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Des photos et des jours

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jeudi 12 mai 2005

Jours tranquiles à Saint-Germain-des-Prés

J'ai un chantier à superviser ces jours-ci dans des coins que je ne fréquente guère : les confins des 6ème et 7ème arrondissements, pas si loin de Montparnasse sans toutefois sortir de l'ancien faubourg Saint-Germain. On y trouve des ambassades, des palaces (le Victoria Palace Hotel n'est pas bien loin) des boutiques de luxe et quelques vénérables bâtiments universitaires.

Juste en face de l'Alliance française, le numéro 96 du boulevard Raspail n'offre pas grand chose au passant : un mur de pierre et un portail en fer, peint de ce vert bouteille si typique des cages d'escaliers de cette ville - raison pour laquelle, je suppose, il fût adopté par la société des transports en commun de la région parisienne. Et derrière, pas grand chose non plus, si peu même : une cour pavée, quelques arbres ; une loge de concierge tout à fait charmante et un pavillon en béton de l'entre-deux-guerres, carractéristique de l'école de Le Corbusier, d'une part, et de la mauvaise qualité des bétons armés de l'époque, d'autre part ; un ancien hôtel particulier de trois ou quatres étages, partagé entre diverses institutions d'enseignement supérieur et de recherche ; quelques arbres, au milieu de tout ça.


Boulevard Raspail, hier matin. Un petit morceau de ville hors du temps.

Le Plume vous salue bien.



mercredi 1 juin 2005

Ciel, lumière

Juste un ciel de Paris pour ce soir :


Paris, rive gauche, 31 mai 2005.

Un ciel, une lumière : la fameuse lumière des peintres, celles pour laquelles ils parcouraient le monde - les ciels de Constable dont parle Roubaud, par exemple. Est-ce qu'on regarderait le ciel pareil s'il n'y avait pas la peinture ?

Le ciel était là avant malgré tout. Et on le regarde depuis qu'il y a des yeux pour ça.

Le Plume vous salue bien.

Jacques Roubaud, Ciel et terre et ciel et terre, et ciel. John Constable, Flohic éditions, 1997.



jeudi 23 juin 2005

Jour sans

Fini les ciels bleu profond : aujourd'hui, chaleur moîte, ciel de plomb sur nos toits en zinc - avant qu'éclate l'orage de 18h, comme dans tout pays tropical qui se respecte.

Pour être honnête, cette photo n'a pas été prise aujourd'hui, mais lundi, où un ciel assez semblable n'a pas apporté les orages désirés. Pas prise aujourd'hui, pour une raison assez simple : il s'agit d'une capucine appartenant à des bureaux sis boulevard Raspail où je devais me rendre sans faute aujourd'hui - c'était l'un de mes trois rendez-vous urgents du jour. Sauf que je n'y ai pas mis les pieds. Les deux autres ont foiré tout pareil d'ailleurs.

Ça commence ce matin, en pleine forme après quelques tartines et une grande tasse de fort bon café guatémaltèque. Un message sur le portable alors que j'étais en train de désamarrer le vélo : un chantier que j'aurais dû annuler pour des raisons administratives avait bel et bien commencé... Il s'agit d'une histoire obscure de paperasses qui n'avait pas pu être faite dans les temps, bref, le truc casse-pied au possible. Consignes prises : je dois me rendre sur place sur le champ pour faire tout arrêter. Youpi, c'est dans les fins fonds du 13ème, ça me fait faire du sport. Passablement préoccupé, j'attache mon sac à dos sur le porte-bagage histoire d'éviter d'avoir le dos en sueur et je pars joyeusement... jusqu'au feu rouge de la rue de la Cité où je jette un coup d'œil derrière moi. Pas de sac évidemment. Rebrousse-chemin infertile jusqu'à la maison, où je me rends compte que bien entendu mes clés étaient dedans - mais pas le porte-feuille ni le Palm ni le Canon, c'est déjà ça.

Le reste de la journée a été à l'avenant. Sans compter qu'il a fallu rentrer à la maison poser un verrou supplémentaire, Madame Plume m'ayant fait judicieusement observer que le sac contenait à la fois un chéquier (donc mon adresse) et les clés permettant d'accéder sans effraction à ladite adresse. Et puis refaire des clés, au prix de plusieurs aller-et-retour chez le Maître des clés du coin qui s'était gourré d'ébauche - c'est bien entendu à ce moment-là que la pluie est tombée en cataracte...

Ce jour, 23 juin 2005, est officiellement décrété jour sans pour votre humble serviteur.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : scoop de dernière minute, le sac aurait été ramené dans un commissariat où je pourrai le récupérer demain matin. Il n'aura pas volé ses 24h de garde à vue, tiens !



samedi 2 juin 2007

Enfonçage de portes ouvertes

Un truc marrant : il est question ces derniers temps d'une « loi sur l'autonomie des universités » - autonomie qui leur avait déjà été accordée par la loi Edgar Faure de 1969, conséquence directe, horresco referens, du mouvement de Mai 1968. Du coup, on entend pérorer journalistes et politiciens qui, de droite comme de gauche, parviennent à se mettre d'accord sur un point : que les universités devraient être libres de choisir leur corps enseignant à leur guise.


Une relique de l'ex-université de Paris (avant 1969), boulevard Raspail.

Ce qu'il y a de marrant là dedans, c'est que c'est déjà le cas, et depuis longtemps. Vu que visiblement tout le monde ne le sait pas, je réexplique - même si d'aucuns parmi mes lecteurs auraient plus de titres à en parler.

Au sein de chaque université et pour chaque discipline, une « commission de spécialiste » est chargée d'évaluer les dossiers des postulants aux divers emplois d'enseignants-chercheurs, d'auditionner ceux qui lui paraissent les plus prometteurs et d'établir un classement des candidats les plus appropriés. C'est ce classement, validé formellement par le conseil d'administration, qui détermine le recrutement.

Ces commissions sont composés d'enseignants-chercheurs de la discipline concernée : s'il s'agit d'élire un maître de conférence, maîtres de conférence et professeurs des universités y siègent ; si c'est d'un poste de professeur qu'il s'agit, seuls les professeurs décident. Les membres de la commission sont pour les deux tiers élus au sein des enseignants-chercheurs de l'établissement, et pour un tiers des membres extérieurs, en postes dans une autre université. Globalement, on ne fait pas franchement plus autonome, comme mode de décision.

Que veut-on changer au juste ? Je ne vois pas trop... À moins bien sûr que les journalistes et politiciens mentionnés plus haut n'aient pas la moindre idée des procédures existantes et s'imaginent que le recrutement du supérieur soit identique à celui du secondaire ; que d'autre part ceux qui savent utilisent cet enfonçage de portes ouvertes comme cache-sexe pour des mesures beaucoup moins consensuelles.

Mais je vois le mal partout...

Le Plume vous salue bien.



vendredi 4 mars 2005

Luxembourg

C'est l'hiver aussi au jardin du Luxembourg -- qui est ouvert, lui, merci messieurs les sénateurs (*). Enfin, presque : les bords de la mare étaient fermés au public. Et moi qui voulais louer un petit bateau !


