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Des photos et des jours

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mardi 4 octobre 2005

Religions

Nous fêtons ce soir Rosh Hashana, le nouvel an juif, ainsi que - le commentateur de France Info en faisait des tonnes sur cette coïncidence - le premier jour du mois de Ramadan. L'occasion ou jamais de parler de religion, non ?

Ou de ne pas en parler puisqe somme toute, de religion, je n'en ai pas. Je ne suis même pas sûr que le concept de religion existe dans l'abstrait, c'est dire qu'on puisse parler de religion en général. Tiens, d'ailleurs, j'y pense à l'instant, pendant les guerres de la Réforme, le terme de religion ou de religionnaires était utilisé exclusivement pour désigner le protestantisme et les protestants, le catholicisme d'alors se définissant comme Église et non comme religion.

Lors de notre mariage étaient représentés autour de la table du déjeuner judaïsme, islam et christianisme dans ses versions catholique romaine d'une part et orthodoxe d'autre part. Mariage civil bien entendu puisque, je l'ai dit, je n'ai pas de religion. Je n'ai pas non plus d'ailleurs de non-religion, finalement : ça fait simplement partie des questions que je ne me pose pas.


Église au milieu de nulle part, Mezzanego, province de Gênes, Italie, 9 juillet 2005.

Ce qui bien sûr ne veux pas dire que je considère les questions religieuses comme sans intérêt. Ça ferait de moi un bien médiocre historien, pour commencer. Justement : il me semble qu'elles ne peuvent être considérées que comme partie d'un tout culturel et historique ; ou encore : la religion n'existe pas en dehors d'une culture et en dehors de pratiques. C'est sans doute la prétention du christianisme contemporain à l'universalité transculturelle qui crée le besoin d'un concept de religion qui puisse être tiré de son contexte. À moins bien sûr que je sois en train de raconter n'importe quoi sur des sujets que je connais bien mal...

Sur ces fumeuses considérations, je rentre à la maison histoire de croquer un morceau de pomme couvert de miel - pour que l'année 5766 soit douce et sucrée à tous ceux que j'aime.

Le Plume vous salue bien.



samedi 9 juillet 2005

Ligurie

Ligurie, petite bande côtière entre Apenin et golfe de Gênes... Mon problème pour l'illustrer : j'ai beaucoup, beaucoup trop de photos - et encore, les pellicules du Pentax ne sont pas dévelopées !

Bah, il y en aura d'autres, des photos. En attendant, pourquoi pas le foutoir lumineux et richissime de Portofino, à 20 minutes de bateau de Rapallo. Portus delphinus pour les auteurs antiques, mais les super yachts ont remplacé depuis longtemos les dauphins dans la petite anse.


Portofino, vue du port, 7 juillet 2005, fin d'après-midi.

Évidemment, il n'y a pas que les lieux de villégiatures pour superstars, il y a aussi une vraie ville et un vrai port : Gênes, avecv son fouilli de ruelles, ses places cachées et ses funiculaires - j'en reparlerai, et pas qu'un peu.

Mais pour l'instant nous reprenons la route, à travers l'Apenin, vers la Lombardie via l'Émilie-Romagne. Ce soir, Crémone, la cité des luthiers. Pas sûr d'y trouver d'accès internet pratique, par contre... À la prochaine donc pour la suite de nos aventures.

Le Plume vous salue bien et file charger la twinguetta !



samedi 23 juillet 2005

Couleurs d'Italie, 2.

Retour à Portofino : glycines en fleur et sangue di bue aux murs.


Portofino, 7 juillet 2005.

Dès que le soleil perce, les escarpements deviennent un mur de couleur.

Le Plume vous salue bien.



dimanche 11 septembre 2005

Les p'tits bateaux, 5 : la jonque fantôme vue de l'orchestre

Aujourd'hui, journée un peu brouillasseuse, dans les miasmes d'une quasi-nuit blanche dû à l'anniversaire d'une voisine. Rien de tel qu'une nuit comme ça pour réveiller le tueur en série qui est en soi. Résultat, je n'ai rien fait de ce que je voulais faire, ni monté les nouvelles fixations du sèche-linge, fabriquées et peintes avec amour le week-end dernier, ni rangé mon bureau, ni quoi que ce soit d'autre.


Le paquebot à voile Wind Star au large de Portofino, juillet 2005.

Ceci dit, à l'actif : du repos ; quelques épisodes de The West Wing, une série géniale dont les DVD nous ont été prétés par un ami et néanmoins bloggueur occasionnel ; un curry du dimanche soir dont je n'étais pas mécontent : agneau madras, tout simplement - une recette sans soucis histoire de s'y remettre en douceur.

