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Des photos et des jours

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lundi 29 mai 2006

(De nouveau) à bicyclette

Et voilà : retrouvé mon boulot, mon bureau et mon vélo - qui avait justement passé le week-end dans le bureau. Du coup, un allez-et-retour et demi entre boulot et dodo, parce que j'avais promis-juré de rapporter un truc qu'un pote m'avait prêté, que même il m'avait appelé hier soir pour que je n'oublie pas, et j'avais évidemment oublié. « Oooops, assieds-toi là, utilise mon ordi si tu veux, je reviens tout de suite. »


Une ancienne station-service, le Mans, rue de la pelouse, 27 mai 2006.

Bah : avec le beau vélo tout neuf qui roule (presque) tout seul, ça n'a pas traîné !

Le Plume vous salue bien.



dimanche 11 juin 2006

Le bout du tunnel

Au Mans il y a un tunnel qui n'est pas un tunnel.

Au Mans il y a un marathon qui n'est pas un marathon mais un semi-marathon.

Évidemment, le marathon passe par le tunnel.


Semi-marathon du Mans.
Rue Wilbur Wright, 25 mai 2006.

Quant à moi, ce serait bien m'avancer que de dire que je vois le bout du tunnel. Toutefois, toutefois, on progresse : le temps est compté, mais ce qui reste à faire diminue de jour en jour...

donc, on continue, en petite foulées, une, deux, une deux.

Et surtout, surtout, surtout, on ne se demande pas pourquoi on fait ça !

Le Plume vous salue bien.



jeudi 24 mars 2005

Campus

Aujourd'hui était paraît-il la journée de la courtoisie au volant - ça tombe bien, j'ai justement passé le plus clair de ma journée au volant. De Paris aux fins fonds du Trégor par Le Mans et Rennes. Côté courtoisie, je n'ai rien remarqué de particulier, mais rien de pire que d'habitude non plus, à part de la pluie brouillassante du côté de Chartres et un gros orage près de Laval - la météo n'était pas directement concernée par cette opération.

Ces derniers temps j'ai pris l'habitude de faire ce trajet par Caen et Avranche, vu que ça permet d'éviter les sorties sud de Paris et le contournement de Rennes, mais vu que j'avais des papiers à déposer à l'université du Mans, je suis revenu à l'itinéraire ancien. C'est je crois la première fois que je m'arrête au Mans, autrement que pour changer de train ou faire le plein d'essence, depuis l'enterrement de ma grand-mère - c'était en 1982, si mes souvenirs sont bons. Et évidemment je n'avais jamais mis les pieds dans cette université, de création relativement récente : l'université du Maine, pour l'appeler par son nom. Ce qui en fait, me faisait remarquer Madame Plume, l'homonyme de la prestigieuse université de l'État américain du Maine. Ceci dit, la province du Maine dont l'État du Maine tire son nom étant bel et bien la région du Mans, la logique est sauve. Sauf bien sûr si l'on considère le cas de la Maine, rivière qui porte le même nom mais n'est pas dans le Maine. Ni l'un ni l'autre. Par contre, elle traverse les ponts de Cé, mais c'est une autre histoire*. Revenons à nos moutons.

Ce à quoi je voulais en venir, c'est qu'il est très sympa, ce petit campus. J'y ai retrouvé l'ambiance de campus provincial une après-midi de printemps, où les étudiants prennent un peu le temps de vivre tout en révisant mollement... On ne retrouve pas ça du tout dans les universités parisiennes : amphi, métro, dodo.

Les bâtiments eux-même sont de bric et de broc, ce qui tout compte fait a son charme ; quant aux parkings, ils sont un vrai poème à eux tous seuls : le musée de l'automobile du Mans risque bien de pâtir de cette concurrence sauvage qui rassemble 30 ans de production automobile européenne, et ce avec vue imprenanble sur le centre historique et la cathédrale Saint-Julien.

La caféteria de la faculté des sciences fermait à 15h. J'étais donc pile dans les temps pour y prendre le dernier sandwich disponible et le déguster tranquilement avec un coca light. Moins cher, meilleur et plus sympa qu'une aire de repos d'autoroute. Autour de moi, des étudiants s'adonnent à ce qui semble être leur passe-temps favori, les mots fléchés d'Ouest-France, sur lequel s'efforçaient indépendemment trois petits groupes.

Un café, deux cafés finalement. Envie de traîner, comme aux premiers beaux jours à Talence, à l'époque. Je suis un éternel étudiant. Mais si je veux arriver à bon port avant la nuit, il faut reprendre la route.

J'aurais pu aussi vous parler de la lumière dorée de fin d'après-midi sur les collines de l'Ouest, mais je n'ai pas de photo : faire des embardées sur la chaussée tout en essayant de cadrer un cliché, ça n'aurait pas été courtois.

Le Plume vous salue bien.

* La Maine, produit du confluent de la Mayenne et de la Sarthe, venues du Maine, et du Loir, qui longe la Loire, coule brièvement en Anjou avant de se jetter dans la Loire, justement. D'où le nom du département, le Maine-et-Loire, ou plutôt la Maine-et-Loire, comme ne pourront manquer de le remarquer ceux qui auront démélé jusqu'au bout cette pelotte de mots.



dimanche 28 mai 2006

Et une bibliothèque !

Quelques lecteurs le savent : ce week-end sarthois s'est déroulé pour l'essentiel dans un contexte universitaire et, plus spécifiquement, sur le campus manceau de l'université du Maine. De celui-ci, on peut dire le meilleur comme le pire : un peu à l'écart du centre-ville, mais bientôt relié à celui-ci par un tramway ; peu de commerces aux environs, mais le boom de la construction aux alentours fait présager que ça ne devrait plus être le cas d'ici peu ; en ce qui concerne les bâtiments universitaires, même éventail - du resto-U en matériaux bas de gamme et misérablement sous-entretenu à une bibliothèque universitaire particulièrement agréable.


Université du Maine, campus du Mans : la rampe d'accès de la bibliothèque universitaire.

De l'extérieur, le bâtiment est classique, sans plus ; c'est à l'intérieur qu'il se révèle, avec sa multiplicité d'espaces de lecture, de la bibliothèque de loisir à l'éclairage feutré du rez-de-chaussée aux espaces de travail baignés de lumière naturelle du dernier étage - un bâtiment pensé en fonction des lecteurs, pour une bibliothèque, ça change !

Une rampe très bien dessinée permet de passer sans effort d'un étage à l'autre. Tout en haut, de vastes ouvertures circulaires ou elliptiques montrent que les leçons d'Alvar Aalto n'ont pas été oubliées par tout le monde. Le bâtiment est signé de l'architecte Laurent Beaudouin, bravo à lui.

Le Plume vous salue bien.



samedi 27 mai 2006

Malicorne-sur-Sarthe

Avec les premiers rayons de soleil du week-end, petite escapade en bord de Sarthe, dans un lieu qui a compté lui aussi dans l'histoire familiale - ce qui ne l'empêche pas de valoir réellement le détour...


Le port et les moulins en bord de Sarthe à Malicorne cet après-midi.

Malicorne est aussi un grand centre faïencier depuis le XIXème siècle, j'en parlais hier - mais ça n'a rien à voir, d'autant que je n'ai pas eu le temps d'aller voir le musée local consacré à cette prouction.

Sur ce, je file banqueter !

Le Plume vous salue bien.



jeudi 29 juin 2006

Au fil de l'eau

Chaud, chaud, chaud... envie de croisière ?