Parfait pour un picnic, verndredi 4 mars 2005, 13h07.

D'accord, aujourd'hui, c'était peut-être encore un tout petit peu tôt en saison pour déjeuner d'un sandwich sur les chaises du Luxembourg. Méthode Coué, quand tu nous tiens... Disons que nous n'avons pas traîné et que pour le café nous avons préféré le Rostand au tables en plein air de la buvette du jardin.

Le Plume vous salue bien.

(*) Parce que pour le jardin des plantes, ces jours-ci, c'était tintin...


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lundi 10 juillet 2006

Hunny

Enchaînement logique : après l'ours hier soir, les ruches. Parce que dans les ruches il y a du miel, et tous les lecteurs de Winnie the Pooh et de Sylvain et Sylvette savent que les ours se nourissent essentiellement de miel. Il n'y a que ces arriérés de bergers pyrénéens qui ne le savent pas et qui persistent à croire que les ours sont omnivores, volontiers carnivores quand l'occasion se présente, et rudement bien équipé pour ça en plus.

Du coup, ces vulgaires bouseux osent contester l'importation d'ours slovènes dans les montagnes où ils vivent en permanence. Voyons, Messieurs, ne savez-vous pas que seuls les écolos savent ce qui est bon pour vous, à Paris comme en Bigorre ? Rue du faubourg Saint-Denis, ils vous expliquent doctement que faire rouler les vélos à contre-sens dans une rue rétrécie par leurs soins, très fréquentée par les petits camions de livraison et bordée de bites métalliques est absolument sans danger pour qui que ce soit ; dans les alpages, ils expliquent tout aussi doctement qu'il suffit de parsemer les troupeaux de chiens qui se prennent pour des moutons, et le tour est joué. Ils savent, eux ; ils ont deux mètres cube de rapports d'experts à vous sortir si vous osez dire que, bein, franchement, ça ne vous semble pas une très bonne idée, leur truc.

Mais je m'égare. Photo.


Les ruches du jardin du Luxembourg.

Dans le fond du Luco, à l'abri de la vue de messieurs les sénateurs, se trouve une école d'apiculture. On m'assure que, durant les leçons, le petit portail qui y donne accès est fermé à clé, afin qu'en cas de panique dans une ruche un stagiaire ne parte pas en courrant, emportant avec lui tout un essaim vers les enfants des familles qui jouent au bateau.

Voilà. C'est tout. Un petit coin de verdure pour grignoter un bout de pizza entre amis par une belle journée d'été. Agréable.

Le Plume vous salue bien.



jeudi 26 mai 2005

Midi à sa porte

« Chacun cherche midi à sa porte » : l'expression est en bonne place au rang de celles que l'on connait bien, que l'on utilise parfois, mais sans savoir trop bien ce qu'elle veut dire. Et comme ceux qui l'utilisent n'en save pas plus que ceux qui l'écoutent et la réutiliseront, son sens disparaît peu à peu.

Mais ce n'est pas des pages rose du Larousse qu'il s'agit. C'est rue du Cherche-midi que ça se passe.


Paris, 6ème arrondissement, 11 mai 2005.

Un bout de mur en dentelle qui ne mure rien, un réverbère sous le soleil. Et une tour Montparnasse qui montre le bout de son nez.

Sinon, Basic Instinct, ça a plutôt mieux vieilli que Le Grand Bleu, ne trouvez-vous pas ?

Le Plume vous salue bien.



mercredi 15 mars 2006

De la superposition des ordres et des moulages dentaires

Je ne m'en suis pas vanté hier soir, mais j'en ai réussie une bien bonne. J'avais hier matin fait quelques modifications sur le réseau d'un de nos sites distants et je m'étais rendu compte après coup que j'avais oublié de faire la mise à jour système du routeur de site. Bah, qu'à celà ne tienne me dis-je : je la ferais de mon bureau, tranquile peinard . Le seul truc quand on fait se genre de manipulations à distance, c'est qu'à un moment, il faut redémarrer l'équipement et là, il n'est plus joignable tant qu'il n'a pas redémarré normalement.

Évidemment, pour ne pas gêner les utilisateurs, j'ai fait la manip' vers 19h30. J'ai chargé la nouvelle version du système, modifié quelques petits trucs pour être sûr que la nouvelle version soit prise en compte, et redémarré le bousin. Et évidemment, il n'a pas redémarré :

J'ai attendu attendu
mais elle n'est j'amais venue
zaï zaï zaï zaï (etc.)

Et voilà la raison pour laquelle je me suis retrouvé du côté de Saint-Sulpice ce matin, à l'heure (pour moi) très matinale de neuf heures moins dix.


l'église Saint-Sulpice en trois-quarts dos, Paris 6ème, ce matin, 10h45.

La solution du problème m'a pris pas mal de temps et de tentatives infructueuses qui n'ont pas dû me valoir l'amour des utilisateurs locaux (« Oh ! Ça remarche, vite je peux commencer mes saisies... Aaaaah ! C'est de nouveau cassé ! »). Comme c'est souvent le cas, le problème était à la fois très simple et passablement inexplicable. Une heure et demie de jurons avant d'en voir le bout, tout de même.

En cherchant la sortie, je tombe sur une fort jolie salle des thèses, respirant les années 20, avec sur la table du jury des cas pratiques propres à la spécialité du lieu : des moulages dentaires. Normal, il s'agit de l'institut d'odontologie. Je presse le pas.

En détachant le scooter, coup d'œil sur l'église : je ne suis pas un fan de ce genre d'édifices, avec la superposition un peu forcée des ordres (on voit très bien le dorique et le ionique sur la photo ; les laborieux pilastres corinthiens de la tour semblent être partis faire un tour) mais sous cet angle là, elle a un certain charme.

Clin d'œil d'histoire des techniques : regardez au dessus des chapiteaux doriques la ligne plus claire qui passe au centre des colonnes : c'est une saignée, comblée au plâtre, dans laquelle vous trouverez de solides barres de fer forgé liées les unes aux autres. Sans armature métallique, tout l'édifice se casserait la figure, faute de contrepoids pour empêcher les murs de s'écarter. Nouveau jeu : quand vous voyez des bâtiments néo-classiques, tâchez de repérer où est la ferraille : il y en a partout mais, contrairement à ce qui se fait dans le monde méditerranéen, elle est cachée au regard. Ne me demandez pas pourquoi.

Le Plume vous salue bien.



samedi 31 mars 2007

Fantômes illustres

Passez la porte du 23, quai Conti, et vous êtes transporté sur une autre planète. Un monde de marbre, de tapis rouges et d'antichambres feutrées : l'Institut de France. C'est là que siègent nos cinq académies : française, des sciences, de médecine, des sciences morales et politiques, des inscriptions et belles lettres.

