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Des photos et des jours

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jeudi 25 mai 2006

Au fil du Mans

Dans les rues du Mans, sous une petite bruine spéciale flash-back, je marche dans un passé qui n'est pas le mien - ou pas directement. Cette maison qui fait l'angle, avec un cerisier dans le jardin et de la vigne vierge sur le mur, je ne l'ai jamais vue, mais elle en annonce d'autres où j'ai grandi. Un peu plus haut, dans le petit cimetière Sainte-Croix, la Colonelle a rejoint le Colonel, 45 ans plus tard.

Plus loin, plus bas, sur les bords de l'Huisne, l'abbaye de l'Épau. Les moines de l'abbaye de l'Épau était cisterciens ; ils étaient donc hydrauliciens - le XIXème siècle a construit juste à côté une usine hydraulique pour abreuver Le Mans ; le XXIème en a fait une maison de l'eau qu'on ne visite pas le matin.


La maison de l'eau et le déversoir de l'Huisne, Le Mans/Yvré-l'Évêque, 12h20.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : le titre de cette entrée est emprunté à l'amie Sappholfaire qui j'espère me pardonnera ce plagiat éhonté.



vendredi 2 juin 2006

Rédigeons, rédigeons

Eh oui, le temps à consacrer à mes entrées de blog va être réduit à sa portion congrue ces jours-ci, une autre rédaction réclamant toute mes énergies... Je laisserai donc les images parler d'elles-mêmes.


Un bras mort de l'Huisne au parc de l'Épau, Yvré-l'Évêque (Sarthe), 25 mai 2006.

Sur ce, la sous-partie que je rédige présentement m'a lair de tenir la mer aussi bien que l'embarcation que l'on voit sur cette photo. Comme dit la chanson :

Il y a quelque chose qui cloche la d'dans
J'y retourne immédiatement.

Le Plume vous salue bien.



jeudi 10 mai 2007

Nouvelles locales

Les nouvelles nationales étant ce qu'elles sont, c'est sans aucun déplaisir que je termine ma soirée en feuilletant un journal presque exclusivment consacré à l'information locale : Le Maine Libre. Mieux encore : ce sont des informations locales de localités où je ne suis pas et que je connais mal, voire pas du tout. C'est d'un reposant, de lire ça !


Parc de l'Épau, Yvré-l'Évêque (Sarthe).

Peut-être parce que le cochon de lait de Saint-Biez-en-Belin, l'enduro-carpe de Fillé-sur-Sarthe et toutes ces petites activités de village, outre qu'elles ne font de mal à personne (sauf au carpes et aux cochons de lait), sont profondément humaines. Et rien de ce qui est humain ne doit nous être étranger, comme diait l'autre.

Même le 10e anniversaire des Amitiés Sportives de la Carrosserie Desbordes ? Oui, même.

Le Plume vous salue bien.



mercredi 25 janvier 2006

Sotto un nespolo del Giappone

On m'a demandé, à propos de mon entrée d'hier, pourquoi je considérais comme naturel de mettre en épigraphe à ce weblog le dernier vers de Un coup de dés jamais n'abolira le hasard :

Toute Pensée émet un Coup de Dés.

Je dois reconnaître que ça ne va pas tout à fait de soi. Le coup de dés, c'est une création - le résultat du lancé n'existait pas, il était potentiel, virtuel ; dès que les dés arrêtent de rouler il prend une existence indiscutable. Le coup de dé a créé du réel, un îlot de réel au milieu d'un océan de hasard. Une pensée produit un énoncé - il n'existait pas avant ; il peut ensuite être prononcé, écrit, répété ou ignoré : il existe. Penser, dire, écrire, c'est créer du réel. Comme le coup de dés. Ou si l'on préfère : un weblog n'a rien de virtuel, puisque c'est inscrire et donner à lire de petits morceaux de pensée. Voilà pour le coup de dés.


Le poète américain Jackson MacLow lisant ses textes à Blérancourt (Aisne), novembre 1999.