Malicorne-sur-Sarthe : l'embarcadère, 27 mai 2006.

Ou peut-être juste une après midi sur l'eau, avec un Jasnières bien frais et les doigts de pieds en éventail...

Le Plume vous salue bien.



jeudi 25 mai 2006

Au fil du Mans

Dans les rues du Mans, sous une petite bruine spéciale flash-back, je marche dans un passé qui n'est pas le mien - ou pas directement. Cette maison qui fait l'angle, avec un cerisier dans le jardin et de la vigne vierge sur le mur, je ne l'ai jamais vue, mais elle en annonce d'autres où j'ai grandi. Un peu plus haut, dans le petit cimetière Sainte-Croix, la Colonelle a rejoint le Colonel, 45 ans plus tard.

Plus loin, plus bas, sur les bords de l'Huisne, l'abbaye de l'Épau. Les moines de l'abbaye de l'Épau était cisterciens ; ils étaient donc hydrauliciens - le XIXème siècle a construit juste à côté une usine hydraulique pour abreuver Le Mans ; le XXIème en a fait une maison de l'eau qu'on ne visite pas le matin.


La maison de l'eau et le déversoir de l'Huisne, Le Mans/Yvré-l'Évêque, 12h20.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : le titre de cette entrée est emprunté à l'amie Sappholfaire qui j'espère me pardonnera ce plagiat éhonté.



vendredi 2 juin 2006

Rédigeons, rédigeons

Eh oui, le temps à consacrer à mes entrées de blog va être réduit à sa portion congrue ces jours-ci, une autre rédaction réclamant toute mes énergies... Je laisserai donc les images parler d'elles-mêmes.


Un bras mort de l'Huisne au parc de l'Épau, Yvré-l'Évêque (Sarthe), 25 mai 2006.

Sur ce, la sous-partie que je rédige présentement m'a lair de tenir la mer aussi bien que l'embarcation que l'on voit sur cette photo. Comme dit la chanson :

Il y a quelque chose qui cloche la d'dans
J'y retourne immédiatement.

Le Plume vous salue bien.



jeudi 10 mai 2007

Nouvelles locales

Les nouvelles nationales étant ce qu'elles sont, c'est sans aucun déplaisir que je termine ma soirée en feuilletant un journal presque exclusivment consacré à l'information locale : Le Maine Libre. Mieux encore : ce sont des informations locales de localités où je ne suis pas et que je connais mal, voire pas du tout. C'est d'un reposant, de lire ça !


Parc de l'Épau, Yvré-l'Évêque (Sarthe).

Peut-être parce que le cochon de lait de Saint-Biez-en-Belin, l'enduro-carpe de Fillé-sur-Sarthe et toutes ces petites activités de village, outre qu'elles ne font de mal à personne (sauf au carpes et aux cochons de lait), sont profondément humaines. Et rien de ce qui est humain ne doit nous être étranger, comme diait l'autre.

Même le 10e anniversaire des Amitiés Sportives de la Carrosserie Desbordes ? Oui, même.

Le Plume vous salue bien.



mercredi 25 janvier 2006

Sotto un nespolo del Giappone

On m'a demandé, à propos de mon entrée d'hier, pourquoi je considérais comme naturel de mettre en épigraphe à ce weblog le dernier vers de Un coup de dés jamais n'abolira le hasard :

Toute Pensée émet un Coup de Dés.

Je dois reconnaître que ça ne va pas tout à fait de soi. Le coup de dés, c'est une création - le résultat du lancé n'existait pas, il était potentiel, virtuel ; dès que les dés arrêtent de rouler il prend une existence indiscutable. Le coup de dé a créé du réel, un îlot de réel au milieu d'un océan de hasard. Une pensée produit un énoncé - il n'existait pas avant ; il peut ensuite être prononcé, écrit, répété ou ignoré : il existe. Penser, dire, écrire, c'est créer du réel. Comme le coup de dés. Ou si l'on préfère : un weblog n'a rien de virtuel, puisque c'est inscrire et donner à lire de petits morceaux de pensée. Voilà pour le coup de dés.


Le poète américain Jackson MacLow lisant ses textes à Blérancourt (Aisne), novembre 1999.

Et puisque j'ai pas mal causé poésie ces jours derniers, un aveu : je navais jamais lu en entier « zones, » qui ouvre Alcools d'Apollinaire. Eh : c'est un poème un peu long, on passe rapidement pour arriver au suivant, qui est le fameux pont Mirabeau. Merci à la Clioblogueuse d'avoir attiré mon attention sur ce point ; ça vous en a valu un extrait avant-hier. Je n'avais jamais vraiment lu ce poème, et pourtant j'y trouve un vers que je connais par cœur :

Te voici à Rome assis sous un néflier du Japon.

Je le connais, mais je ne le connais pas. Ce que je connais, c'est « Eccoti a Roma seduto sotto un nespolo de Giappone. » Je ne lis pratiquement pas l'italien mais ce vers est au cœur du premier paragraphe du roman de Moravia Il Viaggio a Roma que j'avais entrepris de lire. Nul doute que mes déficiences en italien aient contribuées à la mémorisation : j'avais dû, je crois, en chercher presque tous les mots dans le dictionnaire. Du coup, drôle d'impression en retrouvant ce vers à la fois connu et inconnu.

Et Jackson MacLow dans tout celà ? Je vous en avais parlé, il y a plus d'un an, à l'occasion de sa mort. Tout simplement, c'est une figure qui me vient à l'esprit en réfléchissant à la poésie, au langage, à la parole, aux mots. Voilà tout.

Le Plume vous salue bien.



samedi 11 décembre 2004

Jackson MacLow, poète américain, 1922-2004.


Jackson MacLow lisant ses textes à Blérancourt (02), novembre 1999.

Nous avons appris hier soir par le blog de Ron Silliman la mort de Jackson MacLow. C'était l'un des fers de lance de l'avant-garde poétique depuis l'immédiat après-guerre, une force motrice pour toute une génération de poètes. Je ne suis pas qualifié pour commenter son œuvre, qui n'est pas forcément facile. Disons qu'il cherche comment faire des œvres d'arts avec des textes dans une civilisation qui en déborde, de textes, à ne plus savoir qu'en faire.

Nous l'avions rencontré il y a cinq ans. Je sais, ce genre d'anecdote est un peu convenu, mais c'est aussi pour ça que ça nous fait un choc, cette mort. Il était venu en France pour participer à un colloque organisé par Jacques Darras à Amiens, ainsi qu'à la lecture de poésie qui clôturait les festivités. Je lui avais servi de chauffeur, de Roissy à son hôtel de la rue de l'Université. Coversation dans les tunnels de Saint-Denis :

-- Are we passing under a river?
--
(tout en slalomant dans le trafic matinal) Er, Sorry?
-- Yeah, in New York, those sort of tunnels are usually passing under rivers...

Deux jours plus tard, à Blérancourt, dans une maison de maître perdue dans la plaine picarde et rebaptisé "Musée de l'amitié franco-américaine", sans doute  parce que c'est dans ce secteurs qu'opéraient, en 1918, les soldats de Pershing, Jackson lisant ce texte. Une petite voix, d'abord, un peu frêle, il n'était pas en bonne santé à ce moment-là ; et puis les mots s'enchaînent, la voix gonfle, le pied tape, donne le rythme, les mots dansent...

 Il va nous manquer.

Le Plume vous salue bien.

Ps : pour plus d'info, voir la page consacrée à Jackson MacLow à l'université SUNY-Buffalo.