Pas si mal, tout ça, finalement.

Le Plume vous salue bien.



samedi 10 septembre 2005

Les p'tits bateaux, 4 : une frégate d'Angleterre

Le trente-et-un du mois d'a-oût
Nous vimes venir sous l'vent à nous
Une frégate d'Angleterre
qui fendait l'air et puis les flots...


Portofino, juillet 2005.

Évidemment, nous ne somme pas le 31 août, ce bateau est une goëlette et sûrement pas une frégate et il était paisiblement au mouillage devant l'un des ports les plus chics de la méditerrannée. Pas mal de nuages ce jour-là sur le golfo tigullio, mais sinon, la scène était parfaitement paisible.

Au fait, une petite mise à jour par rapport à l'entrée d'hier : le Andrew J. Barberi avait eu l'année précédente un accident grave en arrivant au terminal de Staten Island, ce qui prouve sans doute que la mer n'est jamais aussi paisible qu'on le croit.

Au fait : mes recherches me disent que le vers suivant de cette chanson est « c'était pour attaquer Bordeaux, » ce qui est plutôt logique. Dans mes souvenirs, c'était « pour attaquer aller à Breslau, » ce qui l'est nettement moins - Breslau, aujourd'hui Wroclaw, dans le sud de la Pologne, n'est pas précisément un port de mer. Quelqu'un se souvient-il de cette version ?

Sur ce, buvons un coup, buvons en deux.

Le Plume vous salue bien.



mercredi 9 novembre 2005

Pas de grands discours aujourd"hui. Pas la tête à ça.


Golfo Tigullio, 7 juillet 2005.

Le Plume vous salue bien.



mercredi 14 février 2007

Portofino

Pluie et vent sur la voie sur berges ce matin ; journée grise, grise, grise. Alors, se souvenir de la côte ligure un jour d'été, même un peu gris luis aussi - des barques vernies allignée face au vieux château.


Portofino, juillet 2005.

Deux, trois images et puis s'en vont...

Le Plume vous salue bien.



jeudi 11 août 2005

Couleurs d'Italie, 3.

Une bonne partie du Rapallo d'avant-guerre était occupé par le couvent de l'ordre des Clarisses. Celui-ci a été fermé après la guerre ; une partie du couvent a été transformé pour devenir un auditorium et centre de conférence occasionnel, avec une esthétique un petit peu particulière peut-être...


L'auditorium des Clarisses à Rapallo (province de Gênes).

Le Plume vous salue bien.



samedi 25 mars 2006

Soleil pour jour de pluie

Allez, en ce jour pluvieux, faisons-nous du bien (ou du mal, suivant comment on le prend) :


Rapallo, église Santi Gervasio e Protasio, juillet 2005.

Bon, évidemment, pour voir une église Saint-Gervais-Saint-Protais, il suffit de prendre le métro. Mais c'est pas pareil.

Sinon, en train de lire le bouquin, tout juste sorti, de Jean-Clément Martin, Violence et révolution, essai sur la naissance d'un mythe historique (Seuil, mars 2006). J'y retrouve avec plaisir, sous une forme plus achevée, l'excellent cours qu'il professait lorsque j'étais en licence. J'en ferai un petit compte-rendu dans la rubrique qui va bien quand je l'aurai fini. Bon, comme je suis du genre désagréable, comme lecteur, je m'étonne que Burke ait publié une Recherche philosophique sur l'origine de nos idées du sublime et du seau (p. 34) - j'ai tout lieu de penser qu'il s'agit là d'un livre qui reste à écrire.

Le Plume vous salue bien.



lundi 28 mai 2007

Château playmobil (suite)

Finalement, le côté château-jouet du fort de Rapallo est plus flagrant vu de la terre que vu de la mer, je trouve.


Rapallo, 6 juillet 2005.

Et si le château est pris d'assaut, c'est par des estivants en maillot de bain dans leurs flamboyants navires de polyvinyle gonflable : les abords du fort sont un des seuls coins de Rapallo où la mer soit accessible au public sans passer par les services d'un plagiste...

Mais n'empêche, l'est-y-pas mignon comme tout ce petit château ? Sans compter qu'un peu de ciel bleu, ça ne peut pas nous faire du mal par ce temps de banlieue de Quimper un dimanche de janvier. Que ceux d'entre vous qui me lisent dans une partie du monde où il fait grand beau trouvent ici l'expression de ma jalousie la plus empressée.

le Plume vous salue bien.



dimanche 27 mai 2007

Un tout petit Brégançon

Le fort de Brégançon, parait que c'est pas si bien que ça. Moi j'aime mieux celui-ci, de fort, d'abord.


Le fort de Rapallo vu de la mer, juillet 2005.

