dont le seul mélange d'épices est tout un programme. Cumin, graines de fenouil et de moutarde, nigelles, fenougrec, une pincée de curcuma... Miam !

Le Plume vous salue bien.



mercredi 21 février 2007

Il est frais, mon poisson, il est frais !

Je vous assure : j'avais prévu une entrée d'une haute tenue intellectuelle sur Stendhal et les plaines de l'Italie du Nord. Mais voilà : ce soir, c'était sushi maison, et après ça et un demi litre d'Asahi, je pense que je vais remettre ces prouesses à plus tard.


Le corpus delicti avant sa disparition, ce soir, vers les 9h .

Le bouquin qu'on aperçoit sur l'image (Kay Shimizu, Sushi at home) est une bonne base pour se lancer dans la fabrication de sushi. Évidemment, il vous faudra disposer du bon riz (on m'en ramène de temps à autre du Japon), d'un peu de matériel, de vinaigre de riz, de poisson irréprochable et d'une bonne dose de talent. Pour le talent, il faut reconnaître : c'est Madame Plume qui fournit !

Le Plume vous salue bien.



dimanche 4 mars 2007

Vélocipède

Aujourd'hui, petit tour avec le moyen de transport le plus efficace qui soit en termes de rapport énergie/distance parcourue ; je veux bien sûr parler du vélo. Bon : tout efficace qu'il soit, j'ai pu constater le manque d'entrainement de la motorisation - en l'occurence, ma pomme. Dur, dur, la reprise...

Notons au passage que le vélo, au même titre que l'aluminium, la voiture, l'éclairage électrique et, un peu plus tard, l'avion, est un produit de ce qu'on a appelé la deuxième révolution industrielle, à la fin du XIXe siècle. Les premiers vélos modernes, avec deux roues à rayons de même diamètre, entraînement de la roue arrière par chaîne et guidon monté directement sur la fourche (légèrement inclinée) de la roue avant date des années 1880. Les pneus gonflables datent de 1888, les dérailleurs de 18951*. En 1903, c'est le premier tour de France...

On répète aujourd'hui que le changement technique va de plus en plus vite. Mais la somme d'innovations de la période 1880-1910 est absolument étourdissante ; innovations qui passent en quelques années du prototype à l'objet de tous les jours... Réfléchissons deux minutes. Pouvez-vous citer, pour les trente dernières années, des innovations technologiques aussi spectaculaires que celle que j'ai mentionnées plus haut ? Des perfectionnement, certes, mais pas grand chose de réellement nouveau. Le téléphone portable, peut-être ?

Nous sommes dans une période de relative stagnation technique. Et nous ne le savons même pas.

Le Plume vous salue bien.

* cf. le chapitre 1er de D.G. Wilson, Bicycle science, 3e édition, MIT Press 2004.



jeudi 24 mai 2007

Mrs Dalloway, c'est moi

Mrs Dalloway, c'est ce roman d'un jour où, pendant que les restes de l'Angleterre victorienne se délitent à grande vitesse, une riche londonienne s'occupe de la grande affaire du moment : sa grande soirée mondaine. Je ne suis ni riche, ni londonienne, mais malgré tout, hier soir, on recevait. Et comme on avait pas mal de monde (genre : la capacité maximale de notre surface habitable) et que d'autre part on ne fait pas venir les gens pour qu'ils regardent trois cacahouètes rances se battre en duel dans un saladier en plastique, ça représentait un peu de boulot, question organisation.


Vue sur les desserts avec les entrées en arrière-plan.

Aujourd'hui, retour au calme ; retour des meubles à leur place habituelle ; évacuation des cadavres champenois ; et retour à mes pages d'écriture. Un tout petit peu tout petit pe-tit peu...

Un mini-tiramisu pour la route ?

Le Plume vous salue bien.

