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Des photos et des jours

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mercredi 8 février 2006

Portrait de couple

Tombé par hasard là dessus en parcourant ma photothèque :


Chandelier pascal, Castille-Léon, fin XVème siècle.
New York, musée des Cloisters, septembre 2004.

Plutôt mignons, non, Adam et Ève - le brave Adam a encore son casse-croute à la main, sale affaire ! Quant à l'anatomie d'Ève, elle plaide pour l'inexpérience de l'artiste en matière de nus féminins.

Bah ! Pas si souvent non plus que je mets des photos de nus dans ce blog, finalement.

Le Plume vous salue bien.



mardi 7 février 2006

(Sinon rien)

Loin des boulevards, petit détour par le « grand chenal » de la baie de Morlaix :


Tourelle Ricard, près du château du Taureau, baie de Morlaix, été 2001.

Exercice : sachant que la photo est prise du pont d'un bateau, que les tourelles sont généralement peinte de telle sorte que la peinture de couleur s'arrête à peu près au niveau des plus hautes mers, comment était la marée à ce moment précis ?

Le Plume vous salue bien.



lundi 6 février 2006

Hue cocotte !

Allez, après un dimanche un peu rude, on remet le pied à l'étrier. Voyez plutôt :


La statue de Marc-Aurèle au Capitole, Rome, février 2001.

Merci à une gentille lectrice de Rome (Italie) de m'avoir aidée de ses souvenirs plus frais que les miens pour ajuster les couleurs de cette photo que la numérisation avait passablement déporté vers le rouge. Me demandez surtout pas pourquoi.

On notera par ailleurs que d'étrier il n'y a point, non plus d'ailleurs que de renies, ce qui s'explique sans problème par la difficulté qu'il y aurait à sculpter lesdites reines. On s'étonnera par ailleurs de la tenue d'équitation du Monsieur ; je ne lui conseille pas le trot enlevé dans ces conditions.

Un aveu : j'étais persuadé qu'il s'agissait d'une statue d'Hadrien pour je ne sais quelle raison ; j'ai bien fait de vérifier une autre photo que j'avais prise du socle de la statue - vu que je suis du genre à rester vingt minutes à déchiffrer les inscriptions sur le socle des statues :

IMP. CAESARI DIVI ANTONINI. F. DIVI HADRIANI
NEPOTI DIVI TRAIANI PARTHICI PRONEPOTI DIVI
NERVAE ABNEPOTI. M. AVRELIO ANTONINO PIO
AVG. GERM. SARM. PONT. MAX. TRIB. POT. XXVII
IMP. VI. COS. III. PP . S . P . Q . R

D'où l'on déduira bien sûr que Marc-Aurèle, représenté dans la 27ème année de son « règne, » père de la patrie, était le fils d'Antonin, neveu d'Hadrien, petit-neveu de Trajan et arrière-petit-neveu de Nerva - étant donné bien sûr que ces filiations sont adoptives, des filiations politiques. Et on observera que l'autorité impériale n'a rien d'un donné naturel à Rome : c'est un enchevêtrement de légitimités qui toutes préexistaient à l'Empire, puissance du tribun (trib. pot.), consulat (cos.), grand pontife (pont. max.), etc. D'où mes guillemets à « règne. »

On observera par ailleurs que, pour un moderniste, voire un contemporanéiste, j'ai de bons restes d'histoire antique, non ?

Le Plume vous salue bien.



dimanche 5 février 2006

La saison du pélican maigre

Fatigué. Dure journée. Sale temps, microbes. Dimanche à médecin de garde et vaisselle du samedi soir.

Dans mon poste radio des bateaux coulent et des fanatiques hurlent - manipulés de lanière sui flagrante qu'on en rirait presque. Les fanatiques sont manipulés. Pas les bateaux.

Il y a un peu moins d'un an j'étais parti en safari photo au cimetière du Père Lachaise ; parmi les diverses photos que j'y ai prises, ce drôle d'oiseau, un beau symbole pour l'hiver qui s'éternise. Un pélican, sans doute, du delta du Danube ou de la Volga - mais ce qui importe c'est l'œil, sévère et inexpressif à la fois. Nous sommes dans la saison du pélican maigre.


Père Lachaise, 19 mars 2005.

D'un autre côté, j'ai un travail intéressant, des études, des lectures ; je vis dans un appartement agréable et qui nous ressemble ; j'aime ma femme et j'aime bien mes amis. De quoi botter les fesses à ce fichu pélican !

Le Plume vous salue bien.



samedi 4 février 2006

Perchoir à mouette

Face à une actualité plutôt sinistre, voici un spectacle plutôt rassérénant : la statue équestre de Louis XIV, un des rois les plus guerriers de notre histoire, réutilisée comme perchoir par une mouette de passage. Pas certain que ç'ait été l'objectif du Bernin en créant cette statue.


Le Louvre, dimanche dernier.

Les mouettes dans Paris, c'est tellement mieux que les pigeons !

Le Plume vous salue bien.

P.S. :Relancé l'activité de ma rubrique Cartes sur table. Bah oui, quoi, je l'aime bien, cette rubrique.



vendredi 3 février 2006

En vrac

Factoïdes et idées éparses du jour :


Jardins du Palais-royal, dimanche dernier.

Ça ferait plutôt un trèfle à six feuilles, ce qui commence à faire beaucoup. Plutôt une fleur - mais pas une fleur de trèfle, bien sûr.

Fin du bric-à-brac.

Le Plume vous salue bien.



jeudi 2 février 2006

Vauban

Pas beaucoup d'architectes en France qui ont laissés autant d'œuvres derrière eux que Vauban (1633-1707). Enfin, architecte, je ne pense pas qu'il se serait désigné comme ça. Ingénieur militaire, plutôt, probablement. Enfin, si j'en crois le bouquin de Langins sur la question, il a fortifié 160 sites en tout, l'animal. Pas étonnant qu'à la fin de sa vie il ait longuement médité les moyens de remédier à la crise des finances royales : l'avait un peu contribué à la chose... Bref, du Vauban, il y en a un peu partout, de Camaret (Finistère) à Neuf-Brisach (Haut-Rhin). Et la ville haute de Briançon :


la porte de Pignerol à Briançon (Hautes-Alpes), juillet 2005.