Et puisque j'ai pas mal causé poésie ces jours derniers, un aveu : je navais jamais lu en entier « zones, » qui ouvre Alcools d'Apollinaire. Eh : c'est un poème un peu long, on passe rapidement pour arriver au suivant, qui est le fameux pont Mirabeau. Merci à la Clioblogueuse d'avoir attiré mon attention sur ce point ; ça vous en a valu un extrait avant-hier. Je n'avais jamais vraiment lu ce poème, et pourtant j'y trouve un vers que je connais par cœur :

Te voici à Rome assis sous un néflier du Japon.

Je le connais, mais je ne le connais pas. Ce que je connais, c'est « Eccoti a Roma seduto sotto un nespolo de Giappone. » Je ne lis pratiquement pas l'italien mais ce vers est au cœur du premier paragraphe du roman de Moravia Il Viaggio a Roma que j'avais entrepris de lire. Nul doute que mes déficiences en italien aient contribuées à la mémorisation : j'avais dû, je crois, en chercher presque tous les mots dans le dictionnaire. Du coup, drôle d'impression en retrouvant ce vers à la fois connu et inconnu.

Et Jackson MacLow dans tout celà ? Je vous en avais parlé, il y a plus d'un an, à l'occasion de sa mort. Tout simplement, c'est une figure qui me vient à l'esprit en réfléchissant à la poésie, au langage, à la parole, aux mots. Voilà tout.

Le Plume vous salue bien.



samedi 11 décembre 2004

Jackson MacLow, poète américain, 1922-2004.


Jackson MacLow lisant ses textes à Blérancourt (02), novembre 1999.

Nous avons appris hier soir par le blog de Ron Silliman la mort de Jackson MacLow. C'était l'un des fers de lance de l'avant-garde poétique depuis l'immédiat après-guerre, une force motrice pour toute une génération de poètes. Je ne suis pas qualifié pour commenter son œuvre, qui n'est pas forcément facile. Disons qu'il cherche comment faire des œvres d'arts avec des textes dans une civilisation qui en déborde, de textes, à ne plus savoir qu'en faire.

Nous l'avions rencontré il y a cinq ans. Je sais, ce genre d'anecdote est un peu convenu, mais c'est aussi pour ça que ça nous fait un choc, cette mort. Il était venu en France pour participer à un colloque organisé par Jacques Darras à Amiens, ainsi qu'à la lecture de poésie qui clôturait les festivités. Je lui avais servi de chauffeur, de Roissy à son hôtel de la rue de l'Université. Coversation dans les tunnels de Saint-Denis :

-- Are we passing under a river?
--
(tout en slalomant dans le trafic matinal) Er, Sorry?
-- Yeah, in New York, those sort of tunnels are usually passing under rivers...

Deux jours plus tard, à Blérancourt, dans une maison de maître perdue dans la plaine picarde et rebaptisé "Musée de l'amitié franco-américaine", sans doute  parce que c'est dans ce secteurs qu'opéraient, en 1918, les soldats de Pershing, Jackson lisant ce texte. Une petite voix, d'abord, un peu frêle, il n'était pas en bonne santé à ce moment-là ; et puis les mots s'enchaînent, la voix gonfle, le pied tape, donne le rythme, les mots dansent...

 Il va nous manquer.

Le Plume vous salue bien.

Ps : pour plus d'info, voir la page consacrée à Jackson MacLow à l'université SUNY-Buffalo.


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vendredi 17 mars 2006

Patrimoine industriel

[J'avais par erreur posté ce message dans la rubrique histoire de dire. Je le duplique donc ici, avec toute mes excuses.]

Journée d'étude toute la journée de demain sur le thème : « quelle place pour le travail dans le patrimoine industriel ? » J'aime la question, même si en l'occurence j'aurais préféré me tenir au programme « comment botter les fesses à premier ministre hautain. » Bon, au pire, je m'éclipserai une heure ou deux pour aller battre le pavé et je reviendrai. Mais sérieusement, la question est intéressante, en cette époque où tout devient patrimoine, au risque de transformer le pays en un vaste musée. Évidemment, on peut se poser la question autrement : le patrimoine en question a-t-il encore quoi que ce soit d'industriel dès lors que ce n'est plus un lieu de travail ?