P.S. spécial copinage : si un jour vous cherchez un traiteur sympa, inventif et super bon : Les doigts à la bouche, marché Saint-Martin, 31 rue du Château d'eau, Paris 10e. Miam.



dimanche 10 juin 2007

Les fins fonds (d'écran)

L'actualité, il vaut mieux ne pas en parler. Des années après son adoption (à l'initiative du gouvernement Jospin, merci M. Jospin), le quinquennat donne enfin sa pleine mesure : un véritable effondrement démocratique, où les seules élections réellement déterminantes pour l'avenir du pays se décident dans l'indifférence générale, effacées par les rodomontades démagogiques de l'élection présidentielle... N'en parlons plus.

Fort opportunément, on me donne un autre sujet de discussion : à savoir, quelle image utilisé-je comme fond d'écran sur l'ordinateur duquel je vous écris présentement.

Oui, je sais, j'ai des icônes en vrac partout ; je vois mal pourquoi je rangerais mieux mon bureau virtuel que mon bureau réel. Et encore, pour faire la capture d'écran, j'ai fermé d'un coup de Windows-M magistral la quinzaine de fenêtres ouvertes qui masquaient totalement ledit fond d'écran...

La photo qui orne l'écran, donc : elle est de moi, bien sûr, prise en 1997 avec l'appareil photo paternel (un boitier réflex Pentax AS-500 fort bon bien qu'ayant tout juste mon âge), appareil que j'avais emprunté pour mon voyage en Afrique du Sud. J'avais d'ailleurs employé cette image dans une de mes toutes premières entrées de ce weblog, il y a plus de trois ans maintenant...

C'était dans les montagnes qui séparent Petit Karoo et Grand Karoo, les Swartberge ; l'arrière-plan confirme qu'elles sont de couleur plutôt sombre, d'où le nom. Nous nous étions arrêtés quelques instants en haut d'un col pour laisser refroidir le moteur de la jeep Suzuki hors d'âge qui nous servait de moyen de locomotion ; là, comme seule végétation, des champs de protéas sauvages en fleur...

Tel est mon fond d'écran. La coutume étant de transmettre ce genre de corvées à d'autres, j'en appelle à Sappholfaire (histoire de voir si son image de fond a changé depuis la dernière fois que je l'ai vue), à MeryllB qui a sûrement ramené des images compromettantes de son séjour à Hong Kong et à Flivo, que je soupçonne d'être un amateur d'art éclairé (ou rétro-éclairé s'il a un écran plat. Sel est dispensée pour m'avoir elle-même transmis la chose. Avis aux volontaires désignés : si vous ne vous exécutez pas, votre vélo va brûler, votre cafetière produira du thé et votre chat s'enfuira dans le soleil couchant avec la souris du voisin.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : un grand bravo au parti socialiste qui foire royalement le parachutage du ségoliste Malek Boutih du côté d'Angoulême (4e de la Charente) : il arrive troisième derrière le maire UMP d'Angoulême et une candidate socialiste dissidente. Comme lui n'a pas assez de voix pour se maintenir, il faudra bien appeler à voter poure elle... Merci d'avoir joué.



vendredi 24 août 2007

Intermède

Petit intermède dans cette série scandinave - avec notre petit jardin botanique à nous tous seuls, juste devant nos fenêtres.


Un peu de verdure au cœur de Paris, début août.

Du laurier, du romarin, du thym, un olivier... Tiens, c'était un jour de beau temps, il y en a donc eu cet été.

Marrant, je me rappelle très bien l'été 77 - en Bretagne, le petit chemin qui descend en travers du jardin transformé en ruisseau par les pluies continuelles. J'avoue que je ne suis pas entièrement déconfit de ne pas avoir pu aller vérifier si, trente ans plus tard, le résultat était le même.

Le Plume vous salue bien.

(Boîtier Pentax P30, objectif Autochinon 50mm f/1.7, pellicule Fuji Pro400H.)



mercredi 19 septembre 2007

Emportées par le vent

Je ne joue plus aux légos, c'est vrai, pour le moment tout au moins ; par contre, je joue toujours aux photos - plus que jamais. Outre la recherche du boîtier idéal et des objectifs de mes rêves (je commence à avoir un assortiment d'optiques assez satisfaisant, d'ailleurs), je fais de plus en plus de photos comme ça, pour voir ce que ça donne. En argentique, la réponse n'est pas immédiate ; ça fait tout le sel de l'affaire.