Je m'y rendais pour consulter les archives de l'Académie des Sciences, un personnage clé de l'affaire à laquelle je consacre mes recherches ayant été « associé libre » cette institution. Par chance, je n'ai pas trouvé grand chose - j'ai déjà du mal à maîtriser ma documentation en l'état, l'augmenter démesurément aurait été périlleux ; pour autant, c'est une piste que je ne pouvais décemment négliger. Je me suis donc contenté de consulter et photographier les quelques documents pertinents... et de m'imprégner de la magie du lieu.


Buste de Marc Séguin, Académie des Sciences, vendredi 30 mars 2007.

En début d'après-midi, arrivé au bout du filon, je remballe, salue cordialement les archivistes* et redescends doucement l'escalier dérobé qui mène à ce sixième et dernier étage. Sans me presser, pour profiter encore un peu de ce monde parallèle.

Au coin d'un palier, une porte ouverte laisse appercevoir un buste de marbre. Sur la pointe des pieds j'observe : il s'agit de Marc Séguin, ingénieur et mécanicien, inventeur notamment des tubes à feu qui ont donné à la locomotive à vapeur un nouvel élan. J'ignorais qu'il eût été académicien ; un bon rappel de ce que l'Académie des Sciences a, malgré son nom, autant à voir avec l'histoire des techniques qu'avec celles des sciences.

Je remercie donc les fantômes de l'Institut de m'avoir fait ce sympathique clin d'œil.

Le Plume vous salue bien.

* accueillantes et efficaces, d'ailleurs, je tiens à le dire.



vendredi 30 mars 2007

Un jour de pluie

Il était hier question d'horizons océaniques - aujourd'hui, on avait un ciel atlantique, merci bien.


Ciel de pluie sur l'Institut, aujourd'hui, vers 14h.

Il y a même un goéland. Les goélands, je suis sûr qu'ils ont les mêmes à Plymouth, la rade dont sortit un jour de décembre 1577 l'escadre de Francis Drake pour retrouver le passage de Magellan, prendre à revers l'ennemi espagnol au Pérou, faire fortune, et toute cette sorte de chose. Si mes souvenirs sont bons, l'expédition a bien failli se terminer plus tôt que prévue, cueillie par une tempête du côté du Cap Lizard et réfugiée de justesse dans un port de Cornouaille, à quelques milles de son point de départ.

Les ciels du détroit de Magellan doivent ressembler un peu à ça, aussi - là où les tempêtes qui sans obstacle font le tour du monde rencontrent la bourrasque des williwaws qui dévale les pentes de la cordillière des Andes. À l'époque de Drake, certains pensaient qu'il s'était refermé, ce détroit - et vu sa largeur, ça aurait presque été plausible. Mais Drake l'a retrouvé. En fait, emporté par une tempête (une autre), ses vaisseaux on même franchi le Cap Horn, pénétré le Pacifique par ce que l'on nomme aujourd'hui passage de Drake, contournant donc la Terre de Feu par le Sud. Mais, vu qu'il n'y a pas de panneau « vous entrez dans l'Océan Pacifique », il est revenu sur ses pas quand la tempête s'est calmée, a franchi le Horn dans l'autre sens et il est remonté au Nord jusqu'à trouver l'entrée du détroit recherché - qui serpente entre Terre de Feu et continent américain. Trop fort.

Le Plume vous salue bien.



mardi 29 mai 2007

Eppur si muove

Pendant ce temps là, aux archives de l'Académie des sciences, de très vieux globes terrestres s'ennuient au fond de la classe et regardent par la fenêtre la pluie qui tombe sur le zinc des toits de Paris.


Institut de France, 30 mars 2007.

Au fait, l'utilisation du zinc est récente - avant, on ne savait pas raffiner son minerai sans qu'il s'évapore et se dépose sous forme de calamine dans les environs, et au passage dans les poumons des fondeurs. Alors, avant, on mettait quoi, sur les toits de Paris ? Eh bien, entre autres, du plomb, en feuille mince, comme le zinc. D'où plombier-zingueur, d'ailleurs. On a arrêté parce que si le zinc soumis à de fortes chaleurs, genre en cas d'incendie, s'évapore, le plomb, lui, fond, ce qui a des conséquences déplaisantes dans les étages inférieurs.

Les toits de paris étaient donc nettement plus foncés autrefois qu'aujourd'hui. Ce sera le factoïde du jour ; merci d'avoir suivi nos émissions.

Le Plume vous salue bien.



mardi 8 novembre 2005

Ordre public


Image de la puissance publique : une bombarde du musée des Invalides.

« L'Assemblée nationale, considérant que la liberté affermit les empires, mais que la licence les détruit ; que loin d'être le droit de tout faire, la liberté n'existe que dans l'obéissance aux lois ; que si, dans les temps calmes, cette obéissance est suffisamment assurée par l'autorité publique ordinaire, il peut survenir des époques difficiles, où les peuples, agités par des causes souvent criminelles, deviennent l'instrument d'intrigues qu'ils ignorent ; que ces temps de crise nécessitent temporairement des moyens extraordianaires pour maintenir la tranquilité publique et conserver le droit de tous, a décrété la présente loi martiale :

« Art. 1er. Dans les cas où la tranquilité publique sera en péril, les officiers municipaux des lieux seront tenus, en vertu du pouvoir qu'ils ont reçu de la commune, de déclarer que la force militaire doit être déployée à l'instant, pour rétablir l'ordre public, à peine d'en répondre perdonnellement.

« Art. 2. Cette déclaration se fera en exposant à la principale fenêtre de la Maison-de-Ville, et en portant dans toutes les rues et carrefours un drapeau rouge ; et en même temps les officiers municipaux requerront les chefs des gardes nationales, des troupes réglées et des maréchaussées, de prêter main-forte.

« Art. 3. Au signal seul du drapeau, tous attroupements, avec ou sans armes, deviendront criminels, et devront être dissipés de force. [...] »

Assemblée nationale, 21 octobre 1789 (Archives parlementaires, tome IX, pp. 475-476).


Rien de simple, en démocratie, dans l'idée de maintien de l'ordre. Je ne me risquerai pas sur ce terrain - je ne sais pas. Le débat ne date pas d'hier : le revoici.

Les amis étrangers m'appellent pour me demander des nouvelles, je ne peux répondre autre chose qu'« ici, ça va. » Ça va tellement bien qu'on pourrait être sur une autre planète. C'est bien ça le problème, non ? Ce n'est pas à ma voiture qu'on fout le feu... Je ne sais pas.

Inquiet, bien sûr. Le propre des « mesures de maintien de l'ordre, » quand elles sont prise à contre temps, c'est de faire aller de mal en pis... On verra.

Le Plume vous salue bien.



dimanche 11 février 2007

Hivernage

Il pleut. Une pluie d'hiver, une pluie qui dure. Sous les fenêtres le zinc qui couvre le cinéma voisin se mouchette d'abord, puis prend un gris sombre uniforme. Le vent agite les branches de notre petit jardin suspendu parisien. J'ai toujours 36 ans.