Pignerol, j'en ai déjà parlé, c'est Pinerolo, au Piémont, l'un des débouchés sur la plaine du Pô des vallées qui descendent du Montgenèvre. Et la route du Montgenèvre, elle part précisément de là. Enfin, partait : maintenant, elle passe un peu à côté, parce que les rues de la ville haute, elles sont un peu justes pour ce genre de trafic.

Voici donc une porte de ville qui est restée une véritable porte - d'ailleurs une inscription sur le mur précise qu'« il est interdit de trotter sous la porte. » Et qui est en même temps la porte d'un col, vu de l'intérieur, et la porte du pays, vu de l'extérieur. Tout ça méritait bien fronton et pilastres, non ?

Le Plume vous salue bien.



mercredi 1 février 2006

Intérieur jour

Une porte a, le plus souvent, deux côtés. Enfin, sur un autre plan, elle en a quatre - mais fonctionnellement, elle en a deux. Généralement, un côté intérieur et un côté extérieur. Voici donc l'intérieur d'une autre porte de cathédrale :


Gênes, cathédrale San Lorenzo, juillet 2005.

Oui : Gênes est comme chacun sait la cité de saint Georges ; sa cathédrale est donc dédiée à saint Laurent. À vrai dire, les conflits entre évêques et bourgeois étant une des valeurs sure du moyen-âge italien, je ne serais pas entièrement surpris qu'il y ait une logique là dedans. C'est un bâtiment du XIIème siècle, mais la façade est plus tardive - elle est paraît-il caractéristique de l'influence du gothique français. Ça ne saute pas aux yeux, il faut le dire : pas évident de faire abstraction du matériau. Ceci dit, en remplaçant mentalement le marbre noir et blanc par de la pierre de paris, c'est vrai qu'on obtient quelque chose de familier.

Je ne me rappelle plus précisément de la datation de cette fresque ; à vu de nez, elle ne doit pas être très postérieure à la façade elle-même, fin XIIIème donc. La peinture italienne ne commence pas au quattrocento... Tiens, quelqu'un sait-il pourquoi les cathédrales françaises ont perdu toute trace de polychromie ? Je crois qu'il est établi maintenant qu'il y en a eu mais je n'ai jamais entendu expliquer pourquoi il n'y en a plus. Y a-t-il un historien de l'art dans la salle ?

Sinon, suite de mes aménagement : la rubrique « cartes sur table » nous a rejoint, cf. les liens. Encore faudrait-il que je l'alimente de temps en temps... Un rouleau de photo en cours de tirage, quelques photos fraîches de Washington possibles ici même à partir de demain.

Sur ce, j'ai le plein du scooter à faire, moi !

Le Plume vous salue bien.



mardi 31 janvier 2006

Par la grande porte

Oui, j'aime bien cette idée des portes. Il faut dire, avec les catastrophes de 20six, pas mal de portes qui claquent dans tous les sens dans la blogosphère !

En fouillant dans mes archives, je trouve, sans grande surprise, qu'une bonne partie des portes qui se cachent dans ma phototèque sont des portes de cathédrales - la plupart d'entre elles ont bien sûr un majestueux portail à l'extrémité ouest de la nef principale, celui qu'on n'ouvrait qu'à l'issue des grand'messes. Du coup, j'aime bien celui de Saint-Samson, à Dol-de-Bretagne :


Le portail ouest de la cathédrale de Dol, 29 avril 2005.

Pas bien spectaculaire ; il faut dire qu'il était manifestement précédé d'une autre structure, à en croire les trace de poutres dans la maçonnerie qui le surmonte. C'est une cathédrale comme ça, inclassable avec sa nef très élancée abritée par une silhouette trapue... À vrai dire, la porte sud du transept est bien mieux conservée, avec son vestibule éclairé par des fenêtres ajourées, comme de la dentelle de granit.

À propos de portail toujours, j'ai un petit peu progressé dans l'interface PHP avec ma base de données, qui devrait devenir une sorte de blog bis avec toutes les fonctions de navigation dont je suis privé sur Blogger. 'Tention, ça risque d'être moyennement accessible ces jours-ci vu que j'améliore petit à petit la chose à mes moments perdus. Je dois reconnaître que je ne suis pas mécontent du mécanisme de récupération du nombre de commentaires, qui est plutôt rusé - mais qui a été très rapide à écrire, vu que contrairement à certaines plateformes que je ne nommerai pas, Blogger fournit une documentation tout à fait décente sur ses modèles et sur son interface.

Par ailleurs, journée de boulot plutôt chargée aujourd'hui. Suis vanné, je sens que je ne vais pas faire de vieux os ce soir.

Le Plume vous salue bien.



lundi 30 janvier 2006

Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée

À première vue, les titres des Comédies et proverbes de Musset comme titre de messages sur ce blog, je ne l'avais pas encore fait. Ou alors pas avec celui-ci.

Envie d'images d'Italie ce soir. Alors voilà :


Gênes, le Palazzo Ducale, 8 juillet 2005.

Pas mal, comme portes, non ? À propos de portes, de portails, et tout ça, j'ai relooké mes pages perso en utilisant la même feuille de style que pour Blogger. À terme, on devrait passer de l'un à l'autre sans même sans rendre compte, si l'on excepte la barre de navigation en haut de page ; c'est comme ça que je compte résoudre le problème de lecture des messages antérieurs dont je parlais. Évidemment, ça suppose que je me replonge dans du code PHP abondant et pas toujours très propre... Che sarà, sarà.