Vigne vierge, Paris, 11 septembre 2007.

Je me suis par exemple acheté des bagues d'allonge que l'on intercale entre le boîtier et l'objectif pour obtenir un effet de grossissement. J'ai évidemment testé le dispositif avec toutes les cibles qui passaient à ma portée - par exemple les feuilles de la vigne vierge que nous avions installée sur la grille protégeant une de nos fenêtres et dont les feuilles tournaient au rouge à l'approche de l'automne. Le résultat n'est pas déplaisant, je trouve. Même si la rançon de l'affaire est une profondeur de champ très courte, ce qui oblige à des choix cornéliens pour la mise au point...

Les feuilles d'automne n'ont pas eu le temps d'être emportées par le vent : la réfection annoncée d'une façade de l'immeuble nous a contraints à ratiboiser la vigne vierge pour la mettre hors de portée des peintres. Elle repoussera l'an prochain !

Le Plume vous salue bien.

[boîtier Pentax MZ-10, film fuji Pro400H, objectif Riconar 55mm f:2.2 + bagues d'allonge 19.2mm]



jeudi 31 mars 2005

Ouvrir des passages

...c'est ce que j'essaye de faire ici depuis bientôt un an. Enfin, je crois. Tirer des fils entre des lieux, des images, des textes, des petits morceaux de monde.


La cour des petites écuries vue du Faubourg Saint-Denis, photo prise à 17h13 et à 18h42 le 12 septembre 2004.

Ou alors, peut-être que j'aime bien montrer mes photos et pérorer un peu autour ?

Le Plume vous salue bien.



vendredi 7 avril 2006

Journée

Une journée qui commence par une nuit : comme la madame, elle avait une traduction à boucler pour ce matin, de mon côté, j'ai avancé mon cher mémoire - le tout jusque vers les 4h du matin.

J'avais prévu quelques trucs à faire ce matin, mais finalement j'ai passé mon tour. Surprise ! Et j'ai faillit louper ma réservation de 14h à la BNF, vu que j'y suis arrivé vers 15h. Mais bon, j'ai pu me plonger avec délectation dans les Transactions of the Newcomen Society - société dont je suis membre depuis peu, ce qui ne me donne hélas pas accès directement aux anciens numéros des Transactions. C'est ballot.


L'auguste fronton du hall de gauche de la gare de l'est - réplique de l'ancien embarcadère de Strasbourg qui constitue le hall de droite, il date de l'entre-deux-guerres, d'où la martiale figure de Verdun qui la coiffe.
Quant aux relations entre la Marne et la Meuse, qui l'eut cru ?

La BNF ferme à 20h et je devais aller chercher mon neveu à la gare (Montparnasse, pas de l'Est) à 21h30. Une heure à tuer, donc ; comme j'avais garé la voiture au parking de l'immeuble de bureau qui abrite la présidence de l'université, j'en ai profité pour mettre à jour le système du cœur de réseau du bâtiment - à cette heure là, un vendredi, c'est pas comme si ça gênait qui que ce soit...

Montparnasse, un peu plus tard, tout va bien - reste à rentrer à la maison et aller acheter un hot wings bucket au KFC du coin ; pour une fois qu'on a un ado à la maison, on en profite !

Le Plume vous salue bien.

P.S. : pour la légende de la photo, merci à Clive Lamming, Paris ferroviaire, Parigramme, 1999/2005.



mercredi 25 juillet 2007

Objectivement

Reçu ce matin mon nouvel appareil photo, qui n'a pas grand chose de nouveau d'ailleurs puisqu'il a dans les 25 ans d'âge... Je crois que c'est la première fois que je fais un achat sur ebay, et c'est plutôt une affaire, à première vue. Bien sûr, je ne pourrais en être certain que lorsque j'aurais fait développer mon premier film ; en attendant, plaisir de retrouver les gestes de la photo manuelle comme je la pratiquais dans mes débuts : mise au point, réglage de l'ouverture, de la vitesse...

