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Des photos et des jours

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jeudi 9 février 2006

D.O.B.

Je ne m'étendrais pas sur mon anniversaire - j'ai beau être resté un grand enfant, je dois reconnaître que le temps qui passe me réjouis moins que quand j'en était un petit. Enfin, j'ai tout de même été gâté à souhait, ça je ne suis jamais contre. Mais le Dob dont il s'agit ici n'est pas (ou pas seulement) l'abréviation anglaise de « date de naissance. »


Mister Dob, figurine de Takashi Murakami, sur nos étagères, février 2004.

Vous avez peut-être observé les petits personnages de la vignette qui orne la marge droite du bandeau de titre. Ou en tout cas qui remplit ce rôle à ce jour ; pas exclu que je change ça de temps à autre. Ces deux charmantes figurines montées sur une marguerite sous Prozac et brandissant des têtes de mort, ce sont Kaïkaï et Kiki - d'ailleurs, c'est écrit sur leurs grandes oreilles. Ces figurines sont des versions miniatures des sculptures de l'artiste japonais Takashi Murakami, dont nous avions découvert le travail au musée des beaux-arts de Boston en 2001 ; il a exposé depuis en Europe, y compris à Paris.

Dans sa galerie de personnages inquiétants, revenus des dessins animés pour se venger, voici Mister Dob - lui aussi c'est écrit sur ses oreilles. Bonsoir, Mister Dob.

le Plume vous salue bien.



dimanche 12 mars 2006

Mélange dominical

Belle journée. Dans l'air hivernal, des bouts de viande laqués prennent le soleil, sans qu'on puisse déterminer précisément de quelle sorte de viande il s'agit.


10ème arrondissement de Paris, aujourd'hui, vers midi.

Je sais qu'il y a des gens que ça gênent ; j'avoue avoir du mal à comprendre pourquoi. Somme toute, ce ne sont pas mes fenêtres.

Au bois de Vincennes cet après-midi, tout le monde était de sortie ; de nombreux enfants faisaient leur premières tentatives sur la bicyclette qu'ils avaient sans doute reçue pour noël, avec des résultats plus ou moins convaincants. Quant à moi, foin de ces enfantillages : j'inaugurais le support de guidon pour le GPS portable. Que j'avais eu pour noël.

Dans la télévision, notre premier ministre causait, paraît-il. Même pas besoin d'écouter : « le courage de moderniser », « les craintes de notre jeunesse », « la nécessité d'être pédagogue », etc. Faut dire, ils sont cons, ces Français, quand on prend une mesure qui leur nuit, ils s'obstinent à ne pas comprendre que c'est pour leur bien. Dans ces conditions, comment veux-tu ! Villepin avait pu faire illusion quelques mois mais c'est bien fini. Sur France Info, un UMP quelquonque rappelle que « le CPE est un outil fondamental de la lutte contre l'emploi » - c'est pas faux ça.

À propos, il m'est venu à l'esprit que la droite avait naturellement une tournure d'esprit d'ancien régime : elle adore multiplier les types de contrats, les dérogations, les exceptions, jusqu'à ce que chacun ait son propre statut social individuel et portatif ; elle aime affecter des ressources spécifiques à tel ou tel projet (genre, la prétendue journée de solidarité de Raffarin), en contradiction totale avec le principe républicain de l'unicité du trésor public. Cette révélation profigieuse m'étant venue alors que je roulais à vélo, je tenais à vous la faire partager, ah mais.

Sinon, ma rubrique Cartes sur table est dorénavant hebdomadaire et dominicale. En tout cas, elle l'est depuis maintenant huit jours.

J'avais pensé à plein d'autres choses pour ce mélange dominical mais ça m'échappe pour le moment. Dimanche prochain peut-être... Ah, si : image saisie en roulant en vélo sur le boulevard Saint-Martin, un groupe de gamines qui traînent, installées autour du buste de Johann Strauss - toutes vêtues de sweat-shirts dédiés à Nirvana et autres groupes plus récents dont je n'ai pas retenu les noms. J'ai trouvé ça sympa, comme image.

Le Plume vous salue bien.



mercredi 10 mai 2006

Grâce à nos canonniers

Les vacances étant finies, c'est le moment de s'occuper des souvenirs de vacances. Et notamment, ramenée d'un vide-grenier pluvieux bien que costarmoricain, devinez quoi : une assiette.

Compte tenu de la date indiquée et du motif, qu'elle m'ait particulièrement attiré l'œil n'étonnera pas ceux qui connaissent mes sujets de recherche... Au demeurant, j'ignore de quand elle date, ni où elle a été réalisée. Elle faisait partie d'une petite série commémorant la Révolution, d'une réalisation assez grossière ; aucune inscription au dos. Au hasard, je dirais fin XIXème, mais ça peut être plus tardif.

La question qui me titille dans l'affaire - et la raison pour laquelle j'utilise un extrait de la Carmagnole comme titre pour la troisième fois en un peu plus de deux mois - c'est la place que tient le canon dans l'imaginaire de la Révolution.

Les piques, par exemple, ça se comprend. L'arme du sans-culotte, facile à fabriquer, facile à manier... Mais le canon ? Peut-être une image de la puissance terrifiante de l'État, reprise à son compte par la Nation ? C'est une hypothèse qui en vaut une autre.

J'observe en tout cas que ce canon est manifestement de bronze, sinon il serait colorié en noir, comme les piques qui le surmontent. Normal, c'est un canon de l'artillerie de terre : n'en déplaise au bouquin de Magne dont je parlais l'autre jour et qui contient tout de même pas mal d'erreurs, les canons en fonte de fer étaient bel et bien réservés pour la marine, où leur poids plus important était moins handicapant.

Bref : l'histoire est dans l'assiette. Et l'assiette est sur le mur.

Le Plume vous salue bien.



mercredi 24 mai 2006

Vous êtes arrivés à Le Mans

Le Mans était autrefois célèbre pour les poulets du Mans, ce qui explique la photo ci-dessous. Le fait qu'étant arrivé par le train de 18h44, donc vers 19h15, je n'ai pas eu le temps de faire beaucoup de photos y est aussi pour quelque chose, avouons-le.


Un couple de poulets probablement sarthois mais photographiés dans notre passage dixième-arrondissementiste en mars 2004.

Le Mans disé-je étais jadis célèbre pour les poulets du Mans mais ils préfèrent aujourd'hui se revendiquer de Loué, sous le vil prétexte qu'ils proviennent de Loué et non du Mans. C'est ainsi que les poulets de Rennes se font appeler de Janzé, ce qui laisserait toute la place aux poulets de Bresse s'ils n'étaient pas confinés. Exeunt donc les poulets du Mans.