Enfin réussi à poster l'exemplaire défectueux du Evans et Rydén que m'avait envoyé Amazon : la couverture à l'envers, c'est tout de même désagréable. Ça faisait un moment qu'il était emballé mais je l'ai déballé pour revoir les pages qui m'intéressaient le plus : avec ces tocards d'Ashgate publishing, bien malin qui peut prévoir quand je récupérerai un nouvel exemplaire - et si sa couverture en sera dans le bon sens. Bref, bonne chose de faite. Maintenant, il va falloir que je mette à développer la pellicule que j'ai terminée dimanche. Affaire un petit peu compliquée par la résolution de nouvel an que j'ai prise de ne plus confier mes travaux qu'à des studios sérieux. On fera ça un de ces jours.

Le Plume vous salue bien.



dimanche 29 janvier 2006

Promenade

Une jolie lumière ce matin, une pellicule à terminer dans le réflex : après le poulet rôti dominical, promenade dans les rues de Paris. Descendu par le sentier, rue de Cléry puis rue d'Aboukir, place des victoires, presque vide comme souvent. La bibliothèque nationale de France est fermée, la banque du même nom aussi ; au bout de la rue Catinat ses grandes portes solennelles n'appellent pas la rêverie - tandis que l'impasse grillagée de la rue Radziwill chuchote quelque chose à propos de casse du siècle. Le dimanche, pas de raccourci malin par le passage des deux pavillons, mais qu'importe, le jardin du Palais-Royal n'est pas loin.

Dans un coin, une chorale ; sous les arcades il faudra s'arrêter à la vitrine du marchand de décorations et à celle du marchand de pipes. À moins de traverser en ligne droite, s'imprégner de la joie frisquette des jeux de ballon sous les maronniers sans feuilles.

Au centre du jardin, les jets d'eau de la fontaine dessinent un trèfle à quatre feuille d'eau libre entouré de glace. Près des colonnes de Buren, me fais prendre en photo par un quidam alors que je tente de photogaphier les sphères-miroirs avec le Pentax tout en continuant une conversation téléphonique de l'autre main - je n'allais tout de même pas raccrcocher au nez du paternel sous prétexte qu'un rayon de soleil montrait le bout de son nez ! N'ose pas demander au photographe de m'envoyer la photo par e-mail.

Plus loin, les guichets du louvre ; la vaste cour, la pyramide ; l'arc parfait du guichet Sud sur fond de ciel bleu ; et puis la Seine, la Seine.


Pont des Arts, pont neuf et pont Saint-Michel ; la balise rouge et verte du Vert Galant, dont j'ai déja parlé.

Rive gauche, trainé devant les bouquinistes en face de l'Institut ; fini par acheter un traité technique du XIXème siècle qui m'attirait l'œil. Retour en métro, station Cité ; inadéquation habituelle de la fréquence des rames sur cette fichue ligne 4 - et l'on me dit qu'il faut encourrager l'usage des transports en commun. Bah, l'ouvrage de mon ingénieur des ponts et chaussée me fait passer le temps jusqu'à ce qu'une rame acceptable se présente et me ramène à ma porte.

Un dimanche après-midi dans la ville.

Le Plume vous salue bien.



samedi 28 janvier 2006

Hivernal

Attention, ceci n'est pas un scoop : à nos latitudes, en hiver, il arrive qu'il fasse froid. À en croire la radio et la télévision, ce serait pratiquement inouï... Bon, d'un autre côté, ce sont les mêmes qui avaient l'air d'être surpris par la prévisible victoire du Hamas aux élections palestiniennes - quand en on est là, finalement, quoi de plus naturel que de faire un événement de ce qu'il neige en janvier.

Cette introduction pour arriver à une photo plutôt glaciale elle aussi, bien que prise aux environs du quinze août. Et pas dans l'hémisphère sud, non, loin de là...


Les confins de l'inlandsis groenlandais, août 1993.

Étrange paysage que celui des moraines de la calotte glaciaire : les débris de roche sont noirs comme l'encre, la glace est blanche, avec toutes les nuances de gris - pratiquement pas la moindre couleur. De l'autre côté de la limite, avant la glace, on est dans les bruyères et les schistes cryoclastés, avec toutes les nuances de vert, de brun, d'ocre, de mauve. Et là, d'un seul coup, on est transporté dans un monde en noir et blanc. Et si l'on avançait un peu, au delà de cette frange bicolore, il n'y aurait plus que le blanc, sur des centaines et des centaines de kilomètres.

Mais nous n'avons pas été plus loin, bien sûr, n'ayant ni l'expérience, ni l'équipement nécessaire. Et la dizaine de kilomètres de terrain montagneux qu'il fallait faire pour retourner au bateau était déjà bien suffisante.

Tout ça ne nous réchauffe pas, en tout cas !

Le Plume vous salue bien.



vendredi 27 janvier 2006

Aménagement

Petit à petit, je m'installe  j'ai récupéré mes entrées de la rubrique Histoire de dire pour les mettre dans un joli blog rien qu'à elles ; du point de vue de la mise en page, j'explore et je bricole. Avantage de blogger : si on a quelque compétence en matière de création de sites web, on arrive très vite à être dans ses meubles - pas besoin de fouiller dans les recoins du système pour trouver comment modifier le modèle de page.


Le bâtiment « halle aux farines, » ZAC rive gauche, octobre 2005.

Un truc me déplait : pas de système de pagination pour aller vers les messages antérieurs lorsqu'on arrive en bas de la page d'accueil ; il faut directement aller chercher les archives, ce qui peut être un peu lourd. L'indexation dans la base des pages persos devrait permettre de remédier patiellement à ça d'ici peu.

Plus que jamais, vos remarques sont les bienvenues. Ce blog reste ouvert pendant les travaux !

Le Plume vous salue bien.



jeudi 26 janvier 2006

Déménagement

Et voilà : le déménagement de ce blog est désormais officiel. Certes, 20six est sorti de son coma, mais dans quel état... Il reste du travail à faire ici, ça, oui, mais sur 20six, plus envie de me fatiguer - plus confiance, terminé, fini. Je garde là-bas les notes existantes, bien qu'elles ne soient plus accessibles par la base de donnée pour cause de perte des permaliens et que leur mise en page nouveau style soit apocalyptique. Ça me permettra de retrouver vos commentaires, qui sont difficilement transportables ; quant aux anciens messages, je les reproduirais ici petit à petit, afin que d'ici quelques semaines ils soient tous disponibles.


