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Des photos et des jours

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samedi 28 janvier 2006

Hivernal

Attention, ceci n'est pas un scoop : à nos latitudes, en hiver, il arrive qu'il fasse froid. À en croire la radio et la télévision, ce serait pratiquement inouï... Bon, d'un autre côté, ce sont les mêmes qui avaient l'air d'être surpris par la prévisible victoire du Hamas aux élections palestiniennes - quand en on est là, finalement, quoi de plus naturel que de faire un événement de ce qu'il neige en janvier.

Cette introduction pour arriver à une photo plutôt glaciale elle aussi, bien que prise aux environs du quinze août. Et pas dans l'hémisphère sud, non, loin de là...


Les confins de l'inlandsis groenlandais, août 1993.

Étrange paysage que celui des moraines de la calotte glaciaire : les débris de roche sont noirs comme l'encre, la glace est blanche, avec toutes les nuances de gris - pratiquement pas la moindre couleur. De l'autre côté de la limite, avant la glace, on est dans les bruyères et les schistes cryoclastés, avec toutes les nuances de vert, de brun, d'ocre, de mauve. Et là, d'un seul coup, on est transporté dans un monde en noir et blanc. Et si l'on avançait un peu, au delà de cette frange bicolore, il n'y aurait plus que le blanc, sur des centaines et des centaines de kilomètres.

Mais nous n'avons pas été plus loin, bien sûr, n'ayant ni l'expérience, ni l'équipement nécessaire. Et la dizaine de kilomètres de terrain montagneux qu'il fallait faire pour retourner au bateau était déjà bien suffisante.

Tout ça ne nous réchauffe pas, en tout cas !

Le Plume vous salue bien.



vendredi 27 janvier 2006

Aménagement

Petit à petit, je m'installe  j'ai récupéré mes entrées de la rubrique Histoire de dire pour les mettre dans un joli blog rien qu'à elles ; du point de vue de la mise en page, j'explore et je bricole. Avantage de blogger : si on a quelque compétence en matière de création de sites web, on arrive très vite à être dans ses meubles - pas besoin de fouiller dans les recoins du système pour trouver comment modifier le modèle de page.


Le bâtiment « halle aux farines, » ZAC rive gauche, octobre 2005.

Un truc me déplait : pas de système de pagination pour aller vers les messages antérieurs lorsqu'on arrive en bas de la page d'accueil ; il faut directement aller chercher les archives, ce qui peut être un peu lourd. L'indexation dans la base des pages persos devrait permettre de remédier patiellement à ça d'ici peu.

Plus que jamais, vos remarques sont les bienvenues. Ce blog reste ouvert pendant les travaux !

Le Plume vous salue bien.



jeudi 26 janvier 2006

Déménagement

Et voilà : le déménagement de ce blog est désormais officiel. Certes, 20six est sorti de son coma, mais dans quel état... Il reste du travail à faire ici, ça, oui, mais sur 20six, plus envie de me fatiguer - plus confiance, terminé, fini. Je garde là-bas les notes existantes, bien qu'elles ne soient plus accessibles par la base de donnée pour cause de perte des permaliens et que leur mise en page nouveau style soit apocalyptique. Ça me permettra de retrouver vos commentaires, qui sont difficilement transportables ; quant aux anciens messages, je les reproduirais ici petit à petit, afin que d'ici quelques semaines ils soient tous disponibles.


La dernière fois qu'on a déménagé en vrai, ça donnait quelque chose comme ça (Paris, avril 2000).

Bon, comme il y a 600 entrées dans la rubrique principale, ça ne se fera pas en un clin d'œil, sauf si je trouve moyen d'automatiser le processus. Enfin, le moyen je le connais mais ça suppose un peu de programmation, donc ça risque de ne pas être pour tout de suite vu que j'ai pas mal d'autres trucs sur le feu. Quant aux rubriques secondaires, pour le moment, elles disparaissent (si ce n'est bien sûr dans l'ancien weblog où elles restent accessibles). Après tout, je peux très bien parler d'histoire ou de bouquins ici même.

Rappelons la contrainte de départ de ce weblog : chaque jour, un message illustré par une photo - généralement de mon cru, sauf mention contraire. C'est la contrainte que je me suis imposé dès le début, ne serait-ce que parce que pour moi un weblog est une page personnelle avec une dimension temporelle en plus ; je l'ai à peu près respectée, à une interruption majeure près dans les débuts (avril-mai 2004) et quelques éclipses faute d'accès internet ou toutes autres raisons.

Bienvenue ici, donc. J'espère que vous serez quelques uns à me suivre - je n'ai jamais eu un lectorat de journal à grand tirage, de toute manière. N'hésitez pas à me faire remarques, reproches et récrimination si vous le souhaitez : les commentaires sont là pour ça.

Le Plume vous salue bien.



mercredi 25 janvier 2006

Sotto un nespolo del Giappone

On m'a demandé, à propos de mon entrée d'hier, pourquoi je considérais comme naturel de mettre en épigraphe à ce weblog le dernier vers de Un coup de dés jamais n'abolira le hasard :

Toute Pensée émet un Coup de Dés.

Je dois reconnaître que ça ne va pas tout à fait de soi. Le coup de dés, c'est une création - le résultat du lancé n'existait pas, il était potentiel, virtuel ; dès que les dés arrêtent de rouler il prend une existence indiscutable. Le coup de dé a créé du réel, un îlot de réel au milieu d'un océan de hasard. Une pensée produit un énoncé - il n'existait pas avant ; il peut ensuite être prononcé, écrit, répété ou ignoré : il existe. Penser, dire, écrire, c'est créer du réel. Comme le coup de dés. Ou si l'on préfère : un weblog n'a rien de virtuel, puisque c'est inscrire et donner à lire de petits morceaux de pensée. Voilà pour le coup de dés.


Le poète américain Jackson MacLow lisant ses textes à Blérancourt (Aisne), novembre 1999.