Les 24 heures par contre sont toujours du Mans, bien que se déroulant en réalité à Arnage. Apparemment, « poulets de Loué », ça fait vendre, mais «24 heures d'Arnage », ça fait pas vendre. Le marketing, ça me dépasse.

Les 24 heures sont donc du Mans. Mais les 24 heures, c'est pas tous les jours - le reste du temps, le Mans est par excellence une ville normale. C'est à dire une ville où des gens normaux essayent de mener leur vie du mieux qu'ils peuvent. Moi, je trouve ça plutôt bien. À moins que le Mans ne me semble une ville normale que parce que je la connais (très) mal depuis (très) longtemps. Je venais régulièrement rendre visite à une grand-mère (très) octogénaire ; du coup, mes souvenirs du Mans se limitent, en dehors de la gare, aux platanes de la rue des Maillets et à quelques jouets dépareillés dans le tirroir du bas.

À propos de gare, le Mans est aussi une ville où les voix synthétiques de la SNCF vous accueillent d'un barbarisme retentissant : « Vous êtes arrivés à Le Mans, trois minutes d'arrêt. » Bon, après tout, avant même d'avoir mis les pieds au Mans, j'habitais à Le Havre. Mais c'était une époque où les annonces ferroviaires étaient faites par un véritable humain - ce qui ne les empêchaient d'ailleurs pas d'être nettement plus incompréhensibles qu'aujourd'hui.

Le Mans est également la ville où Amédée Bollée a inventé l'autobus à vapeur en 1873 et où Charles VI est devenu fou le 5 août 1392. Alors que, bien après le dessert, je commençais à disserter sur cette question, Madame Plume a commencé à me tirer par la manche en me montrant sa montre du doigt. De la censure, voilà ce que c'est.

Le Plume vous salue bien.



jeudi 6 juillet 2006

Grondements

Après une journée lourde, qui collait aux sabots, les nuages montent et le lumière passe par toutes les teintes du jaune d'or au rose saumon, en passant par l'orange mandarine ; le tonnerre gronde ; parfois, quelques éclairs.


Vue vers l'est de notre fenêtre.

Le vent monte : c'est le suspens qui précède l'arrivée des premières gouttes qui s'écraseront lourdement sur le zinc.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : Oui, j'étais plutôt content du résultat du match d'hier. Mais cinq morts, est-ce bien raisonnable ?



samedi 29 juillet 2006

Vélocipède

Quoi de plus urgent, la veille du départ, que de régler les derailleurs d'un vélo qui va rester ici ? Rien, bien sûr. Et pour ce faire, je suis allé faire une acquisition que j'avais en vue depuis un temps certain : un pied d'atelier, permettant d'immobiliser l'engin dans une position compatible avec le travail.

Du coup, virée en scooter jusqu'à la porte de Montreuil (à Répu, il n'y en avait plus) et retour avec l'outil susdit. De fait, beaucoup plus facile de faire des réglages un peu précis quand le vélo n'est pas en équilibre précaire sur sa selle et son guidon.


La monture, comme à la parade.

Et demain, en route, sauf imprévu de dernière minute. Sur quatre roues cette fois, pour aller retrouver ce cher crachin breton. Et le bateau, bien sûr.

Le Plume vous salue bien.



lundi 16 octobre 2006

Il y avait plusieurs moutonsse

(Pagnol, Topaze, acte I, scène première).

Le mouton noir de la Civetta a un frère jumeau, paissant tranquilement sur les pentes de notre réfrigérateur. Le voici.


Notre petite ménagerie de cuisine. Fascinant, non ?

Ne m'en demandez pas plus pour ce soir : après une heure passée dans les vapeur de colle cyanoacrylate les fumées de polypropylène fondu, je me sens un cran en dessous du mouton aimanté, question QI.

Demain, c'est promis, je vous expliquerai en détail la composition et le renouvellement du Congrès des États-Unis, en prélude aux élections du 6 novembre. Mais pas ce soir.

Le Plume vous salue bien.



dimanche 12 novembre 2006

Cartothèque

Je profite de la 25e entrée de ma rubrique Cartes sur table pour m'offrir un moment d'auto-satisfaction : je suis assez content de ma cartothèque.


Morceaux choisis répandus sur le parquet.

Si j'ai bien compté : 105 carte terrestres pliées et 12 à plat, 30 plans de villes, 11 cartes marines, 15 atlas (petits ou grands)... Le tout couvrant nettement plus de pays que j'en ai visités, évidemment. Et ça sert à quoi, me direz-vous ? Pour certaines cartes, à retrouver son chemin ; pour d'autre, à rien, sinon à regarder.

Pendant qu'on y est, deuxième source d'auto-satisfaction : le curry dominical, dont le seul mélange d'épices est tout un programme. Cumin, graines de fenouil et de moutarde, nigelles, fenougrec, une pincée de curcuma... Miam !

Le Plume vous salue bien.



mercredi 21 février 2007

Il est frais, mon poisson, il est frais !

Je vous assure : j'avais prévu une entrée d'une haute tenue intellectuelle sur Stendhal et les plaines de l'Italie du Nord. Mais voilà : ce soir, c'était sushi maison, et après ça et un demi litre d'Asahi, je pense que je vais remettre ces prouesses à plus tard.


Le corpus delicti avant sa disparition, ce soir, vers les 9h .

Le bouquin qu'on aperçoit sur l'image (Kay Shimizu, Sushi at home) est une bonne base pour se lancer dans la fabrication de sushi. Évidemment, il vous faudra disposer du bon riz (on m'en ramène de temps à autre du Japon), d'un peu de matériel, de vinaigre de riz, de poisson irréprochable et d'une bonne dose de talent. Pour le talent, il faut reconnaître : c'est Madame Plume qui fournit !

Le Plume vous salue bien.



dimanche 4 mars 2007

Vélocipède

Aujourd'hui, petit tour avec le moyen de transport le plus efficace qui soit en termes de rapport énergie/distance parcourue ; je veux bien sûr parler du vélo. Bon : tout efficace qu'il soit, j'ai pu constater le manque d'entrainement de la motorisation - en l'occurence, ma pomme. Dur, dur, la reprise...

Notons au passage que le vélo, au même titre que l'aluminium, la voiture, l'éclairage électrique et, un peu plus tard, l'avion, est un produit de ce qu'on a appelé la deuxième révolution industrielle, à la fin du XIXe siècle. Les premiers vélos modernes, avec deux roues à rayons de même diamètre, entraînement de la roue arrière par chaîne et guidon monté directement sur la fourche (légèrement inclinée) de la roue avant date des années 1880. Les pneus gonflables datent de 1888, les dérailleurs de 18951*. En 1903, c'est le premier tour de France...