La dernière fois qu'on a déménagé en vrai, ça donnait quelque chose comme ça (Paris, avril 2000).

Bon, comme il y a 600 entrées dans la rubrique principale, ça ne se fera pas en un clin d'œil, sauf si je trouve moyen d'automatiser le processus. Enfin, le moyen je le connais mais ça suppose un peu de programmation, donc ça risque de ne pas être pour tout de suite vu que j'ai pas mal d'autres trucs sur le feu. Quant aux rubriques secondaires, pour le moment, elles disparaissent (si ce n'est bien sûr dans l'ancien weblog où elles restent accessibles). Après tout, je peux très bien parler d'histoire ou de bouquins ici même.

Rappelons la contrainte de départ de ce weblog : chaque jour, un message illustré par une photo - généralement de mon cru, sauf mention contraire. C'est la contrainte que je me suis imposé dès le début, ne serait-ce que parce que pour moi un weblog est une page personnelle avec une dimension temporelle en plus ; je l'ai à peu près respectée, à une interruption majeure près dans les débuts (avril-mai 2004) et quelques éclipses faute d'accès internet ou toutes autres raisons.

Bienvenue ici, donc. J'espère que vous serez quelques uns à me suivre - je n'ai jamais eu un lectorat de journal à grand tirage, de toute manière. N'hésitez pas à me faire remarques, reproches et récrimination si vous le souhaitez : les commentaires sont là pour ça.

Le Plume vous salue bien.



mercredi 25 janvier 2006

Sotto un nespolo del Giappone

On m'a demandé, à propos de mon entrée d'hier, pourquoi je considérais comme naturel de mettre en épigraphe à ce weblog le dernier vers de Un coup de dés jamais n'abolira le hasard :

Toute Pensée émet un Coup de Dés.

Je dois reconnaître que ça ne va pas tout à fait de soi. Le coup de dés, c'est une création - le résultat du lancé n'existait pas, il était potentiel, virtuel ; dès que les dés arrêtent de rouler il prend une existence indiscutable. Le coup de dé a créé du réel, un îlot de réel au milieu d'un océan de hasard. Une pensée produit un énoncé - il n'existait pas avant ; il peut ensuite être prononcé, écrit, répété ou ignoré : il existe. Penser, dire, écrire, c'est créer du réel. Comme le coup de dés. Ou si l'on préfère : un weblog n'a rien de virtuel, puisque c'est inscrire et donner à lire de petits morceaux de pensée. Voilà pour le coup de dés.


Le poète américain Jackson MacLow lisant ses textes à Blérancourt (Aisne), novembre 1999.

Et puisque j'ai pas mal causé poésie ces jours derniers, un aveu : je navais jamais lu en entier « zones, » qui ouvre Alcools d'Apollinaire. Eh : c'est un poème un peu long, on passe rapidement pour arriver au suivant, qui est le fameux pont Mirabeau. Merci à la Clioblogueuse d'avoir attiré mon attention sur ce point ; ça vous en a valu un extrait avant-hier. Je n'avais jamais vraiment lu ce poème, et pourtant j'y trouve un vers que je connais par cœur :

Te voici à Rome assis sous un néflier du Japon.

Je le connais, mais je ne le connais pas. Ce que je connais, c'est « Eccoti a Roma seduto sotto un nespolo de Giappone. » Je ne lis pratiquement pas l'italien mais ce vers est au cœur du premier paragraphe du roman de Moravia Il Viaggio a Roma que j'avais entrepris de lire. Nul doute que mes déficiences en italien aient contribuées à la mémorisation : j'avais dû, je crois, en chercher presque tous les mots dans le dictionnaire. Du coup, drôle d'impression en retrouvant ce vers à la fois connu et inconnu.

Et Jackson MacLow dans tout celà ? Je vous en avais parlé, il y a plus d'un an, à l'occasion de sa mort. Tout simplement, c'est une figure qui me vient à l'esprit en réfléchissant à la poésie, au langage, à la parole, aux mots. Voilà tout.

Le Plume vous salue bien.



mardi 24 janvier 2006

Lumière

À Paris les lumières d'hiver, de beau temps glacial, sont parmi les plus belles qui soient. Précision chirurgicale de l'éclairage, ombres portées qui accrochent chaque détail - l'air lui-même est lumineux.


Au coin de la rue de Turenne et de la rue Saint-Gilles, lundi 23 janvier 2006, vers 13h.
Un pot de cheminée est caché dans cette image.

Et puis : lire d'un trait Un coup de dés jamais n'abolira le hasard, de Mallarmé - mettre son vers final en épigraphe de ces pages, c'est bien le moins.

vers

ce doit être

le Septentrion aussi Nord

UNE CONSTELLATION

froide d'oubli et de désuétude

pas tant

qu'elle n'énumère

sur quelque surface vacante et supérieure

le heurt successif

sidéralement

d'un compte total en formation

Extrait de la dernière page d'Un coup de dés. Voilà pour aujourd'hui.

Le Plume vous salue bien.



lundi 23 janvier 2006

Rose, rosiers

Plusieurs jours déjà que cette façade m'avait attiré l'œil ; en fait, depuis que j'ai fait le choix de changer d'itinéraire pour rentrer de la rue Malher, empruntant rue de Sévigné, rue des Quatre-Fils et rue des Archives pour retourner place de la République. La lumière était bonne aujourd'hui ; ma chère épouse m'avait prêté son deux-roues motorisé : ma pause déjeuner s'est donc doublée d'une pause photo - on ne sait jamais, des fois qu'ils repeignent l'immeuble sans me prévenir !