Plaisir aussi d'un objectif dont le diaphragme ouvre vraiment : le petit zoom que j'avais acheté avec le boîtier que j'avais déjà n'ouvrait qu'à f:4, celui-ci ouvre à f:1,7 : visuellement, la différence est assez saisissante. S'il n'y avait eu que l'objectif pour le même prix, ça aurait déjà été un bon achat. Objectif que je peux d'ailleurs utiliser avec le MZ-10 : c'est tous les deux du Pentax et tous les deux avec la même monture.

Promenade à pied dans le quartier et du côté des gares, hitoire de tester la bestiole. Et vous avez droit en attendant à une photo numérique prise sur les lieux :


ICE, le TGV allemand, cet après-midi, gare de l'Est.

Pour les photos du nouvel appareil, il faudra attendre un petit peu : je n'ai trouvé qu'une pellicule 36 pauses. Mais comme je suis curieux de voir le résultat, ça ne devrait pas traîner.

Au passage, acheté deux CD de musiques classique pour élargir mon répertoire. Côté baroque avec des sonates pour flûte et clavecin de Bach, et du XIXe siècle français avec Saint-Saëns. Ça m'a, objectivement, coûté plus cher que l'appareil photo.

Le Plume vous salue bien.



lundi 17 janvier 2005

Galette, vieilles poternes et jean trempé

 

Ce titre résume les grandes lignes de ma journée. Ce midi, une fois n'est pas coutume, agapes municipales à l'occasion de la cérémonie des vœux de la mairie d'arrondissement, à laquelle j'étais convié en raison je suppose du sacrifice de mes dimanches électoraux. Je pensais avoir à faire à un vague discours suivi d'un quelquonque apéro, c'était en fait un déjeuner (un buffet froid, mais tout de même...) suivi de la traditionnelle galette. Occasion de se tenir au courant de la vie locale et d'initiatives auxquelles on n'aurait peut-être pas prêté attention : la montée en puissance de la maison de l'architecture, dans l'ancien couvent des récollets (près de la gare de l'Est), par exemple, ou encore le renouveau de l'espace Jemmapes, qu'une nouvelle équipe de direction a fait sortir de son rôle de vague patronage pour en faire une véritable salle de spectacle en même temps qu'un lieu d'activité culturelles. Et puis pas mal de copains étaient là, que ça fait toujours plaisir de revoir.

Ensuite mon boulot m'a conduit dans les ruelles de Caracassonne, comme le prouve la photo ci-dessous :


Bon, OK, en fait, ce sont les arrières des bâtiments Louis XIII de l'hôpital Saint-Louis, cet après-midi...

Après ça, retour rive gauche, histoire de. Et puis en repartant ce soir, j'ai eu l'occasion de me remémorer tout le bien que je disais de la pratique du vélo comme moyen de transport. La misère, je vous dis pas. Et il faut absolument que je me trouve une dynamo avec garde-boue pour les jours de pluie : il m'a fallu la moitié du trajet pour comprendre ce qui faisait que ma jambe gauche était totalement trempée alors que la droite s'en sortait bien.

Le Plume vous salue bien.


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dimanche 18 décembre 2005

Hôpital et Charité

L'ancien hôpital Saint-Louis est une des plus beaux exemples parisiens d'architecture de la fin du règne d'Henri IV, avec la place Dauphine et la place des Vosges. Il a été construit aux alentours de 1610 sous la direction de Claude Vellefaux, qui a une avenue dans le coin. Combinaison de brique et de belle pierre de Paris, c'est vraiment une réussite.


Quadrilatère Saint-Louis, Paris 10ème, ce matin vers 10H.

Le problème, c'est que, comme une bonne partie de l'actuel 10ème arrondissement, il s'agit de bien mauvais terrains : du marécage draîné occupant le « col » du nord-est parisien, entre butte Montmartre et Belleville. Et du coup, le sol bouge dans tous les sens et le bâtiment menace de tomber en ruine.