Déjà, il est tout petit ; ensuite, son emplacement, tout au fond du Golfo Tigullio, rend sa fonction défensive pour le moins hypothétique. Plus proche d'un grand château légo que d'un ouvrage militaire, quoi.

Ça tombe bien, j'aimais bien le château-fort en légos quand j'étais gamin. Les murs étaient jaune vif et en plus on pouvait le déplier pour mettre les petits bonshommes à l'intérieur ; les bonshommes, ils avaient les mêmes casques que dans Monthy Python and the Holy Grail, c'est dire si c'était documenté et tout.

Après, je suis passé aux légos techniques, il y avait le bulldozer, et la voiture avec la boite de vitesse et les pistons qui montaient et descendaient quand on la faisait rouler, ça c'était quelque chose. Et encore après, je montais des circuits électroniques en laissant des traces de fer à souder sur le dessus de mon bureau.

Mais c'est fini, tout ça. Maintenant, fini la rigolade : je mets des switchs et des routeurs dans des armoires techniques, je les relie entre eux par des fils de toutes les couleurs, une fibre optique orange par-ci, un cordon croisé rouge par là, et flûte, je ne trouve plus la brique 1×6 jaune le GBIC SFP LX/LH bleu...

Le Plume vous salue bien.



lundi 18 juillet 2005

km1352 : Rapallo, province de Gênes, Ligurie.

Je parlais l'autre jour notre point d'attache sur la côte ligure ; c'est de Rapallo qu'il s'agissait. Question charme sauvage, évidemment, on fait mieux : l'ancienne petite station chic est un monument à la spéculation immobilière des années 60 et 70. Mais bon, d'abord, c'est là que nous avions des obligations qui avaient fourni l'alibi de tout ce voyage. Et l'urbanisation n'empêche pas le golfe, la lumière, les couleurs...


Une "plage" privée dans le centre de Rapallo, mercredi 6 juillet 2005.

En plus, pour moi qui suis plutôt habitué à des plages de cinq kilomètres de large et deux de long (à marée basse, s'entend ; à marée haute, compter plutôt deux mètres) avec du granit comme seul décor, ce front de mer est passablement exotique. Et n'allez pas chercher une quelquonque ironie là-dedans.

Le Plume vous salue bien.



vendredi 6 janvier 2006

Brumes

Mon stock de routes de montagne n'étant pas inépuisable, cette série ne durera pas éternellement. En attendant, revenons à l'Europe aux anciens parapets - même si les routes dont nous parlons sont le plus souvent dépourvues desdits parapets.


Le val d'Aveto, Apennin, 9 juillet 2005, vers midi.

L'Apennin, c'est la chaîne de montagne qui parcourt la péninsule italienne, aux altitudes relativement modeste mais d'une traversée difficile - raison pour laquelle les versants adriatiques et thyrréniens de l'Italie sont restés nettement séparés. On n'échappe pas facilement à la géographie.

Entre les deux, quelques cols, comme celui-ci, qui relie le val d'Aveto, côté gênois, à la province de Parme. Alpages, forêt, brume... Un autre Italie, à deux pas des cités padanes et de la riviera ligure.

Le Plume vous salue bien.


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mercredi 20 juillet 2005

km1424 : Lago delle Lame, Santo Stefano d'Aveto

Entre la Ligurie et l'Émilie-Romagne, on traverse nécéssairement les Apennins - et on se rend compte que ce n'est pas de la toute petite montagne. Des cols à 1500m, des sommets à plus de 2000, et on est encore tout prêt de la riviera ligure, une trentaine de kilomètres peut-être à vol d'oiseau, même si ça fait une heure ou deux de voiture par les petites routes.

Si desdites petites routes on tourne à droite sur une route encore plus petite, à peine carrossable en fait, on pourra serpenter un bon moment entre les sapins, jusqu'à une sorte de pension de famille au bord d'un petit lac glaciaire bleu-vert, au beau milieu de nulle part.


Le Lago delle Lame vu du restaurant voisin, 9 juillet 2005 vers 14h.

Malgré la fraîcheur de l'air et la flore alpestre, on est bien en pleine Italie : on se trouve en Ligurie, dans la province de Gênes ; à quelques kilomètres de là, on passera dans la province de Parme, qui est en Émilie-Romagne ; à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest, c'est le Piémont et, à une distance comparable vers le sud-ouest, la Toscane.

Toujours est-il que l'endroit est parfait pour un déjeuner plutôt copieux suivie d'une indispensable petite marche autour du lac, avant de redescendre vers la chaleur un peu moîte de la plaine du Pô...

Le Plume vous salue bien.



lundi 29 août 2005

Couleurs d'Italie, 4 (ou : la fin de l'été).

