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Des photos et des jours

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mercredi 25 mai 2005

Deux-chevaux verte !

Elles se font rares maintenant les deudeuches vertes, celles  dont le croisement étaient l'occasion de se pincer d'un bout à l'autre de la banquette arrière jusqu'à ce que l'escalade de la violence n'amène l'intervention du conducteur... Certaines ont été victime de la Baladurette, d'autres tout simplement de leur maladie congénitale : la rouille jusqu'au point de rupture des longerons.

Du coup je n'ai pas loupé celle-ci, qui était garée en bas de la rue du Faubourg Poissonnière (immatriculation floutée parce que j'ai des principes) et qui brillait sous le soleil d'après l'averse :


Souvenir d'enfance en stationnement à la frontière de mon arrondissement, lundi 23 mai 2005.

Me rappelle la deuche des cousins, ça. Même si elle était bleue, de ce bleu indéfinissable qui n'appartenait qu'à elles. On en a fait, des kilomètres, là-dedans - y compris des cinq cent bornes par la nationale et sous la pluie - quand un camion double, l'appel d'air ouvre la fenêtre du conducteur qui ne verrouille plus depuis des lustres, et là il faut se planquer avant l'arrivée du seau d'eau envoyé par les roues...

Et puis il y a les entrées à l'américaine, sans ouvrir les portes - après tout, c'est une décapotable. Les fin de côtes en première dès qu'on est trois ou quatre dedans. Les bourrasques qui secouent l'habitacle les jours de tempête.

so much depends
upon

a green deux-
chevaux

glazed with rain
water

besides the white
chickens

(William Carlos Williams, un tantinet remanié par mes soins - mais je n'ai pas trouvé de substitut adéquat aux poulets du dernier vers.)

Le Plume vous salue bien.



mardi 24 mai 2005

Et sinon, Jussieu...

Un petit moment qu'il n'y a pas de Jussieu sur ce blog - pas très envie d'en causer je suppose ? J'y passe pourtant toujours une partie non négligeable de mes journées...

Pourtant, grâce à des problèmes de climatisation à répétition (ne l'oublions pas : sans climatisation, pas d'informatique), j'ai pu faire ma promenade favorite : les toits, un des rares endroits de Jussieu où l'on se sente au cœur de Paris.


Vue du toit de la barre 65-66, 10 mai 2005.

Autre point de vue, autre ville - comme découvrir une représentation nouvelle de la ville qu'on connait.

Le Plume vous salue bien.



lundi 23 mai 2005

Montparnasse

Le 22 octobre 1895, le train express n°56 en provenance de Granville arrivait en gare Montparnasse à une vitesse légèrement supérieure à la normale. Le mécanicien tente d'actionner le frein à air comprimé Westinghouse - qui permet d'actionner les frans de toutes les voitures simultanément, mais le robinet est grippé : il ne parvient pas à arrêter le convoi à temps. Le train renverse le butoire, traverse la salle des pas perdu, perfore la façade et tombe en contrebas, sur l'actuelle place Fulgence Bienvenüe. Par chance, le conducteur du fourgon de queue a pu, lui, actionner le frein, ce qui a permis d'arrêter le train alors que seule la locomotive était tombée.

L'accident, qui a donné lieu à des photos célèbres, n'a fait qu'une victime, une marchande de journaux ou un passant suivant les sources. Mais aujourd'hui, la façade de la gare Montparnasse était en parfait état :

Les perfides me feront deux remarques :

Tout ça pour dire que cette gare se charge d'une nouvelle couche sémantique : après avoir été la gare des vacances de la Toussaint à Paris (remplaçant dans ce rôle la gare Saint-Lazare avant d'être elle-même remplacée par Austerlitz, mes parents ayant eu parfois la bougeotte), puis celle des études à Paris (qui ont opportunément débutées en même temps que la desserte à grande vitesse d'Angoulême), puis celles du stage à Versailles, puis celles des pauses en Bretagne lorsque lesdites études étaient un peu en panne, puis celles des travaux en archive à Angoulême ou Rochefort et, pendant ces mêmes années, celle des week-end chez mes parents, elle devient celle du boulot de la Madame, qui se rendait aujourd'hui à sa première réunion au Mans.

Voilà, c'était notre émission spéciale "Montparnasse et moi", merci de nous avoir suivis. Sacré gare, j'y ai même passé une nuit, alors qu'elle était en plein travaux, retour du Mali et en attente du premier Paris-Brest.

Le Plume vous salue bien.



dimanche 22 mai 2005

Un dimanche dominical

Un dimanche en pente douce aujourd'hui. Pas inutile après ces dernières semaines un tantinet éprouvantes. Sans compter que ça me gratte les bras. Aujourd'hui, donc, repos domiciliaire et dominical.


Amiens, la cathédrale au coucher du soleil, 17 mai 2005.

Un jour à regarder la forme des nuages changer et le soleil se coucher. Ou, à défaut, à traîner dans un canapé en regardant gagner Toulouse, avant d'aller se préparer un bon dîner*.

Demain, je pourrais encore souffler un peu, la présidence de l'université nous ayant offert un lundi de non-pentecôte - et ce pendant que la Madame, elle, inaugurera ses trajets vers les vertes collines du Maine. Je sens que je vais me sentir un peu coupable, sur ce coup là... D'un autre côté, j'ai promis de rédiger un cahier des charges d'appel d'offre pour dans huit jours - raisonnablement, demain ne devrait donc pas être tout à fait chômé. On verra bien.