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vendredi 17 mars 2006

Patrimoine industriel

[J'avais par erreur posté ce message dans la rubrique histoire de dire. Je le duplique donc ici, avec toute mes excuses.]

Journée d'étude toute la journée de demain sur le thème : « quelle place pour le travail dans le patrimoine industriel ? » J'aime la question, même si en l'occurence j'aurais préféré me tenir au programme « comment botter les fesses à premier ministre hautain. » Bon, au pire, je m'éclipserai une heure ou deux pour aller battre le pavé et je reviendrai. Mais sérieusement, la question est intéressante, en cette époque où tout devient patrimoine, au risque de transformer le pays en un vaste musée. Évidemment, on peut se poser la question autrement : le patrimoine en question a-t-il encore quoi que ce soit d'industriel dès lors que ce n'est plus un lieu de travail ?


Une usine en bord de Somme, amiens, mai 2005.

Qu'on me comprenne bien. Je faisais partie de ceux que la destruction des usines de Billancourt mettait en rogne, parce que vouloir effacer de la ville toute trace des activités de production, ce n'est pas sain. Il y a une tendance à vouloir cacher l'industrie, ce truc un peu sale, l'éloigner de la ville, essayer de ne plus y penser - nos écolos parisiens, qui conçoivent leurs prétendus plans de circulation sans tenir aucun compte des artisans et industriels qui y produisent encore des choses de leurs main, n'est d'ailleurs qu'une variété du phénomène.

Mais d'un autre côté, si ces bâtiments deviennent, comme c'est souvent le cas, de n-ièmes lieux socio-cul, officiels ou non(les Frigos à Paris, la Fonderie au Mans, le Lieu Unique à Nantes...), n'est-ce pas faire un peu la même chose en en détournant le sens, en faisant oublier que ces murs étaient là dans un but précis et que ce but était une activité industrielle ?

Ces bâtiments déserts ou socio-culturalisé, ce n'est pas de l'industrie, c'est un fossile d'industrie - parce qu'un vrai site industriel, ça change tout le temps. On construit un nouvel atelier ici, on installe là la machine-outil récemment livrée, et il faut faire arriver les trains par là, et puis on va augmenter la hauteur de cette cheminée... Il se trouve que, pour mon mémoire, j'étudie un atelier particulier d'une usine particulière. Ce bâtiment existe toujours ; il est le plus ancien de l'usine. Je ne l'ai au demeurant qu'apperçu et n'ai jamais pu le photographier : l'usine, construite pour faire des canons de marine en 1753, se prépare maintenant à armer la nouvelle classe de frégates franco-italiennes qu'on a annoncé l'hiver dernier - secret défense, pas de photos. Ce qui est sûr, c'est que le bâtiment en question, dénommé aujourd'hui mouleries, ce qu'il n'est plus depuis longtemps, a changé maintes fois de fonctions, sans jamais avoir exactement toutes celles qu'on lui destinait. C'est ça, un site industriel vivant. Comment raisonner en termes de patrimoine là-dedans ?

Un de ces jours, je vous expliquerai comment, par incapacité à concevoir l'industrie comme l'objet d'une histoire, on a tué une des plus vieilles sociétés de non-ferreux de France.

Le Plume vous salue bien.



dimanche 22 mai 2005

Un dimanche dominical

Un dimanche en pente douce aujourd'hui. Pas inutile après ces dernières semaines un tantinet éprouvantes. Sans compter que ça me gratte les bras. Aujourd'hui, donc, repos domiciliaire et dominical.


Amiens, la cathédrale au coucher du soleil, 17 mai 2005.

Un jour à regarder la forme des nuages changer et le soleil se coucher. Ou, à défaut, à traîner dans un canapé en regardant gagner Toulouse, avant d'aller se préparer un bon dîner*.

Demain, je pourrais encore souffler un peu, la présidence de l'université nous ayant offert un lundi de non-pentecôte - et ce pendant que la Madame, elle, inaugurera ses trajets vers les vertes collines du Maine. Je sens que je vais me sentir un peu coupable, sur ce coup là... D'un autre côté, j'ai promis de rédiger un cahier des charges d'appel d'offre pour dans huit jours - raisonnablement, demain ne devrait donc pas être tout à fait chômé. On verra bien.

Le Plume vous salue bien.

*Butter chicken (poulet mariné façon tandoori avec sauce tomate au beurre et aux épices), aloo paratha (pommes de terre épicées) et riz basmati...



mercredi 18 mai 2005

Retour de campagne

Retour un peu trop tard hier soir pour pouvoir écrire une entrée...

Je m'explique : la Madame, elle était à la chasse à un poste universitaire, ce qui suppose d'envoyer des dossiers relativement monumentaux par monts et par vaux, puis de se rendre à des entretiens dans les universités intéressées. Et hier, il y en avait deux, d'entretiens : un l'après-midi en banlieue parisienne, l'autre en fin d'après-midi à Amiens. Du coup, j'avais pris une demi-journée de congé pour jouer les chauffeurs de maître.

Nous avons réussi à arriver à l'université d'Amiens une minute avant le rendez-vous - ce n'était pas gagné. Après ça, promenade du côté des hortillonnages, suivie d'un bon dîner. Bonne fin de journée en Somme, en somme.


Les bords de la Somme à Amiens hier soir.

Ceci dit, pour le moment, il n'est pas certain que ces efforts soient couronnés de succès. On croise les doigts et on verra...

Le Plume vous salue bien.



jeudi 19 mai 2005

Dans le grand bain

Bon : comme je le disais hier soir en commentaire, si notre folle cavalcade au travers des plaines picardes n'a pas eu exactement le résultat escompté, les choses ont fini par se débloqué d'un côté que l'on n'attendait plus. Ende gut, alles gut dit-on outre-Rhin ; quant à moi, je continue donc sans états d'âmes ma mini-série amiénoise.

Ceci dit, toute cette affaire (ainsi qu'une séance de bricolage dans la laine de verre) m'a filé une espèce d'urticaire sans gravité mais assez désagréable. Je rentre donc de ce pas à la maison prendre un bon bain !


Objet trouvé sur les berges de la Somme à Amiens, 17 mai 2005.

Le Plume vous salue bien.

P.S., petit appel à commentaires : sauf exceptions, j'ai plus ou moins stabilisé le format des images que je poste dans cette rubrique à 600×400 pour les images au format 2/3 issues de l'argentique ; à 560×420 pour les images 3/4 de l'appareil numérique (mais 408×540 pour les orientations verticales) ; à 512×512 pour les extraits au format carré. J'ai l'impression que c'est un compromis acceptable pour toutes les résolutions d'écran qu'on trouve aujourd'hui dans le commerce. Est-ce que vous confirmez cette impression ?



lundi 15 mai 2006

L'université française : d'ou venons-nous, où allons-nous ?

Un gentil lecteur et néanmoins ami de Buffalo (États-Unis d'Amérique) a attiré mon attention sur un article du New York Times, paru vendredi, sur l'université française. On y trouve bien sûr la rengaine usuelle sur les « blocages français » qui ne manque pas d'agacer - blocage, ça suppose que l'on sache dans quel sens on devrait aller. Le New York Times le sait peut-être, moi pas. Mais on aurait tout de même tort de se remparer dans nos certitudes : l'article appuie là où ça fait mal.


L'université de Picardie-Jules Verne, mai 2005.

Évidemment, prendre comme exemple Nanterre, comme le fait l'article en question, c'est un peu facile - s'il y a une université en déclin, c'est bien celle-là. Tout de même, voici une des premières phrases de l'article :

The 480,000-volume central library is open only 10 hours a day, closed on Sundays and holidays.