Et puisque j'ai pas mal causé poésie ces jours derniers, un aveu : je navais jamais lu en entier « zones, » qui ouvre Alcools d'Apollinaire. Eh : c'est un poème un peu long, on passe rapidement pour arriver au suivant, qui est le fameux pont Mirabeau. Merci à la Clioblogueuse d'avoir attiré mon attention sur ce point ; ça vous en a valu un extrait avant-hier. Je n'avais jamais vraiment lu ce poème, et pourtant j'y trouve un vers que je connais par cœur :

Te voici à Rome assis sous un néflier du Japon.

Je le connais, mais je ne le connais pas. Ce que je connais, c'est « Eccoti a Roma seduto sotto un nespolo de Giappone. » Je ne lis pratiquement pas l'italien mais ce vers est au cœur du premier paragraphe du roman de Moravia Il Viaggio a Roma que j'avais entrepris de lire. Nul doute que mes déficiences en italien aient contribuées à la mémorisation : j'avais dû, je crois, en chercher presque tous les mots dans le dictionnaire. Du coup, drôle d'impression en retrouvant ce vers à la fois connu et inconnu.

Et Jackson MacLow dans tout celà ? Je vous en avais parlé, il y a plus d'un an, à l'occasion de sa mort. Tout simplement, c'est une figure qui me vient à l'esprit en réfléchissant à la poésie, au langage, à la parole, aux mots. Voilà tout.

Le Plume vous salue bien.



mardi 24 janvier 2006

Lumière

À Paris les lumières d'hiver, de beau temps glacial, sont parmi les plus belles qui soient. Précision chirurgicale de l'éclairage, ombres portées qui accrochent chaque détail - l'air lui-même est lumineux.


Au coin de la rue de Turenne et de la rue Saint-Gilles, lundi 23 janvier 2006, vers 13h.
Un pot de cheminée est caché dans cette image.

Et puis : lire d'un trait Un coup de dés jamais n'abolira le hasard, de Mallarmé - mettre son vers final en épigraphe de ces pages, c'est bien le moins.

vers

ce doit être

le Septentrion aussi Nord

UNE CONSTELLATION

froide d'oubli et de désuétude

pas tant

qu'elle n'énumère

sur quelque surface vacante et supérieure

le heurt successif

sidéralement

d'un compte total en formation

Extrait de la dernière page d'Un coup de dés. Voilà pour aujourd'hui.

Le Plume vous salue bien.



lundi 23 janvier 2006

Rose, rosiers

Plusieurs jours déjà que cette façade m'avait attiré l'œil ; en fait, depuis que j'ai fait le choix de changer d'itinéraire pour rentrer de la rue Malher, empruntant rue de Sévigné, rue des Quatre-Fils et rue des Archives pour retourner place de la République. La lumière était bonne aujourd'hui ; ma chère épouse m'avait prêté son deux-roues motorisé : ma pause déjeuner s'est donc doublée d'une pause photo - on ne sait jamais, des fois qu'ils repeignent l'immeuble sans me prévenir !


Hôtel particulier, 1ère moitié du XVIIe siècle, 4 rue du parc Royal, Paris 3e.

Sur le chemin du retour, changement d'univers : des travaux rue pavée m'offrent un détour par le Pletzl - la petite place, c'est ainsi que les émigrants juifs du début du siècle ont nommé la rue des rosiers, où Guillaume Apollinaire les observait non sans mépris.

Quelques-uns de ces émigrants restent ici et se logent
Rue des Rosiers ou rue des Écouffes dans des bouges
Je les ai vus souvent le soir ils prennent l'air dans la rue
Et se déplacent rarement comme les pièces aux échecs

La génération suivante, quittant les décombres des quatre empires que la Grande guerre avait achevés, dût s'installer plus loin, du côté de la place des fêtes - ne cherchez pas, ce quartier-là a disparu il y a trente ans ; mais la rue des rosiers est resté le lieu de mémoire de ce grand dérangement, du shtetl de Pologne ou d'Ukraine à Brooklyn ou Rio, via la gare Saint-Lazare et le port du Havre ; et surtout de ceux qui n'ont pas continués, parce que Paris, c'est aussi bien que l'Amérique, parce qu'on ne risque plus rien ici - avant d'être marchandés par un gouvernement bien français, ô oui, et transportés vers la mort dans les autobus verts de la société des transports en commun de la région parisienne.

Du shtetl, le village juif des plaines d'Europe de l'Est, il ne reste plus rien aujourd'hui ; le Pletzl, c'est aussi la trace de ses pas.

Le Plume vous salue bien.


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dimanche 22 janvier 2006

Quelques fleurs

...d'une plante décorative et aromatique, la sauge bicolore. C'est pas tous les jours dimanche.


Louannec, Côtes d'Armor, mai 2000.

Sinon, on parlait de la Tamise l'autre jour : la preuve que c'est la mer, c'est qu'on y trouve même des baleines. Enfin, je ne sais pas si en français on doit parler de baleine à propos des hyperodons - le français, contrairement à l'anglais, a tendance à résererver le nom de baleine aux cétacés à fanons, ce que l'hyperodon n'est point : c'est un odontocète (une baleine à dents), et plus spécifiquement un ziphiidé, une baleine à bec, car les baleines à bec ont des dents. Il mange des harengs et des calmars, et voilà où ça le mène. C'est d'ailleurs comme ça que l'espèce a été découverte, à la suite d'un échouage dur les côtes de l'Essex en 1717 - pas bien loin de la tamise, finalement.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : merci à Jean-Pierre Sylvestre, Baleines et cachalots, Delachaux et Niestlé.


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samedi 21 janvier 2006

Chemin de fer

Allez, un p'tit coup de gnôle pour fêter le week-end ?


Un wagon-foudre du début du XXème siècle, Paris, Champs-Élysées, juillet 2002.

Parcouru l'autre jour la thèse de Peter J. Wexler, publiée en 1955, sur la formation du vocabulaire français des chemins de fer, de la fin du XVIIIème au milieu du XIXème. Il s'avère que, comme je le soupçonnais, le terme de chemin de fer lui-même n'a été accepté que progressivement et avec réticence. On emploie bien le terme de « chemin ferré » à propos de la fabrique de canons d'Indret, près de Nantes, à la fin du XVIIIème siècle :il s'agit semble-t-il de la première voie ferrée au sens moderne du terme a avoir été construite en France. Elle permettait de mener les canons de la fonderie, où ils étaient coulés, à la forerie, où on évidait l'intérieur pour en faire, ma foi, des canons.