Hôtel particulier, 1ère moitié du XVIIe siècle, 4 rue du parc Royal, Paris 3e.

Sur le chemin du retour, changement d'univers : des travaux rue pavée m'offrent un détour par le Pletzl - la petite place, c'est ainsi que les émigrants juifs du début du siècle ont nommé la rue des rosiers, où Guillaume Apollinaire les observait non sans mépris.

Quelques-uns de ces émigrants restent ici et se logent
Rue des Rosiers ou rue des Écouffes dans des bouges
Je les ai vus souvent le soir ils prennent l'air dans la rue
Et se déplacent rarement comme les pièces aux échecs

La génération suivante, quittant les décombres des quatre empires que la Grande guerre avait achevés, dût s'installer plus loin, du côté de la place des fêtes - ne cherchez pas, ce quartier-là a disparu il y a trente ans ; mais la rue des rosiers est resté le lieu de mémoire de ce grand dérangement, du shtetl de Pologne ou d'Ukraine à Brooklyn ou Rio, via la gare Saint-Lazare et le port du Havre ; et surtout de ceux qui n'ont pas continués, parce que Paris, c'est aussi bien que l'Amérique, parce qu'on ne risque plus rien ici - avant d'être marchandés par un gouvernement bien français, ô oui, et transportés vers la mort dans les autobus verts de la société des transports en commun de la région parisienne.

Du shtetl, le village juif des plaines d'Europe de l'Est, il ne reste plus rien aujourd'hui ; le Pletzl, c'est aussi la trace de ses pas.

Le Plume vous salue bien.


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dimanche 22 janvier 2006

Quelques fleurs

...d'une plante décorative et aromatique, la sauge bicolore. C'est pas tous les jours dimanche.


Louannec, Côtes d'Armor, mai 2000.

Sinon, on parlait de la Tamise l'autre jour : la preuve que c'est la mer, c'est qu'on y trouve même des baleines. Enfin, je ne sais pas si en français on doit parler de baleine à propos des hyperodons - le français, contrairement à l'anglais, a tendance à résererver le nom de baleine aux cétacés à fanons, ce que l'hyperodon n'est point : c'est un odontocète (une baleine à dents), et plus spécifiquement un ziphiidé, une baleine à bec, car les baleines à bec ont des dents. Il mange des harengs et des calmars, et voilà où ça le mène. C'est d'ailleurs comme ça que l'espèce a été découverte, à la suite d'un échouage dur les côtes de l'Essex en 1717 - pas bien loin de la tamise, finalement.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : merci à Jean-Pierre Sylvestre, Baleines et cachalots, Delachaux et Niestlé.


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samedi 21 janvier 2006

Chemin de fer

Allez, un p'tit coup de gnôle pour fêter le week-end ?


Un wagon-foudre du début du XXème siècle, Paris, Champs-Élysées, juillet 2002.

Parcouru l'autre jour la thèse de Peter J. Wexler, publiée en 1955, sur la formation du vocabulaire français des chemins de fer, de la fin du XVIIIème au milieu du XIXème. Il s'avère que, comme je le soupçonnais, le terme de chemin de fer lui-même n'a été accepté que progressivement et avec réticence. On emploie bien le terme de « chemin ferré » à propos de la fabrique de canons d'Indret, près de Nantes, à la fin du XVIIIème siècle :il s'agit semble-t-il de la première voie ferrée au sens moderne du terme a avoir été construite en France. Elle permettait de mener les canons de la fonderie, où ils étaient coulés, à la forerie, où on évidait l'intérieur pour en faire, ma foi, des canons.

Mais le terme semble impropre : ce n'est pas tout le chemin qui est de fer, mais seulement deux bandes de roulement... On propose alors « ornières ferrées, » à l'image des ornières de bois que l'on utilisait depuis longtemps dans les mines pour faciliter le roulage des wagonnets, mais des ornières, c'est en creux, alors que les rails ne le sont pas vraiment. Un traducteur propose, en 1803, le terme de grille-voie :

« Le mot primitif anglais, est composé de deux mots rail et way dont le premier signifie grille, la seconde voie. Cette expression m?a parue préférable à celle de chemin ferré. On aurait pu aussi bien adopter le mot rail-way comme le premier nom d?une chose nouvelle. »

(note en marge de la traduction d'un rapport sur le chemin de fer de la compagnie du Surrey, établie pour un conseiller d'État à Cologne, 1803, cité par Wexler, p.26.)

Et à vrai dire, si grille-voie n'a pas rencontré un grand succès malgré son exactitude linguistique, rail-way est longtemps resté dans les esprits - on le voit ressurgir à la fin du XIXème siècle pour désigner ce qu'on nomme aujourd'hui tramway.

Parallèlement, les matériaux utilisés ont évolués, ainsi que leurs appellations ;  début XIXème siècle, le terme de fonte de fer remplace celui de fer coulé. Le chemin de fer (coulé) devient donc le chemin de fonte  (de fer). Mais la fonte, trop cassante, est remplacée par du fer puddlé, forgé au laminoir : c'est le chemin de fer forgé, que l'on simplifie en chemin de fer. Le terme se stabilise, malgré le remplacement du fer par l'acier à partir des années 1860. Pourquoi « chemin de fer » en est venu à désigner le sytème de transport dans son ensemble, pendant que « voies ferrées » désignait le support, je n'en sais rien - peut-être parce que je n'ai pas lu cette thèse en entier.

Au fait, je vous avais déja dit que je m'intéressais aux trains ?

Le Plume vous salue bien.


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vendredi 20 janvier 2006

Le flot et le jusant

Allez, retour à la plage, à marée basse, forcément.


Louannec, plage de Pen an Hent Nevez, août 2005.

Enfin, marée basse, n'exagérons rien : le rocher à l'arrière-plan - que les cartes appellent Penvern de Perros mais que j'ai toujours entendu appeler Benoën, allez savoir pourquoi - est accessible à pied sec par grandes marées basses. Il y a donc de la marge...