Le problème de ce problème c'est que, vu l'élargissement des fissures, visibles d'ailleurs sur cette photo,on lance des interventions en urgence, avec foreuses et marteaux-piqueurs - sans trop s'inquiéter des conduites qui pourraient se trouver là... Résultat, les chercheurs exerçants leurs talents dans le coin se sont retrouvés privés de tout accès réseau pendant 46h suite à une coupure de fibre optique. Et résultat de ce résultat, j'étais ce matin sur place avec plusieurs autres pauvres diables de mon espèce pour coordonner les travaux de réparation de ladite fibre.

Ça remarche. Je suis donc maintenant en vacances pour de vrai ; d'ailleurs, dès demain, je pars pour les vertes collines charentaises - qui risquent de n'être pas trop vertes en cette saison, évidemment.

Le Plume vous salue bien.


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jeudi 26 avril 2007

Pendant les élections, le travail continue

Eh oui : c'est pas tout ça de spéculer sur le report des voies centristes, il faut aussi gagner son pain à la sueur de son frond...

La sueur, ce n'était pas une grande performance que d'en produire aujourd'hui à Paris : après une matinée frisquette, on a eu droit à une chaleur moîte, ambiance Houston ou Miami - avec un décor plus traditionnel, tout de même.


Le « carré Saint-Louis », dans la cour de l'ancien hôpital, Paris Xe, ce midi.

Le gagne-pain, aujourd'hui, c'était la mise en place de la téléphonie sur IP dans un institut de recherche voisinant l'hôpital Saint-Louis. Et comme d'habitude, ce qu'on croyait pouvoir faire en deux heures en prend finalement quatre. Mais bon, ça marche comme on voulait, ou à peu près.

Et puis, dans ces conditions, le sandwich sur la pelouse, le dos contre un maronnier, avec les bâtiment en pierre et brique du XVIIe siècle en toile de fond... Petit moment de pause (et non de pose) au cœur de la ville.

Le Plume vous salue bien.



mardi 14 septembre 2004

métropolitain

La pluie m'ayant dissuadé de rentrer en vélo hier soir, je suis allé au boulot en métro ce matin. Quel événement inouï n'est-il pas ? En fait ça faisait un moment que ça ne m'était pas arrivé. Depuis l'arrivé du beau temps au printemps dernier, en fait... Indice supplémentaire de l'arrivée de l'automne. En été, le métro, ça sert à se transporter au petit matin blême, chargé comme un baudet, vers la gare de son choix ; le vélo fait le reste.


Métro Château d'Eau, le 3 septembre dernier, vers 8h.

Un truc marrant : je n'avais jamais remarqué ces décorations croquignoles avant ce petit matin de TGV atlantique où j'étais d'humeur à photographier à tout va...

Le Plume vous salue bien.


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dimanche 12 septembre 2004

Au passage

Passage n.m. 1. Action, fait de passer. Le passage des hirondelles. Le passage du rires au larme. 2. Lieu où l'on passe. Ôtez vous du passage. 3. a. Petite rue passant sous le premier étage des maisons sur une partie au moins de son parcours. b. Voie piétonne couverte ; galerie marchande. Le passage des panoramas à Paris. (Petit Larousse illustré, 1998).

Mais les passages du Xème arrondissement ne font pas partie de ceux qui fascinaient tant les visiteurs étrangers de la Belle Epoque, comme le passage des panoramas, justement. Ils répondent plutôt à un problème de gros sous : comment construire le maximum de logements (ouvriers pour l'essentiel) dans ces pâtés de maisons longiligne compris entre les faubourg Saint-Martin et Saint-Denis et le nouveau boulevard de Strasbourg, devenue fort attractive avec l'arrivée des gares et l'explosion industrielle du Nord parisien. Multiplier la voirie transversale, quel gâchis de mètres carrés ce serait ! Alors on crée de longues cours et des passages, soient bordées d'immeuble, soit traversée par des barres successive, suivant ce qui permet le meilleurs rapport entre nombre de logement et superficie de la passerelle.  Ces passages ne sont généralement pas couverts (pourquoi le serait-ils ? Pas de belles dames à chapeaux fleuris dans le coin, juste des fichus et des casquettes) et porte la trace d'un équilibre urbain original entre logements ouvriers et petite industrie dont les ateliers occupent les rez-de-chaussée. Crochets aux portes pour attacher les rênes de la carriole du livreur, fontaines parfois vaguement ornées de statues de fonte pour abreuver le canasson... Voilà nos passages.