Mais le terme semble impropre : ce n'est pas tout le chemin qui est de fer, mais seulement deux bandes de roulement... On propose alors « ornières ferrées, » à l'image des ornières de bois que l'on utilisait depuis longtemps dans les mines pour faciliter le roulage des wagonnets, mais des ornières, c'est en creux, alors que les rails ne le sont pas vraiment. Un traducteur propose, en 1803, le terme de grille-voie :

« Le mot primitif anglais, est composé de deux mots rail et way dont le premier signifie grille, la seconde voie. Cette expression m?a parue préférable à celle de chemin ferré. On aurait pu aussi bien adopter le mot rail-way comme le premier nom d?une chose nouvelle. »

(note en marge de la traduction d'un rapport sur le chemin de fer de la compagnie du Surrey, établie pour un conseiller d'État à Cologne, 1803, cité par Wexler, p.26.)

Et à vrai dire, si grille-voie n'a pas rencontré un grand succès malgré son exactitude linguistique, rail-way est longtemps resté dans les esprits - on le voit ressurgir à la fin du XIXème siècle pour désigner ce qu'on nomme aujourd'hui tramway.

Parallèlement, les matériaux utilisés ont évolués, ainsi que leurs appellations ;  début XIXème siècle, le terme de fonte de fer remplace celui de fer coulé. Le chemin de fer (coulé) devient donc le chemin de fonte  (de fer). Mais la fonte, trop cassante, est remplacée par du fer puddlé, forgé au laminoir : c'est le chemin de fer forgé, que l'on simplifie en chemin de fer. Le terme se stabilise, malgré le remplacement du fer par l'acier à partir des années 1860. Pourquoi « chemin de fer » en est venu à désigner le sytème de transport dans son ensemble, pendant que « voies ferrées » désignait le support, je n'en sais rien - peut-être parce que je n'ai pas lu cette thèse en entier.

Au fait, je vous avais déja dit que je m'intéressais aux trains ?

Le Plume vous salue bien.


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vendredi 20 janvier 2006

Le flot et le jusant

Allez, retour à la plage, à marée basse, forcément.


Louannec, plage de Pen an Hent Nevez, août 2005.

Enfin, marée basse, n'exagérons rien : le rocher à l'arrière-plan - que les cartes appellent Penvern de Perros mais que j'ai toujours entendu appeler Benoën, allez savoir pourquoi - est accessible à pied sec par grandes marées basses. Il y a donc de la marge...

Non, c'était la mi-marée montante, par une fin d'après-midi tranquille, où les petits échassiers, courlis et aigrettes, arpentent le bord de l'eau, à l'affût des molusques que le retour du flot inciterait à mettre le nez hors de leur cachette.

Regarder la mer monter, à chaque vaguelette, sur l'estran presque plat. Quand on est tout près, il semble que la montée de l'eau est la résultante de la succession des vaguelettes, chacune d'elles se haussant sur ce qui reste de celle qui la précède - et pourquoi en serait-il autrement ?

Le Plume vous salue bien.


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jeudi 19 janvier 2006

Du pain sur la planche

À la maison aujourd'hui, à rédiger mon mémoire. Très en retard, encore - deux semaines que je n'arrivais pas à avancer. Dans sa version actuelle, mon mémoire traite de l'introduction d'un procédé technique nouveau ; le chapitre que je suis en train de rédiger traite de tout ce qui précède, ce qui évidemment demande un certain esprit de synthèse... C'est parti maintenant, je pense avoir trouvé la bonne densité pour faire quelque chose d'à la fois concis et à peu près compréhensible. Du coup, j'évoque (en quelques mots) plein de petits hauts fourneaux charentais, ou plutôt d'anciens moulins qui étaient des hauts fourneaux au XVIIème ou au XVIIIème siècles - car, j'ai déjà dû le dire des tas de fois, un haut fourneau, à cette époque, c'est avant tout un moulin, seule une roue hydraulique étant capable d'actionner sans interruption les soufflets tout au long d'un fondage de plusieurs mois.

Celui-ci, par exemple : le nom du lieu-dit, Planchemeunier, nous donne à penser qu'il y avait là naguère un moulin à blé. Un haut-fourneau s'y installe à partir de 1514, ce qui en fait un des plus anciens de l'Angoumois ; on y fabrique des canons pour la marine à la fin du XVIIème siècle et jusqu'au milieu du XVIIIème. On n'a pas de trace de son activité pendant la Révolution française ; il est donc probable que l'activité métallurgique ait déjà été abandonnée. Au début du XIXème siècle, on y établit un moulin à blé - retour aux sources, si l'on peut dire. Aujourd'hui, il s'agit d'une habitation privée.


Planchemeunier, commune de Sers, Charente, 4 juin 2004.

C'est un vallon paisible, à une dizaine de kilomètres d'Angoulême ; le rurbain, en rentrant du travail, peut pêcher la truite dans les eaux de l'Échelle, profitant du calme et de l'air pur. Un de mes camarades, qui étudie un site du même type situé dans le Nord de la Bourgogne, le rappelait dans une présentation récente : il y a 250 ans, les fourneaux enfumaient la vallée jour et nuit, tandis que toute la journée de lourds marteaux hydrauliques frappaient leur enclume toutes les dix ou vingt secondes. Là comme ailleurs, et contrairement aux idées reçues, la tranquillité est une invention récente.

Le Plume vous salue bien.


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mercredi 18 janvier 2006

Tamise

J'avais commencé à parler, l'autre jour, des fleuves dans les villes et des villes sur les fleuves - j'ai mentionné Paris et Rome : il serait étrange d'omettre Londres et la Tamise, ce couple unique, inséparable. En effet, ce qui définit de manière unique la situation de Paris, c'est, plus que la Seine, sa position au centre géomorphologique d'un vaste bassin sédimentaire - Londres, par contre, est indubitablement le lieu où un estuaire devient fleuve, et réciproquement. C'est la Tamise qui fait Londres, port-capitale ; c'est Londres qui fait de la Tamise un axe majeur et non un fleuve de seconde importance.