On répète aujourd'hui que le changement technique va de plus en plus vite. Mais la somme d'innovations de la période 1880-1910 est absolument étourdissante ; innovations qui passent en quelques années du prototype à l'objet de tous les jours... Réfléchissons deux minutes. Pouvez-vous citer, pour les trente dernières années, des innovations technologiques aussi spectaculaires que celle que j'ai mentionnées plus haut ? Des perfectionnement, certes, mais pas grand chose de réellement nouveau. Le téléphone portable, peut-être ?

Nous sommes dans une période de relative stagnation technique. Et nous ne le savons même pas.

Le Plume vous salue bien.

* cf. le chapitre 1er de D.G. Wilson, Bicycle science, 3e édition, MIT Press 2004.



jeudi 24 mai 2007

Mrs Dalloway, c'est moi

Mrs Dalloway, c'est ce roman d'un jour où, pendant que les restes de l'Angleterre victorienne se délitent à grande vitesse, une riche londonienne s'occupe de la grande affaire du moment : sa grande soirée mondaine. Je ne suis ni riche, ni londonienne, mais malgré tout, hier soir, on recevait. Et comme on avait pas mal de monde (genre : la capacité maximale de notre surface habitable) et que d'autre part on ne fait pas venir les gens pour qu'ils regardent trois cacahouètes rances se battre en duel dans un saladier en plastique, ça représentait un peu de boulot, question organisation.


Vue sur les desserts avec les entrées en arrière-plan.

Aujourd'hui, retour au calme ; retour des meubles à leur place habituelle ; évacuation des cadavres champenois ; et retour à mes pages d'écriture. Un tout petit peu tout petit pe-tit peu...

Un mini-tiramisu pour la route ?

Le Plume vous salue bien.

P.S. spécial copinage : si un jour vous cherchez un traiteur sympa, inventif et super bon : Les doigts à la bouche, marché Saint-Martin, 31 rue du Château d'eau, Paris 10e. Miam.



dimanche 10 juin 2007

Les fins fonds (d'écran)

L'actualité, il vaut mieux ne pas en parler. Des années après son adoption (à l'initiative du gouvernement Jospin, merci M. Jospin), le quinquennat donne enfin sa pleine mesure : un véritable effondrement démocratique, où les seules élections réellement déterminantes pour l'avenir du pays se décident dans l'indifférence générale, effacées par les rodomontades démagogiques de l'élection présidentielle... N'en parlons plus.

Fort opportunément, on me donne un autre sujet de discussion : à savoir, quelle image utilisé-je comme fond d'écran sur l'ordinateur duquel je vous écris présentement.

Oui, je sais, j'ai des icônes en vrac partout ; je vois mal pourquoi je rangerais mieux mon bureau virtuel que mon bureau réel. Et encore, pour faire la capture d'écran, j'ai fermé d'un coup de Windows-M magistral la quinzaine de fenêtres ouvertes qui masquaient totalement ledit fond d'écran...

La photo qui orne l'écran, donc : elle est de moi, bien sûr, prise en 1997 avec l'appareil photo paternel (un boitier réflex Pentax AS-500 fort bon bien qu'ayant tout juste mon âge), appareil que j'avais emprunté pour mon voyage en Afrique du Sud. J'avais d'ailleurs employé cette image dans une de mes toutes premières entrées de ce weblog, il y a plus de trois ans maintenant...

C'était dans les montagnes qui séparent Petit Karoo et Grand Karoo, les Swartberge ; l'arrière-plan confirme qu'elles sont de couleur plutôt sombre, d'où le nom. Nous nous étions arrêtés quelques instants en haut d'un col pour laisser refroidir le moteur de la jeep Suzuki hors d'âge qui nous servait de moyen de locomotion ; là, comme seule végétation, des champs de protéas sauvages en fleur...

Tel est mon fond d'écran. La coutume étant de transmettre ce genre de corvées à d'autres, j'en appelle à Sappholfaire (histoire de voir si son image de fond a changé depuis la dernière fois que je l'ai vue), à MeryllB qui a sûrement ramené des images compromettantes de son séjour à Hong Kong et à Flivo, que je soupçonne d'être un amateur d'art éclairé (ou rétro-éclairé s'il a un écran plat. Sel est dispensée pour m'avoir elle-même transmis la chose. Avis aux volontaires désignés : si vous ne vous exécutez pas, votre vélo va brûler, votre cafetière produira du thé et votre chat s'enfuira dans le soleil couchant avec la souris du voisin.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : un grand bravo au parti socialiste qui foire royalement le parachutage du ségoliste Malek Boutih du côté d'Angoulême (4e de la Charente) : il arrive troisième derrière le maire UMP d'Angoulême et une candidate socialiste dissidente. Comme lui n'a pas assez de voix pour se maintenir, il faudra bien appeler à voter poure elle... Merci d'avoir joué.



vendredi 24 août 2007

Intermède

Petit intermède dans cette série scandinave - avec notre petit jardin botanique à nous tous seuls, juste devant nos fenêtres.


Un peu de verdure au cœur de Paris, début août.

Du laurier, du romarin, du thym, un olivier... Tiens, c'était un jour de beau temps, il y en a donc eu cet été.

Marrant, je me rappelle très bien l'été 77 - en Bretagne, le petit chemin qui descend en travers du jardin transformé en ruisseau par les pluies continuelles. J'avoue que je ne suis pas entièrement déconfit de ne pas avoir pu aller vérifier si, trente ans plus tard, le résultat était le même.

Le Plume vous salue bien.

(Boîtier Pentax P30, objectif Autochinon 50mm f/1.7, pellicule Fuji Pro400H.)



mercredi 19 septembre 2007

Emportées par le vent

Je ne joue plus aux légos, c'est vrai, pour le moment tout au moins ; par contre, je joue toujours aux photos - plus que jamais. Outre la recherche du boîtier idéal et des objectifs de mes rêves (je commence à avoir un assortiment d'optiques assez satisfaisant, d'ailleurs), je fais de plus en plus de photos comme ça, pour voir ce que ça donne. En argentique, la réponse n'est pas immédiate ; ça fait tout le sel de l'affaire.


Vigne vierge, Paris, 11 septembre 2007.