Passage Brady, 12 septembre 2004, 18h30.

Histoire de me contredire, la passage le plus connu du quartier est bel et bien couvert : le passage Brady (dans sa moitié ouest du moins, sa moitié est n'ayant rien de bien particulier à part quelques pavés), seule tentative de transition du 3. a. au le 3. b. du Larousse. Ses restaurants indien bon marché (pakistanais pour la plupart), ses épiceries (tamoules), ses salons de coiffure. Et ses verrières, évidemment.

Le Plume vous salue bien.


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mardi 24 juillet 2007

Faubourg de mer

Ça sent la Méditerrannée sur la placette du faubourg : sous les parasols, boulettes de poisson, sandwichs tunisiens, assortiment d'olives et Tapuzina pamplemousse. Le ciel est bleu comme une orange, les nuages ne font que passer. En terrasse, par contre, on s'attarde.


Longue pause déjeuner près du Faubourg St-Martin aujourd'hui.

On discute, on rigole, on fait des projets ; certains partent, reviennent... On parle pays lointains, dates de départ : la patronne part ce soir, sa valise est faite. Le petit-fils fait un peu le service, haut comme trois pommes : il en renverse très peu. Le thé à la menthe, bien après le café : il se fait tard, non ? « Mais non, tu penses, il est à peine quatre heure ! »

Jour de vacances, entre République et Saint-Martin.

Le Plume vous salue bien.



dimanche 16 avril 2006

Home sweet home

Vu qu'on nous offre un deuxième dimanche demain pour s'agiter, aujourd'hui, c'était repos. Presque fini Centennial, décidément excellent ; quant au korma de côtelettes, il vallait le coup de se donner la peine.

À l'occasion d'un ravalement, nous avons eu l'occasion de voir les structures sur lesquelles reposent notre home, sweet home - si on était propriétaires, ça nous inquiéterait peut-être un peu ; comme locataires, ça nous donne l'occasion d'admirer l'ingéniosité de la chose.


Sous le crépi, la planche à clou : structure d'un des immeubles de notre passage.

le grillage a été posé dans le cadre des travaux en cours mais les innombrables clous plantés dans la poutre avaient la même fonction : permettre au crépi de tenir sur le bois. C'est donc pour ça qu'ils sont dans tout les sens, pas parce qu'ils avaient été plantés par un bricoleur particulièrement maladroit (« Aïe, mes doigts ! Et c'est la trentième fois aujourd'hui ! »).

Sinon, dans la rubrique cartographique, un petit coup de Californie - San Diego, bien sûr. Parce qu'il y d'autre chez nous que là où on habite.

Le Plume vous salue bien.



vendredi 9 juin 2006

Douze travaux

Ici, les douze travaux d'Hercule continuent. Enfin, les cinq chapitres d'Hercule plutôt.


Bas reliefs de la porte Saint-Denis, Paris, 3 juin 2006.

Et pendant ce temps, le sport envahit la télévision. J'en ai regardé dix minutes, lors d'une pause ; décidément, autant je peux rester planté devant un match de rugby, autant, non, le football, décidément, c'est pas mon truc. Ce qui, il faut le dire, tombe particulièrement bien cette année.

Le Plume vous salue bien.



samedi 3 juin 2006

Siècle de Louis XIV

En histoire, c'est bien naturel on a tous nos marottes et, à l'inverse, nos zones grises, les époques auxquelles on n'a pas franchement envie de s'intéresser. Moi, ce qui me botte le moins, tout compte fait, c'est l'époque de Louis XIV - le prétendu siècle de Louis XIV qui, pour n'avoir pas duré cent ans fut cependant fort long. Je ne dis pas que ce soit sans intérêt, mais, franchement, je le laisse à d'autre.