Si l'on s'en tient aux chiffres, en effet, la Tamise, ce n'est pas grand chose : le deuxième fleuve de Grande-Bretagne, derrière la Severn - la comparaison avec la Seine serait hors de propos. Quant au débit moyen, il est sensiblement inférieur à celui de la Vilaine à Redon... Mais voilà, la Tamise, à Londres, c'est déjà presque la mer - ça se voit, ça se sent.


La Tamise et vue du South Bank, octobre 2004.

On pense du coup à Heart of Darkness, de Conrad - car, si le roman parle d'Afrique, et plus particulièrement du fleuve Congo, c'est sur l'estuaire de la Tamise que se déroule la narration, sur un voilier au mouillage qui attend la renverse. Et c'est en regardant cet horizon que Marlow commence son récit : ‘And this also,’ said Marlow suddenly,  ‘has been one of the dark places of the earth.’

Voilà la chose : au cœur de la Ville, la Tamise nous parle du Monde.

Le Plume vous salue bien.


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mardi 17 janvier 2006

Court suprême des États-unis (en travaux)

Parce qu'elle date de 1787, la constitution des États-unis est, plus que toute autre, directement inspirée de Montesquieu. Ce qui ne veut pas dire qu'elle est meilleure ou pire qu'une autre, là n'est pas la question, mais qu'elle institue explicitement une tripartition du pouvoir entre législatif, exécutif et juridique ; ce sont d'ailleurs ses trois premiers articles - elle en compte sept, non compris les amendements. La section 1 du premier article institue que :

Le pouvoir judiciaire des États-Unis sera conféré à une Cour suprême et à telles cours inférieures dont le Congrès pourra de temps à autre ordonner l'institution. Les juges de la Cour suprême et des cours inférieures conserveront leurs charges aussi longtemps qu'ils en seront dignes et percevront, à échéances fixes, une indemnité qui ne sera pas diminuée tant qu'ils resteront en fonctions.

Il ne s'agit ici que de la justice fédérale, chaque État ayant par ailleurs son propre système judiciaire. N'empêche, ce n'est pas rien, la constitution étant, contrairement à ce qui se passe en France par exemple, opposable : tout un chacun peut invoquer une objection constitutionnelle contre un acte de la puissance publique, locale ou fédérale, contre une décision de justice ou contre une loi.  Or, si la constitution elle même se contente d'établir la séparation des pouvoirs, les amendements, et notamment les dix premiers formant la déclaration des droits vont au delà des questions institutionnelles pour définir les droits et devoirs des individus. Si en France on pouvait invoquer la déclaration de 89 devant les tribunaux, ce serait rigolo : « Mais M'sieur l'juge, je f'sais qu'appliquer mon droit à résister contre l'oppression ! »


Façade de la cour suprême, 1st Street NE, Washington, D.C., décembre 2005.

Ce sont en particulier des décisions de la cour suprême élargissant le champs d'application de certains amendements qui ont amené, dans les années 1970, de profonds bouleversements de la jurisprudence : amélioration des droits de la défense, modification des découpages électoraux pour assurer une représentation des minorités et, surtout, « légalisation » de l'avortement. Je mets des guillemets car il n'y a pas eu changement de la loi, mais élargissement, par la cour suprême, de la notion de respect de la vie privée qui découle du quatrième amendement à la constitution - je simplifie un petit peu, mais c'est l'idée : si par exemple lors des auditions du juge Alito, vous entendez parler de right of privacy, c'est d'avortement qu'il s'agit.

En effet, contrairement à ce qui se passe en France où, malgré une palanquée d'excités (j'ai failli virer une de mes tantes de notre voiture parce qu'elle se lançait dans une tirade à ce sujet au point d'en devenir injurieuse), cette question ne fait plus guère débat, là bas, c'est chaud-brûlant, comme sujet... Or, ce qu'a fait une décision de la cour suprême, une autre peut le défaire - cela c'est produit dans les années 1980 avec le rétablissement de la peine de mort. Et du coup, les Social Conservatives, essentiellement des fondamentalistes chrétiens, ont comme objectif unique d'avoir une majorité à la cour suprême qui leur convienne. C'est la raison pour laquelle la nomination d'Harriet Myers pour remplacer Sandra Day O'Connor avait été si vivement combattue, car elle était jugée tiède sur cette question... Avec la nomination d'Alito, qui devrait être confirmé par le Sénat la semaine prochaine, ils ont obtenu un juge à leur convenance ; ça leur en fait quatre, avec Scalia, Thomas et le nouveau président de la cour, Roberts, même si celui-ci a longuement insisté sur son attachement à la stabilité de la jurisprudence. Un autre, Kennedy, avait souvent voté avec le camp conservateur, mais semble avoir quelque peu évolué sur ce point. Bref, mystère et boule de gomme...

Tout ça pour éclairer un peu les infos qu'on peut avoir sur le problème des nominations à la cour suprême. Et aussi parce que j'aimais bien cette photo, avec les échafaudages, et tout.

Le Plume vous salue bien.


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lundi 16 janvier 2006

Coule la Seine

Sans qu'il y ait d'autres raisons à celà que des éclairages maigrichons et quelque difficulté à reprendre le cours de l'année,  je n'avais pas encore pris de photos cette année. C'est chose faite, profitant d'un quart d'heure de battement entre deux rendez-vous- j'ai bien fait de me lever tôt ce matin. Il faut dire que je n'avais pas vraiment le choix. Bref : de retour au bords de la Seine et aux couleurs subtiles et mélancoliques de l'hiver parisien.


Quai des célestins, quatrième arrondissement, ce matin, 10h07.