Le Plume vous salue bien.

*Butter chicken (poulet mariné façon tandoori avec sauce tomate au beurre et aux épices), aloo paratha (pommes de terre épicées) et riz basmati...



samedi 21 mai 2005

Baignade toujours

Trop occupé hier soir à vidanger les bouteilles de champagne qui restaient de l'habilitation pour blogguer. Faut bien fêter ça...

Du coup, je suis vanné, d'autant qu'on a re-fêté ça aujourd'hui. Et en plus, j'ai les bras qui me démangent terrible. Dur la vie. Et avant de m'endormir comme une pierre, je vous livre une photo de baignade - la seule fois que j'ai photographié une tortue dans son habitat naturel, je crois. L'habitat naturel étant, en l'occurence, le parc des fens, à Boston, tout près du Museum of Fine Arts d'une part et du stade de baseball des Braves, d'autre part.


Chelydra serpentina, la snapping turtle d'Amérique du Nord. Boston, Fenway Park, juillet 2001.

Notez au passage que, même si elle nage en eaux troubles, la tortue garde le regard cair !

Le Plume vous salue bien.



jeudi 19 mai 2005

Dans le grand bain

Bon : comme je le disais hier soir en commentaire, si notre folle cavalcade au travers des plaines picardes n'a pas eu exactement le résultat escompté, les choses ont fini par se débloqué d'un côté que l'on n'attendait plus. Ende gut, alles gut dit-on outre-Rhin ; quant à moi, je continue donc sans états d'âmes ma mini-série amiénoise.

Ceci dit, toute cette affaire (ainsi qu'une séance de bricolage dans la laine de verre) m'a filé une espèce d'urticaire sans gravité mais assez désagréable. Je rentre donc de ce pas à la maison prendre un bon bain !


Objet trouvé sur les berges de la Somme à Amiens, 17 mai 2005.

Le Plume vous salue bien.

P.S., petit appel à commentaires : sauf exceptions, j'ai plus ou moins stabilisé le format des images que je poste dans cette rubrique à 600×400 pour les images au format 2/3 issues de l'argentique ; à 560×420 pour les images 3/4 de l'appareil numérique (mais 408×540 pour les orientations verticales) ; à 512×512 pour les extraits au format carré. J'ai l'impression que c'est un compromis acceptable pour toutes les résolutions d'écran qu'on trouve aujourd'hui dans le commerce. Est-ce que vous confirmez cette impression ?



mercredi 18 mai 2005

Retour de campagne

Retour un peu trop tard hier soir pour pouvoir écrire une entrée...

Je m'explique : la Madame, elle était à la chasse à un poste universitaire, ce qui suppose d'envoyer des dossiers relativement monumentaux par monts et par vaux, puis de se rendre à des entretiens dans les universités intéressées. Et hier, il y en avait deux, d'entretiens : un l'après-midi en banlieue parisienne, l'autre en fin d'après-midi à Amiens. Du coup, j'avais pris une demi-journée de congé pour jouer les chauffeurs de maître.

Nous avons réussi à arriver à l'université d'Amiens une minute avant le rendez-vous - ce n'était pas gagné. Après ça, promenade du côté des hortillonnages, suivie d'un bon dîner. Bonne fin de journée en Somme, en somme.


Les bords de la Somme à Amiens hier soir.

Ceci dit, pour le moment, il n'est pas certain que ces efforts soient couronnés de succès. On croise les doigts et on verra...

Le Plume vous salue bien.



lundi 16 mai 2005

Beauregard

Après les vertes allées, le Sentier, certes beaucoup moins verdoyant - même si pour une fois, la rue Beauregard portait bien son nom :


La rue Beauregard (Paris 2ème) au soleil du matin, 22 avril 2005.

Même l'église du coin avait l'air de bien porter son nom, c'est dire. Et sur ces optimistes propos, je vous laisse : la journée de demain s'annonce chargée.

Le Plume vous salue bien.



dimanche 15 mai 2005

Serres tropicales

Je sens que je vais continuer à vous bassiner un peu avec le jardin des plantes, parce qu'il y a un lieu magique dont je n'ai pas encore parlé : les serres tropicales. Il y a une raison à ça : elles sont fermées au public pour rénovation et, au train où vont (ou ne vont pas) les travaux, la réouverture n'est pas pour demain. En attendant, on peut voir ces impressionnantes structures de verre et d'acier, pleines à craquer de palmiers, de manguiers, de palétuviers, de cycadophytes et, je crois, de quelques fougères arborescentes. Pleines à craquer, mais sans craquer pour autant : bien que les frondaisons s'appuient visiblement sur les vitres, on n'a pas encore vu à ma connaissanec d'hévéa jaillir hors des panneaux.


Jardin des plantes, Paris : les serres tropicales, 9 mai 2005.

Ce côté là, vers l'est, c'est le côté tropical humide. À l'autre bout, yuccas, cactus, protéas et Joshua trees : c'est la « serre mexicaine, » consacrée au milieux arides. En plissant un peu les yeux, on peut la visiter du regard depuis la rampe qui mène de l'esplanade de la grande galerie vers le côté nord des jardins et l'amphithéatre et qui se faisant déséspère le joggueur.