L'universitaire (ou l'étudiant) français se gratte la tête : 9h à 19h, ouvert le samedi, c'est plutôt mieux que la moyenne... On ne voit pas comment on pourrait faire mieux. On ne voit pas ! C'est un problème : on n'arrive pas à imaginer que l'université puisse être, pour les étudiants, un lieu de travail à temps plein.

Ce qui bien sûr nous mène au problème suivant : la quasi absence de logement étudiant. L'article parle de logements insalubres, de listes d'attente, mais il est en dessous de la réalité : en Ile-de-France en tout cas, le logement étudiant, il n'y en a pas. Ou tellement peu que c'est négligeable. Il n'est pas du ressort des universités de loger les étudiants et les CROUS, dont c'est la mission, font du soupoudrage en fonction des minuscules crédits dont ils disposent. L'université dans laquelle je travaille inaugure cet été un nouveau campus. Combien de chambre de cité U sur le site ? zéro, nada, rien.

Pas de logement, donc, ce qui permet de camouffler habilement le coût des études : soit on habite chez Papa-Maman, avec des trajets pas possibles et des conditions de vie pas forcément propice à l'étude, soit on a une chambre, et ça se paye. Effet de bord : les campus ne sont que des machines à délivrer des cours et à tenir des examens. Mais finalement, cet aspect est presque un détail - disons un choix, qui se discute, mais qui ne remet pas forcément en cause l'institution. C'est quand on regarde la place que tient l'université dans le système global de formation que ça fait mal.

L'université a deux rôles, on le sait : la formation et la recherche, les deux s'épaulant mutuellement. Je ne parlerai pas de la recherche aujourd'hui : finalement, malgré la médiocrité des financements et des incitations, le résultat est globalement honorable. Mais côté formation : comment expliquer que l'université française ait un rôle marginal dans la production des cadres de notre pays ? L'explication par l'aspect théorique des programmes ne tient pas, il me semble, si tant est que les enseignements soient si théoriques que ça, ce qui reste à prouver : un cadre est, par définition, quelqu'un qui va devoir résoudre des problèmes qu'il ne connaît pas encore ; sa formation doit lui donner des outils pour trouver les solutions, pour le reste, il se débrouillera.

Étant historien, j'aborde le problème par l'histoire : l'université d'ancien régime n'était pas une institution mais une corporation : la Révolution l'a donc abolie pour créer de nouvelles entités, qui ont donné nos grandes écoles. Ces entités ont persisté, parallèlement à l'université refondée, sur la base d'un partage informel des tâches :

Le problème, c'est qu'on en est toujours là, ou presque. L'université a récupéré, il est vrai, la quasi-totalité de la formation des enseignants et a fait des progrès considérable en ce qui concerne les débouchés dans l'encadrement public ou privé. Mais un autre système lui subsiste, en parallèle, et du coup la marginalise à plusieurs stades de sa mission :

D'abord, après le bacalauréat, le système des classes préparatoires aux grandes écoles se retrouve en concurrence directe avec ce qu'on appelait jusqu'à il y a peu les premiers cycles universitaires. Alors que les syndicats étudiants hurlent au loup dès que l'on parle de sélection, ils ne semblent pas choqués de ce qu'existe, aux frais de l'État, un système sélectif dans lequel on investisse deux, trois, quatre fois plus par étudiant et par an que pour eux. Et ne se rendent pas compte que cela place de facto l'université dans le rôle de fourre-tout pour les recalés des prépas. Il y a bien quelques fainéants comme moi qui font sciemment le choix de l'université, mais combien sont-ils ? Or, tout enseignant sait qu'il est pratiquement impossible de faire avancer une classe sans « locomotives »... Je ne crois pas qu'on pourra faire fonctionner le système sans que quelqu'un ait le courrage de fusionner d'autorité les deux systèmes. Vu la qualité honorable de l'enseignement fourni dans des conditions aberrantes, je ne doute pas que l'université serait à la hauteur de la tâche. Le L.M.D. aurait été une bonne occasion de faire cette réforme ; c'est loupé. Dommage.

Le problème, c'est qu'à l'autre bout de l'échelle, l'élite dirigeante n'est pas issue de l'université. Elle ne la connait pas (rappelez-vous Chirac qui croyait pouvoir déménager Jussieu en six mois - signe qu'il ignorait totalement ce qu'était une université), elle s'en méfie ; au mieux, à gauche, on la voit comme quelque chose de vaguement sympathique ; au pire, à droite, c'est pratiquement le Grand Satan. Et même parmi les dirigeants des universités elles-même : combien de professeurs d'universités ont fait toutes leurs études dans l'université ? je ne leur en fait pas le reproche, bien sûr - je constate simplement que l'université française ne réussit pas ce à quoi tend toute organisation : l'auto-reproduction. C'est tout de même mauvais signe, non ?

Bon, assez maugréé pour aujourd'hui. Je voudrais juste que l'on arrête de s'autocongratuler ; que l'on n'oublie jamais que l'université française n'est pas gratuite, mais offerte par les contribuables aux étudiants ; qu'un jour (je rêve) on arrive à en faire ce qu'elle devrait être, c'est à dire le lieu d'un service public unifié de l'enseignement supérieur et de la recherche. Là.

Le Plume vous salue bien.



mardi 2 novembre 2004

Retour

Dans un voyage, court ou long, il y a un retour. Sinon ce n'est pas un voyage, c'est du nomadisme. Et encore, le vrai nomadisme (à l'inverse du pastoralisme, où l'on part, peut-être loin, peut-être longtemps, mais en gardant un chez-soi quelque part), il est rare, exceptionnel sans doute. Ou alors une émigration, mais alors on se crée un nouveau chez soi d'où l'on pourra partir et revenir.

Evidemment quand le voyage est plus court le retour prend plus de place en valeur relative. Et les retours de l'étranger me font toujours le même effet un peu bizarre : c'est donc chez moi, ce pays, cette ville ? Et ça l'est : la langue est ma langue maternelle, j'en connais les usages, les trucs et les coutumes ; je sait où traverser la rue et quand ne pas le faire ; en cas de maladie ou de situation d'urgence, j'ai une idée aussi précise que possible des secours existant. C'est encore là que j'ai le plus de famille et le plus d'amis.

Alors pourquoi l'impression de ne pas être à sa place, de ne pas coller ? Sans doute pour une raison évidente qui est que je n'ai absolument jamais tout à fait l'impression d'être à ma place. Je n'ai pas de racine (ce qu'un simple coup d'oeil à la plante de mes pieds me permet de confirmer) et j'en suis fier ; d'un autre côté, cela me prive d'un éventuel confort arboricole que certains prétendent connaître. "Les imbéciles heureux qui son nés quelque part", comme disait l'autre ? Ou alors, personne ne se sent tout à fait à sa place nulle part. Sans doute pour ça qu'on construit des tanks, des immeubles, des barrages et des hauts-fourneaux, ou alors des vénus de Milo et des impressions : soleil levant. Et des voyages.

Un voyage qui en l'occurrence ne commence pas dès l'aube à l'heure ou blanchit la campagne (dommage, ça aurait fait une jolie continuité thématique avec le soleil levant), mais après une grosse demi-journée de travail, un sprint dans le métro, une gare du Nord. Et qui continue par les plaines picardes sous un beau soleil de fin de journée. Tout à fait adéquat, pour commencer un voyage, cette grande plaine qui commence au nord de Beauvais et qui se termine à l'Oural.