Un peu froid, j'aurais dû remettre mon blouson pour aller faire ce tour de pâté de maison. Les arbres dénudés - des aulnes sans doute, j'espère que leur roi n'est pas dans le coin - portent de petits fruits ronds, comme des pommes de pin miniatures ; le pont Sully porte quant à lui ses réverbères à l'ancienne. Dans mon dos, les sculptures rococo de l'école massillon ; pas bien loin, au bout du pont, l'incertaine place entre arsenal et Marais que piétons et véhicules traversent à la hâte, comme mal à l'aise.

La Seine par contre coule doucement, sure de son bon droit.

Le Plume vous salue bien.


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dimanche 15 janvier 2006

Brise marine

Parmis les photos récupérées hier, un panoramique du départ de la course en solitaire du Figaro, en août dernier, pris au 300mm depuis un haut de talus et miraculeusement net - le monopode est un peu juste avec ce genre d'optique ; il faudrait un vrai trépied, mais à force, il faudrait aussi une camionnette rien que pour le matériel photo...

Éléments d'un paysage marin, de gauche à droite :

Plus à droite, la mer semble dégagée ; en réalité, le passage entre les îles Malban et Rouzic - dont on distingue, tout à droite de l'image, à côté du spi blanc, les premiers récifs découverts - est pratiquement impossible, sauf pour des connaisseurs et par beau temps. Finalement, il y a le choix : connaître le coin comme sa poche ou savoir lire une carte marine. Si aucune de ces deux conditions n'est remplie, mieux vaut rester bronzer sur la plage.

Autre paysage, cet après-midi, le plateau de la Brie, en scooter, histoire de décrasser le moteur et les bronches et aussi de tester le GPS tout neuf ; retour par le bois de Vincennes : en cette saison, en début de soirée, c'est comme une représentation de l'hiver.

Mais, ô mon cœur, entends le chant des matelots !

Le Plume vous salue bien.


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samedi 14 janvier 2006

Un morceau d'été

L'ennui avec la photo argentique, comme on dit maintenant, c'est qu'il faut attendre pour voir ses photos, ce qui est parfois un peu contrariant - mais d'un autre côté, des fois, ça a du bon : j'avais terminé une pellicule à Washington et je l'ai faite tirer en rentrant. Et je tombe sur des photos plutôt réussies - prises au mois d'août dernier, ce qui par les temps qui courrent fait plutôt du bien !


Cavalière au bord de l'eau, Louannec, Côtes d'Armor, août 2005.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : un blog voyageur, si le cœur vous en dit : Love, Lucy Blue, de retour de Chine avec pleins de photos.


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vendredi 13 janvier 2006

Un autre fleuve capital

Pour répondre à la demande populaire, après la Seine, Mesdames et Messieurs, le Tibre !


Le Tibre vu du château Saint-Ange, février 2001.

Pour être tout à fait franc et sans vouloir offenser les Romaines et Romains qui me lisent, le Tibre, pour être vénérable, n'en est pas pour autant un fleuve spectaculaire : presque à sec en été, il peut enfler modestement en hiver, mais ça ne devient pas pour autant l'Iennisseï franchissant les plaines sibériennes - plus proche de la Charente à Angoulême, tout compte fait.

Mais quoi, j'aime bien la Charente à Angoulême, et le Tibre donne aux quartiers qu'il longe un charme paisible, la paix de l'île tibérine, les détours du Trastevere, le grouillement bon enfant du campo di Marzio - qui reste, malgré tout le bien qu'on me dit du Trastevere, le quartier de Rome auquel je suis le plus attaché.

À gauche après le pont, la via panico, où nous étions logés, vous mène tranquillement vers le campo dei fiori ; en partant par là, on pourra aller prendre un Campari e soda du côté du cirque de Vespasien - piazza navona. Tiens, c'est une bonne idée ça. J'en prends bonne note.

Le Plume vous salue bien.


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jeudi 12 janvier 2006

Entrée en Seine

Des fois on a l'impression de vivre sa vie au fil de l'eau, d'autre fois de se noyer complètement : la Seine, c'est pareil. Elle profite de ce que les journées sont courtes et les touristes absents pour se rehausser quelque peu et innonder son voisinage - il faut dire que sa pente ne lui permet guère d'évacuer des quantités d'eau anormales venues par exemple du Morvan par l'Yonne.

À ce propos, Jacques Roubaud rappelait qu'il est de tradition qu'à un confluent, ce soit la branche dont le débit est le plus important qui donne son nom à la rivière résultante ; la Seine en aval de Montereau devrait donc s'appeler l'Yonne et il faudrait réécrire les vers d'Apollinaire :

Sous le pont Mirabeau coule l'Yonne
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvionne
la joie venait toujours après la ponne

Jacques Roubaud, La forme d'une ville change plus vite, hélas, que le cœur des humains.

Pas de crue cette année, et dans la mesure où l'on est déjà en janvier, je serais surpris qu'il y en ait. De là à y voir un résultat du changement climatique... Mais tout de même, cette année, la saison des cyclones en Atlantique s'est terminée en janvier au lieu de novembre, où va-t-on ma bonne dame ?


Crue de la Seine, décembre 1999 : sortie du tunnel des voies sur berge rive droite.

Peu probable en tout état de cause que l'on revoie un jour les crues de 1910, où la Seine avait repris possession de l'ancien bras qui contourne par le nord le centre de Paris, passant notamment par la cour du Havre où l'on peut admirer la marque du niveau maximum de l'eau sur la façade de la gare Saint-Lazare... Ça mettrait une sacrée pagaille en tout cas.

Le Plume vous salue bien.


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mercredi 11 janvier 2006

Au fil de l'eau

La Seine à Paris n'est qu'à une vingtaine de mètres au dessus du niveau de la mer ; la distance qui lui reste à parcourir étant d'environ 360 km, le dénivelé est d'environ 7 cm par kilomètre. Soit sept centièmes de milimètre par mètre : si vous arrivez à attacher un tableau aussi droit que ça, mes félicitations.

Du coup, elle ne se presse pas ; elle méandre tranquillement, franchissant tout de même les rebords des couches géologiques successives du bassin parisien, découpées en falaises spectaculaires qui se succèdent de Porcheville au Havre.