Je n'ai pas de photos de colchiques (et, à vrai dire, je ne savais pas à quoi ressemblait une colchique jusqu'à tout à l'heure, où un dictionnaire m'a instruit sur ce point), sinon je vous aurais fait « colchiques dans les prés ». Au lieu de ça, une fleur alpine non identifiée - si quelqu'un la reconnaît, n'hesitez pas à me la dénoncer.


Fleur des Appenins, Lago delle Lame, juillet 2005.

Ceci dit, c'est effectivement la fin de l'été : les volets des résidences en front de mer se closent, les encombrements estivaux ont disparus ; sur les routes, les 50cm3 des ados des environs zonzonnent, en prérentrée officieuse chez l'un et chez l'autre... Ma principale activité du jour : emmener à la décharge municipale (on dit déchetterie maintenant) quelques dizaines de kilos de vieilleries stockées depuis dix ans et jamais utilisées depuis : quelques années de Canard enchaîné et de Voiles & Voiliers , un bon paquet de Vie du Rail, une dizaines de publications de la documentation française probablement achetées chez Emmaüs dans nos années rennaises... Sans compter un convecteur périlleux, une cafetière hors service et une antenne de réception du défunt système de positionnement hyperbolique Decca. Évidemment, il y a tout ce qui, perdu dans cette masse, a attiré mon attention et a donc été épargné : une carte de Bobo Dioulasso au 1:200.000 (réédition de 1960) ; un manuel de géographie de C.E.P. (1957) ; un fascicule rééditant les sept premiers numéros du petit miquet qui n'a pas peur des grands, fanzine d'Yves Frémion (1976) ; le cours de fonderie de l'école de perfectionnement des agents de maîtrise des chemins de fer de l'État (1935).

Ce soir, je vais rejoindre le bateau pour le ramener demain matin à son port d'attache où je le préparerai pour pouvoir supporter les rigueurs de l'hiver, au cas où je n'y retourne pas en septembre. Et puis ce sera le retour, la rentrée, l'occasion d'affronter les problèmes qu'on a essayé de fuir pendant l'été...

Les chataîgnes ne se fendent pas encore sous nos pas - elles sont encore sur l'arbre, leurs piquants d'un beau vert pâle - mais, à n'en pas douter, c'est la fin de l'été.

Le Plume vous salue bien.



jeudi 19 avril 2007

Un peu plié

Question : quel est le point commun entre Olivier Besancenot, Philippe de Villiers, Frédéric Nihous, Arlette Laguiller et Nicolas Sarkozy ?

Eh bien, aucun d'entre eux n'a pensé que la pliure nécessaire à la mise sous enveloppe de leur profession de foi déformerait leur photo de manière grotesque. Résultat, au sortir du bien nommé pli électoral, Sarko ressemble à un pied de lampe, Besancenot à un schtroumpf, Nihous à un oryctérope et Villiers à sa propre caricature.

Voilà pour la puissante réflexion politique du jour. Je vous laisse faire l'essai par vous même, frustrant par là la partie de mon lectorat qui ne fait pas partie de notre électorat : ajouter des photos de campagnes aux photos de campagnes, finalement, ça ne me dit rien. Alors, pourquoi pas les fleurs des champs...


Lago Lame, Santo Stefano d'Aveto, province de Gênes, juillet 2005.

Une rose aurait mieux fait l'affaire ; malheureusement, les seules que j'avais dans ma photothèque étaient jaunes et brumeuses, ce qui me semble métaphoriquement un peu rude.

La campagne du premier tour se termine et c'est tant mieux. Pas de mystère : je voterai dimanche pour la candidate du parti socialiste, qui est encore un tout petit peu mon parti. Ça semble aller de soi mais, si j'avais été sondé il y a quinze jours, je me serais déclaré hésitant - pour une fois, j'aurais été majoritaire, ça m'aurait changé. Je me rallie finalement à un principe simple : choisir parmi tous les candidats en présence celui dont l'accession à la présidence de la République me dérangerait le moins.

Voilà, vous savez tout. Et ça vous fait une belle jambe.