La Picardie vue de l'Eurostar, vendredi 29 octobre 2004.

Après il y a un tunnel, et après on est en Angleterre, mais on ne s'en rend pas compte tout de suite, tant le Kent ressemble au Boulonnais. Après il y a d'autres gares et d'autres histoires, mais je vous garde ça pour demain.

Le Plume vous salue bien.

 

 


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vendredi 17 décembre 2004

Le retour d'Orion

Eh oui, dès qu'on sort de Paris, on retrouve les étoiles. Enfin, à condition d'avoir un ciel dégagé, ce qui est le cas ce soir après qu'il ait plu comme vache qui pisse du moment où nous avons posé le pied sur le quai jusqu'à ce soir.


Ciel d'hiver au dessus d'Angoulême, ce soir, vers 23h00.

Il n'y a que deux ou trois constellations que je sois capable de reconnaître. Dont Orion, comme tout le monde, Orion qui me frappe toujours -- j'en avait déjà parlé il n'y a pas longtemps je crois. Peut-être parce qu'elle parle des belles nuits d'hiver...

Le Plume vous salue bien.


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lundi 20 décembre 2004

Une maison / la maison

Voilà, rentré ce soir d'un week end à la foit court et prolongé chez mes parents. Relation un peu particulière qu'on peut avoir avec une maison dans laquelle on a grandi (fût-ce tardivement, puisque j'avais onze ans lorsque l'on est arrivé à Angoulême) : est-ce que c'est chez mes parents ? Certes, mais ça ne résume pas mon lien à ce lieu. Est-ce que c'est chez moi ? Non, chez moi, c'est l'appartement dans lequel je vis avec ma femme, au milieux de nos affaires et de nos bouquins, avec nos rangements et nos manies. Alors, quoi ? La maison, avec la propension qu'a l'article défini à se substituer à une définition manquante ? Ca renverrait à une charge affective un peu clanique, le point d'attachement d'un groupe lignager, d'une famille au sens le plus chargé du terme -- et ça ne colle pas non plus.


Devant la maison, Angoulême, 19 décembre 2004, 16:10.

Bah, pourquoi vouloir tout définir... Un lieu où j'ai vécu avant que d'être adulte, donc suivant une norme que je ne définissais pas mais qui me définissait ; qui a fait de moi ce que je suis -- c'est à dire, faute d'un mot plus approprié, un adulte ; un lieu où je suis à la fois chez moi et en visite : en visite chez des gens que j'aime et qui m'aiment. Pas si mal, finalement, même quand il ne fait pas beau.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : contrairement à ce que cette photo pourrait laisser à penser, temps magnifique aujourd'hui en Charente ; je vous infligerai sûrement quelques photos de promenade dans les jours qui viennent, même si je suis bel et bien de retour dans notre chez-nous parisien.


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dimanche 19 décembre 2004

Hiver

Finalement, montrer des paysages d'été ou de printemps, avec de la lumière et de la verdure, ça n'est pas très difficile. Montrer les couleurs d'hiver, ses gris, ses arbres dénudés, presque noirs, sur fond de nuages, c'est moins évident. D'ailleurs, je ne prétends pas savoir faire. « Il ne sert à rien d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer » disait ce vieux Totor.


Saule en hiver, Angoulême, cet après-midi

Evidemment, pour ce qui est de la course des nuages, des gouttes de pluie à l'horizontale et des branches qui remuent, là, en photo, je vois pas moyen. Et puis là il n'y avait pas trop de vent, la pluie s'était arrêtée, les étourneaux faisaient une pause...

Le Plume vous salue bien.

P.S. : avec tout ça, oublié de faire mon point cardinal réglementaire... Je rattraperai ça dimanche prochain.


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mercredi 21 décembre 2005

Remparts

« L'élévation considérable de la ville contribue à la pureté et à la salubrité de l'air qu'on y respire, et procure des points de vue magnifiques, qui font l'admiration des étrangers. On ne peut néanmoins se dissimuler que le désagrément de gravir un coteau élevé et rapide toutes les fois qu'on veut entrer dans la ville, ne diminue quelque peu les avantages de cette situation et la richesse de ces points de vue. »

J.P. Quénot, Statistiques du département de la Charente, 1818.

Nous montâmes donc en ville pour les quelques heures séparant la fin du déjeuner du coucher du soleil. Longue promenade le long des remparts notamment du côté nord du centre ville, où, de fait, les points de vue sont magnifiques. D'ailleurs, une plaque scellée dans le rempart nous apprend que « Paul Valéry s'est arrêté ici le 9 décembre 1931. » J'espère qu'il avait un bon manteau : le rempart nord n'est évidemment pas le plus ensoleillé. Du même endroit, en 1801 - à en croire un paneau municipal voisin - le général Guillaume Resnier de Goué, alors âgé de 72 ans, s'était jetté dans les airs équipé d'ailes battantes de sa fabrication. « Ce pionnier de l'aviation a plané sur 300m avant d'atterrir sur la berge opposée de la Charente, sans autre dommage qu'une jambe cassée. » Je ne le suivrai pas sur ce terrain.


Angoulême, vue des remparts vers l'église Saint-Ausone, cet après-midi.

Après tant de culture, nous ne pouvions qu'aboutir dans une librairie : on en ressort avec quelques kilos de livres dont je vous ferai la liste un de ces jours. Évidemment, avant ça, il y a eu de multiples boutiques, abreuvages et grignottages...

L'après-midi en ville, quoi.

Le Plume vous salue bien.


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dimanche 8 janvier 2006

Le retour des rouleaux perdu : neiges d'antan

Finalement, en regardant mes rouleaux de photos des années 1985 et 1986, je me rends compte qu'il n'y avait pas beaucoup de personnages, dans ces photos : on ne se refait pas. Et pourtant, j'étais aussi other-oriented que n'importe quel adolescent, au moins.


La neige, la nuit, Angoulême, hiver 1986-1987.

Ce que j'avais envie de fixer sur la pellicule, c'était peut-être précisément les moments où il n'y a rien, ni personne, où il ne reste que le doute ?

Par contre, la photographie comme medium artistique ne m'intéressait guère - alors que j'aurais pu tenter de compenser ainsi le décalage entre envie d'expression et incapacité totale à manipuler crayon ou pinceau de manière satisfaisante. Mais, non, ce n'était pas dans mes plans... Ceci ne m'empêchant pas de passer de longs moments dehors dans le froid à photographier le vide en pleine nuit, si j'en crois ces rouleaux. Faut pas chercher à comprendre.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : je me rapplle maintenant de rouleaux antérieurs, il faudra que je parte à leur poursuite la prochaine fois !

P.P.S : narcissique, cette entrée ? Si peu, si peu...


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mercredi 29 mars 2006

Premières manifs

Signe de l'âge qui avance à grands pas : ces manifestations m'en rappellent d'autres. C'était en octobre et novembre 1986, et c'était dans les rues de cette ville-là :


Le « plateau » d'Angoulême, pris sans doute du dernier étage de mon lycée.

Ça avait duré pas mal, aussi - me rappelle plus exactement combien. Un mois, à peu près ? C'était le temps des voltigeurs motocyclistes, du SIDA mental (Pauwels dans le Fig'Mag'), des professionnels de l'agitation de tout poil et de toutes nationalités (Pasqua, le Sarko de l'époque). À noter que le ministre de l'intérieur et président du conseil général des Hauts-de-Seine de l'époque ne sabordait pas en sous-main le projet, lui : il organisait une répression musclée, pendant que Monory (le mentor politique de Raffarin, tiens donc) interdisait toute négotiation à son sous-ministre Devaquet, qui lui aurait bien lâché du lest.