Non, c'était la mi-marée montante, par une fin d'après-midi tranquille, où les petits échassiers, courlis et aigrettes, arpentent le bord de l'eau, à l'affût des molusques que le retour du flot inciterait à mettre le nez hors de leur cachette.

Regarder la mer monter, à chaque vaguelette, sur l'estran presque plat. Quand on est tout près, il semble que la montée de l'eau est la résultante de la succession des vaguelettes, chacune d'elles se haussant sur ce qui reste de celle qui la précède - et pourquoi en serait-il autrement ?

Le Plume vous salue bien.


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jeudi 19 janvier 2006

Du pain sur la planche

À la maison aujourd'hui, à rédiger mon mémoire. Très en retard, encore - deux semaines que je n'arrivais pas à avancer. Dans sa version actuelle, mon mémoire traite de l'introduction d'un procédé technique nouveau ; le chapitre que je suis en train de rédiger traite de tout ce qui précède, ce qui évidemment demande un certain esprit de synthèse... C'est parti maintenant, je pense avoir trouvé la bonne densité pour faire quelque chose d'à la fois concis et à peu près compréhensible. Du coup, j'évoque (en quelques mots) plein de petits hauts fourneaux charentais, ou plutôt d'anciens moulins qui étaient des hauts fourneaux au XVIIème ou au XVIIIème siècles - car, j'ai déjà dû le dire des tas de fois, un haut fourneau, à cette époque, c'est avant tout un moulin, seule une roue hydraulique étant capable d'actionner sans interruption les soufflets tout au long d'un fondage de plusieurs mois.

Celui-ci, par exemple : le nom du lieu-dit, Planchemeunier, nous donne à penser qu'il y avait là naguère un moulin à blé. Un haut-fourneau s'y installe à partir de 1514, ce qui en fait un des plus anciens de l'Angoumois ; on y fabrique des canons pour la marine à la fin du XVIIème siècle et jusqu'au milieu du XVIIIème. On n'a pas de trace de son activité pendant la Révolution française ; il est donc probable que l'activité métallurgique ait déjà été abandonnée. Au début du XIXème siècle, on y établit un moulin à blé - retour aux sources, si l'on peut dire. Aujourd'hui, il s'agit d'une habitation privée.


Planchemeunier, commune de Sers, Charente, 4 juin 2004.

C'est un vallon paisible, à une dizaine de kilomètres d'Angoulême ; le rurbain, en rentrant du travail, peut pêcher la truite dans les eaux de l'Échelle, profitant du calme et de l'air pur. Un de mes camarades, qui étudie un site du même type situé dans le Nord de la Bourgogne, le rappelait dans une présentation récente : il y a 250 ans, les fourneaux enfumaient la vallée jour et nuit, tandis que toute la journée de lourds marteaux hydrauliques frappaient leur enclume toutes les dix ou vingt secondes. Là comme ailleurs, et contrairement aux idées reçues, la tranquillité est une invention récente.

Le Plume vous salue bien.


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mercredi 18 janvier 2006

Tamise

J'avais commencé à parler, l'autre jour, des fleuves dans les villes et des villes sur les fleuves - j'ai mentionné Paris et Rome : il serait étrange d'omettre Londres et la Tamise, ce couple unique, inséparable. En effet, ce qui définit de manière unique la situation de Paris, c'est, plus que la Seine, sa position au centre géomorphologique d'un vaste bassin sédimentaire - Londres, par contre, est indubitablement le lieu où un estuaire devient fleuve, et réciproquement. C'est la Tamise qui fait Londres, port-capitale ; c'est Londres qui fait de la Tamise un axe majeur et non un fleuve de seconde importance.

Si l'on s'en tient aux chiffres, en effet, la Tamise, ce n'est pas grand chose : le deuxième fleuve de Grande-Bretagne, derrière la Severn - la comparaison avec la Seine serait hors de propos. Quant au débit moyen, il est sensiblement inférieur à celui de la Vilaine à Redon... Mais voilà, la Tamise, à Londres, c'est déjà presque la mer - ça se voit, ça se sent.


La Tamise et vue du South Bank, octobre 2004.

On pense du coup à Heart of Darkness, de Conrad - car, si le roman parle d'Afrique, et plus particulièrement du fleuve Congo, c'est sur l'estuaire de la Tamise que se déroule la narration, sur un voilier au mouillage qui attend la renverse. Et c'est en regardant cet horizon que Marlow commence son récit : ‘And this also,’ said Marlow suddenly,  ‘has been one of the dark places of the earth.’

Voilà la chose : au cœur de la Ville, la Tamise nous parle du Monde.

Le Plume vous salue bien.


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mardi 17 janvier 2006

Court suprême des États-unis (en travaux)

Parce qu'elle date de 1787, la constitution des États-unis est, plus que toute autre, directement inspirée de Montesquieu. Ce qui ne veut pas dire qu'elle est meilleure ou pire qu'une autre, là n'est pas la question, mais qu'elle institue explicitement une tripartition du pouvoir entre législatif, exécutif et juridique ; ce sont d'ailleurs ses trois premiers articles - elle en compte sept, non compris les amendements. La section 1 du premier article institue que :

Le pouvoir judiciaire des États-Unis sera conféré à une Cour suprême et à telles cours inférieures dont le Congrès pourra de temps à autre ordonner l'institution. Les juges de la Cour suprême et des cours inférieures conserveront leurs charges aussi longtemps qu'ils en seront dignes et percevront, à échéances fixes, une indemnité qui ne sera pas diminuée tant qu'ils resteront en fonctions.