Le jardinage domestique du jour avait certes moins d'ampleur ; mais tout de même, petit à petit, on commence à avoir pas mal de verdure sur laquelle poser les yeux !

Le Plume vous salue bien.



samedi 14 mai 2005

Carte postale

S'agissant d'Afrique du Sud, je me sens toujours un peu coupable de publier des images de carte postale. Ces images ont tellement servies à masquer les réalités d'un pays qui, après avoir passé le demi-siècle que l'on sait, se débat tant bien que mal face aux problèmes sanitaires et sociaux que l'on sait aussi.

D'un autre côté, ici, il pleut, il fait froid ; les paysages urbains de notre capitale sont loins d'avoir leurs plus beaux atours ; bref, globalement, ce n'est pas la grande forme. Alors pourquoi se refuser quelques belles images ?


Boschendaal, Western Cape, le corps de ferme du XVIIIe siècle.

C'est sous le grand chêne, sans doute amené par les émigrants huguenots dans leurs chapeaux, qu'avait lieu la dégustation de vins blancs que j'avais montré ici il y a presque un an.

Franchement sympas, les vins blancs en question - ça je crois que je l'avais déja dit.

Le Plume vous salue bien.



vendredi 13 mai 2005

Une rue parisienne

Puisque mes dernières entrées récentes nous ont emmenées vers des ilôts de calme dans une mer d'agitation, il y a une logique à enchaîner avec la plus grande de ces îles : le Père Lachaise. Et surtout, j'en ai sur le rouleau développé la semaine dernière une photo dont je ne suis pas mécontent :


Cimetière du Père Lachaise, 19 mars 2005.

Je le disais je crois dans ma première entrée à propos de ce lieu : je ne le trouve pas morbide, le Père Lachaise. Parisien, sans aucun doute : un peu décalé, parfois prétentieux, souvent positivement marrant. La rue circulaire, c'est une rue parisienne, avec ses façades bien allignées et contraintes de s'élever faute de place pour s'étaler. Et, partout, un soucis de se distinguer, de déparer, de dire son fait. Et le temps passe, une histoire au long cours...

Les arbres par contre sont plus nombreux - et bien plus vifs - qu'ils ne sont au dehors.

Le Plume vous salue bien.



jeudi 12 mai 2005

Jours tranquiles à Saint-Germain-des-Prés

J'ai un chantier à superviser ces jours-ci dans des coins que je ne fréquente guère : les confins des 6ème et 7ème arrondissements, pas si loin de Montparnasse sans toutefois sortir de l'ancien faubourg Saint-Germain. On y trouve des ambassades, des palaces (le Victoria Palace Hotel n'est pas bien loin) des boutiques de luxe et quelques vénérables bâtiments universitaires.

Juste en face de l'Alliance française, le numéro 96 du boulevard Raspail n'offre pas grand chose au passant : un mur de pierre et un portail en fer, peint de ce vert bouteille si typique des cages d'escaliers de cette ville - raison pour laquelle, je suppose, il fût adopté par la société des transports en commun de la région parisienne. Et derrière, pas grand chose non plus, si peu même : une cour pavée, quelques arbres ; une loge de concierge tout à fait charmante et un pavillon en béton de l'entre-deux-guerres, carractéristique de l'école de Le Corbusier, d'une part, et de la mauvaise qualité des bétons armés de l'époque, d'autre part ; un ancien hôtel particulier de trois ou quatres étages, partagé entre diverses institutions d'enseignement supérieur et de recherche ; quelques arbres, au milieu de tout ça.


Boulevard Raspail, hier matin. Un petit morceau de ville hors du temps.

Le Plume vous salue bien.



mercredi 11 mai 2005

Arrière-cours

À Paris, il y a de grands boulevards, de très grandes bibliothèques, de grands théâtres (du Splendid, bien sûr) et peut être bien quelques grands ducs (en tournée, certainement). Mais il y a aussi des petits pères, des petites écuries, des petits carreaux, un petit musc ; il y a aussi des recoins qui vous surprennent, des perspectives qui s'ouvrent là où on les attend le moins, sans arcs de triomphe ni martial défilé.

En parcourant ma planche-contact, je réalise que ça fait un moment que je ne vous montrais plus le Xe arrondissement, à l'exception de quelques photos d'intérieur : sur les cinquantes dernières et sauf erreur de ma part, on trouve huit photos des États-unis, six du Japon, quatre d'Italie, trois du Groenland, deux d'Afrique du Sud et une de Gibraltar ; onze des Côtes-d'Armor, trois d'Ile-et-Villaine, du Finistère et de la Seine-Saint-Denis, deux de la Manche, une de la Sarthe ; treize du 5e arrondissement, cinq du 13e, deux du 20e, une du 1er, du 2e et du 6e. Par contre, les seules photos du 10e sont celles de chez nous. Un passage du côté de l'ancien hôpital Saint-Lazare m'a donné l'occasion de m'y remettre :


Entre l'ex-hôpital Saint-Lazare et le fort Chabrol de jadis, hier matin :
de vieilles bâtisses, derniers souvenirs de la petite industrie parisienne.

J'en profite pour revenir au format carré, que j'aime bien et que j'avais lui aussi un peu négligé, à quelques onrnithorynques près.