Une usine en bord de Somme, amiens, mai 2005.

Qu'on me comprenne bien. Je faisais partie de ceux que la destruction des usines de Billancourt mettait en rogne, parce que vouloir effacer de la ville toute trace des activités de production, ce n'est pas sain. Il y a une tendance à vouloir cacher l'industrie, ce truc un peu sale, l'éloigner de la ville, essayer de ne plus y penser - nos écolos parisiens, qui conçoivent leurs prétendus plans de circulation sans tenir aucun compte des artisans et industriels qui y produisent encore des choses de leurs main, n'est d'ailleurs qu'une variété du phénomène.

Mais d'un autre côté, si ces bâtiments deviennent, comme c'est souvent le cas, de n-ièmes lieux socio-cul, officiels ou non(les Frigos à Paris, la Fonderie au Mans, le Lieu Unique à Nantes...), n'est-ce pas faire un peu la même chose en en détournant le sens, en faisant oublier que ces murs étaient là dans un but précis et que ce but était une activité industrielle ?

Ces bâtiments déserts ou socio-culturalisé, ce n'est pas de l'industrie, c'est un fossile d'industrie - parce qu'un vrai site industriel, ça change tout le temps. On construit un nouvel atelier ici, on installe là la machine-outil récemment livrée, et il faut faire arriver les trains par là, et puis on va augmenter la hauteur de cette cheminée... Il se trouve que, pour mon mémoire, j'étudie un atelier particulier d'une usine particulière. Ce bâtiment existe toujours ; il est le plus ancien de l'usine. Je ne l'ai au demeurant qu'apperçu et n'ai jamais pu le photographier : l'usine, construite pour faire des canons de marine en 1753, se prépare maintenant à armer la nouvelle classe de frégates franco-italiennes qu'on a annoncé l'hiver dernier - secret défense, pas de photos. Ce qui est sûr, c'est que le bâtiment en question, dénommé aujourd'hui mouleries, ce qu'il n'est plus depuis longtemps, a changé maintes fois de fonctions, sans jamais avoir exactement toutes celles qu'on lui destinait. C'est ça, un site industriel vivant. Comment raisonner en termes de patrimoine là-dedans ?

Un de ces jours, je vous expliquerai comment, par incapacité à concevoir l'industrie comme l'objet d'une histoire, on a tué une des plus vieilles sociétés de non-ferreux de France.

Le Plume vous salue bien.



dimanche 22 mai 2005

Un dimanche dominical

Un dimanche en pente douce aujourd'hui. Pas inutile après ces dernières semaines un tantinet éprouvantes. Sans compter que ça me gratte les bras. Aujourd'hui, donc, repos domiciliaire et dominical.


Amiens, la cathédrale au coucher du soleil, 17 mai 2005.

Un jour à regarder la forme des nuages changer et le soleil se coucher. Ou, à défaut, à traîner dans un canapé en regardant gagner Toulouse, avant d'aller se préparer un bon dîner*.

Demain, je pourrais encore souffler un peu, la présidence de l'université nous ayant offert un lundi de non-pentecôte - et ce pendant que la Madame, elle, inaugurera ses trajets vers les vertes collines du Maine. Je sens que je vais me sentir un peu coupable, sur ce coup là... D'un autre côté, j'ai promis de rédiger un cahier des charges d'appel d'offre pour dans huit jours - raisonnablement, demain ne devrait donc pas être tout à fait chômé. On verra bien.

Le Plume vous salue bien.

*Butter chicken (poulet mariné façon tandoori avec sauce tomate au beurre et aux épices), aloo paratha (pommes de terre épicées) et riz basmati...



mercredi 18 mai 2005

Retour de campagne

Retour un peu trop tard hier soir pour pouvoir écrire une entrée...