Je me suis par exemple acheté des bagues d'allonge que l'on intercale entre le boîtier et l'objectif pour obtenir un effet de grossissement. J'ai évidemment testé le dispositif avec toutes les cibles qui passaient à ma portée - par exemple les feuilles de la vigne vierge que nous avions installée sur la grille protégeant une de nos fenêtres et dont les feuilles tournaient au rouge à l'approche de l'automne. Le résultat n'est pas déplaisant, je trouve. Même si la rançon de l'affaire est une profondeur de champ très courte, ce qui oblige à des choix cornéliens pour la mise au point...

Les feuilles d'automne n'ont pas eu le temps d'être emportées par le vent : la réfection annoncée d'une façade de l'immeuble nous a contraints à ratiboiser la vigne vierge pour la mettre hors de portée des peintres. Elle repoussera l'an prochain !

Le Plume vous salue bien.

[boîtier Pentax MZ-10, film fuji Pro400H, objectif Riconar 55mm f:2.2 + bagues d'allonge 19.2mm]



jeudi 31 mars 2005

Ouvrir des passages

...c'est ce que j'essaye de faire ici depuis bientôt un an. Enfin, je crois. Tirer des fils entre des lieux, des images, des textes, des petits morceaux de monde.


La cour des petites écuries vue du Faubourg Saint-Denis, photo prise à 17h13 et à 18h42 le 12 septembre 2004.

Ou alors, peut-être que j'aime bien montrer mes photos et pérorer un peu autour ?

Le Plume vous salue bien.



vendredi 7 avril 2006

Journée

Une journée qui commence par une nuit : comme la madame, elle avait une traduction à boucler pour ce matin, de mon côté, j'ai avancé mon cher mémoire - le tout jusque vers les 4h du matin.

J'avais prévu quelques trucs à faire ce matin, mais finalement j'ai passé mon tour. Surprise ! Et j'ai faillit louper ma réservation de 14h à la BNF, vu que j'y suis arrivé vers 15h. Mais bon, j'ai pu me plonger avec délectation dans les Transactions of the Newcomen Society - société dont je suis membre depuis peu, ce qui ne me donne hélas pas accès directement aux anciens numéros des Transactions. C'est ballot.


L'auguste fronton du hall de gauche de la gare de l'est - réplique de l'ancien embarcadère de Strasbourg qui constitue le hall de droite, il date de l'entre-deux-guerres, d'où la martiale figure de Verdun qui la coiffe.
Quant aux relations entre la Marne et la Meuse, qui l'eut cru ?

La BNF ferme à 20h et je devais aller chercher mon neveu à la gare (Montparnasse, pas de l'Est) à 21h30. Une heure à tuer, donc ; comme j'avais garé la voiture au parking de l'immeuble de bureau qui abrite la présidence de l'université, j'en ai profité pour mettre à jour le système du cœur de réseau du bâtiment - à cette heure là, un vendredi, c'est pas comme si ça gênait qui que ce soit...

Montparnasse, un peu plus tard, tout va bien - reste à rentrer à la maison et aller acheter un hot wings bucket au KFC du coin ; pour une fois qu'on a un ado à la maison, on en profite !

Le Plume vous salue bien.

P.S. : pour la légende de la photo, merci à Clive Lamming, Paris ferroviaire, Parigramme, 1999/2005.



mercredi 25 juillet 2007

Objectivement

Reçu ce matin mon nouvel appareil photo, qui n'a pas grand chose de nouveau d'ailleurs puisqu'il a dans les 25 ans d'âge... Je crois que c'est la première fois que je fais un achat sur ebay, et c'est plutôt une affaire, à première vue. Bien sûr, je ne pourrais en être certain que lorsque j'aurais fait développer mon premier film ; en attendant, plaisir de retrouver les gestes de la photo manuelle comme je la pratiquais dans mes débuts : mise au point, réglage de l'ouverture, de la vitesse...

Plaisir aussi d'un objectif dont le diaphragme ouvre vraiment : le petit zoom que j'avais acheté avec le boîtier que j'avais déjà n'ouvrait qu'à f:4, celui-ci ouvre à f:1,7 : visuellement, la différence est assez saisissante. S'il n'y avait eu que l'objectif pour le même prix, ça aurait déjà été un bon achat. Objectif que je peux d'ailleurs utiliser avec le MZ-10 : c'est tous les deux du Pentax et tous les deux avec la même monture.

Promenade à pied dans le quartier et du côté des gares, hitoire de tester la bestiole. Et vous avez droit en attendant à une photo numérique prise sur les lieux :


ICE, le TGV allemand, cet après-midi, gare de l'Est.

Pour les photos du nouvel appareil, il faudra attendre un petit peu : je n'ai trouvé qu'une pellicule 36 pauses. Mais comme je suis curieux de voir le résultat, ça ne devrait pas traîner.

Au passage, acheté deux CD de musiques classique pour élargir mon répertoire. Côté baroque avec des sonates pour flûte et clavecin de Bach, et du XIXe siècle français avec Saint-Saëns. Ça m'a, objectivement, coûté plus cher que l'appareil photo.

Le Plume vous salue bien.



lundi 17 janvier 2005

Galette, vieilles poternes et jean trempé

 

Ce titre résume les grandes lignes de ma journée. Ce midi, une fois n'est pas coutume, agapes municipales à l'occasion de la cérémonie des vœux de la mairie d'arrondissement, à laquelle j'étais convié en raison je suppose du sacrifice de mes dimanches électoraux. Je pensais avoir à faire à un vague discours suivi d'un quelquonque apéro, c'était en fait un déjeuner (un buffet froid, mais tout de même...) suivi de la traditionnelle galette. Occasion de se tenir au courant de la vie locale et d'initiatives auxquelles on n'aurait peut-être pas prêté attention : la montée en puissance de la maison de l'architecture, dans l'ancien couvent des récollets (près de la gare de l'Est), par exemple, ou encore le renouveau de l'espace Jemmapes, qu'une nouvelle équipe de direction a fait sortir de son rôle de vague patronage pour en faire une véritable salle de spectacle en même temps qu'un lieu d'activité culturelles. Et puis pas mal de copains étaient là, que ça fait toujours plaisir de revoir.

Ensuite mon boulot m'a conduit dans les ruelles de Caracassonne, comme le prouve la photo ci-dessous :


Bon, OK, en fait, ce sont les arrières des bâtiments Louis XIII de l'hôpital Saint-Louis, cet après-midi...

Après ça, retour rive gauche, histoire de. Et puis en repartant ce soir, j'ai eu l'occasion de me remémorer tout le bien que je disais de la pratique du vélo comme moyen de transport. La misère, je vous dis pas. Et il faut absolument que je me trouve une dynamo avec garde-boue pour les jours de pluie : il m'a fallu la moitié du trajet pour comprendre ce qui faisait que ma jambe gauche était totalement trempée alors que la droite s'en sortait bien.