Le Plume vous salue bien.



mardi 10 mai 2005

D'autres tortues

La tortue étant en quelque sorte l'animal fétiche de ce weblog, rien de plus naturel que de vous en présenter une nouvelle espèce - ça en fera quatre, je crois. Ici, à la prises hier midi à la galerie d'hibernation/nusrserie de la ménagerie du jardin des plantes, une joyeuse bande de tortues grecques, Testudo graeca, y compris un jeune specimen survolté qui semblait se mouvoir avec aisance dans le monde des adultes - grâce sans doute à son spectaculaire différentiel de vitesse.


Concentration de Testudo graeca hier au jardin des plantes.

Ceux qui ont la mémoire longue leur trouverons peut être une ressemblance avec Pacouline, la tortue de mes neveux, qui était de l'espèce Testudo hermanii - ce sont en effet deux espèces très proches.

Sur ce, j'ai deux dorades royales, Sparus aurata (espèce qui pour le coup n'a rien à voir) qui n'attendent que moi pour passer au four !

Le Plume vous salue bien.



lundi 9 mai 2005

Envol

Voilà longtemps déjà que je vous avait promis la sculpture de Jacob Epstein pour la tombe d'Oscar Wilde.  Je n'étais pas entièrement satisfait de mes photos numériques et attendais donc la fin de la péloche du Pentax, ce qui a pris, comme dans le sketch de Fernand Reynaud, « un certain temps. »


Jacob Epstein (1880-1959), tombe d'Oscar Wilde au Père Lachaise, 1909-1912.
Cliché du 19 mars 2005 après-midi.

Voilà : une sculpture majeure d'un des grands sculpteurs du XXème siècle, passablement salopée par le rouge à lèvre des drag queens de France et de Navarre. En faisant abstraction de ça, le dynamisme du génie ailé est saisissant, s'envolant vers le soleil levant malgré la masse du bloc dont il est extrait - sculpture latérale à un bloc, sans pour autant être un bas-relief. Dynamisme qui s'oppose à un visage hiératique surmonté d'une lourde coiffe, chargé de toute la pesanteur de son inspiration assyrienne. Pas la peine de se lancer dans les interprétations possibles de ce paradoxe, on y passerait la nuit.

Bon, je reconnais qu'il n'est pas très visible sur ce cliché, le visage. Mais que voulez-vous : comme il a été dit plus haut, le génie s'envole vers le soleil levant. Son visage était donc à l'ombre à l'heure où j'étais de promenade. J'ai essayé de le photographier, mais ça n'a rien donné.

Il faudrait que j'y aille le matin. Beauty is difficult disait un autre moderniste*.

Le Plume vous salue bien

* Le poète Ezra Pound. Vérification faite, ce vers apparaît dans une section du canto 74 qui parle (qui traite ?) d'art contemporain et d'archéologie du Moyen-Orient. Ça tombe plutôt bien.



dimanche 8 mai 2005

Documentation nautique

Parmis le matériel réglementaire du plaisancier se trouve, en bonne place, la documentation nautique : tous les ouvrages nécessaire à la navigation dans la zone concernée. Ça inclue :

Évidemment, si le petit pêche-promenade avait tout ça à bord, c'est tout juste s'il flotterait... Du coup, un certain nombres d'éditeurs publient des ouvrages rassemblant toutes ces informations pour les zones de navigation usuelles - j'utilise à cet effet l'almanach du marin breton, sans m'interdire d'acheter pour le plaisir des ouvrages du service hydrographique et océanique de la marine que l'almanach résume.

Il reste toutefois les cartes. Ça, pas question de les remplacer par quoi que ce soit. Il est vrai que, lorsque l'on navigue autour de son port d'attache, on n'en a pas forcément besoin - quoi qu'on a parfois des doutes qu'il n'est pas déplaisant de pouvoir lever.

Ceci dit, la réglementation n'impose pas seulement de posséder la documentation nautique adéquate : elle exige également qu'elle soit à jour - c'est de simple bon sens, mais la réalisation ne va pas forcément de soi... En effet, si l'achat annuel d'un almanach nautique complet permet de s'épargner les mises à jour des livres des feux et autres guides du navigateur, il est clair qu'on ne va pas se racheter un jeu de carte tous les ans - plutôt plus cher que la Michelin de base, ces trucs là. Pour bien faire, il faut donc y reporter à la main, avec gomme, crayon, rapporteur et compas à pointe sèche, les corrections publiées dans les groupes d'avis aux navigateurs publiés toutes les semianes par le SHOM...


Quand la table de travail se transforme en table à carte : séance de mises à jour ce soir.

En fait, plein de gens ne le font jamais. Moi, de temps en temps, ne serait-ce que parce que j'aime ça. Ceci dit, pour être tout à fait honnête, ça faisait quelques années que je ne m'y étais pas collé. Ce qui me donne un retard conséquent à rattraper. Je n'avais même pas reporté le changement de balisage de Paimpol, qui a plus de trois ans maintenant !

Du coup, j'y retourne. Bon vent, comme dirait l'autre.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : j'y songe, les liens vers les groupes d'avis aux navigateurs ne rendront pas grand chose faute de récupérer les fontes spéciales qui vont bien... Bah, c'est juste histoire de donner une idée de la chose !



vendredi 6 mai 2005

Oryctérope

L'oryctérope et l'onithorynque ont un certain nombre de points communs, notamment des noms commençant par O, comportant un Y, et qu'on ne sait pas trop comment les écrire. Ils sont les représentants de familles ayant très peu d'espèces (trois espèces de monotrèmes, pour l'onithorynque, une seule espèce de tubulidenté, pour l'oryctérope. Ils sont aussi à peu près de la même couleur.