Je m'explique : la Madame, elle était à la chasse à un poste universitaire, ce qui suppose d'envoyer des dossiers relativement monumentaux par monts et par vaux, puis de se rendre à des entretiens dans les universités intéressées. Et hier, il y en avait deux, d'entretiens : un l'après-midi en banlieue parisienne, l'autre en fin d'après-midi à Amiens. Du coup, j'avais pris une demi-journée de congé pour jouer les chauffeurs de maître.

Nous avons réussi à arriver à l'université d'Amiens une minute avant le rendez-vous - ce n'était pas gagné. Après ça, promenade du côté des hortillonnages, suivie d'un bon dîner. Bonne fin de journée en Somme, en somme.


Les bords de la Somme à Amiens hier soir.

Ceci dit, pour le moment, il n'est pas certain que ces efforts soient couronnés de succès. On croise les doigts et on verra...

Le Plume vous salue bien.



jeudi 19 mai 2005

Dans le grand bain

Bon : comme je le disais hier soir en commentaire, si notre folle cavalcade au travers des plaines picardes n'a pas eu exactement le résultat escompté, les choses ont fini par se débloqué d'un côté que l'on n'attendait plus. Ende gut, alles gut dit-on outre-Rhin ; quant à moi, je continue donc sans états d'âmes ma mini-série amiénoise.

Ceci dit, toute cette affaire (ainsi qu'une séance de bricolage dans la laine de verre) m'a filé une espèce d'urticaire sans gravité mais assez désagréable. Je rentre donc de ce pas à la maison prendre un bon bain !


Objet trouvé sur les berges de la Somme à Amiens, 17 mai 2005.

Le Plume vous salue bien.

P.S., petit appel à commentaires : sauf exceptions, j'ai plus ou moins stabilisé le format des images que je poste dans cette rubrique à 600×400 pour les images au format 2/3 issues de l'argentique ; à 560×420 pour les images 3/4 de l'appareil numérique (mais 408×540 pour les orientations verticales) ; à 512×512 pour les extraits au format carré. J'ai l'impression que c'est un compromis acceptable pour toutes les résolutions d'écran qu'on trouve aujourd'hui dans le commerce. Est-ce que vous confirmez cette impression ?



lundi 15 mai 2006

L'université française : d'ou venons-nous, où allons-nous ?

Un gentil lecteur et néanmoins ami de Buffalo (États-Unis d'Amérique) a attiré mon attention sur un article du New York Times, paru vendredi, sur l'université française. On y trouve bien sûr la rengaine usuelle sur les « blocages français » qui ne manque pas d'agacer - blocage, ça suppose que l'on sache dans quel sens on devrait aller. Le New York Times le sait peut-être, moi pas. Mais on aurait tout de même tort de se remparer dans nos certitudes : l'article appuie là où ça fait mal.


L'université de Picardie-Jules Verne, mai 2005.

Évidemment, prendre comme exemple Nanterre, comme le fait l'article en question, c'est un peu facile - s'il y a une université en déclin, c'est bien celle-là. Tout de même, voici une des premières phrases de l'article :

The 480,000-volume central library is open only 10 hours a day, closed on Sundays and holidays.

L'universitaire (ou l'étudiant) français se gratte la tête : 9h à 19h, ouvert le samedi, c'est plutôt mieux que la moyenne... On ne voit pas comment on pourrait faire mieux. On ne voit pas ! C'est un problème : on n'arrive pas à imaginer que l'université puisse être, pour les étudiants, un lieu de travail à temps plein.

Ce qui bien sûr nous mène au problème suivant : la quasi absence de logement étudiant. L'article parle de logements insalubres, de listes d'attente, mais il est en dessous de la réalité : en Ile-de-France en tout cas, le logement étudiant, il n'y en a pas. Ou tellement peu que c'est négligeable. Il n'est pas du ressort des universités de loger les étudiants et les CROUS, dont c'est la mission, font du soupoudrage en fonction des minuscules crédits dont ils disposent. L'université dans laquelle je travaille inaugure cet été un nouveau campus. Combien de chambre de cité U sur le site ? zéro, nada, rien.