Le Plume vous salue bien.



mardi 19 juillet 2005

Couleurs d'Italie, 1

[ En guise de complément, quelques images presque sans légende, juste pour les yeux ]

À quelques escaliers du centre de Rapallo, coucher de soleil sur les monts de ligurie et l'église Sant'Ambrogio de Zoagli :

Le Plume vous salue bien.



samedi 3 décembre 2005

Métal et construction

...au moyen-âge : tel était le sujet du séminaire « énergie et matériaux » de l'équipe d'histoire des techniques de Paris 1 cet après-midi. Des tas de choses intéressantes, par exemple sur l'usage (très abondant) du fer dans les cathédrales gothiques ou du plomb comme joint souple pour les bases et chapiteaux de colonnes, etc. En conclusion, exposé de notre tout nouveau professeur émérite et ancien directeur, Paul Benoit, sur les autres régions et les autres époques, qui notamment mettait en évidence quelque chose que j'avais eu sous les yeux des dizaines de fois sans le voir : la fréquence considérable des tirants de fer, parfaitement visibles, dans l'architecture médivale de l'aire méditerranéenne, notamment en Italie.


Bergamo, Convento di San Francisco, XIIIème siècle, juillet 2005.
Noter les tirants d'un pilier à l'autre, en travers du déambulatoire.

C'est vrai dans le cas du cloître de l'ancien couvent des franciscains de Bergame (qui était fermé ce jour-là, mais on avait oublié de fermer la porte et nous n'avions pas vu les horaires), vrai aussi, de manière spectaculaire, pour le Palazzo della ragione de cette même ville, daté du XIIème siècle, avec de très longs tirants traversant tout le bâtiment ; pour les loggie multiples et variées ; et bien sûr dans les églises et cathédrales, qu'elles soient médiévales ou plus récentes : les barres de fers, consciencieusement cachées dans nos cathédrales gothiques, scandent ici le haut des nefs, en pleine vue. D'ailleurs, regardez une des annonciations de Fra Angelico : les tirants métalliques du bâtiment vont de soi pour le peintre ; ils forment même un cadre qui souligne la perspective et indique le point de fuite - qui se trouve en haut de la fenêtre de la pièce du fond, comme Madame Plume me l'a fait remarquer.

Dans l'aire culturelle française, cependant, si le fer se fait de plus en plus abondant dans l'architecture, il reste caché, et ce jusqu'au XIXème siècle - le cas le plus impressionnant étant le Panthéon (XVIIIème), qui grâce au fer a le plus faible rapport poids de pierre/volume du bâtiment de l'architecture de pierre. Le fronton du bâtiment est par endroit un fin parement accroché à une armature de fer - et pourtant, pour l'œil, c'est un véritable bâtiment de pierre, à lantique... Seule partie visible de cette armature : les grands longerons de fer visibles au plafond du porche, joignant entre eux les chapiteaux de colonnes - et pour les regarder, il faut risquer un sacré torticoli.

Pourquoi la pierre est-elle restée la seule matière avouable pour les grandes structures dans nos régions, alors que le duo pierre/fer fait partie des normes architecturales en Italie, mais aussi dans le royaume de Grenade et sans doute dans les autres pays méditerranéens dès le XIIème siècle ? Voilà une question qui a bien peu de chance de trouver de réponse. En attendant, je ne vais plus pouvoir visiter d'architecture italienne sans voir le fer partout !

Le Plume vous salue bien.



mardi 5 juin 2007

Dans les collines

Bergame, je vous en avait déjà parlé : le lieu où l'horizontalité absolue de la plaine du Pô vient rencontrer les contreforts des Alpes - et ce, dans la même ville : vastes avenues de la ville basse ou ruelles étroites de la ville haute.

Et si on monte encore un peu, par un petit funiculaire, on peut aller déguster une pâtisserie en regardant les toits de Bergame et les collines alentours. Un peu comme les collines de Toscane, elles procurent une profonde sensation de civilisation, au meilleur sens du terme. L'idée que l'homme y est à l'œuvre depuis des millénaires et qu'il n'est pas si mauvais que ça, finalement, l'homme.


Bergame, juillet 2005.

Je sais : ces derniers jours, mes entrées ressemblent un peu à une pile de prospectus d'agences de voyages qui traîneraient sur une table basse. Mais voilà, la semaine dernière a été un peu rude ; je me considère donc comme convalescent. Et pour ça, les prospectus, c'est l'idéal !

Le Plume vous salue bien.



lundi 2 juillet 2007

Bergame

Un autre coin où la main de l'homme a clairement mis le pied, et de manière on ne peut plus constante et assidue : Bergame, Bèrgamo, avec l'accent sur le e et non sur le a comme je le pensais. Bergame, où le dénivelé vient souligner le contraste entre la ville haute médiévale et la ville basse contemporaine - j'en ai souvent parlé ici, mais ça n'est pas une raison pour ne pas en remettre une couche.


Bergame vu du haut du funiculaire, juillet 2005.

Et de la ville haute surgissent les élévations des tours, campaniles, chœurs et clochers : souvenir maçonnés des rudes conflits qui agitaient l'oligarchie citadine à une époque où nos contrées ne connaissaient guère le phénomène urbain...