Il ne s'agit ici que de la justice fédérale, chaque État ayant par ailleurs son propre système judiciaire. N'empêche, ce n'est pas rien, la constitution étant, contrairement à ce qui se passe en France par exemple, opposable : tout un chacun peut invoquer une objection constitutionnelle contre un acte de la puissance publique, locale ou fédérale, contre une décision de justice ou contre une loi.  Or, si la constitution elle même se contente d'établir la séparation des pouvoirs, les amendements, et notamment les dix premiers formant la déclaration des droits vont au delà des questions institutionnelles pour définir les droits et devoirs des individus. Si en France on pouvait invoquer la déclaration de 89 devant les tribunaux, ce serait rigolo : « Mais M'sieur l'juge, je f'sais qu'appliquer mon droit à résister contre l'oppression ! »


Façade de la cour suprême, 1st Street NE, Washington, D.C., décembre 2005.

Ce sont en particulier des décisions de la cour suprême élargissant le champs d'application de certains amendements qui ont amené, dans les années 1970, de profonds bouleversements de la jurisprudence : amélioration des droits de la défense, modification des découpages électoraux pour assurer une représentation des minorités et, surtout, « légalisation » de l'avortement. Je mets des guillemets car il n'y a pas eu changement de la loi, mais élargissement, par la cour suprême, de la notion de respect de la vie privée qui découle du quatrième amendement à la constitution - je simplifie un petit peu, mais c'est l'idée : si par exemple lors des auditions du juge Alito, vous entendez parler de right of privacy, c'est d'avortement qu'il s'agit.

En effet, contrairement à ce qui se passe en France où, malgré une palanquée d'excités (j'ai failli virer une de mes tantes de notre voiture parce qu'elle se lançait dans une tirade à ce sujet au point d'en devenir injurieuse), cette question ne fait plus guère débat, là bas, c'est chaud-brûlant, comme sujet... Or, ce qu'a fait une décision de la cour suprême, une autre peut le défaire - cela c'est produit dans les années 1980 avec le rétablissement de la peine de mort. Et du coup, les Social Conservatives, essentiellement des fondamentalistes chrétiens, ont comme objectif unique d'avoir une majorité à la cour suprême qui leur convienne. C'est la raison pour laquelle la nomination d'Harriet Myers pour remplacer Sandra Day O'Connor avait été si vivement combattue, car elle était jugée tiède sur cette question... Avec la nomination d'Alito, qui devrait être confirmé par le Sénat la semaine prochaine, ils ont obtenu un juge à leur convenance ; ça leur en fait quatre, avec Scalia, Thomas et le nouveau président de la cour, Roberts, même si celui-ci a longuement insisté sur son attachement à la stabilité de la jurisprudence. Un autre, Kennedy, avait souvent voté avec le camp conservateur, mais semble avoir quelque peu évolué sur ce point. Bref, mystère et boule de gomme...

Tout ça pour éclairer un peu les infos qu'on peut avoir sur le problème des nominations à la cour suprême. Et aussi parce que j'aimais bien cette photo, avec les échafaudages, et tout.

Le Plume vous salue bien.


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lundi 16 janvier 2006

Coule la Seine

Sans qu'il y ait d'autres raisons à celà que des éclairages maigrichons et quelque difficulté à reprendre le cours de l'année,  je n'avais pas encore pris de photos cette année. C'est chose faite, profitant d'un quart d'heure de battement entre deux rendez-vous- j'ai bien fait de me lever tôt ce matin. Il faut dire que je n'avais pas vraiment le choix. Bref : de retour au bords de la Seine et aux couleurs subtiles et mélancoliques de l'hiver parisien.


Quai des célestins, quatrième arrondissement, ce matin, 10h07.

Un peu froid, j'aurais dû remettre mon blouson pour aller faire ce tour de pâté de maison. Les arbres dénudés - des aulnes sans doute, j'espère que leur roi n'est pas dans le coin - portent de petits fruits ronds, comme des pommes de pin miniatures ; le pont Sully porte quant à lui ses réverbères à l'ancienne. Dans mon dos, les sculptures rococo de l'école massillon ; pas bien loin, au bout du pont, l'incertaine place entre arsenal et Marais que piétons et véhicules traversent à la hâte, comme mal à l'aise.

La Seine par contre coule doucement, sure de son bon droit.

Le Plume vous salue bien.


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dimanche 15 janvier 2006

Brise marine

Parmis les photos récupérées hier, un panoramique du départ de la course en solitaire du Figaro, en août dernier, pris au 300mm depuis un haut de talus et miraculeusement net - le monopode est un peu juste avec ce genre d'optique ; il faudrait un vrai trépied, mais à force, il faudrait aussi une camionnette rien que pour le matériel photo...

Éléments d'un paysage marin, de gauche à droite :

Plus à droite, la mer semble dégagée ; en réalité, le passage entre les îles Malban et Rouzic - dont on distingue, tout à droite de l'image, à côté du spi blanc, les premiers récifs découverts - est pratiquement impossible, sauf pour des connaisseurs et par beau temps. Finalement, il y a le choix : connaître le coin comme sa poche ou savoir lire une carte marine. Si aucune de ces deux conditions n'est remplie, mieux vaut rester bronzer sur la plage.

Autre paysage, cet après-midi, le plateau de la Brie, en scooter, histoire de décrasser le moteur et les bronches et aussi de tester le GPS tout neuf ; retour par le bois de Vincennes : en cette saison, en début de soirée, c'est comme une représentation de l'hiver.

Mais, ô mon cœur, entends le chant des matelots !

Le Plume vous salue bien.


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samedi 14 janvier 2006

Un morceau d'été

L'ennui avec la photo argentique, comme on dit maintenant, c'est qu'il faut attendre pour voir ses photos, ce qui est parfois un peu contrariant - mais d'un autre côté, des fois, ça a du bon : j'avais terminé une pellicule à Washington et je l'ai faite tirer en rentrant. Et je tombe sur des photos plutôt réussies - prises au mois d'août dernier, ce qui par les temps qui courrent fait plutôt du bien !


Cavalière au bord de l'eau, Louannec, Côtes d'Armor, août 2005.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : un blog voyageur, si le cœur vous en dit : Love, Lucy Blue, de retour de Chine avec pleins de photos.


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vendredi 13 janvier 2006

Un autre fleuve capital

Pour répondre à la demande populaire, après la Seine, Mesdames et Messieurs, le Tibre !