Le Plume vous salue bien.


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dimanche 18 décembre 2005

Hôpital et Charité

L'ancien hôpital Saint-Louis est une des plus beaux exemples parisiens d'architecture de la fin du règne d'Henri IV, avec la place Dauphine et la place des Vosges. Il a été construit aux alentours de 1610 sous la direction de Claude Vellefaux, qui a une avenue dans le coin. Combinaison de brique et de belle pierre de Paris, c'est vraiment une réussite.


Quadrilatère Saint-Louis, Paris 10ème, ce matin vers 10H.

Le problème, c'est que, comme une bonne partie de l'actuel 10ème arrondissement, il s'agit de bien mauvais terrains : du marécage draîné occupant le « col » du nord-est parisien, entre butte Montmartre et Belleville. Et du coup, le sol bouge dans tous les sens et le bâtiment menace de tomber en ruine.

Le problème de ce problème c'est que, vu l'élargissement des fissures, visibles d'ailleurs sur cette photo,on lance des interventions en urgence, avec foreuses et marteaux-piqueurs - sans trop s'inquiéter des conduites qui pourraient se trouver là... Résultat, les chercheurs exerçants leurs talents dans le coin se sont retrouvés privés de tout accès réseau pendant 46h suite à une coupure de fibre optique. Et résultat de ce résultat, j'étais ce matin sur place avec plusieurs autres pauvres diables de mon espèce pour coordonner les travaux de réparation de ladite fibre.

Ça remarche. Je suis donc maintenant en vacances pour de vrai ; d'ailleurs, dès demain, je pars pour les vertes collines charentaises - qui risquent de n'être pas trop vertes en cette saison, évidemment.

Le Plume vous salue bien.


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jeudi 26 avril 2007

Pendant les élections, le travail continue

Eh oui : c'est pas tout ça de spéculer sur le report des voies centristes, il faut aussi gagner son pain à la sueur de son frond...

La sueur, ce n'était pas une grande performance que d'en produire aujourd'hui à Paris : après une matinée frisquette, on a eu droit à une chaleur moîte, ambiance Houston ou Miami - avec un décor plus traditionnel, tout de même.


Le « carré Saint-Louis », dans la cour de l'ancien hôpital, Paris Xe, ce midi.

Le gagne-pain, aujourd'hui, c'était la mise en place de la téléphonie sur IP dans un institut de recherche voisinant l'hôpital Saint-Louis. Et comme d'habitude, ce qu'on croyait pouvoir faire en deux heures en prend finalement quatre. Mais bon, ça marche comme on voulait, ou à peu près.

Et puis, dans ces conditions, le sandwich sur la pelouse, le dos contre un maronnier, avec les bâtiment en pierre et brique du XVIIe siècle en toile de fond... Petit moment de pause (et non de pose) au cœur de la ville.

Le Plume vous salue bien.



mardi 14 septembre 2004

métropolitain

La pluie m'ayant dissuadé de rentrer en vélo hier soir, je suis allé au boulot en métro ce matin. Quel événement inouï n'est-il pas ? En fait ça faisait un moment que ça ne m'était pas arrivé. Depuis l'arrivé du beau temps au printemps dernier, en fait... Indice supplémentaire de l'arrivée de l'automne. En été, le métro, ça sert à se transporter au petit matin blême, chargé comme un baudet, vers la gare de son choix ; le vélo fait le reste.


Métro Château d'Eau, le 3 septembre dernier, vers 8h.

Un truc marrant : je n'avais jamais remarqué ces décorations croquignoles avant ce petit matin de TGV atlantique où j'étais d'humeur à photographier à tout va...

Le Plume vous salue bien.


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dimanche 12 septembre 2004

Au passage

Passage n.m. 1. Action, fait de passer. Le passage des hirondelles. Le passage du rires au larme. 2. Lieu où l'on passe. Ôtez vous du passage. 3. a. Petite rue passant sous le premier étage des maisons sur une partie au moins de son parcours. b. Voie piétonne couverte ; galerie marchande. Le passage des panoramas à Paris. (Petit Larousse illustré, 1998).

Mais les passages du Xème arrondissement ne font pas partie de ceux qui fascinaient tant les visiteurs étrangers de la Belle Epoque, comme le passage des panoramas, justement. Ils répondent plutôt à un problème de gros sous : comment construire le maximum de logements (ouvriers pour l'essentiel) dans ces pâtés de maisons longiligne compris entre les faubourg Saint-Martin et Saint-Denis et le nouveau boulevard de Strasbourg, devenue fort attractive avec l'arrivée des gares et l'explosion industrielle du Nord parisien. Multiplier la voirie transversale, quel gâchis de mètres carrés ce serait ! Alors on crée de longues cours et des passages, soient bordées d'immeuble, soit traversée par des barres successive, suivant ce qui permet le meilleurs rapport entre nombre de logement et superficie de la passerelle.  Ces passages ne sont généralement pas couverts (pourquoi le serait-ils ? Pas de belles dames à chapeaux fleuris dans le coin, juste des fichus et des casquettes) et porte la trace d'un équilibre urbain original entre logements ouvriers et petite industrie dont les ateliers occupent les rez-de-chaussée. Crochets aux portes pour attacher les rênes de la carriole du livreur, fontaines parfois vaguement ornées de statues de fonte pour abreuver le canasson... Voilà nos passages.


Passage Brady, 12 septembre 2004, 18h30.

Histoire de me contredire, la passage le plus connu du quartier est bel et bien couvert : le passage Brady (dans sa moitié ouest du moins, sa moitié est n'ayant rien de bien particulier à part quelques pavés), seule tentative de transition du 3. a. au le 3. b. du Larousse. Ses restaurants indien bon marché (pakistanais pour la plupart), ses épiceries (tamoules), ses salons de coiffure. Et ses verrières, évidemment.

Le Plume vous salue bien.


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mardi 24 juillet 2007

Faubourg de mer

Ça sent la Méditerrannée sur la placette du faubourg : sous les parasols, boulettes de poisson, sandwichs tunisiens, assortiment d'olives et Tapuzina pamplemousse. Le ciel est bleu comme une orange, les nuages ne font que passer. En terrasse, par contre, on s'attarde.


Longue pause déjeuner près du Faubourg St-Martin aujourd'hui.

On discute, on rigole, on fait des projets ; certains partent, reviennent... On parle pays lointains, dates de départ : la patronne part ce soir, sa valise est faite. Le petit-fils fait un peu le service, haut comme trois pommes : il en renverse très peu. Le thé à la menthe, bien après le café : il se fait tard, non ? « Mais non, tu penses, il est à peine quatre heure ! »

Jour de vacances, entre République et Saint-Martin.