Vers le Nord, les routes des cols alpins et du grand commerce médiéval. Au Sud, c'est déjà la plaine, celle qui court entre Alpes et Apenin, de Turin à Venise et Ravenne. Au dessus, une grue de chantier : une ville sans travaux, ce ne serait plus vraiment une ville.

Le Plume vous salue bien.



lundi 25 juillet 2005

km1672 : Bergame

Au terme d'un parcours incertain, sous un ciel qui ne l'est pas moins, trouver enfin l'entrée de la ville haute, se perdre ensuite dans des ruelles peu compatibles avec l'automobile, arriver finalement à bon port : Bèrgamo, città alta.

Bergame, ou deux villes en une : en bas, la ville, la vraie, la deuxième de Lombardie, avec ses grandes avenues, ses innombrables banques... En haut, la ville fortifiée, ses ruelles qui tournicottent et une foule de promeneurs venue profiter de sa beauté.


Bergame, la torre Gombito, 10 juillet 2005, 20h15.

Je ne sais pas pourquoi on s'était fixé Bergame comme objectif ; nous n'y avions jamais été et  ne connaissions personne qui y soit allé. N'empêche : on a drôlement bien visé.

Le Plume vous salue bien.



mardi 26 juillet 2005

Bergame encore

Entre autre chose, à Bergame, des églises. Étonnant, non ? Plus étonnant : la cathédrale n'est pas de première importance, dominée de loin par la basilique Santa Maria Maggiore, sa voisine - toutes deux à quelques pas du palazzo della ragione, équivalent local d'un hôtel de ville. Pourquoi ce déséquilibre ? Tout simplement parce que le décolage de Bergame a correspondu à un basculement de l'équilibre des pouvoirs, celui de l'évêque s'effaçant derrière celui des grandes familles de la cité, patrons de la basilique. Ainsi l'église de l'évêque est-elle supplantée par l'église de la ville, sous l'œil bienveillant des potestats de Venise, suzeraine théorique de Bergame...

Puisque la basilique représente la grandeur de la cité et des son élite, il va de soi que cette dernière se doit de pourvoir à la décoration. Comme ailleurs en Italie le résultat a de nombreux mérites, mais pas celui de la sobriété.


Plafond de Sainte-Marie Majeure de Bergame, 11 juillet 2005.

D'ailleurs, au cas où ça ne serait pas suffisant, l'une des principales familles de la ville, celle des Colleoni, s'est fait construire une chapelle pour elle toute seule à la décoration tout aussi riche, quoique dédiée plus spécifiquement à sa propre gloire. On notera que l'autre grande famille, celle des Gombito, a choisi de se faire construire la tour que je vous montrais hier et que les pannonceaux qualifient de « structure familliale défensive » - il est des jours où l'on ne saurait se contenter des seules protections célestes, apparemment.

De l'autre côté du Palazzo della ragione on trouve, pour répondre à la minuscule piazza duomo, la vaste piazza veccchia, la plus belle place du monde d'après le Corbusier qui somme toute s'y connaissait. Tous les styles de l'architecture civile italienne s'y retrouvent, de l'étagement classique des ordres en marbre blanc au torchis médiéval de la résidence des potestats en passant par la brique du palais de la raison. C'est, pour le moins, un bel endroit pour prendre un verre en fin de journée avant d'aller déguster la polenta locale.

Le Plume vous salue bien.



mardi 5 décembre 2006

Europe, 9 : Fin de journée

Bergame, Italie, 10 juillet 2005. Juste avant la nuit, un rayon de soleil se glisse sous le ciel d'orage et vient frôler le Palazzo della raggione


Palazzo della raggione, Piazza Vecchia, Bergamo.

Fin de journée, mais le voyage continue. Il en vaut la peine.

Le Plume vous salue bien.



mercredi 27 juillet 2005

Bergame toujours

Ville forte, la cité haute de Bergame est défendue par une demi-douzaine de portes duement fortifiée. Celle-ci, qui commande l'accès à la citadelle, est une des plus étroites ; le croisement des véhicules y est pour le moins délicat.


Porta Sant'Alessandro, Bergamo, 11 juillet 2005, 18h30.

Évidemment, les croisement sont plus simples avec les vespas, véhicules somme toute hautement sypathiques... et plus prisé à Bergame que le vélo, qui domine les rue de Crémone : il y a sans aucun doute une logique géographique à ceci.

À deux pas de cette porte que surveille le lion de Saint-Marc, un funiculaire monte au Colle Aperto, d'où l'on pourra admirer la ville, peut-être en buvant un café ou en mangeant une glace...