Mais à part ça, ils ne se ressemblent absolument pas et vivent sur des continent différents. L'ornithorynque n'a pas de dent alors que l'oryctérope, est, comme on l'a dit, tubulidenté, c'es à dire que ses dents ressemblent vaguement à des tours de jeu d'échec. L'onithorynque fait s'exclamer d'étonnements petits et grands, alors que l'oryctérope, personne n'y fait attention.


Dans la grande parade de l'évolution de la galerie du même nom, l'oryctérope est un peu à la traîne.
Muséum national d'histoire naturelle, 20 avril 2005.

Je note d'ailleurs qu'il n'y a pas d'oryctérope dans les Histoires comme ça de Kipling, non plus que dans Les animaux de personne de Jacques Roubaud (Paris, Seghers, 1991) - qui mentionne pourtant le tamanoir noir, le gnou bleu et le zorille varié. Il faut dire que son nom français n'évoque pas grand chose et son nom latin (orycteropus afer) encore moins. L'anglais aardvark, importé de l'afrikaans, fait plus exotique. Il a de plus le mérite de faire la une, sinon des gazettes, du moins des dictionnaires.

Par contre, les oryctéropes ont de chouettes oreilles pointues, ce qui n'est pas rien.

Le Plume vous salue bien.



jeudi 5 mai 2005

Comme ci, comme ça.

On ne peut pas être bavard en permanence, sauf à devenir une véritable plaie. Bavard, je l'ai été copieusement dans ma rubrique sur les bouquins - du coup, ici, je le serais moins. Et puis... pas très envie de causer, pour dire vrai.


L'église de Langoat, canton de la Roche-Derrien, Côtes d'Armor.

Voilà pour l'ambiance. En paraphrasant vaguement Ashberry : la sévérité était-elle intentionnelle ? De toute façon, l'esprit souffle où il peut.

L'église de Langoat abrite, paraît-il, le tombeau de Sainte Pompée (sic), mère du premier évêque de Tréguier, Saint Tugdual. Vous voyez : même les saints ont des coups de pompe.

Le Plume vous salue bien.



mercredi 4 mai 2005

Embuscade

Trop plein d'images ce soir : le dernier séjour en Bretagne, le dernier rouleau du Pentax que je viens de récupérer, ma balade de dimanche, sans compter l'oryctérope... Abondance de biens ne nuit pas, dit-on.

Attention toutefois, en cas d'abondance de biens justement, de ne point se faire dépouiller au coin d'une ruelle par un chevalier à pied camouflé derrière des broussailles :


Dol-de-Bretagne, le long du musée de Dol, derrière la cathédrale. Vendredi dernier, vers 15h.

Ah, et puis un canon de marine, tiens - monté sur un affut qui me semble passablement fantaisiste, tiendrait pas le coup longtemps leur affaire. J'ai regardé : rien de lisible sur les tourillons, où les fabricants gravaient leur marque ; faudrait que je regarde les détails pour tâcher de le dater. Trois ou quatre siècles après l'armure, probablement.

Le Plume vous salue bien.



mardi 3 mai 2005

Phares et balises, 5 : Nividic

Alors que la vie professionnelle a quelque peu repris ses droits après un mois d'avril passablement chaotique,  je reprends ma série des phares là où je l'avais laissée : à Ouessant. Quelques milles à l'ouest de Créac'h, pour être précis ; son petit frère, si l'on veut, tout au bout de la pointe nord-ouest de l'île.


An-Ividig, 48°26,9 N - 5°09,1 W, VQ(9)10s28m10M. Ouessant, août 2000.*

Particularité de ce phare : il est dans un des coins les plus casses-bateaux qui soit, encore plus que la Jument, ce qui n'est pas peu dire. Du coup, à l'époque où il était gardé, il avait fallu improviser un moyen de le ravitailler même en cas de tempête, qui peuvent durer longtemps dans le coin. C'est la raison d'être des étranges poteaux entre le phare et la côte (presque entièrement cachés par les rochers sur ce cliché) : un téléphérique, lorsque la voie de surface est impraticable.

Cette solution a été abandonnée assez vite : une plate forme pour hélicoptère a été ajoutée ; d'autre part, Nividic a vite été complètement automatisé. Mais ce jour là le temps était clément au point de rendre hospitalière la baie de Lampaul, ce qui n'est pas si fréquent.

Le Plume vous salue bien.

* VQ pour very quick : neuf éclats très rapides suivis d'une périonde d'extinction. Pour le nom, je fais confiance à la dernière édition de l'Almanach du marin breton : il semble que l'orthographe bretonne du toponyme ait été rétablie.



lundi 2 mai 2005

Et ça vous fait rire ? (ou : monotrème toi-même)

En classant mes photos du mois d'avril, je suis tombé sur un cliché pris à la grande galerie de l'évolution du Muséum :


Ornithorynques, muséum national d'histoire naturelle, 20 avril 2005.