À ce propos j'ai trouvé un joli texte de Saint-Exupéry sur l'âge d'un homme - dans Lettre à un otage, que j'ai lu d'une traite, debout, la tranche du livre appuyée sur le rayonnage où je l'avais découvert. Mais l'âge dont il s'agit, c'est 37 ans ; ça attendra l'an prochain.


La gare d'Orsay vue du quai des Tuileries, lundi 5 février 2007.

Le projet qui m'avait amené au musée d'Orsay la semaine dernière est bouclé, puisque les agrandissements des photos que j'y avait faites sont arrivés jeudi chez leur destinataire en Californie du Sud. Le format de l'enveloppe Fedex utilisée (10×15") ne me permettait pas de m'y glisser.

Le Plume vous salue bien.



vendredi 9 février 2007

Tempus fugit

J'ai 36 ans aujourd'hui. Comme le temps passe...


L'horloge de l'ancienne gare d'Orsay, Paris, lundi dernier, 11h13.

Pour changer de sujet : les photos d'hier et d'aujourd'hui sont réalisées avec un film Fujicolor Pro 400H, aux couleurs beaucoup plus neutres que les Superia destinées au grand public - qui essayent toujours de transformer le monde en costume d'arlequin vivement coloré. Là, ce sont les gris, les beiges... Très bien pour l'hiver parisien, je trouve.

Le Plume vous salue bien.



lundi 24 mai 2004

L'amour, pas la guerre

Bon, vendredi, j'ai enfin été voir les collections d'artilleries de l'hôtel des invalides, dans l'espoir d'y trouver un canon de marine en fonte -- espoir déçu : comme d'habitude, il n'y a que des canons en bronze, plus spectaculaires et plus faciles à entretenir, avec en prime quelques pièces médiévales en fer forgé. J'y ai aussi vu ça :



Un canon qui n'a pas dû tirer beaucoup de coups, du strict point de vue de l'artillerie... Il s'agit d'une couleuvrine du duc de Wurtenberg, datée du XVIe siècle. A noter d'ailleurs la sculpture d'une couleuvre sur la volée du canon : puisqu'on vous dit que c'est une couleuvrine !

Sur ces martials (?) propos, le Plume vous salue bien.


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mercredi 8 mars 2006

Dansons la carmagnole

Je parlais l'autre jour de Saluzzo ; la ville de Carmagnola se trouve quelques kilomètres plus à l'est. J'ignore quel est le rapport entre la petite ville en question et le chant révolutionnaire bien connu :


Canons de bronze pour l'artillerie de terre, époque révolutionaire, Paris, musée des Invalides.

Madame Veto avait promis (bis)
De faire égorger tout Paris. (bis)
Mais le coup a manqué
Grâce à nos canonniers.
Refrain
Dansons la Carmagnole,
Vive le son, vive le son,
Dansons la Carmagnole,
Vive le son du canon !
Monsieur Veto avait promis
D'être fidèle à son pays.
Mais il y a manqué
Ne faisons plus d'quartier.
(au Refrain)
[...]
Oui, nous nous souviendrons toujours
Des sans-culottes des faubourgs.
A leur santé buvons
Vivent ces bons lurons !

Plus paisibles, tout de même, les barricades d'aujourd'hui. Si quelqu'un a une réponse à mon problème (le rapport entre la ville de Carmagnole et la chanson du même nom), je suis preneur. En fait, les canons sont très légèrement anachroniques puisqu'ils datent de l'an III alors que la chanson date de toute évidence de 1792. Mais on n'est pas à trois ans près. Et les canons du dernier couplet sont intemporels.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : je sais, c'est la journée de la femme - mais que voulez-vous, je n'ai pas trouvé de photo appropriée, étant donné bien sûr que je me refuse à utiliser ici des portaits. Ceci étant dit : bonne journée, mesdames.



jeudi 13 septembre 2007

Le livre qui manquait

Passé hier aux Invalides pour trouver le fameux bouquin manquant de ma biblio. Pas très utile après la fin de la bagarre, mais ce n'est pas parce que le diplôme est dans la poche que le sujet ne m'intéresse plus. Du coup, j'ai fait pour la nème fois le tour des canons de la cour d'honneur, comme il se doit...


Un curieux « canon à balles » du XIXème siècle, Invalides, 12 septembre.

Et le fameux bouquin, me direz-vous ? Intéressant, certes ; complète mon propos sur certains points. Ne le contredit pas, en tout cas, c'est toujours ça. Et, histoire de caresser mon ego dans le sens du poil, j'y ai trouvé quelques erreurs.

Si j'avais connu son existence, finalement, ça n'aurait pas changé grand chose - j'aurais sans doute raccourci le premier chapitre, c'est tout. Et encore...

Le Plume vous salue bien.



mercredi 12 juillet 2006

Assemblée

C'est l'été : Villepin ayant rengainé sa menace de maintenir les députés en session jusqu'à ce que de gré ou de force ils aient avalisé le changement de statut de GDF, la session parlementaire est close. Du coup, au Palais Bourbon, on ravale les colonnades :


Place du Palais Bourbon, hier midi.

De mon côté, panique générale pour boucler ma communication avant de partir. D'ailleurs, je crains fort d'avoir à y revenir d'ici dimanche... On verra bien.

Petite pause télé tout à l'heure : très beau reportage sur Arte sur la sidérurgie chinoise. Des parallèle étonnants avec mon sujet, d'ailleurs. Je n'ai noté qu'une grosse boulette dans le commentaire, peut-être due à la traduction française d'un commentaire allemand : le terme de «: haut fourneau » pour désigner un four à arc, bien plus proche pourtant de mes chers fours à réverbère. Quant aux vrai haut fourneau que l'on voyait par la suite, il aurait sans doute pu être mieux filmé. Mais on découvrait que la percée pour couler la fonte est un exercice au moins aussi perilleux que lorsque le gardeur attaquait la dame d'argile avec son ringard de fer forgé.

Le Plume vous salue bien.



samedi 21 janvier 2006

Chemin de fer

Allez, un p'tit coup de gnôle pour fêter le week-end ?


Un wagon-foudre du début du XXème siècle, Paris, Champs-Élysées, juillet 2002.

Parcouru l'autre jour la thèse de Peter J. Wexler, publiée en 1955, sur la formation du vocabulaire français des chemins de fer, de la fin du XVIIIème au milieu du XIXème. Il s'avère que, comme je le soupçonnais, le terme de chemin de fer lui-même n'a été accepté que progressivement et avec réticence. On emploie bien le terme de « chemin ferré » à propos de la fabrique de canons d'Indret, près de Nantes, à la fin du XVIIIème siècle :il s'agit semble-t-il de la première voie ferrée au sens moderne du terme a avoir été construite en France. Elle permettait de mener les canons de la fonderie, où ils étaient coulés, à la forerie, où on évidait l'intérieur pour en faire, ma foi, des canons.