Le Plume vous salue bien.



vendredi 29 juillet 2005

km 1731 : Bellagio (province de Côme)

Bellagio, ce n'est pas seulement un hôtel-casino de Las Vegas, évidemment. C'est avant tout l'extrémité de la pointe qui sépare les deux branches de la partie sud du lac de Côme. Ce sont par conséquent les villas, les fleurs, les bords du lac pour admirer montagnes et eau bleue... Stendhal disait du lac de Côme qu'il est le plus bel endroit du monde ; il est certain qu'il a quelques prétentions à ce titre.


Bellagio, vue du front de lac, 12 juillet 2005.

Cette photo sera la dernière photo d'Italie, en ce qui concerne du moins cette série narrative. De Bellagio en effet un petit ferry nous emmène en une vingtaine de minutes à Cadenabbia, sur la rive occidentale du lac. De là, on rejoindra par les tortueuses routes de ces régions déjà alpines un autre lac, celui de Lugano, dont nous longerons les eaux turquoise (car chaque lac a sa couleur) jusqu'à la frontière, jusqu'à la Suisse. Il n'y a plus à se voiler la face : c'est bien la route du retour que dès lors nous empruntons.

Le Plume vous salue bien.

Note aux lecteurs : du fait d'une petite erreur de manip' en bloggant par XML-RPC, j'avais sauvegardé la note d'avant-hier sans la publier. C'est réparé maintenant.



jeudi 15 septembre 2005

débarcadère

Après tous ces bateaux, quoi de plus logique qu'un débarcadère ?


Le débarcadère de Cadenabbia, sur la rive ouest du lac de Côme.

Un débarcadère et un embarcadère, c'est souvent le même endroit - mais pour le voyageur, ça n'a rigoureusement rien à voir.

Le Plume vous salue bien.



mercredi 7 septembre 2005

Passages (ou : les p'tits bateaux, 1)

On ne va pas se laisser abattre : je commence une série de petits bateaux multiples et variés. Et histoire de commencer à la marge du sujet, voici :


Sur le bac, lac de Côme, 12 juillet 2005.

Le Plume vous salue bien.



jeudi 8 septembre 2005

les p'tits bateaux, 2

Si ce n'est le même bateau qu'hier, c'est donc son frère :


Le transbordeur Bellagio-Cadenabbia vu de Menaggio, 12 juillet 2005.

Et pendant ce temps je trouve le temps de :

Et sur ce, je rentre avant qu'il ne se mette à pleuvoir.

Le Plume vous salue bien.



dimanche 24 juillet 2005

km1603 : Castelleone (province de Cremona).

Après l'arrêt à Crémone, satisfaisant à tout points de vue - esthétique, culturel, gastronomique même, nous reprenons la route pour une petite étape, en direction de l'objectif que nous avions fixé à notre itinérance, à savoir la vénérable cité de Bergame. À quoi bon s'infliger de longues journées de voiture alors que tout ici « mérite un détour, » suivant la terminologie hors d'âge des guides Michelin - sans compter tout ce qui « vaut le voyage, » bien sûr.

J'avais vaguement envisagé une pause à Crema, le nom me faisant sans doute espérer un petit Crémone. Trop près déjà de Milan pour n'avoir pas un petit air de grande banlieue ; le jumelage avec Melun ne trompe pas - de rond-points en centres commerciaux, nous avons passé notre chemin.

Quelques kilomètres plutôt, nous nous étions par contre arrêtés à une sorte d'abbatiale au dimensions respectable qui se détachait à l'improviste de l'immensité de la pianura padana.


La basilique Santa Vergine della Misericordia, Castelleone, 10 juillet 2005 vers 17h.

C'est la basilique Santa Vergine della Misericordia, à Castelleone, lieu qui m'était connu comme celui d'une victoire des troupes de Crémone contre celle de Milan au quinzième siècle - la chose était mentionnée sur l'étiquette descriptive d'un gigantesque crucifix en argent vu le matin même à la cathédrale de Crémone. Mais il ne s'agit pas de cela : ce lieu est celui d'une des innombrables apparitions supposées de la Vierge dont s'honnore l'Italie. Du coup, c'est un lieu de christianisme populaire, avec aux mur de grands panneaux rassemblant des plaquettes ex voto qui dépeignent accidents et détresses de la vie quotidienne, du XVIIe au XXIe siècles.

L'une d'elle, représentant une noyade (qu'on ne peut que supposer évitée) dans le bief aval d'un moulin, donne lieu à une observation d'histoire des techniques : les moulins de la régions devaient être à deux roues à ailettes solidaires d'un seul axe - c'est d'ailleurs ce qu'on observe en arrière-plan d'un tableau Rennaissance vu à la pinacothèque de Crémone ; en plus, c'est compatible avec l'axe de moulin en fer de la fin du XIXe siècle exposé à Grazzano-Visconti. Autre constatation, tirée, elle, des ex voto les plus récents : les particularité de la conduite automobile locale ne contribuent pas peu à donner de l'ouvrage à Dieux et à ses saints - on s'en serait un peu douté, à vrai dire.