Nous, on tenait le coup, on défilait, entre manif' et carnaval ; on s'organisait, réunions pendant des heures ; on se sentait fort, on était bien.

Et puis il y a eu mort d'homme, un étudiant un peu bronzé et même pas manifestant qui avait eu le malheur d'attirer l'œil d'un « voltigeur » chargé de faire le ménage dans le quartier latin. Il faut lui rendre ce mérite : Chirac, alors premier ministre avait immédiatement exigé de ses ministres le retrait du projet - il faut lui reconnaître ce mérite. C'est, hélas, comme ça que nous avons gagné. Une victoire qui laissait un goût amer et beaucoup de colère.

Comment gagnerons-nous cette fois-ci ? De manière moins tragique, je pense. Peut-être le même Chirac profitera-t-il des réserves d'interprétation posée par le conseil constitutionnel (car il n'y aura pas de censure, ou très partielle) pour demander une nouvelle délibération au Parlement, où Sarkozy se fera un plaisir de faire sabrer le texte à ses troupes pour faire les pieds à son rival. Paradoxe : notre plus gros espoir de victoire, c'est ce ministre de l'intérieur que nous détestons. Les eaux sont toujours troubles - il faut bien s'y faire.

Le Plume vous salue bien.



dimanche 7 janvier 2007

Et retour

Rentré à Paris ce soir, aussi fatigué qu'au départ, mais pas plus. C'est déja ça. Pourtant, on ne s'est pas surmenés pendant ces trois jours !


Angoulême, l'église Saint-Ausonne vue de l'entrée du Jardin Vert, décembre 2005.

D'ailleurs on n'est tellement pas sortis que je recycle de vieilles photos pour ces entrées. Samedi, pas mis les pieds dehors ; aujourd'hui, sortis seulement pour aller à la gare.

Demain, au boulot. Un peu marre de traîner la patte à ce point là. Il est vrai que question repos, on n'a pas fait très fort ces dernières semaines...

Le Plume vous salue bien.



vendredi 5 janvier 2007

Brève charentaise

À Angoulême pour quelques jours. Complètements crevés sinon tout est OK.


L'hôtel de ville d'Angoulême... en mai dernier. Mais ça n'a pas tellement changé depuis.

Du coup, seule activité du jour : un petit tour en ville, quelques achats indispensables et retour. Et maintenant, dodo. Ne pas penser au compte en banque à marée basse, même s'il est basé à 300 m d'ici, ni à la vaisselle pas faite qui nous attends à Paris - oui, drôle d'idée d'inviter du monde à dîner quand on a un train le lendemain matin. Bref. Dodo, donc.

Le Plume vous salue bien.



mercredi 25 avril 2007

Mes villes à moi

Pas étonnant que j'ai du mal à comprendre la situation politique du pays, si on considère les villes dans lesquelles j'ai habité de manière plus ou moins durable. Paris Xe : Ségolène Royal, 42% ; Rennes : 38% ; Talence : 34% ; Angoulême : 33% ; Lannion : 36%... Il n'y aurait que ces villes-là à être décomptées, la donne serait différente. Mais bon : pour une raison que je ne m'explique pas, ce n'est pas comme ça que ça marche.


Angoulême : averse d'orage au soleil couchant, 9 avril 2007, 20h.

Promis : demain je parlerai d'autre chose.

Le Plume vous salue bien.



lundi 7 mai 2007

« À part ça, ça va »

Telle était la salutation d'usage aujourd'hui. À part, ça, oui, ça va. Quant au proverbe du jour, je l'ai inventé tout à l'heure : Jusqu'à ce jour, toutes les fins du monde ont été moins fatales que prévu.

On avait un gouvernement de têtes à claques de droite ; on aura les mêmes têtes à claques dans un ordre différent, voilà tout. Et au lieu d'un grand qui boit des bières devant la télé, un petit agité qui se ronge les ongles. Pas sûr que ça changera grand chose.

Un peu dur d'avoir les idées claires un jour comme aujourd'hui. Du coup, une photo que j'avais prise en pleine nuit dans un jardin enneigé quand j'étais ado, ça me parait tout indiqué.


Le jardin d'Angoulême une nuit d'hiver, 1986.

À propos de météo, vous noterez qu'elle s'est nettement dégradée sur Paris aujourd'hui. Ça commence !

Le Plume vous salue bien.



mercredi 6 juin 2007

Des mots, des mots...

Flashback : Angoulême, dans le petit square derrière Saint-André, sur des bancs de pierre, longues discussions à la lumière des réverbères ; il y avait beaucoup de longues discussions alors. Un pierrot lunaire perché sur une borne et qui parle d'étoiles... On est terriblement sérieux quand on a dix-sept ans.

L'humour vient plus tard, older and wiser. Mais il faut garder trace de ces moments-là, même s'ils étaient trompe-l'œil. Où l'on mettait toute son âme dans un a ou un e, ou dans un livre, ou dans un film.


Angoulême, les arrières de l'église Saint-André (cliché de juin 2004).

Les pierres n'ont pas bougé mais n'ont rien à dire sur la question. Nous, qui causions là, qu'avons nous fait de tous ces mots ? Des portes ouvertes, sûrement, ou des fenêtres ;une envie de savoir et de connecter les savoirs les plus disjoints, philosophie et morceaux de plastique, rouages de forge et protocoles IP... Des choses comme ça.

Le Plume vous salue bien.

Une note à lire en écoutant : Gerry Rafferty, Baker Street.



mardi 18 septembre 2007

Tout petit déjà, dans les marges de ses cahiers...

J'ai souvent du mal à dater les photos prises dans les années 1980 que je récupère progressivement. Ce rouleau-là est plus facile à dater que les autres : on y voit les déménageurs à l'œuvre, alors que nous nous installions à Angoulême, mes parents, ma sœur et moi. C'était donc fin août, début septembre 1982.


Une de mes « créations » d'alors. Angoulême, septembre 1982.

J'avais onze ans. J'étais encore un fan de légo, mais je me défendais déjà pas mal avec un appareil photo - fût-ce un reflex Asahi Pentax SP500 pas précisément automatique.

Le reste du rouleau est essentiellement consacré à la cinquième édition du circuit des remparts, en septembre 1982 donc. J'y avais photographié une Ford A, une magnifique Rochet-Schneider, une Berliet Six, une Chenard et Walcker, un kart contemporain non identifié et une R5 Alpine. Ah, mais !

Le Plume vous salue bien.



mercredi 26 septembre 2007

Place à la course !

Les moteurs et les boîtes qui hurlent dans le raidillon de la Cathédrale : pousser dans leurs derniers retranchements les produits de l'ingéniosité des hommes.


Circuit des remparts, Angoulême, 16 septembre 2007.

Je n'ai toujours pas compris comment on pouvait qualifier les machines d'inhumaines. À la rigueur, on pourrait leur reprocher d'être un peu trop humaines, non ?

Le Plume vous salue bien.



vendredi 4 juin 2004

Le bout du tunnel

... à moins bien sûr que ce n'en soit l'entrée !


Angoulême, l'entrée du tunnel ferroviaire, 6 juin 2004, 9h30 environ...