Mais le terme semble impropre : ce n'est pas tout le chemin qui est de fer, mais seulement deux bandes de roulement... On propose alors « ornières ferrées, » à l'image des ornières de bois que l'on utilisait depuis longtemps dans les mines pour faciliter le roulage des wagonnets, mais des ornières, c'est en creux, alors que les rails ne le sont pas vraiment. Un traducteur propose, en 1803, le terme de grille-voie :

« Le mot primitif anglais, est composé de deux mots rail et way dont le premier signifie grille, la seconde voie. Cette expression m?a parue préférable à celle de chemin ferré. On aurait pu aussi bien adopter le mot rail-way comme le premier nom d?une chose nouvelle. »

(note en marge de la traduction d'un rapport sur le chemin de fer de la compagnie du Surrey, établie pour un conseiller d'État à Cologne, 1803, cité par Wexler, p.26.)

Et à vrai dire, si grille-voie n'a pas rencontré un grand succès malgré son exactitude linguistique, rail-way est longtemps resté dans les esprits - on le voit ressurgir à la fin du XIXème siècle pour désigner ce qu'on nomme aujourd'hui tramway.

Parallèlement, les matériaux utilisés ont évolués, ainsi que leurs appellations ;  début XIXème siècle, le terme de fonte de fer remplace celui de fer coulé. Le chemin de fer (coulé) devient donc le chemin de fonte  (de fer). Mais la fonte, trop cassante, est remplacée par du fer puddlé, forgé au laminoir : c'est le chemin de fer forgé, que l'on simplifie en chemin de fer. Le terme se stabilise, malgré le remplacement du fer par l'acier à partir des années 1860. Pourquoi « chemin de fer » en est venu à désigner le sytème de transport dans son ensemble, pendant que « voies ferrées » désignait le support, je n'en sais rien - peut-être parce que je n'ai pas lu cette thèse en entier.

Au fait, je vous avais déja dit que je m'intéressais aux trains ?

Le Plume vous salue bien.


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lundi 17 mai 2004

Do the locomotion with me

Pour le retour des beaux jours, une photo de l'opération choc réalisée par la SNCF et la ville de Paris en juillet 2003. Il s'agissait de promouvoir un nouveau "produit", le "Téoz" - nom ridicule pour un concept qui ne l'est pas moins : assujettir un Corail aux contraintes du TGV, tout en diminuant son confort et en augmentant son prix. Mais qu'importe le prétexte : voir rouler un train entre la Concorde et le rond-point des champs élysées, ça n'est pas rien ; admirer wagons et locomotives du musée de Mulhouse sans avoir à se rendre dans le Haut-Rhin, ça n'est pas pire.

À propos, d'autre que moi se souviennent-ils des serviettes en papier décorées de vieilles locos qui servaient d'essuie-mains dans les trains de grandes lignes ? J'étais tout môme, ce qui nous met dans les années 70 ; je serais bien empêché de préciser date ou lieu.

Revenons à nos moutons. Moi, contempler des bébêtes comme ça, j'aime bien :

Il s'agit de la locomotive Seguin de 1829, première locomotive de fabrication française, conçue pour le Lyon-Saint-Étienne. Elle inaugure la chaudière tubulaire ; les étonnants ventilateurs latéraux sont conçus pour accélerer la circulation des gaz dans les tubes. Ca n'a pas été une grande réussite, semble-t-il, et les locomotives Stephenson, plus rudimentaires, marchaient mieux et plus vite... Peu importe : c'est un bien joli monstre.

Et voilà, les historiens sont incorrigibles. Invitez-les à diner et ils vous endormiront l'assemblée avant même l'arrivée du gigot, retraçant en long, en large et en travers le glorieux passé de l'endive que vous leur avez servi...

Le Plume vous salue bien.



jeudi 30 juin 2005

Picasso

Dans mes réminiscences ferroviaires de l'autre jour, j'avais mentionné les autorails « Picasso ». En fouillant dans mes photos, je retrouve cette photo, beaucoup plus récente (c'était lors du grand raout de la SNCF sur les Champs, en juillet 2003), histoire de vous montrer ce dont il s'agit :

C'étaient ces autorails qui assuraient la navette entre Lannion et Plouaret, où la correspondance avec les trains Paris-Brest était assurée. Bien sûr, cette liaison existe toujours - enfin, bien sûr : les années Giscard ont faillit lui être fatale, même si Lannion est la deuxième gare du département pour le trafic voyageur.

De Plouaret, on part en direction de Brest avant d'obliquer vers la droite pour rouler au milieu des vaches sur le plateau trégorrois - l'arrêt d'une minute à Kerauzern, où je n'ai jamais vu personne monter ou desscendre du train, a été supprimé. Puis la ligne s'enfonce dans la vallée du Leguer, se tortillant entre les arbres avant de déboucher, presque par surprise, sur la gare de Lannion.

Évidemment, ce sont des rames modernes qui font ce trajet - d'autant que la ligne a été electrifiée. Les mécaniciens ne s'en plaindront pas, qui cuisaient dans les odeurs de graisse chaude dans leur cahute, juste au dessus du moteur. La gare de briques et de pierre a été remplacée par un bâtiment moderne de verre et d'acier qui évoque plus l'abri-bus géant que l'invitation au voyage ; le passage à niveau qui parvenait à embouteiller à lui tout seul la moitié de la ville (surtout si le chef de gare était lent de la manivelle) a été supprimé. Mais l'essentiel, c'est que cette liaison ait été maintenue.

Quand nous avions aménagé à Lannion, j'avais alors sept ans, je me rappelle avoir choisi ma chambre non pas en fonction de sa taille ou de sa décoration mais parce qu'elle avait la vue sur la gare. Le soir, lorsque j'attendais le sommeil (avec un succès généralement mitigé - pour ça non plus je n'ai pas changé), j'entendais partir la dernière navette, vers dix ou onze heure, correspondance avec le train de nuit pour Paris. Et comme ces machines avaient une transmission mécanique avec une bonne douzaine de vitesses, la note du diesel montait, redescendait au passage d'un rapport, remontait... jusqu'à ce que le son s'éteigne au loin. Et que du même coup je m'endorme, je crois bien.

Le Plume vous salue bien.



mardi 27 février 2007

Vapeur

J'aurais bien intitulé cette entrée « à toute vapeur » mais, franchement, aujourd'hui, ça n'aurait pas été honnête de ma part. Toujours est-il que, pour compléter la photo d'hier, voici une locomotive qui roulait sur ces mêmes voies (sinon sur ces mêmes rails) il y a 150 ans.


La Crampton n°80 des Chemins de fer de l'Est, Paris, juillet 2003.

La Crampton, c'est la machine des premiers véritables trains express - dont la vitesse en service commercial dépassait les 50 km/h, si, si ! Celle-ci fut construite à Chaillot en 1852 ; elle est conservée à la cité du train de Mulhouse où j'irais bien faire un tour un de ces jours. Après tout, je voulais déjà visiter ce musée quand, tout petit déjà, je lisais et relisais la publicité qu'en faisaient les serviettes en papier des toilettes de tous les trains de France...