Et de fait, ça ne loupe pas, de temps à autres on se retrouve avec de grands dossiers dans les magazines les plus réacs du paysage sur le thème : « au temps où la France dominait l'Europe » et autres fadaises. D'ailleurs, une des meilleures ventes d'un ouvrage historique en France a été le Louis XIV de François Bluche, paru début 1986 au moment ou la Droite française, sonnée en 81, est sur le point de reprendre le pouvoir ; une étudiante d'Alain Cabantous (historien autrement plus intéressant que Bluche, d'ailleurs) a montré que l'immense majorité des acheteurs de cet ouvrage avait été actifs dans le mouvement en faveur de l'école dite libre deux ans plus tôt.

Bref, le Loulou, je leur laisse, merci beaucoup. Enfin, j'aimerais bien, parce que, sauf à me refuser le moindre petit coup dans le rétroviseur, mon sujet me force à m'intéresser un minimum à la fin du règne de Louis XIV - ce à quoi je m'employais cet après-midi.

Et lorsque je fais un break pour aller acheter légumes et bidoche, qu'est-ce qui m'attend sur le pas de la porte ? Ça.


La porte Saint-Denis, érigée en l'honneur de Ludovico Magno pour ses victoires aux Pays-Bas et sur le Rhin. Photo prise vers 16h cet après-midi.

Bonne occasion de ricaner sur la lourdeur de la statuaire à l'antique, alors que le printemps semble vouloir montrer le bout de son nez dans le ciel du Faubourg.

Sur le chemin du retour, une vieille charade qui n'a rien à voir me trotte dans la tête :

Vous la connaissez tous ? OK, je remballe et je retourne à ma rédaction.

Le Plume vous salue bien.



lundi 26 septembre 2005

À la Clairefontaine m'en allant promener...

Il fut un temps où la base de l'économie, c'était la production : production agricole, production industrielle... En d'autre terme, le travail, ça servait à faire des choses ; au bout du compte, on pouvait poser un truc sur la table et dire : «voilà le travail ! »

Nous sommes maintenant, nous dit-on, dans une société de service, c'est à dire une société où l'on ne crée pas de la valeur ajoutée en consacrant du temps à produire, assembler ou améliorer des objets mais où l'on fait tourner l'argent, sous forme de flux financiers bien sûr mais pas seulement : Le versement de salaires, qui serviront eux-même en grande partie à acheter des services, fait intégralement partie du circuit. La notion de croissance permet d'évaluer la vitesse de cette circulation - chacun espérant que l'augmentation générale du flot accroîtra le débit du petit bief qui passe par son compte en banque. Comme je suis le premier à nourrir cet espoir, moi qui d'ailleurs suis payé à fournir un service auxilliaire au bon fonctionnement d'un service (l'enseignement supérieur) financé essentiellement en France par prélèvement de l'État sur le flot susdit, j'aurais mauvaise mine à me lancer dans une diatribe contre je ne sais quelle décadence - là n'est pas mon propos, de toute façon.

Tout simplement, je regrette qu'on ne s'émerveille pas assez de l'activité productrice en général. J'entends, productrice de biens palpable, les secteurs primaires et secondaires, comme on disait naguère. Du coup, j'aime qu'il y ait dans ma ville des ateliers, des usines en activité - de la production. en particulier, j'aime que subsiste en plein Xème arrondissement les usines Clairefontaine/Exacompta ; j'ignore d'ailleurs s'il y reste une activité de production mais la présence même de ces immeubles, à deux pas des bars branchouilles du canal Saint Martin, a quelque chose de rassurant.


Quai de Jemmapes, vendredi dernoer.

Sur ce, ayant passé ma journée à sillonner Paris, sans d'ailleurs que ça me permette de rendre tellement service à la collectivité (en tout cas pas autant que je le souhaitais), je vais me rendre à moi même un grand service et rentrer à la maison.

Le Plume vous salue bien.