Après une grosse journée de travail d'archive, je ne suis pas très disert.  Sans compter que le métro bondé et surchauffé quand on est harnaché de sacs et d'appareils photos et à la bourre pour aller prendre son train à Montparnasse, ça calme aussi (ok, c'était hier soir.. mais bon, faut que ça cicatrise !

More tomorow,

le Plume vous salue bien.


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vendredi 3 juin 2005

histoire : les affaires reprennent

Ceux qui suivent ce blog depuis ses débuts ont entendu parler de mon projet de mémoire de maîtrise - sur l'histoire des techniques au XVIIIe siècle en général et la sidérurgie de la fonte en particulier. D'aucun auron suivi mes tribulation d'un centre d'archive à un autre (Angoulême, Rochefort, Vincennes, Paris, Lorient - ce sera tout, merci bien) tout au long de l'année universitaire 2004-2005. Et depuis l'automne dernier... pas grand chose. Il est temps d'en reparler.

En somme, après quatre ans où une partie essentielle de mes loisirs a été consacrée à l'histoire, j'avais, je crois, besoin de souffler un peu. Finalement, faire en trois ans un DEUG et une licence tout en travaillant à plein temps, ça n'est pas si mal. Il est vrai que l'année de licence, qui aurait pu être problématique, correspondait à une année relativement creuse d'un point de vue professionnel. Ça n'a pas été le cas de ces deux dernières années - et rédiger un mémoire, surtout lorsqu'on a l'ambition de faire quelque chose de bien, demande un tout autre investissement que de bachotter quelques cours et de lire quelques bouquins sur un programme.

Du coup, j'ai traîné. En plus, comme j'espérais réussir à finir la bête à la toute dernière minute pour avoir ma maîtrise, j'ai omis de me réinscrire - c'est cuit donc pour cette année.  mais les affaires reprennent : je vais me réinscrire l'an prochain, en première année de master, avec une nouvelle directrice, mon directeur d'origine prenant sa retraite. J'ai quand même quelque remords à ce propos : il m'aurait semblé approprié de soutenir ce mémoire sous la direction officielle du professeur qui m'a fait découvrir la richesse de l'histoire des techniques. Ceci dit, la nouvelle titulaire de la chaire d'histoire des techniques est quelqu'un que je connais, que j'apprécie beaucoup et qui je crois m'apprécie aussi et qui est spécialiste de la jonction entre XVIIIe et XIXe siècle, ce qui correspond parfaitement à mon sujet.

Ce qu'on va faire, par conséquent, c'est de reprendre l'affaire de manière très pragmatique : comment tirer du diplôme universitaire - j'y accorde une certaine valeur - d'un travail de recherche d'ores et déjà plutôt réussi. On va tâcher de faire ça, je vous tiendrai au courant.

En attendant, voici un petit échantillon de la richesse des fonds d'archive que j'ai eu le plaisir de consulter. Il s'agit d'un plan de la rivière Touvre - un affluent de la Charente qui a la particularité de prendre sa source d'une résurgence importante et dont le flot est donc pratiquement constant en toute saison. C'est elle qui fait mouvoir les soufflets de l'usine que j'étudie - il n'y a pas de hauts fourneaux sans soufflage et, à cette époque, pas de soufflets sans roue hydraulique. Je vous renvoie à un schéma que j'ai posté il y a déjà logtemps dans ma rubrique "histoire de dire". Les droits domaniaux sur les eaux de cette rivière ont été l'objet de longs conflits juridiques - le domaine du Roi, s'il est inaliénable, peut être engagé, c'est à dire en quelque sorte hypothéqué ; cet engagement étant cessible, on aboutissait à une situation où l'on ne savait plus à qui était quoi, entre le roi, son frère et des particuliers. En 1777 a donc eu lieu un bornage délimitants lesdits droits et qui ont été fixés sur une carte. On a du coup commandé au même cartographe cette imposante carte de la rivière Touvre en trois rouleaux, intitulée Plan de la rivière de Touvre sur la quelle s'étendent les droits de pêche retirés par Monseigneur le Comte d'Artois sur les héritiers de Mr. Paultre et autres. Il s'agit vraissemblamblement de l'œuvre de Pierre Touffaire, ingénieur des bâtiments civils de la marine à Rochefort. Tout en haut, c'est l'usine que j'étudie et qui est au cœur du litige.

Cette affaire n'est que l'un des nombreux dossiers dans lesquels je me suis plongés, un peu périphérique à mon histoire mais soulevant plein de questions concernant la conception du domaine et de ce qu'est l'eau d'une rivière, à la fois source de nourriture par le biais de la pêche et d'énergie pour les moulins à blé mais aussi les forges, hauts-fourneaux, papeteries, qui forment la base de l'ancienne industrie.

Je pourrais en parler pendant des heures - mais je vois que ce qui ne se sont pas enfuis s'endorment. Je vous souhaite donc une bonne nuit !

Le Plume vous salue bien.

P.S. : il y a quelques bugs dans les raccords de photos, désolé. Les pieds de chaises qui tenait le rouleau ouvert à ses deux extrémités donnent l'échelle.



vendredi 5 mai 2006

Vieux papiers

Petit passage aux archives départementales de la Charente aujourd'hui - ça faisait longtemps. Je voulais y regarder quelques trucs précis : un document de 1777, dont j'avais trouvé la cote dans un article de 1925, et une source de l'époque du directoire à laquelle j'ai pensée en relisant le tome 3 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine (par Denis Woronoff, lecture très recommendable donc).


Une liasse des justices seigneuriales d'Angoumois, archives départementales de la Charente, cet après-midi.

Résultat : la chemise cotée A3 porte la mention « dix-huit pièces » et n'en contient que deux - pas celles qui m'intéressent bien sûr. Quant aux registres de la municipalité de canton de Garat, ils sont d'une plattitude inégalée. Les quelques registres judiciaires consultés, quant à eux, ne correspondait pas au bon coin - j'avais mal lu l'inventaire. Un autre dossier me donne quelques infos intéressantes, c'est déjà ça. Sinon, pas resté trop longtemps, étant donné que la plaie de toutes les archives départementales était là en force - les généalogistes, parlant haut et fort comme s'ils étaient dans leur salon. Des retraités, généralement, qui seraient parfaitement à même de travailler et qui viennent perdre leur temps à me gâcher l'existence au frais des caisses de retraites. Il y a des jours, franchement...

Sinon, ça va. Il fait beau, mon mémoire avance, je suis content de voir mes parents. On peut faire pire.

Le Plume vous salue bien.



vendredi 28 janvier 2005

En bulles

Bon, malgré une grosse crève gagnée à se les geler hier à Montparnasse et qui se traduit par une déplaisante sinusite (pas aidée il est vrai par l'humidité ambiante), journée dans les bulles aujourd'hui -- les chapiteaux du festival, quoi.

J'y ai traîné mes guêtres tout l'après-midi, farfouillant de-ci, de-là, regardant de loin les dédicaceurs ; le seul que je tenais à faire dédicacer, pour le compte d'un ami, je l'ai raté, c'était ce matin. Des stands de toutes les tailles, de l'ordre d'une supérette pour les gros éditeurs, ou juste une table pour les petits, avec tous les intermédiaires possibles.

Me suis attardé comme il se doit au stand de "l'association", vu que c'est quand même de là qu'est venu ces dernières années le nouveau souffle de la B.D. française. Grosse foule sur un stand bien petit au regard de l'importance qu'a cette maison pour les amateurs de B.D. :

Il faut dire, Marjan Satrapi, moteur économique de la boutique, était en train de dédicader, et ça attirait du monde. De l'autre côté du stand, un spectacle à part entière : Baudoin dédicace. Baudoin, c'est un peu le père spirituel de ce mouvement, avant même que Lewis Trondheim et ses copains n'organisent tout ça. Et quand Baudoin dédicace, c'est un spectacle à part entière : au pinceau, prenant tout son temps, ne faisant guère du coup que deux ou trois signatures en une demi-heure. Et rayonnant la gentillesse par dessus tout ça.