Le Plume vous salue bien.



lundi 25 juin 2007

Embiellement

Aujourd'hui, un peu d'histoire des technique, tiens. Par exemple : qu'est-ce que le moteur à vapeur et le moteur à explosion ont en commun et qu'est-ce qui les sépare ?

Facile, me direz-vous. Ce sont tous les deux des moteurs mais il y en a un qui fonctionne avec de la vapeur et l'autre avec des explosions. ça n'est pas faux - mais ça n'est pas tout à fait ce que je voulais dire. Disons la chose un peu différemment : la machine à vapeur est, du début du XVIIIe siècle à la fin du XIXe, la seule manière pratique de produire de l'énergie mécanique au moyen d'un combustible. Produire de manière durable et contrôlable, disons - parce que les explosifs, on connaissait depuis longtemps. Le moteur à explosion apparaît à la fin du XIXe siècle et on le trouve maintenant partout, de la tronçonneuse aux superpétroliers. Alors, comment se développe le deuxième, par rapport à la tradition représentée par le premier ? Quelles conséquences ont les différences pratiques entre les deux ?


Bielles et cylindres de la locomotive 030 TA 628 de la Cité du train de Mulhouse, Paris, juillet 2003.

Je pourrais tenir une heure là-dessus, au moins - ça tombe bien, ça fera partie du cours que je dois donner l'an prochain. La réponse à la première question ferait sans doute intervenir les étranges moteurs à air chaud qui firent la joie des inventeurs de la deuxième moitié du XIXe. Quant à la deuxième, une réponse possible se trouve sur la photo ci-dessus : la vapeur permet une transmission « souple » de l'énergie, efficace à tous les régimes - plus efficace à petite vitesse, d'ailleurs, l'inertie du piston et des bielles étant défavorable aux régimes élevés. Le moteur à explosion (ou plutôt à combustion interne) dépend de la dynamique propre à la combustion du mélange dans le cylindre : il n'est donc réellement efficace qu'aux rythmes qui lui conviennent, donc dans une certaine plage de régime.

Du coup, alors que le piston des machines à vapeur peut être directement reliés aux roues motrices d'une locomotive, il est difficile d'en faire autant avec un moteur à explosion. Essayez de démarrer une voiture sans débrayer, vous verrez.

Donc : un véhicule à moteur à explosion, ce n'est pas seulement un moteur sur des roues - ce qu'est essentiellement une locomotive à vapeur : c'est tout un système de transmission avec embrayage et boite de vitesse, organes composés de pièces innombrables qui doivent toutes être parfaitement usinées. Pas si simple.

Voilà. J'aurais contribué à l'instruction publique - ou, à défaut, à la lutte contre l'insomnie.

Le Plume vous salue bien.



lundi 11 avril 2005

Le retour du retour du printemps

Depuis ce matin, je suis officiellement malade, étant donné que : a) je suis sous antibiotiques et b) je suis en arrêt maladie pour trois jours. C'est-y pas un progrès ça ?

Ceci dit, vu la météo (un beau ciel bleu comme ça, si ça tue pas les microbes...), je ne me suis pas interdit d'aller constater sur pièce le retour du retour du printemps dans les rues de Paris et sur les grands boulevards :


Face au Grand Rex, un platane ose enfin ses premières feuilles, cet après-midi vers 15h.

Et puis ça m'a permis de m'acheter de la lecture : le tome 2 de L'histoire des chemins de fers en France de François Caron, que j'attendais depuis des années et un ouvrage très alléchant de Pierre Serna, La république des girouettes, sous-titré 1789-1815 et au-delà, une anomalie politique : la France de l'extrême centre. Je vous en dirai des nouvelles dans la rubrique appropriée. Et un peu de musique au passage, une compil de Compay Secundo, que je recommande tous azimuths.

Résultat de quoi, après cette performance sportive majeure (une petite heure de marche nonchalante), je suis rentré aussi crevé que le marathonien moyen. La pleine forme, on vous dit. Finalement, la bonne vieille crève, moyennant de la cultiver un peu, ça a du potentiel.

Le Plume vous salue bien.



samedi 2 juillet 2005

Bergères, bergers...

De retour d'aller acheter mes guides de voyages sur les Grands Boulevards, passage devant les Folies Bergère.


Rue Richer, Paris 9ème, tout à l'heure.

Le quartier est aussi peu bucolique que possible ; la façade l'est tout aussi peu. Et pourtant les deux sont fort mal assortis... Ce simple fait, en plus de l'étonnement que m'inspirent ce genre d'établissements (Qui y va ? Qui pourrait avoir seulement envie de s'y rendre ?), méritait bien un blog...

Et puis, j'étais un peu léger en photos du neuvième arrondissement, je crois !

Le Plume vous salue bien.



mercredi 11 mai 2005

Arrière-cours

À Paris, il y a de grands boulevards, de très grandes bibliothèques, de grands théâtres (du Splendid, bien sûr) et peut être bien quelques grands ducs (en tournée, certainement). Mais il y a aussi des petits pères, des petites écuries, des petits carreaux, un petit musc ; il y a aussi des recoins qui vous surprennent, des perspectives qui s'ouvrent là où on les attend le moins, sans arcs de triomphe ni martial défilé.

En parcourant ma planche-contact, je réalise que ça fait un moment que je ne vous montrais plus le Xe arrondissement, à l'exception de quelques photos d'intérieur : sur les cinquantes dernières et sauf erreur de ma part, on trouve huit photos des États-unis, six du Japon, quatre d'Italie, trois du Groenland, deux d'Afrique du Sud et une de Gibraltar ; onze des Côtes-d'Armor, trois d'Ile-et-Villaine, du Finistère et de la Seine-Saint-Denis, deux de la Manche, une de la Sarthe ; treize du 5e arrondissement, cinq du 13e, deux du 20e, une du 1er, du 2e et du 6e. Par contre, les seules photos du 10e sont celles de chez nous. Un passage du côté de l'ancien hôpital Saint-Lazare m'a donné l'occasion de m'y remettre :


Entre l'ex-hôpital Saint-Lazare et le fort Chabrol de jadis, hier matin :
de vieilles bâtisses, derniers souvenirs de la petite industrie parisienne.

J'en profite pour revenir au format carré, que j'aime bien et que j'avais lui aussi un peu négligé, à quelques onrnithorynques près.

Le Plume vous salue bien.



mardi 15 novembre 2005

Quand le bâtiment va...

Et celui-ci, pour ce qui est d'aller, il s'en va franchement :


Le bâtiment annexe de l'ancien hôpital Saint-Lazare, Paris 10e, cet après-midi.

Eh oui : ce bâtiment se fait digérer en moins de deux par les mandibules d'une mante religieuse géante, sous les yeux un peu inquiets des usagers et personnels de la bibliothèque d'UFR qui se trouve encore au deuxième étage du bâtiment principal, juste en face, à une petite vingtaine de mètres. C'est de là que j'ai pris le cliché, d'ailleurs.