Comme quoi on peut être empaillé et se gondoler tout de même. Peut être en imaginant la perplexité des naturalistes tentant de les classifier : un ovipare qui allaite ses petits (mais sans mamelles), à sang chaud mais à température variable. Le tout avec un bec de canard à la Donald Duck.

Un de ces jours, je vous présenterai l'oryctérope.

Le Plume vous salue bien.



dimanche 1 mai 2005

Cow-boy solitaire

Dure est la vie du pauvre cow-boy solitaire qui doit mener à bien sa mission : faire franchir à ses bêtes des immensités inhospitalières.


Place de la Concorde (Paris 1er), aujourd'hui vers 13h.

Photo prise ce matin du côté des tuileries où les traditionnels poneys allaient prendre leur service. J'avais prévu une grande virée à vélo dans la verte campagne mais finalement je n'ai pas eu le courage de sortir de Paris. C'était soit la virée habituelle le long du canal de l'Ourcq, soit prendre le train, soit rouler des kilomètres pour franchir les fortifications - enfin ça s'appelle le périph' maintenant et c'est nettement plus redoutable.

Pas la pêche pour tout ça, donc ça c'est fini en petite boucle dans le Paris des touristes, Châtelet, Concorde, Invalides, Trocadéro, Étoile et retour par Saint-Lazare. À temps pour acheter un brin de muguet avant de rentrer glandouiller à la maison.

Le Plume vous salue bien.



samedi 30 avril 2005

La nef

Comme je le disais hier soir, la Bretagne ne se caractérise pas seulement par un littoral échancré qui change au rythme des marées, des chemins creux entre les talus et une météo très incertaine - surtout en avril, je dois le reconnaître. Elle a aussi les traces d'une histoire religieuse bien particulière, nettement décalée par rapport au reste de la France. Ce quî explique sans doute que subsiste un catholicisme assez vigoureux, un peu trop à mon goût, mais c'est une autre affaire.

Signe de cette histoire, marquée par l'arrivée massive des celtophones britanniques à la fin du haut Moyen-Âge et l'acculturation partielle de la population locale : le découpage en neuf évéchés (cinq de langue française : Nantes, Rennes, Dol, Saint-Malo et Saint-Brieuc et quatre de langue bretonne : Tréguier, Léon, Quimper et Vannes) ainsi qu'une foule de saints locaux, souvent des prélats débarqués avec les émigrants, quoi que Corentin, le patron de Quimper, soit si ma mémoire est bone antérieur à l'arrivée des Bretons.

La cathédrale Saint-Samson de Dol est assez caractéristique de l'architecture de ce christianisme un peu à part : contemporaine des grandes cathédrale du bassin parisien, elle est plutôt trapue vue de l'extérieur, son granit un peu gris paraît moins agile que le calcaire d'Île de France ou de Picardie. Mais il faut pousser l'unique porte d'entrée : le granit des croisées d'ogive apprend à voler au dessus d'une nef à couper le souffle ; les vitraux sont magnifique ; le mobilier même est hors du commun.


Nef de la cathédrale Saint-Samson de Dol, vue de l'entrée.

À noter notamment les stalles des chanoines dans le cœur, en chêne très sombre et aux accoudoirs sculptés. Une des institutions les plus intéressantes du christianisme ancien, ça, le chapitre cathédral, à la vocation à la fois séculière et régulière d'une part, patrimoniale et spirituelle, d'autre part. Je suis sûr que zid pourrait nous en parler pendant des heures.

Tiens, je vais mettre une photo de vitrail sur blogspot, histoire de répartir un peu l'effort !

Le Plume vous salue bien.



vendredi 29 avril 2005

En voiture, Mesdames et Messieurs !

Eh oui, ça n'est pas tout de partir, il faut aussi rentrer...


Un TGV Duplex en gare de Rennes dimanche dernier.

En fait, cette photo, c'était à l'aller. Le retour c'est fait en voiture, via Dol-de-Bretagne et Caen. Trajet plutôt rapide et sympa, si l'on excepte la dernière heure de trajet, qui nous a permis de parcourir les cinq kilomètres séparant la porte de Clignancourt de notre parking. J'étais quasi claustrophobique, là dedans.

Sinon, arrêt à Dol pour déjeuner ; ça faisait plusieurs fois que j'étais passer à deux pas sans m'y arrêter. Là, bien que l'arrêt ait été plutôt bref, c'était tout à fait agréable : la pizza était nettement plus sympa qu'un sandwich d'aire de repos et la cathédrale valait le coup d'œil. Car Dol fait partie de ces très modestes villes disposant d'un siège épiscopal, comme Tréguier et Saint-Pol de Léon - ou, de l'autre côté du Couesnon, Coutance et Sées. J'ai pris quelques photos, je vous montrerai ça demain.

En attendant, je suis un peu vanné - une petite douche et au lit !

Le Plume vous salue bien.



jeudi 28 avril 2005

Cent mille bornes

L'événement du jour : notre brave Twingo (enfin, celle de ma chère épouse, techniquement), vient de franchir la barre des 100.000 kilomètres au compteur.

C'était tout à l'heure, au bourg de Langoat, canton de la Roche-Derrien, Côtes d'Armor, France. Nous revenions par le chemin des écoliers de Coopermarine, à la sortie de Tréguier, où nous avions procédé à mon achat annuel de pull-over.