Les Andelys, Eure, octobre 1999.

C'est sans doute à ces falaises que la France doit son attachement à la pierre, la belle pierre - il n'y a pas tant de pays où l'on y soit autant attaché, au point que pour parler d'un placement immobilier on parlera d'« investir dans la pierre. » Où, lorsque l'on pense, que l'on rêve à du bâti, c'est de la maçonnerie ou, mieux, un bel appareillage de pierre de taille que l'on voit dans sa tête - et le bâti, c'est nous, c'est l'écosystème que nous nous construisons nous même, c'est ce qui nous rend humains.

Tout ça parce que, pendant des siècles, les riches ont acheté, les pauvres ont désiré, des bâtiments en pierre de Paris, ce calcaire robuste, d'une bonne tenue aux éléments, et dont la couleur, entre beige et gris pâle, s'accorde si bien à la lumière discrète de la France du nord - pierre de Paris qu'on tirait des méandres de la Seine, entre les Andelys et Vernon.

Le fil de l'eau à des choses à nous dire, sur sa pente douce. Prenons le temps de l'écouter.

Le Plume vous salue bien.


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mardi 10 janvier 2006

Una selva oscura


Arashiyama, Kyoto, août 1998.

Dans la montagne d'aujourd'hui, pas de route - la préfecture de Kyoto est une région de montagnes, de montagnes dures, sombres, difficilement franchissables. Dans la vallée passait un chemin de fer touristique tiré par des locomotives à vapeur, mais je ne sais pas s'il existe toujours. Au delà des montagnes, loin, mais sans sortir pour autant de la préfecture de Kyoto, c'est la mer du Japon. Une mer dure, sombre, difficilement franchissable. Enfin à ce qu'on m'a dit : nous nous sommes contentés des trajets plus faciles, le long de la vallée fertile de la Kamo, vers Osaka, Nara ou Kobe, en passant par les distilleries Suntori et le musée de la Asahi Beer Foundation à Oyamazaki.

Mais à l'ouest de la vallée, la montagne était toujours là.

Le Plume vous salue bien.


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lundi 9 janvier 2006

altitude

Allons, allons, plus de photos de routes de montagne, moi ? J'aurais dû vérifier mes archives avant de dire une chose pareille !


Route du Montgenèvre, Hautes-Alpes, juillet 2005.

J'ai la vague idée que le paysage au dessus de Briançon est un petit peu différent en cette saison, mais allez savoir...

Le Plume vous salue bien.


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dimanche 8 janvier 2006

Le retour des rouleaux perdu : neiges d'antan

Finalement, en regardant mes rouleaux de photos des années 1985 et 1986, je me rends compte qu'il n'y avait pas beaucoup de personnages, dans ces photos : on ne se refait pas. Et pourtant, j'étais aussi other-oriented que n'importe quel adolescent, au moins.


La neige, la nuit, Angoulême, hiver 1986-1987.

Ce que j'avais envie de fixer sur la pellicule, c'était peut-être précisément les moments où il n'y a rien, ni personne, où il ne reste que le doute ?

Par contre, la photographie comme medium artistique ne m'intéressait guère - alors que j'aurais pu tenter de compenser ainsi le décalage entre envie d'expression et incapacité totale à manipuler crayon ou pinceau de manière satisfaisante. Mais, non, ce n'était pas dans mes plans... Ceci ne m'empêchant pas de passer de longs moments dehors dans le froid à photographier le vide en pleine nuit, si j'en crois ces rouleaux. Faut pas chercher à comprendre.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : je me rapplle maintenant de rouleaux antérieurs, il faudra que je parte à leur poursuite la prochaine fois !

P.P.S : narcissique, cette entrée ? Si peu, si peu...


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samedi 7 janvier 2006

Il y a une route, tout de même

Pour conclure cette série, une route plutôt discrète : la piste tracée, tant bien que mal, par les hommes des expéditions polaires françaises vers la calotte polaire groenlandaise, en 1948.


« Port-Victor », sur l'Ata Sund, région de l'Eqe, côte ouest du Groenland. Photo prise en août 1993.

Si vous doutez qu'il y ait là une route, lisez Terre arctique, d'André de Cayeux (Arthaud, 1949), qui relate cette expédition. Ou alors, comme il est épuisé, vous pouvez voir quelques cartes extraites de cet ouvrage dans l'entrée que j'ai écrite à ce propos il y a 18 mois de ça - ceci étant, par parenthèse, l'exemple d'un permalien et la raison pour laquelle il est vital qu'ils soient effectivement permanents. [ NdA 28 janvier : lien changé vers la nouvelle version de la rubrique ]

Si vous n'êtes toujours pas convaincu de la carrosabilité de cette route - le petit trait clair que l'on voit, sur la photo, descendre du sommet de l'élévation rocheuse, voici une preuve photographique issue du même bouquin :


Cliché Taylor, EPF 1948, reproduit par de Cayeux, 1949.

Si l'on en juge par la quantité de chenilles brisées et autres pièces mécaniques hors service que l'on retrouve sur les bords de la piste, ça n'avait rien d'évident, comme parcours. Même à pied, je dois dire que c'était un peu rude.

Le Plume vous salue bien.


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vendredi 6 janvier 2006

Brumes

Mon stock de routes de montagne n'étant pas inépuisable, cette série ne durera pas éternellement. En attendant, revenons à l'Europe aux anciens parapets - même si les routes dont nous parlons sont le plus souvent dépourvues desdits parapets.


Le val d'Aveto, Apennin, 9 juillet 2005, vers midi.

L'Apennin, c'est la chaîne de montagne qui parcourt la péninsule italienne, aux altitudes relativement modeste mais d'une traversée difficile - raison pour laquelle les versants adriatiques et thyrréniens de l'Italie sont restés nettement séparés. On n'échappe pas facilement à la géographie.

Entre les deux, quelques cols, comme celui-ci, qui relie le val d'Aveto, côté gênois, à la province de Parme. Alpages, forêt, brume... Un autre Italie, à deux pas des cités padanes et de la riviera ligure.