Suivant la formule consacrée : pendant les travaux (de démolition), vos commerçants vous accueillent !

Le Plume vous salue bien.



jeudi 24 novembre 2005

Pendant ce temps là, en haut de la rue...

Comme j'avais du mal à me lever ce matin, c'est le travail qui est venu à moi : je devais retourner à l'ancien hôpital Saint-Lazare, juste en haut de la rue, pour mettre en place un accès réseau temporaire : il y reste un dernier petit morceau de l'UFR qui était logée là jusqu'au mois d'octobre et qui a déménagé avec armes et bagages (rappelez vous de la fibre ensorcelée : c'était eux) à deux cent mètres de là. Avec armes et bagages, mais sans leur bibliothèque, restée en arrière pour d'obscures raisons de visa préfectoral en retard pour des travaux d'aménagements. À quelques mètres des bureaux de ces gens-là, il y a maintenant ceci :


Ancien hôpital Saint-lazare, cet après-midi.

ce qui est ballot, c'est que la distribution du chauffage central se faisait à peu près en dessous de l'endroit où se trouvent les pelleteuses - du coup, c'est devenu un peu délicat de monter le thermostat... Ce qui diminue nettement la motivation du personnel comme des usagers, je dois dire. J'ai moi-même eu quelques difficultés à configurer le routeur Netscreen de mes doigts gourds, surtout en utilisant comme console un Palm et son stylet. Les collègues en poste dans ces murs avaient trouvé la solution : brancher suffisamment de radiateurs sur une prise multiple pour que le cordon électrique lui-même participe au chauffage de la pièce. Il suffisait d'y penser.

Sinon, ça fait un drôle d'effet de travailler presque à domicile : croiser successivement dans la rue le voisin du dessus et le voisin du dessous, m'arrêter sur le trottoir pour discuter avec mon concierge alors que je trimballe deux équipements réseaux relativement encombrants... j'aime bien, en fait.

Sinon, en vrac : une bonne séance de séminaire sur l'histoire de la pensée technique ; un trajet peu enthousiasmant pour en revenir à vélo ; une abstention involontaire pour l'élection de mes secrétaires de sections, fédéraux et nationaux (pas eu le temps d'y aller ; des candidatures uniques, de toute façon). Et un petit coup de blues : les amis qui vivent loin, ça fait plaisir quand ils viennent mais, après, ils repartent.

Le Plume vous salue bien.



mardi 23 novembre 2004

Les nuits parisiennes

Hier soir, après deux épisodes de la saison 1 de "24" en DVD, yeux qui se ferment : au lit, demain il fera jour, etc.

Sauf que non. Vers une heure du matin, une alarme hurle, à 5m à vol d'oiseau de la fenêtre de la chambre à coucher. A vrai dire, il y avait eu une première alarme plus tôt, vers dix heures, mais on n'avait pas fait attention. Puis alarme de nouveau, toutes les cinq ou dix minutes. Arrivée de la maréchaussée, qui regarde la porte près de laquelle se trouve l'alarme, se gratte collectivement l'occiput pendant quelques minutes, puis, l'alarme s'étant arrêtée, lève le camp.

A peine les voitures reparties, rebelote. On finit par retrouver le numéro de portable d'un gars qu'on connaît à l'atelier de coupe voisin, on le réveille, il rappelle quelques minutes après : sa société de gardiennage est formelle, il n'y est pour rien. Bon. Sur ce, accalmie.

Vers deux heures, ça repart. Appel au commissariat, l'agent de permanence est courtois et bien embêté,  forcé de constater qu'il y a effectivement problème puisque je l'appelle depuis mon portable de devant la porte du restaurant voisin (voir photo), que j'ai fini par identifier comme étant la source du problème.


Le resto d'à côté, la nuit dernière, 3h11.

Il tente de rappeler la société de télésurveillance de cette alarme là ; je le rappelle quelque minute plus tard, il n'a rien obtenu d'eux, ils ne se déplacent pas sur site ; me donne leur numéro. A ce numéro une jeune femme à la voix empâtée n'a pas l'air de se rendre compte de ce que ça donne, une alarme dans un immeuble d'habitation. Le centre de télésurveillance se situe, il est vrai, aux alentours de Vierzon, où la densité de population est un peu moins grande que dans le dixième arrondissement, paraît-il. Le mot "dépôt de plainte" parvient à la convaincre d'appeler le directeur du resto. Elle me rappelle quelques minutes plus tard : il arrive.

Lorsque le type arrive, emmerdé comme tout et l'air un peu groggy, il nous trouve, le concierge et moi, en train d'installer une échelle à côté du machin à faire du bruit, prêts à passer au plan B...

Après ça, dodo pour quelques heures. Ah, les folles nuits parisiennes...

Le Plume vous salue bien.

ps : il semble qu'aujourd'hui les voisins aient afflués audit resto pour engueuler le patron, qui n'y pouvait mais. Marrant : à trois heures du mat', on n'étaient pas si nombreux à essayer de régler le problème.

pps: après relecture, il y a presque autant de portables qui sonnent que dans un épisode de 24, dans mon histoire. Heureusement, c'est plus court.


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mardi 13 avril 2004

bons tuyaux (suite)

En notre époque d'inflation réglementaire, je me débarasse de la règle "pair-impair" que j'avais suivie jusqu'ici et qui nuisait nettement à la cohérence.

Par exemple, les tuyaux, j'en ai plein... Ceux-ci traînent à la fenêtre d'une cage d'escalier du Xème arrondissement.

Ils illustrent peut-être mieux que ceux d'hier soir ce que je disais sur l'humain/inhumain dans la ville. Paradoxe lexical : on qualifiera d'inhumain le palais de Ceaucescu ou la ligne 4 du métropolitain un jour de grève, mais pas un sous-bois au printemps ou un coucher de soleil sur la mer...

Le Plume vous salue bien.


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jeudi 1 septembre 2005

Retour à Paris et retour au direct

De retour à Paris vers quatre heure cet après-midi. Le temps de prendre une douche et de lancer une machine à laver et je redescends faire trois courses·: des pompiers et des flics partout, la rue du château d'eau barrée... Un départ de feu dans le métro semble-t-il.


Métro Château d'eau, cet après-midi, 17h.

Outre que ça commence à faire beaucoup de départs de feu à Paris ces derniers temps, je ne peux m'empêcher de remarquer que rigoureusement rien n'a été fait, ni même annoncé, depuis l'incendie du métro Simplon, qui avait mis en évidence le carractère franchement dangereux de cette même ligne (la 4) qui est l'une des plus chargées de Paris, équipée de matériel hors d'âge, sans qu'aucun investissement ne soit prévu pour son remplacement. On change quelques carrelages et on équipe les stations du dernier modèle de banc anti-clochards mais, en dehors de ça, rien. Comme la politique des transports à Paris est de répéter «·transports en commun, transports en commun·» et de sommer tout un chacun de les emprunter, sans en accroître la capacité d'un iota (météor mange tout le budget paraît-il), j'aurais tendance à penser qu'on va au devant de graves difficultés, pour dire le moins.