O.K., ce ne sera pas dans le journal. Mais depuis dix ans qu'on l'a, elle nous aura fait de l'usage, la brave twingetta. Une sacrée tranche de vie !

Le Plume vous salue bien.



mercredi 27 avril 2005

En bateau

La météo de ce matin : averses, nuages, rares éclaircies ; fiabilité 90%, mais l'atmosphère pourait être plus perturbée. Tel était la prévision météo. Résultat, en se levant ce matin, ciel tout bleu... On a sauté dans des fringues, englouti deux tartines et on est descendus au port.


LE bateau, ce matin, 9h.

Là, le bateau attendait, arrière à quai contrairement à ses petits camarades suite au manœuvres de l'autre jour pour poser le moteur. Et on s'est fait deux heures de voiles avec soleil et vent force 4 Beaufort.

Assez idéal, ma foi.

Le Plume vous salue bien.



mardi 26 avril 2005

Marée basse

Pas d'entrée hier pour cause de forme à marée basse : météo peu clémente, contrariétés  nautiques (moteur hors-bord en révision chez un concessionnaire fermé le lundi, du coup un jour de navigation de grillé), maison glaciale et humide, petit coup de froid par dessus tout ça, etc.


La grève de Louannec (Côtes d'Armor) à marée basse hier après-midi.

Aujourd'hui, beaucoup mieux : moteur en place, bateau en bon état et plaisir de voir se regrouper des bateaux de même modèle sur mon petit bout de ponton - il n'y avait que deux écumes de mer dans le port, y compris le mien ; deux autres sont venus s'installer à côté de moi : sympa.

Et si la météo est toujours incertaine, la maison se réchauffe, et puis on a quand même réussi à se faire des grillades sur le barbecue ce midi. On a des joies simples quand on est vacancier.

Sinon, j'ai vu qu'il y avait plein d'entrées aux titres alléchants sur les blogs que je lis régulièrement. Je crois que je vais quand même patienter jusqu'à avoir retrouvé l'ADSL pour en faire le tour - ainsi que pour mettre à jour mes pages persos d'ailleurs. On se déshabitue très vite au modem analogique...

Le Plume vous salue bien.



dimanche 24 avril 2005

Pachinko

Alors que me voici parti vers l'ouest de quelques degrés de longitude, je termine cette mini-semaine du Japon que j'avais décrétée moi-même personellement tout seul. Et tant qu'à faire, puisque toute mes photos sont du Kansaï, c'est à dire le Sud de Honshu (normal, c'est la seule partie du Japon que j'aie visitée), je termine avec la principale ville de cette région et deuxième ville du pays : Osaka.

Je n'ai pas trouvé de photo à mon goût de la tour d'Osaka ; qu'à cela ne tienne : la voici, sous la forme d'une enseigne de Pachinko.


Une rue du « quartier chaud » d'Osaka. Crédit photo : Madame Plume.
D'ailleurs, votre serviteur se cache dans cette image.

Le pachinko, j'avais dû vous en parler, c'est ce jeu, auquel je n'ai d'ailleurs pas tout compris, où l'on doit diriger des billes qui tombent dans une cage en plexiglas vers différents trous afin de pouvoir, avec un peu de chance, gagner une certaine quantité desdites billes, convertissables en yen à la caisse. Un mélange de flipper vertical et de jackpot, si l'on veut. Les salles de pachinko contiennent des dizaines de ces machines, chacune extrêment bruyantes du fait des chocs des billes d'acier ; la musique d'ambiance est réglée encore plus fort : c'est totalement assourdissant. Et devant les machines, des hommes et femmes de tous les âges, qui jouent pendant des heures avec le plus grand sérieux et qui parfois repartent avec des cagettes pleines de ces fameuses billes - un sacré pactole.

Le pachinko va bien à Osaka, une ville frénétique, toute en mouvement, fascinante et épuisante, bien loin de la tranquilité un petit peu provinciale de Kyoto ou même de Kobe.

Nous étions au Japon au moment où Apple lançait son I-mac. Notre ami tenait à en acheter un au plus vite. Le jour J, il se trouve que nous étions à Kobe : les magasins n'avaient pas été livrés, « dans quelques jours, sans doute. » Le lendemain, nous étions à Osaka : rupture de stock généralisé. Tout était parti le jour même.

Le Plume vous salue bien.



samedi 23 avril 2005

Sable

À l'exception du pavillon d'or, que j'avais montré en février dernier, j'ai plutôt évité les temples zen dans la sélection de photos du Japon que j'ai mises ici. En réaction sans doute à la dictature du zen dans l'imaginaire occidental du Japon, sans doute - alors que cette forme aristocratique du bouddhisme a je pense largement perdu sa pertinence dans le Japon d'aujourd'hui.

Mais ne pas parler du tout des fameux jardins de sable, tout de même... Qui sont techniquement des jardins de gravier, d'ailleurs. Il y en a de toutes les sortes, certains franchement grandiloquents, comme celui du Ginkakuji (le « pavillon d'argent ») et sa représentation des reflets de la lune sur la mer calme sur fond de Mont Fuji. Le plus célèbre est un des plus sobres, celui du Ryoan-ji : un enclos de trois vieux murs au crépi inégal, au sud d'un corps de bâtiment allongé. Dans ce rectangle, du gravier blanc parcouru des rayures du rateau et cinq groupes de rochers gris, « comme des îles ou comme des sommets de montagne émergant des nuages ».