Le Plume vous salue bien.



dimanche 16 avril 2006

Home sweet home

Vu qu'on nous offre un deuxième dimanche demain pour s'agiter, aujourd'hui, c'était repos. Presque fini Centennial, décidément excellent ; quant au korma de côtelettes, il vallait le coup de se donner la peine.

À l'occasion d'un ravalement, nous avons eu l'occasion de voir les structures sur lesquelles reposent notre home, sweet home - si on était propriétaires, ça nous inquiéterait peut-être un peu ; comme locataires, ça nous donne l'occasion d'admirer l'ingéniosité de la chose.


Sous le crépi, la planche à clou : structure d'un des immeubles de notre passage.

le grillage a été posé dans le cadre des travaux en cours mais les innombrables clous plantés dans la poutre avaient la même fonction : permettre au crépi de tenir sur le bois. C'est donc pour ça qu'ils sont dans tout les sens, pas parce qu'ils avaient été plantés par un bricoleur particulièrement maladroit (« Aïe, mes doigts ! Et c'est la trentième fois aujourd'hui ! »).

Sinon, dans la rubrique cartographique, un petit coup de Californie - San Diego, bien sûr. Parce qu'il y d'autre chez nous que là où on habite.

Le Plume vous salue bien.



vendredi 9 juin 2006

Douze travaux

Ici, les douze travaux d'Hercule continuent. Enfin, les cinq chapitres d'Hercule plutôt.


Bas reliefs de la porte Saint-Denis, Paris, 3 juin 2006.

Et pendant ce temps, le sport envahit la télévision. J'en ai regardé dix minutes, lors d'une pause ; décidément, autant je peux rester planté devant un match de rugby, autant, non, le football, décidément, c'est pas mon truc. Ce qui, il faut le dire, tombe particulièrement bien cette année.

Le Plume vous salue bien.



samedi 3 juin 2006

Siècle de Louis XIV

En histoire, c'est bien naturel on a tous nos marottes et, à l'inverse, nos zones grises, les époques auxquelles on n'a pas franchement envie de s'intéresser. Moi, ce qui me botte le moins, tout compte fait, c'est l'époque de Louis XIV - le prétendu siècle de Louis XIV qui, pour n'avoir pas duré cent ans fut cependant fort long. Je ne dis pas que ce soit sans intérêt, mais, franchement, je le laisse à d'autre.

Et de fait, ça ne loupe pas, de temps à autres on se retrouve avec de grands dossiers dans les magazines les plus réacs du paysage sur le thème : « au temps où la France dominait l'Europe » et autres fadaises. D'ailleurs, une des meilleures ventes d'un ouvrage historique en France a été le Louis XIV de François Bluche, paru début 1986 au moment ou la Droite française, sonnée en 81, est sur le point de reprendre le pouvoir ; une étudiante d'Alain Cabantous (historien autrement plus intéressant que Bluche, d'ailleurs) a montré que l'immense majorité des acheteurs de cet ouvrage avait été actifs dans le mouvement en faveur de l'école dite libre deux ans plus tôt.

Bref, le Loulou, je leur laisse, merci beaucoup. Enfin, j'aimerais bien, parce que, sauf à me refuser le moindre petit coup dans le rétroviseur, mon sujet me force à m'intéresser un minimum à la fin du règne de Louis XIV - ce à quoi je m'employais cet après-midi.

Et lorsque je fais un break pour aller acheter légumes et bidoche, qu'est-ce qui m'attend sur le pas de la porte ? Ça.


La porte Saint-Denis, érigée en l'honneur de Ludovico Magno pour ses victoires aux Pays-Bas et sur le Rhin. Photo prise vers 16h cet après-midi.

Bonne occasion de ricaner sur la lourdeur de la statuaire à l'antique, alors que le printemps semble vouloir montrer le bout de son nez dans le ciel du Faubourg.

Sur le chemin du retour, une vieille charade qui n'a rien à voir me trotte dans la tête :

Vous la connaissez tous ? OK, je remballe et je retourne à ma rédaction.

Le Plume vous salue bien.



lundi 26 septembre 2005

À la Clairefontaine m'en allant promener...

Il fut un temps où la base de l'économie, c'était la production : production agricole, production industrielle... En d'autre terme, le travail, ça servait à faire des choses ; au bout du compte, on pouvait poser un truc sur la table et dire : «voilà le travail ! »

Nous sommes maintenant, nous dit-on, dans une société de service, c'est à dire une société où l'on ne crée pas de la valeur ajoutée en consacrant du temps à produire, assembler ou améliorer des objets mais où l'on fait tourner l'argent, sous forme de flux financiers bien sûr mais pas seulement : Le versement de salaires, qui serviront eux-même en grande partie à acheter des services, fait intégralement partie du circuit. La notion de croissance permet d'évaluer la vitesse de cette circulation - chacun espérant que l'augmentation générale du flot accroîtra le débit du petit bief qui passe par son compte en banque. Comme je suis le premier à nourrir cet espoir, moi qui d'ailleurs suis payé à fournir un service auxilliaire au bon fonctionnement d'un service (l'enseignement supérieur) financé essentiellement en France par prélèvement de l'État sur le flot susdit, j'aurais mauvaise mine à me lancer dans une diatribe contre je ne sais quelle décadence - là n'est pas mon propos, de toute façon.

Tout simplement, je regrette qu'on ne s'émerveille pas assez de l'activité productrice en général. J'entends, productrice de biens palpable, les secteurs primaires et secondaires, comme on disait naguère. Du coup, j'aime qu'il y ait dans ma ville des ateliers, des usines en activité - de la production. en particulier, j'aime que subsiste en plein Xème arrondissement les usines Clairefontaine/Exacompta ; j'ignore d'ailleurs s'il y reste une activité de production mais la présence même de ces immeubles, à deux pas des bars branchouilles du canal Saint Martin, a quelque chose de rassurant.


Quai de Jemmapes, vendredi dernoer.

Sur ce, ayant passé ma journée à sillonner Paris, sans d'ailleurs que ça me permette de rendre tellement service à la collectivité (en tout cas pas autant que je le souhaitais), je vais me rendre à moi même un grand service et rentrer à la maison.

Le Plume vous salue bien.



mercredi 19 octobre 2005

Un jour à Paris

Journée consacrée pour l'essentiel à des aller-et-retour entre mon bureau, notre UFR qui déménage et les ancien locaux de l'UFR qui déménage. Le tout plutôt frustrant, stagnant voire agaçant. Mais en guise de compensation, un superbe rayon de soleil de fin de journée en remontant la rue d'Hauteville :


L'église Saint-Vincent-de-Paul, Paris 10ème, aujourd'hui à 17h50.