Le Plume vous salue bien.


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jeudi 5 janvier 2006

Sécheresse

Finalement, j'en ai quelques unes, de routes de montagnes. Autre continent, autre lumière :


Red Rock Canyon, Nevada, août 2004.

Envoyé ce matin un message au support faisant part une nouvelle fois de nos préoccupations. Réponse : « nous avons fait passer vos doléances à la direction générale mais les décisions sont ce qu'elles sont, quoi que vous puissiez y objecter. » On voudrait nous pousser dehors qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Triste.

Pas encore de décision prise, en ce qui me concerne. Le transport des archives sur une autre plateforme me semble peu réaliste, dans la mesure où je perdrais au moins vos commentaires, ce qui n'est pas rien. Conserver les archives ici et continuer ailleurs ? C'est ce qu'on fait en général les gens qui ont quitté 20six, et ils sont nombreux. Ça permet aux archives de survivre sans travail particulier, même si la perte des permalien diminue un peu l'intérêt de la chose. Je suis perplexe. Et, somme toute, j'ai d'autre préoccupations que ça dans ma vie... On verra.

Le Plume vous salue bien.


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mercredi 4 janvier 2006

Rocaille

Une autre route de montagne : attention, chute de pierres !


Dans le Swartberg, Afrique du Sud, février 1997.

Autre pays, autre lumière - pas le même appareil photo ni le même type de film, par ailleurs.

Le Plume vous salue bien.



mardi 3 janvier 2006

La pente est forte mais la route n'est pas droite du tout


Col du Saint-Gothard, canton du Tessin, Suisse, 12 août 2005, vers 16h.

Vous aurez peut-être remarqué le changement temporaire du nom de ce weblog : il s'agit de marquer ma désapprobation de la manière dont 20six envisage de changer sa plateforme logicielle - effectivement catastrophique - dans des conditions qui ne le seront pas moins : perte d'une partie du contenu, liens vers les entrées existantes chamboulés, etc. Et encore, c'est le point de vue optimiste : si tout se passe comme prévu... Évidemment, on est un certain nombre à être très mécontents et à l'afficher de cette manière, d'autant que le « support » de 20six, sur un ton douceureux, présente tout ça comme si ce n'était pas du tout un problème - évidemment, ça n'en est un que pour les usagers. Pour ma part, je suis d'autant plus énervé qu'en réponse à une question précise de ma part, ledit support m'annonçait le 12 décembre que les permaliens (les liens vers les entrées existantes) seraient conservés, avant de se rétracter une ou deux semaines plus tard : « Quand vous nous avez posé la question c'était ce qui était prévu, malheureusement nous avons appris il y a peu par notre équipe technique que ce ne serait plus possible » (je cite, texto). Comme ce n'est pas à moi qu'on fera croire que c'est impossible, c'est tout simplement qu'on n'a pas jugé bon de consacrer de ressources au problème. Dommage : ça rendra invalides tous les liens de mes pages persos, sauf à me les repalucher un par un...

Du coup, on râle. Et j'envisage fortement de rappatrier ce weblog sur blogspot, où se trouve déjà mon mini-weblog anglophone... Enfin, il faudrait que je trouve le moyen de transférer toutes mes archives, et ce de manière automatisée et fiable, ce qui est loin d'être gagné. En illustration de ces difficultés, je vais vous faire une petite série de routes de montagne, tiens !

Le Plume vous salue bien.


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lundi 2 janvier 2006

Rouleaux perdus (suite)

Avant de partir pour Washington, je vous avais parlé de ces rouleaux de photos retrouvés à Angoulême, datant des premières pellicules que je m'étais offerte, pour employer dans le boîtier de mon père. De certaines je ne me souvenais plus du tout, au point d'avoir quelques difficultés à les identifier. De ce rouleau par contre, en noir et blanc, j'avais gardé des souvenirs précis, bien que j'ai un peu de mal à dater la chose. 1986 ? 1987 ? 1986, sans doute : c'était une toute fin d'année scolaire et je ne crois pas avoir été en instance d'examen - ce devait donc être en classe de seconde.


Mon petit bout de land art, Angoulême, avril ou mai 1986.

C'était une époque où l'art nous parlait directement, que ce soit les Ménines de Velasquez, la Spiral Jetty de Smithson ou les variations pour une porte et un soupir - je ne réalise qu'aujourd'hui à quel point les cours que nos prodiguaient nos professeurs d'arts plastiques et d'histoire de l'art étaient exceptionellement affûtés dans leur éclectisme. C'était une époque où l'on pouvait rester silencieux à contempler quelques mots que nous avions écrits, avec des altérations qui nous semblaient hautement significatrices, sans que nous sachions exactement de quoi. C'étaient l'époque où le grand combat d'Henri Michaux nous prenait aux tripes... Une adolescence romantique, sans doute, au sens propre du mot.

Je n'étais pas mécontent de mon idée : faire à la craie des dessins sur l'enrobé de la cour de récréation, qui ne prennent forme que lorsqu'on les regardait du quatrième étage - où se trouvait l'antre des plasticiens. D'autant que l'idée a été reprise par les autres, ce qui est une satisfaction sans borne pour un ado pas forcément des plus charismatiques. Et comme ce printemps était un des plus sec qu'ai connu le centre-ouest, nos bariolures colorées ont subsisté des mois, à la plus grande surprise des autres élèves...

Finalement, je l'aime bien, cet adolescent mal fagotté que j'étais !

Le Plume vous salue bien.


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dimanche 1 janvier 2006

2006

Bon vent à tous pour l'année qui commence !


Rocher du Lion, pointe du Toulinguet, Finistère, août 2000.

OK, pas très original, comme entrée, mais c'est de saison.

Parmis les questions urgentes du moment : rester sur 20six ou non ? Il y a pas mal de gens qui s'en vont en raison du changement de plateforme qui s'annonce chaotique. En ce qui me concerne, je m'interroge : des plateforme comme Blogger (anciennement blogspot) a au moins l'avantage de ne pas être géré comme un monôme d'étudiant... Inconvénient : encore moins d'interlocuteurs en cas de problèmes, et pas de mécanismes propres de suivi des commentaires, par exemple - d'un autre côté, RSS n'est pas fait pour les chiens... Bref, la question n'est pas tranchée. Vos avis sont les bienvenus.