Le jardin de sable du Ryoan-ji, août 1998.

C'est beau, c'est équilibré. Et le statut seul de ce lieu dans la culture mondiale fait qu'on ne peut que s'arrêter dix, quinze minute, et regarder - grand privilège : regarder, n'être pas censé faire quoi que ce soit d'autre que regarder.

Question méditation, la chose est un peu plus délicate dans la mesure où l'on fait fatalement partie d'un groupe d'au moins quelques dizaines de personnes en chaussettes et tout aussi perplexes que vous, quelle que soit leur nationalité, sur ce qu'elles devraient éprouver en ce lieu.

Voici donc, par exemple, l'interprétation qu'en fait Italo Calvino par l'entremise de Palomar, son personnage-observatoire :

Il préfère s'acheminer dans une voie plus difficile, chercher à saisir ce que le jardin zen peut donner à qui le contemple dans la seule situation où il peut aujourd'hui être vu, en tendant le cou parmi d'autre cous.

Que voit-il ? Il voit l'espèce humaine à l'époque des grands nombres, dans l'étendue d'une foule nivelée mais cependant toujours faite d'individualités distinctes comme cette mer de petits grains de sable qui couvre la surface du monde... Il voit le monde continuer, en dépit de tout, à exposer les cimes rocheuses de sa nature indifférente au destin de l'humanité, sa dure substance irréductible à toute assimilation humaine... Il voit les formes selon lequel le sable humain s'agrège et tend à se disposer, lignes en mouvement, dessins qui combines la régularité et la fluidité, comme les traces rectilignes et circulaires du rateau... Et, entre l'humanité-sable et le monde-rocher, il a l'intuition d'une harmonie possible comme entre deux harmonies non homogènes.

Italo Calvino, Palomar, trad. fr. Paris, Le Seuil, 1985, p.95 de l'édition de poche.

Évidemment, ça ne suffit pas : il faudrait prendre en compte les arbres, juste derrière le mur - et aussi l'étonnant jardin de mousse, pendant chaotique et verdoyant du jardin de sable, sur lequel s'ouvre la façade nord du même bâtiment.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : vous trouverez un bout de plan de Kyoto dans la rubrique carte sur table. Pas le côté du Ryoan-ji, par contre ; plutôt celui du Kyomizu-dera.

P.P.S., note linguistique : ji et dera dans les noms de temple correspondent au même carractère qui signifie temple, justement. Le premier est la prononciation sino-japonaise du caractère, la deuxième la prononciation dite japonaise. Dérivation phonétique à partir d'un dialecte chinois, dans un cas ; placage du caractère sémantiquement approprié sur un terme japonais prééxistant, d'autre part. L'ennui évidemment c'est qu'un même caractère peut avoir été utilisé pour des raisons sémantiques comme composant de nombreux mots dont la prononciation n'a rien en commun...



vendredi 22 avril 2005

Made in Japan

Je terminerai demain ma petite semaine du Japon. Peut-être une image de temple, même s'il me paraissait important de parler d'autre chose que de temples. Serait-il par exemple logique de parler de Japon sans parler d'industrie ?

Jusqu'à ce que la Corée capture une partie importante du marché, le Japon était le premier pays du monde pour la construction navale. De la grosse industrie, ça - complexe et high tech parfois, mais aussi de la bonne vieille tôle à la dizaine de tonne.


Les chantiers de Kobe, août 1998.

Kobe. Son port, ses chantiers navals. La ville, coincée entre la montage et la mer, accrue d'îles articifielles menacées de submersion à chaque séisme. Le séisme : symbole des fragilités du Japon de la grande crise, mais aussi de sa capacité à rebondir. Les dégâts ont été réparé plus vite encore que les délais annoncés. C'est ça aussi la force d'un pays.

Le Plume vous salue bien.



jeudi 21 avril 2005

Le petit train (mais pas dans la campagne)

Le Japon fait partie de ces rares pays où les transports collectifs l'emportent sur la voiture - et de loin, qui plus est. Les lignes s'entrecroisent, avec de nombreuses petites lignes à voie métrique faisant concurrence aux compagnies historiques. Ce n'est pas nécéssairement d'une efficacité socio-économique redoutable, mais ça en fait un paradis pour les amateurs de trains, espèce à laquelle appartient votre humble serviteur.

La ligne Keifuku, que voici, est l'une des plus microscopique : des rames d'une seule voiture, à deux essieux ; un autobus sur rail, finalement. Je ne me souviens plus de son itinéraire exact, mais il me semble qu'elle traverse les quartiers nord de Kyoto. Nous l'avions pris, je crois, pour nous rende au Kinkakuji - ou était-ce au Ryoanji ?


Rame d'une petite ligne à voie métrique du nord de Kyoto (Keifuku) à son terminus d'Arashiyama.

Évidemment, on ne saurait dire de ce petit train qu'il roule dans la campagne : il ne sort pas de Kyoto. Son terminus étant proche de la zone des temples, il bénéficie peut-être d'un petit peu de verdure...

Sinon, chronique de notre hyperactivité culturelle de ces derniers jours :

Me voilà culturé pour un moment. Il est donc temps que j'aille me faire fondre le cerveau auprès d'un feu de cheminée, ce qui est prévu à partir de dimanche.

Le Plume vous salue bien.