Le Tibre vu du château Saint-Ange, février 2001.

Pour être tout à fait franc et sans vouloir offenser les Romaines et Romains qui me lisent, le Tibre, pour être vénérable, n'en est pas pour autant un fleuve spectaculaire : presque à sec en été, il peut enfler modestement en hiver, mais ça ne devient pas pour autant l'Iennisseï franchissant les plaines sibériennes - plus proche de la Charente à Angoulême, tout compte fait.

Mais quoi, j'aime bien la Charente à Angoulême, et le Tibre donne aux quartiers qu'il longe un charme paisible, la paix de l'île tibérine, les détours du Trastevere, le grouillement bon enfant du campo di Marzio - qui reste, malgré tout le bien qu'on me dit du Trastevere, le quartier de Rome auquel je suis le plus attaché.

À gauche après le pont, la via panico, où nous étions logés, vous mène tranquillement vers le campo dei fiori ; en partant par là, on pourra aller prendre un Campari e soda du côté du cirque de Vespasien - piazza navona. Tiens, c'est une bonne idée ça. J'en prends bonne note.

Le Plume vous salue bien.


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jeudi 12 janvier 2006

Entrée en Seine

Des fois on a l'impression de vivre sa vie au fil de l'eau, d'autre fois de se noyer complètement : la Seine, c'est pareil. Elle profite de ce que les journées sont courtes et les touristes absents pour se rehausser quelque peu et innonder son voisinage - il faut dire que sa pente ne lui permet guère d'évacuer des quantités d'eau anormales venues par exemple du Morvan par l'Yonne.

À ce propos, Jacques Roubaud rappelait qu'il est de tradition qu'à un confluent, ce soit la branche dont le débit est le plus important qui donne son nom à la rivière résultante ; la Seine en aval de Montereau devrait donc s'appeler l'Yonne et il faudrait réécrire les vers d'Apollinaire :

Sous le pont Mirabeau coule l'Yonne
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvionne
la joie venait toujours après la ponne

Jacques Roubaud, La forme d'une ville change plus vite, hélas, que le cœur des humains.

Pas de crue cette année, et dans la mesure où l'on est déjà en janvier, je serais surpris qu'il y en ait. De là à y voir un résultat du changement climatique... Mais tout de même, cette année, la saison des cyclones en Atlantique s'est terminée en janvier au lieu de novembre, où va-t-on ma bonne dame ?


Crue de la Seine, décembre 1999 : sortie du tunnel des voies sur berge rive droite.

Peu probable en tout état de cause que l'on revoie un jour les crues de 1910, où la Seine avait repris possession de l'ancien bras qui contourne par le nord le centre de Paris, passant notamment par la cour du Havre où l'on peut admirer la marque du niveau maximum de l'eau sur la façade de la gare Saint-Lazare... Ça mettrait une sacrée pagaille en tout cas.

Le Plume vous salue bien.


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mercredi 11 janvier 2006

Au fil de l'eau

La Seine à Paris n'est qu'à une vingtaine de mètres au dessus du niveau de la mer ; la distance qui lui reste à parcourir étant d'environ 360 km, le dénivelé est d'environ 7 cm par kilomètre. Soit sept centièmes de milimètre par mètre : si vous arrivez à attacher un tableau aussi droit que ça, mes félicitations.

Du coup, elle ne se presse pas ; elle méandre tranquillement, franchissant tout de même les rebords des couches géologiques successives du bassin parisien, découpées en falaises spectaculaires qui se succèdent de Porcheville au Havre.


Les Andelys, Eure, octobre 1999.

C'est sans doute à ces falaises que la France doit son attachement à la pierre, la belle pierre - il n'y a pas tant de pays où l'on y soit autant attaché, au point que pour parler d'un placement immobilier on parlera d'« investir dans la pierre. » Où, lorsque l'on pense, que l'on rêve à du bâti, c'est de la maçonnerie ou, mieux, un bel appareillage de pierre de taille que l'on voit dans sa tête - et le bâti, c'est nous, c'est l'écosystème que nous nous construisons nous même, c'est ce qui nous rend humains.

Tout ça parce que, pendant des siècles, les riches ont acheté, les pauvres ont désiré, des bâtiments en pierre de Paris, ce calcaire robuste, d'une bonne tenue aux éléments, et dont la couleur, entre beige et gris pâle, s'accorde si bien à la lumière discrète de la France du nord - pierre de Paris qu'on tirait des méandres de la Seine, entre les Andelys et Vernon.

Le fil de l'eau à des choses à nous dire, sur sa pente douce. Prenons le temps de l'écouter.

Le Plume vous salue bien.


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mardi 10 janvier 2006

Una selva oscura


Arashiyama, Kyoto, août 1998.

Dans la montagne d'aujourd'hui, pas de route - la préfecture de Kyoto est une région de montagnes, de montagnes dures, sombres, difficilement franchissables. Dans la vallée passait un chemin de fer touristique tiré par des locomotives à vapeur, mais je ne sais pas s'il existe toujours. Au delà des montagnes, loin, mais sans sortir pour autant de la préfecture de Kyoto, c'est la mer du Japon. Une mer dure, sombre, difficilement franchissable. Enfin à ce qu'on m'a dit : nous nous sommes contentés des trajets plus faciles, le long de la vallée fertile de la Kamo, vers Osaka, Nara ou Kobe, en passant par les distilleries Suntori et le musée de la Asahi Beer Foundation à Oyamazaki.

Mais à l'ouest de la vallée, la montagne était toujours là.

Le Plume vous salue bien.


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lundi 9 janvier 2006

altitude

Allons, allons, plus de photos de routes de montagne, moi ? J'aurais dû vérifier mes archives avant de dire une chose pareille !


Route du Montgenèvre, Hautes-Alpes, juillet 2005.

J'ai la vague idée que le paysage au dessus de Briançon est un petit peu différent en cette saison, mais allez savoir...

Le Plume vous salue bien.


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