Le Plume vous salue bien.


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samedi 31 décembre 2005

Envol

Comme un vol de bernaches hors de l'étang natal, nous nous envolions hier soir (heure de Washington) pour rentrer à la maison ce matin (heure de Paris).


Arlington, Virginie, 29 décembre 2005, 18:12 GMT.

Enfin, je dis des bernaches, c'est peut-être des tadornes, ou bien tout à fait aute chose : vu la nébulosité ambiante, pas évident de s'y retrouver.

Le Plume vous salue bien.


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vendredi 30 décembre 2005

Arlington National Cemetary

Juste en face de la ville, de l'autre côté du Potomac, donc dans l'État de Virginie, un grand domaine couvrait les coteaux d'Arlington : la propriété du général Robert E. Lee. Confisquée par le gouvernement fédéral pendant la guerre de sécession, elle a accueilli un cimetière militaire, qui s'étend maintenant à la quasi totalité du domaine : c'est le cimetière national d'Arlington, avec ses hectares de pierres tombales réglementaires couvrant les collines boisées.


Arlington National Cemetary : vue vers washington depuis les tombes des Kennedy, 29 décembre 2005.

Discutez un peu avec des amis américains : nombreux sont ceux qui ont au moins un membre de leur famille enterré là. Et c'est un point important à comprendre : contrairement à ce qui se passe en France, la société américaine et son armée ont gardé des liens étroits. Cela peut prendre la forme d'un militarisme passablement gênant, mais pas forcément : ça peut être un simple respect, une reconnaissance. Et ça demande qu'on s'interroge, en tant que Français : quand avons nous perdu ce lien ? Car il était perdu, bien avant la fin du service militaire, à part dans la « bonne droite » traditionnaliste. Je pense quant à moi que cette rupture date d'avant les guerres coloniales, où les dérives de certains quarterons de généraux à la retraite n'en étaient qu'un symptôme. Au bout du compte, je crois que cette rupture date de l'« étrange défaite » de 1940 : à relire le livre de Marc Bloch qui porte ce titre (un historien se doit, je crois, de lire du Marc Bloc à un rythme au moins hebdomadaire), on se rend compte que l'armée française n'a pas voulu défendre une société civile que, depuis le front populaire, elle méprisait. Malgré les efforts de l'après-guerre, ce compte n'a jamais été soldé.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : je parlais hier de hubris. Un long article dans le Washington Post de ce matin fait une synthèse de ce que l'on sait du programme anti-terroriste de la C.I.A., mis en place après le 11 septembre. Ou comment la démesure de ces attaques (ne les oublions pas !) a engendré la démesure de ce programme, chacun dans le cercle étroit des preneurs de décisions renforçant la certitude du groupe quant au bien fondé et à la légalité des mesures prises... C'est une instance historique de hubris à l'œuvre.


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jeudi 29 décembre 2005

Hubris et nemesis

Une débutante prometteuse dans le petit monde des blogs d'historiens nous parlait dans son entrée inaugurale de la lecture des anciens ; dans cet esprit, il me semble indispensable, pour penser l'Amérique d'aujourd'hui, de se plonger dans l'histoire de la guerre du Péloponèse de Thucydide.

Voilà donc un État (la cité d'Athènes) qui, au sortir d'un long conflit, se trouve disposer d'une puissance, économique mais aussi militaire, qui dépasse tout ce que les cités grecques avaient connu. Une cité sûre de son bon droit, puisque 2500 ans après nous la voyons toujours comme le symbole de la démocratie éclairée. Et qui, sur la lancée des victoires contre les Perses, étend sa zone de domination sur terre et sur mer, annexant à son profit les instances de la confédération ionienne, imposant sa domination à ses voisins et son contrôle aux routes commerciales les plus lointaines... Cet excès, Thucydide lui donne un nom : hubris.


Un symbole de la puissance américaine : le Washington Monument.

Quoi de plus dangereux, finalement, pour un État, que de croire en sa propre puissance ? Et bien sûr, s'il l'oubliait, ses voisins se chargeraient de lui rappeler. Rappelez-vous, lors de la démolition des bouddah géants par les Talibans, les hauts cris que l'on entendait : « Quoi ? Les États-unis ne font rien ? Ah, si l'Afghanistan avait du pétrole, là, sûrement... » (et bien sûr lorsqu'après le 11 septembre les troupes américaines sont intervenues dans ce pays, on a crié au meurtre, à grand renfort de chanteurs décatis...)

Dangereux, oui, car si l'on croit en sa force, il est rare qu'on n'en use pas - peut-être même se sentira-t-on moralement obligé d'en user, pour peu que l'on se sente investit d'une mission. Et dès lors, le hubris est proche - il suffit que les dirigeants soient médiocres, que cette ivresse les gagnent... Et nemesisn'est pas loin, comme le ressac après la vague, la chute.

Athènes jadis n'avait su se déprendre de cette ivresse, et la ville était tombée. Des signes montrent que les États-unis sont mieux lottis de ce point de vue : la crise de hubris qui a amené à l'invasion de l'Irak est rétrospectivement jugée telle par l'opinion, à qui l'on a menti de manière éhontée ; du coup, il est probable qu'une bonne partie des troupes américaines soient retirées d'ici un an (ce qui n'est peut-être pas un cadeau pour le peuple irakien, mais c'est une autre histoire). Mais ensuite ? Comment un pays qui a un tel différentiel de puissance guerrière avec tous les autres peut-il résister à s'en servir ? Et nous, que voudrions-nous qu'il en soit ? La situation en Birmanie est de plus en plus délirante, souhaite-t-on pour autant une intervention militaire ? Et sinon, est-ce que ça veut dire que nous nous satisfaisons de la situation ?

Pas de question simples, là-dedans - méfions-nous donc des réponses qui le seraient.

Le Plume vous salue bien.


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