La maison ne prenant pas la carte bleue, petit tour chez Dargaud pour faire quelques achats : la ligne de front, de Manu Larcenet (excellent), et puis le chat du rabbin de Sfar. On l'a déja, mais pas mes parents, donc ça vallait la peine de l'acheter. Ne serait-ce que pour le relire. Il y a des B.D. comme ça qu'on a envie d'acheter deux fois...

Allez, au lit, j'y retourne demain.

Le Plume vous salue bien.


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mardi 25 septembre 2007

Et dix-huit filles dedans

De ce voyage à Angoulême devais-je ramener, disais-je, moultes photos de voitures anciennes - et je ne vous en ai pratiquement pas montré ! Réparons cette injustice avec des chromes à l'américaine, pas si anciens que ça, mais plutôt rutilants...


Arrière d'une Chevrolet, jardins de l'Hôtel de Ville, Angoulême, 15 septembre 2007.

À propos d'automobile, et mes cours ? Ils commencent la semaine prochaine, en principe. En principe : il y a huit jours, alors que les inscriptions pédagogiques n'avaient il est vrai débutées que depuis peu de temps, je n'avais en tout et pour tout qu'un (1) étudiant inscrit dans cette option...Je ne croulerai pas sous les copie, en tout cas. C'est déjà ça.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : titre emprunté à Laurent Voulzy, bien sûr.



dimanche 16 septembre 2007

Remparts, moteurs et ruisseaux forestiers

De retour à Paris après ce séjour angoumoisin à grande vitesse. De vieilles voitures sur les remparts, une ancienne abbatiale en rase campagne, crotter mes chaussures en pleine forêt... Bilan largement positif, donc.


Avant d'une Delaunay-Belleville de 1913, Angoulême, samedi après-midi.

Côté vieilles voitures, j'ai enrichi quelque peu mon patrimoine phtographique - et ce d'autant que j'ai récupéréles photographies que j'avais prises du même événement l'année même où nous avions aménagé à Angoulême, c'est à dire, si mes souvenirs sont bons, en 1981. Ça ne rajeunit personne, je ne vous le fait pas dire.

Sinon, j'étais passé voir en avril dernier l'étang du Cluzeau, à Combiers, à la limite entre Dordogne et Charente. Je m'étais étonné à l'époque d'y trouver quantité de scories métallurgiques ; j'en ai trouvé la raison dans un ouvrage d'érudition locale* acheté chez un libraire d'Angoulême : il y avait là, au XVIe et XVIIe siècles, un haut fourneau. Tout s'éclaircit donc.

Le Plume vous salue bien.

* M. Aillot, Moulins & forges du canton de Villebois-Lavalette, imprimerie La Chasseneuillaise, 2003.



mercredi 20 septembre 2006

Carte scolaire

Alors, on remet sur le tapis les histoires de carte scolaire, paraît-il...


Le lycée polyvalent Marguerite de Valois, à Angoulême, 15 ans et 8 mois après que j'y aie obtenu mon bac - pas le moindre changement.

Je n'ai pas étudié dans le collège ni dans le lycée que me prescrivaient la carte scolaire : mon père enseignait alors au lycée Marguerite de Valois, à l'autre bout de la ville - y aller simplifiait largement les questions de transport. Au demeurant, ni le collège ni le lycée n'avaient particulièrement bonne réputation : un bâtiment des années soixante, fort laid comme il apparaît ci-dessus, entouré de cités HLM et de banlieues pavillonnaires modestes. Le lycée chic, où toute la bonne société se contorsionnait pour envoyer ses gamins, c'était Guez de Balzac, au cœur du Vieil Angoulême, certainement pas celui-là.

J'y ai passé de très bonnes années ; je n'aurais sûrement pas mieux étudié si j'avais été au « bon » lycée - je m'y serais probablement moins amusé par contre, ce qui aurait été dommage.

Ce que je veux dire : le fantasme du bon lycée est essentiellement ça : un fantasme. Entretenu par les innombrables classements que publient tous les ans les magazines réacs, sur le thème Où faut-il envoyer vos enfants ? - sous-entendu, où ne surtout pas les envoyer, sinon ils se vautreront dans l'échec scolaire, la drogue, la criminalité et sans doute le stupre (pour le stupre, c'était pas terrible, mon lycée, je dois dire). La vérité, c'est que ça ne fait pas (ou peu) de différence. Peut-être plus dans les collèges, je suis prêt à l'admettre - mais dans les lycées, je n'y crois guère.

Le problème, c'est qu'en supprimant la carte scolaire, on encouragerait justement cette fantasmagorie. Et c'est idiot : une fois que tout le monde (riches et pauvres) aura décidé qu'il faut absolument envoyer les gosses au lycée Machin, parce qu'ils l'ont dit dans le journal, on fera quoi ? On tirera au sort ? C'est aberrant.

Bah, c'est vrai que du coup, ça ne changerait pas grand chose. De la démagogie bon marché, quoi...

Je la sens mal, cette campagne électorale !

Le Plume vous salue bien.

P.S. : demain, promis, une photo de mer.



lundi 2 janvier 2006

Rouleaux perdus (suite)

Avant de partir pour Washington, je vous avais parlé de ces rouleaux de photos retrouvés à Angoulême, datant des premières pellicules que je m'étais offerte, pour employer dans le boîtier de mon père. De certaines je ne me souvenais plus du tout, au point d'avoir quelques difficultés à les identifier. De ce rouleau par contre, en noir et blanc, j'avais gardé des souvenirs précis, bien que j'ai un peu de mal à dater la chose. 1986 ? 1987 ? 1986, sans doute : c'était une toute fin d'année scolaire et je ne crois pas avoir été en instance d'examen - ce devait donc être en classe de seconde.


Mon petit bout de land art, Angoulême, avril ou mai 1986.

C'était une époque où l'art nous parlait directement, que ce soit les Ménines de Velasquez, la Spiral Jetty de Smithson ou les variations pour une porte et un soupir - je ne réalise qu'aujourd'hui à quel point les cours que nos prodiguaient nos professeurs d'arts plastiques et d'histoire de l'art étaient exceptionellement affûtés dans leur éclectisme. C'était une époque où l'on pouvait rester silencieux à contempler quelques mots que nous avions écrits, avec des altérations qui nous semblaient hautement significatrices, sans que nous sachions exactement de quoi. C'étaient l'époque où le grand combat d'Henri Michaux nous prenait aux tripes... Une adolescence romantique, sans doute, au sens propre du mot.

Je n'étais pas mécontent de mon idée : faire à la craie des dessins sur l'enrobé de la cour de récréation, qui ne prennent forme que lorsqu'on les regardait du quatrième étage - où se trouvait l'antre des plasticiens. D'autant que l'idée a été reprise par les autres, ce qui est une satisfaction sans borne pour un ado pas forcément des plus charismatiques. Et comme ce printemps était un des plus sec qu'ai connu le centre-ouest, nos bariolures colorées ont subsisté des mois, à la plus grande surprise des autres élèves...

Finalement, je l'aime bien, cet adolescent mal fagotté que j'étais !

Le Plume vous salue bien.


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