Je devais avoir l'air fin, arrêté au feu vert sur le scooter, avec l'appareil photo devant la visière du casque... En plus, ça monte, cette rue - pas évident de prendre la photo tout en gardant la main sur le frein !

Le Plume vous salue bien.



jeudi 15 avril 2004

mon quartier à moi

"le quartier est la partie d'une ville où l'on n'a pas besoin de se rendre parce que précisément on y est." (Georges Perec, Espèce d'Espace)

Mon quartier à moi c'est le faubourg Saint-Denis, ça grouille de monde jusqu'à la claustrophobie, il y a des copains, des commerçants avec qui causer, des Turcs debout sur le trotoir qui discutent, des Chinois avec des machines à coudre, des Zaïrois avec du mousseux, des voitures mal garées, des vélos, des enfants, des poubelles en double file, des fleuristes, des fruits et légumes que les fraises, les fraises, elles sont belles les fraises, des bazars qui vendent des jouets qui font bip bip, des boucheries de diverses obédiences, des cafés, des fleurs chez les fleuristes, des flûtes à l'anciennes à un euro dix chez mon boulanger et plein d'autres choses encore. On peut y trouver des piments verts et de la coriandre fraîche le dimanche soir à 19h30, acheter sur le champs la chaise qui manque pour le déjeuner de noël ou la casserole qui va bien pour ébouillanter le chapon. On ne peut pas flâner dans le calme d'un sous bois ou musarder près d'une marre en regardant les canards.

Tou ça pour expliquer que quand j'ai vu les rues du quartier toutes vides sous un soleil printanier, j'ai jugé la chose digne d'être photographiée. C'est la rue d'Enghien qui a gagné ce concours d'élégance : le canyon urbain proverbial, avec tout là bas, de l'autre côté de la frontière (la rue du Faubourg Poissonière, bien entendu), les clochetons croquignoles de la mairie du IXème.

Bon, il faut dire, c'était le dimanche peu après 8h (et encore, l'heure d'été n'était en vigueur que depuis quelques heures).  C'était le deuxième tour des élections régionales et je me rendais à mon bureau de vote accomplir mon devoir électoral - profitant du peu d'affluence pour m'absenter du bureau où j'étais assesseur, 100m plus loin.

Dois-je ajouter que la journée s'est terminée encore mieux qu'elle avait commencée ?

Le Plume vous salue bien.


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mardi 13 septembre 2005

Par le chemin des câbliers

Comme je le disais hier, voilà quelques temps que je n'avais pas pris la moindre photo. Je m'y suis remis ces jours-ci, pour des raisons rigoureusement professionnelles, ce qui n'empêche pas d'essayer de faire de jolies photos. Ceci dit, le but est de se rappeler par où passe tel ou tel fil et comment et organisée telle ou telle armoire technique.

Aujourd'hui, mon problème était le suivant (c'est pratiquement une réédition de mes mésaventures de février-mars, d'ailleurs, perserverare diabolicum et tout ça) : une composante s'installe dans une partie d'immeuble louée à cet effet. Pour relier ces gens-là au réseau, on fait arriver une fibre optique, laquelle arrive par les égouts. Seulement, bien entendu, les égouts débouchent dans les parties communes de l'immeuble, qu'il faut donc emprunter pendant une vingtaine de mètres... Bang ! Parties communes dans un immeuble en copropriété donc passage par le syndic, avis du conseil syndical, récriminations de la petite vielle du cinquième etc. Pendant ce temps, la société qui pose les fibres a tout le temps d'avoir toutes les autorisations nécessaires pour le reste des 1.500 ou 2.000 mètres de fibre à tirer et tape du pieds à l'entrée de l'ovoïde d'égout... Franchement, je ne vois vraiment pas, mais alors vraiment pas, pourquoi j'avais aussi peu envie de rentrer de vacances.


Le chemin de câble périlleux, soit environ 30% du cheminement qui m'embête ces jours-ci.

Une solution est en vue. On verra ça demain.

Ah, et puis, j'ai fini par trouver pourquoi le système WiFi en cours de déployement depuis des lustres ne marchait plus du tout depuis la semaine dernière : c'est parce que je l'avais soigneusement cassé. C'est réparé, je pense. Pour le moment en tout cas.

Le Plume vous salue bien.



lundi 3 octobre 2005

Après l'éclipse

Au bout du compte, je suis parfaitement cohérent : après avoir fait une nuit blanche la veille de la nuit blanche, je m'éclipse la veille de l'éclipse - pas d'entrée hier soir. À vrai dire, c'est 20six qui s'était éclipsé à l'heure où je comptais poster. Ce qui ne me dérangeais d'ailleurs pas plus que ça puisque j'étais complètement à court d'idées... Bah, après deux mois pleins, j'espère que vous me pardonnerez cette absence.

Pour revenir à l'éclipse, je n'en ai absolument rien vu : de dix heure à midi je me trouvais dans une pièce peu ensoleillée.


À la sortie des égouts, rue de Paradis, Paris 10e.

On en conviendra, je ne risquais pas de me brûler la rétine... Mais le spectacle que j'y admirais valait mieux qu'une éclipse : une apparition, celle de la fibre optique que j'attendais depuis plusieus semaines et qui est enfin sortie de l'ovoïde ce matin. C'est comme ça : les poussins sortent de l'œuf et les fibres sortent de l'ovoïde - le petit couloir qui relie un immeuble aux souterrains des égouts. Ce couloir est muré en son milieu et c'est à travers ce mur que passent les différentes conduites ainsi que les câbles, fibres optiques etc. qui relient l'immeuble aux différents réseaux. Une bonne chose de faite, donc.

À part ça, en vrac : la Seine est belle en automne ; j'ai déposé ma demande de passage à temps partiel pour pouvoir faire de l'histoire un jour par semaine ; la politique américaine a décidément des ressorts plus cocasses que la nôtre ; j'en veux pour preuve la nomination d'une personnalité de cinquième ordre pour la court suprême du pays contre l'avis des supporters les plus ardents du président. Faut voir.

Concernant la nôtre, de vie politique, je suis bien embêté ; j'ai reçu les cinq contributions présentées au vote des militants socialistes pour le congrès du Mans. J'ai consulté une amie, symapthisante socialiste, avec qui je pendais une crémaillère vendredi soir. Son avis : que j'arrête de cotiser et que je dépense les sous pour boire des coups avec mes potes. L'idée n'est pas mauvaise ; sa première partie est d'ailleurs partagé par ma chère épouse. Je pourrais même aller prendre des pots au Mans si l'occasion se présente. Bref, je suis perplexe.