Dehors, un curé en soutane lit son journal à l'ombre du petit cloître ; des gens de tous âges, en voiture ou à bicyclette, s'arrêtent, quelques minutes ou quelques heures. L'eau s'écoule dans le petit canal d'irrigation qui longe le parking. Dans le ciel, le voile s'épaissit et des nuages d'orage s'accumulent vers le nord. Nous reprenons la route.

Le Plume vous salue bien.



vendredi 22 juillet 2005

km1571 : Crémone

Peu après Piacenza nous franchissons le Pô sur l'un de ces ponts en acier d'après-guerre pour arriver en Lombardie, en l'occurence dans la province puis dans la ville de Crémone.

Crémone, on connait surtout comme étant la patrie de Stradivarius - mais aussi de son prédécesseur Amati et de nombreux autres ; en bref, la patrie du violon. Et de fait on trouve dans le centre-ville de nombreuses boutiques de luthiers, un musée Stradivarius avec des explications complètes sur la fabrication de cet instrument et, à l'hôtel de ville, une demi-douzaine de violons exceptionnels, du XVIIe au XXe siècle. Mais c'est en plus une ville particulièrement agréable avec entre autre sa cathédrale, moins spectaculaire sans doute que celles de Milan ou de Florence mais tellement harmonieuse avec sa combinaison de marbres rose et blanc et de briques, flanquée de sa tour et de son baptistère...


Cremona, le duomo et le torrazzo, 9 juillet 2005.

Sur le côté opposé de la place centrale, on trouve les hauts lieux de la vie politique de la cité, poste de garde et hôtel de ville - avec leurs arcades, idéales pour un campari e soda en attendant l'heure de dîner. Pour une fin d'après-midi à l'Italienne, difficile de faire mieux.

Le Plume vous salue bien.



dimanche 26 février 2006

Une nouvelle campagne d'Italie ?

Bon, alors, voilà : dimanche tranquille, peinard, pas de radio, pas de télé, et à la fin de la journée, j'allume la radio et on est pratiquement en guerre avec l'Italie ? C'est pas sérieux...

Rappelons les faits : la compagnie électrique italienne ENEL ayant déclaré son intention de racheter une compagnie certes privée, mais traditionellement proche de l'ancien RPR, c'est le branle-bas de combat. L'ennemi est à nos porte, entendez-vous dans nos campagne mugir ces féroces soldats ? Le service d'ordre des JO est prêt à passer le Montgenêvre avec sa plume de faisan dans le borsalino pour fondre sur le patrimoine national ! Aux armes citoyens !

Évidemment, lorsque le gouvernement italien avait froncé le sourcil sur le rachat par EDF d'une compagnie comparable, Edison, et menanacé de légiférer pour empêcher la chose, notre cher gouvernement avait appelé à la rescousse Bruxelle, La Haye, Luxembourg et le traité de Rome - et avait eu gain de cause, d'ailleurs. Bien sûr, là, rien de tel : on se contente de brader ledit patrimoine national, comme ça, sur un coup de tête : on privatise de fait GDF, sans que ça rapporte un rond au contribuable. Afin d'empêcher une opération somme toute parfaitement légale. C'était simple, il suffisait d'y penser.


Un saint Georges terrassant le dragon, sous les clochetons de la façade est de la cathédrale de Crémone.
L'hydre de l'État-RPR se porte, hélas ! on ne peut mieux.

Évidemment, du coup, au sein du gouvernement italien, les protectionnistes de la Lega, qui avaient dû s'incliner dans l'affaire Edison, se retrouvent en position de force alors que l'approche des élections augmente leur moyens de pression sur Berlusconi. Et notre majorité gouvernementale, qui avait versé des larmes de sang* sur le cercueil de la « constitution » Giscard a réussi à faire subir à l'idée européenne son plus gros recul depuis les années Thatcher. Brilliant, Holmes!

La perle du jour : un expert sur France Info pontifiait qu'avec la fusion GDF-Suez, le gouvernement ne faisait que corriger le rapprochement raté entre EDF et GDF. Si je me souviens bien, il n'y a pas eu raprochement raté mais séparation volontaire. Pour permettre ce genre de manip', précisément.

Le Plume vous salue bien.

* À moins bien sûr qu'il ne se soit agit de larmes de crocodile, et que les véritables anti-européens n'aient pas été ceux que l'on croit...