Sinon, c'est bien bon d'être chez soi, ma foi.

Le Plume vous salue bien.



jeudi 25 janvier 2007

Paris au fil des jours

Les journées se suivent et se bousculent. Du coup, pas de longs discours : un boulevard parisien (celui que j'honore de ma domiciliation) par un beau jour de début d'été, une saison en pente douce, léger faux plat vers les grandes vacances, année mille neuf cent quatre vingt dix-neuf.


Paris, Boulevard de Strasbourg, juin 1999.

Vous savez l'effet que font les comédies française des années 70, Un éléphant ça trompe énormément, etc. Les images de Paris qui montrent Paris mais aussi le temps qui a passé depuis ; les mêmes bouches de métro, mais d'autres voitures, d'autres habits, une autre ambiance... Cette photo me fait un peu cette impression-là. Pas si loin, pourtant ! La forme d'une ville...

Le Plume vous salue bien.



lundi 14 mai 2007

Le voyage d'hiver

Le voyage d'hiver, c'est un cycle de lieder par Franz Schubert, du romantisme, du vrai, celui des orages désirés et des larmes qui gèlent avant de tomber dans le fleuve en crue. Pas forcément léger-léger, il faut bien le dire. Présentant le Winterreise à ses amis, Schubert aurait dit : « j'ai composé une suite de lieder absolument sinistres ; vous allez les aimer. »

On aime, oui. La nuit romantique, l'hiver... Tout à l'opposé des Lumières du siècle précédent ; ou alors, les lumières ont révélé l'abîme et l'on se risque à s'y pencher...


Boulevard de Strasbourg, 23 février 2005.

Le voyage d'hiver, c'est aussi une nouvelle de Georges Perec, parue d'abord dans une plaquette non commercialisée en 1979, puis, posthume, dans le magazine littéraire en 1983. Il y est question de l'œuvre supposée d'un Hugo Vernier (toute la nouvelle est un jeu sur les lettres H et V), inspirateur méconnu (tel est le triste sort des auteurs imaginaires) de toute la poésie romantique tardive et symboliste. La nouvelle a été republiée en 1997 aux éditions du Passeur, suivie d'un Voyage d'hier (sans le V), de Jacques Roubaud qui continue la quête du fantôme d'H.V. La quête est poursuivie, sinon (h)ache-vée, dans le chapitre III de Nous, les moins-que-rien, fils aînés de personne (2006)- poursuivie en forme d'hommage :

Hugo est mort depuis plus de vingt ans. Retrouver ses lettres, revoir son éccriture, me serre le cœur.

(Le narrateur de ce chapitre se présente comme un ami de Vernier, nommé Roubaud comme tous les personnages de Nous, les moins-que-rien. Notons par ailleurs que Roubaud relevait, dans la vieillesse d'Alexandre, une phrase de Mallarmé à l'occasion de la mort de Hugo (Victor) : Hugo était le vers - sa mort n'est donc pas sans conséquence pour la littérature. Mais je m'éloigne du sujet. Si ça continue je vais parler du marais Vernier, Demain dès l'aube, etc.)

(Sinon, l'intrigue d'un roman de Maurice Leblanc, L'île au trente cercueils, un des derniers je crois, et pas le meilleurs, était en grande partie basé sur les mêmes lettres V et H. Et sur les propriétés curatives d'une pierre radioactive. Mais ça n'a rien à voir.)

Sur la couverture du Voyage d'hi(v)er, une photographie : Perec et Roubaud jouent au go. Roubaud en chemise, une mèche rebelle sur un front déjà vaste ; Perec de dos, en polo - on reconnaît sans aucune difficulté sa barbe et son impossible tignasse. Derrière, dans un jardin normand, un arbre qui n'est sans doute pas un tilleul.

Je n'ai toujours pas trouvé de lien entre la nouvelle de Perec et le Winterreise de Schubert. Il doit pourtant bien y en avoir un.

Le Plume vous salue bien.



vendredi 25 mai 2007

Le ciel sur la tête

Vague sortie de la tannière, aujourd'hui histoire de ne pas sentir le renfermé. Chaleur moite, ambiance tendue sur le Boulevard. Le temps de lire trois BD dans une grande enseigne multimédia ; en ressortant, l'ambiance était passée à ça :


Boulevard de Strasbourg ce soir.

En fait de prendre l'air, j'ai surtout pris l'eau. Et au lieu de sentir le renfermé, sentir le chien mouillé, quel progrès !

Le Plume vous salue bien.



dimanche 8 juillet 2007

Contrepoint

Je disais hier que la narration historique était l'art de transformer un objet multidimensionnel en une longue ligne d'écriture. J'aurais aussi pu dire qu'il s'agit de mettre en musique son sujet : après tout, la musique est pour l'essentiel un art à une seule dimension, celle du temps. Avec la difficulté supplémentaire que lorsque l'on écrit, on n'a pas besoin de se soucier précisément du chronométrage de la lecture - surtout lorsque l'on rédige un travail universitaire : on ne peut s'empêcher de penser que nos rares lecteurs ne l'auront pas volé, de perdre du temps à nous lire !

La musique, cependant, est à la fois un art de la succession et da la superposition, ce qu'un bon rédacteur a plutôt intérêt à éviter : si j'essaye de décrire simultanément le genre de vie de mes maîtres de forge et le fonctionnement des hauts fourneaux, je risque de rencontrer un succès modéré auprès du jury qui sera chargé d'évaluer mon travail. La musique est à la fois l'art de faire se succéder des notes pour former une ligne musicale (l'harmonie) et celui de combiner plusieurs lignes pour former un tout auditif : le contrepoint. Ça n'est pas uniquement vrai de la musique dite classique, évidemment : il me semble qu'on peut largement interpréter le rock (au sens le plus large du terme) comme composition contrapuntique entre ligne de basse et ligne vocale, relayée ou soutenue par la guitare solo. J'attends de pied ferme quequelqu'un qui, contrairement à moi, y connaisse quelque chose vienne m'expliquer le contraire.

Le contrepoint dans un mémoire d'histoire, c'est sûr, il vaut mieux éviter. Mais le reste du monde se charge d'en apporter une dose. Par exemple, être tiré par une musique inclassable d'une semi-sieste devant des maillots bigarrés qui, à la télévision, se dandinent dans les collines du Kent et voir passer sur le pas de sa porte cet attelage :


Boulevard de Strasbourg, cet après-midi, vers 16h.

De quoi s'agissait-il au juste ? Défilé de la communauté indienne locale ou manifestation d'illuminés ? Un peu des deux, mainfestement ; plutôt sympa, de toute façon, dans la grisaille parisienne d'un mois de juillet plutôt tristounet.

Et cependant le temps passe et ma rédaction n'avance pas d'un poil. Art du temps, ou art de se mettre encore plus en retard que ce que l'on est déjà ?

Le Plume vous salue bien.