Le Plume vous salue bien.



lundi 17 octobre 2005

Le mystère de la fibre ensorcelée

Vous vous rappelez de ma fameuse fibre optique qui ne voulait pas passer ? Eh bien, comme je vous l'avais annoncé, elle est passée ; d'ailleurs, la voici, déroulant paresseusement ses volutes orangées dans un sous-sol de la rive droite :

Tout allait bien donc - mais il semble qu'un papier oublié par un service extérieur à notre établissement interdise pour l'instant qu'on en raccorde l'autre extrémité. La malédiction du pharaon a encore frappée.

Si quelqu'un est volontaire pour expliquer aux gens à qui on avait promis l'accès au réseau pour après-demain qu'il faudra qu'ils patientent 3 à 6 jours de plus, je l'invite à se faire connaître. Moi, il est grand temps que je change de métier.

Le Plume vous salue bien.



dimanche 6 mai 2007

Scrutons

Eh oui, je scrute, nous scrutons, ils scrutent. Même si, le résultat, on le voit un peu trop bien venir...


Maison Boulenger, rue de Paradis, Paris 10e, cet après-midi.

Je ne vous ressortirai pas la plaisanterie éculée à propos de Choisy-le-Roi et deux autres villes de banlieue Sud. Pour ceux qui n'ont pas encore voté, le dicton du jour, c'est plutôt :

Il est inutile d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer.
(Hugo, Victor.)

Sur ce, j'y retourne, d'un pas peu assuré.

Le Plume vous salue bien.



mercredi 5 avril 2006

Hôpital - silence non exigé

L'hôpital militaire Villemin n'a plus d'existence autrement que sur ce porche : il n'est plus militaire depuis longtemps, pas plus qu'hôpital. C'est maintenant un des rares jardins publics de quelque importance dans les environs. Inutile de dire qu'en cas de rayon de soleil dominical, il y a du monde.


Rue des Récollets, dimanche dernier, 18h.

Avant d'être un hôpital - judicieusement placé aux environs immédiats de la gare de l'Est - c'était, conformément au nom de la rue, le couvent des récollets. De ce temps ne restent que ce nom et l'inscription Ad majorem dei gloriam au fronton de l'entrée de la rue du faubourg Saint-Martin. Après la fermeture de l'hôpital, c'est devenu, pendant pas mal d'années d'ailleurs, une école d'architecture - avant d'être fermé par ordre des autorités pour cause d'effondrement progressif, ce qui je suppose donnait un mauvais exemple aux élèves.

Le bâtiment, rénové, abrite les bureaux de l'ordre des architectes d'Île-de-France. Le jardin abrite premiers pas, foot sur gazon et gamelles en patins à roulette, avec vue sur le canal. Le bâtiment moche dans le fond, c'est une partie de l'UFR médicale de ma chère université. C'est à vous gacher votre dimanche un truc pareil.

Le Plume vous salue bien.



jeudi 9 décembre 2004

Rentrer le soir

Je ne me suis jamais couché de bonne heure. Et je rentre rarement à la maison de bonne heure, pour la raison que j'arrive rarement au boulot de bonne heure, non plus. Ce qui signifie que pendant environ six mois par an, il fait nuit noire pour mon trajet de retour.

Quand le retour en question, c'est du métro jusqu'à cinquante mètres de la porte cochère, évidemment, ça ne change pas grand chose. Pas grand chose non plus, finalement, quand je suis à vélo, si ce n'est pour la friction additionnelle de la dynamo : je n'emprunte que des axes vivement éclairés, pour des raisons de sécurité évidentes, et le vélo en ville n'encourage guère à la contemplation - non plus que la voiture, pour des raisons similaires auxquelles il faut ajouter la présence d'une carrosserie.

Ce n'est finalement qu'à pied qu'on a le temps de regarder. Il y a quelques années, à Rennes, c'était marcher au bord de la rivière. Silence de l'eau contre bruits vulcaniens du faisceau de triage, juste en face ; et la propension des réverbères à s'éteindre lorsqu'on passe en dessous.

Ce soir, c'était la rue du Château d'eau, depuis la place de la République jusqu'au métro du même nom. Une rue étonnamment tranquille, entre ces deux agitations ; on peut y rêvasser tout en marchant de carrefour en carrefour. On se laissera réveiller par l'apparition des clochetons de la mairie d'arrondissement, presque au bout, dans le brouillard teinté par les lampes au sodium.


Rue du Château d'eau tout à l'heure, pas si tard que ça tout compte fait.

C'est Paris, alors on ne voit pas Orion. Mais on sait bien qu'elle est là, la constellation qui veille sur nos retours frisquets : le chasseur de rêve des soirs de décembre.

Le Plume vous salue bien.


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mercredi 25 mai 2005

Deux-chevaux verte !

Elles se font rares maintenant les deudeuches vertes, celles  dont le croisement étaient l'occasion de se pincer d'un bout à l'autre de la banquette arrière jusqu'à ce que l'escalade de la violence n'amène l'intervention du conducteur... Certaines ont été victime de la Baladurette, d'autres tout simplement de leur maladie congénitale : la rouille jusqu'au point de rupture des longerons.

Du coup je n'ai pas loupé celle-ci, qui était garée en bas de la rue du Faubourg Poissonnière (immatriculation floutée parce que j'ai des principes) et qui brillait sous le soleil d'après l'averse :


Souvenir d'enfance en stationnement à la frontière de mon arrondissement, lundi 23 mai 2005.

Me rappelle la deuche des cousins, ça. Même si elle était bleue, de ce bleu indéfinissable qui n'appartenait qu'à elles. On en a fait, des kilomètres, là-dedans - y compris des cinq cent bornes par la nationale et sous la pluie - quand un camion double, l'appel d'air ouvre la fenêtre du conducteur qui ne verrouille plus depuis des lustres, et là il faut se planquer avant l'arrivée du seau d'eau envoyé par les roues...

Et puis il y a les entrées à l'américaine, sans ouvrir les portes - après tout, c'est une décapotable. Les fin de côtes en première dès qu'on est trois ou quatre dedans. Les bourrasques qui secouent l'habitacle les jours de tempête.

so much depends
upon

a green deux-
chevaux

glazed with rain
water

besides the white
chickens

(William Carlos Williams, un tantinet remanié par mes soins - mais je n'ai pas trouvé de substitut adéquat aux poulets du dernier vers.)

Le Plume vous salue bien.