Pas de logement, donc, ce qui permet de camouffler habilement le coût des études : soit on habite chez Papa-Maman, avec des trajets pas possibles et des conditions de vie pas forcément propice à l'étude, soit on a une chambre, et ça se paye. Effet de bord : les campus ne sont que des machines à délivrer des cours et à tenir des examens. Mais finalement, cet aspect est presque un détail - disons un choix, qui se discute, mais qui ne remet pas forcément en cause l'institution. C'est quand on regarde la place que tient l'université dans le système global de formation que ça fait mal.

L'université a deux rôles, on le sait : la formation et la recherche, les deux s'épaulant mutuellement. Je ne parlerai pas de la recherche aujourd'hui : finalement, malgré la médiocrité des financements et des incitations, le résultat est globalement honorable. Mais côté formation : comment expliquer que l'université française ait un rôle marginal dans la production des cadres de notre pays ? L'explication par l'aspect théorique des programmes ne tient pas, il me semble, si tant est que les enseignements soient si théoriques que ça, ce qui reste à prouver : un cadre est, par définition, quelqu'un qui va devoir résoudre des problèmes qu'il ne connaît pas encore ; sa formation doit lui donner des outils pour trouver les solutions, pour le reste, il se débrouillera.

Étant historien, j'aborde le problème par l'histoire : l'université d'ancien régime n'était pas une institution mais une corporation : la Révolution l'a donc abolie pour créer de nouvelles entités, qui ont donné nos grandes écoles. Ces entités ont persisté, parallèlement à l'université refondée, sur la base d'un partage informel des tâches :

Le problème, c'est qu'on en est toujours là, ou presque. L'université a récupéré, il est vrai, la quasi-totalité de la formation des enseignants et a fait des progrès considérable en ce qui concerne les débouchés dans l'encadrement public ou privé. Mais un autre système lui subsiste, en parallèle, et du coup la marginalise à plusieurs stades de sa mission :

D'abord, après le bacalauréat, le système des classes préparatoires aux grandes écoles se retrouve en concurrence directe avec ce qu'on appelait jusqu'à il y a peu les premiers cycles universitaires. Alors que les syndicats étudiants hurlent au loup dès que l'on parle de sélection, ils ne semblent pas choqués de ce qu'existe, aux frais de l'État, un système sélectif dans lequel on investisse deux, trois, quatre fois plus par étudiant et par an que pour eux. Et ne se rendent pas compte que cela place de facto l'université dans le rôle de fourre-tout pour les recalés des prépas. Il y a bien quelques fainéants comme moi qui font sciemment le choix de l'université, mais combien sont-ils ? Or, tout enseignant sait qu'il est pratiquement impossible de faire avancer une classe sans « locomotives »... Je ne crois pas qu'on pourra faire fonctionner le système sans que quelqu'un ait le courrage de fusionner d'autorité les deux systèmes. Vu la qualité honorable de l'enseignement fourni dans des conditions aberrantes, je ne doute pas que l'université serait à la hauteur de la tâche. Le L.M.D. aurait été une bonne occasion de faire cette réforme ; c'est loupé. Dommage.

Le problème, c'est qu'à l'autre bout de l'échelle, l'élite dirigeante n'est pas issue de l'université. Elle ne la connait pas (rappelez-vous Chirac qui croyait pouvoir déménager Jussieu en six mois - signe qu'il ignorait totalement ce qu'était une université), elle s'en méfie ; au mieux, à gauche, on la voit comme quelque chose de vaguement sympathique ; au pire, à droite, c'est pratiquement le Grand Satan. Et même parmi les dirigeants des universités elles-même : combien de professeurs d'universités ont fait toutes leurs études dans l'université ? je ne leur en fait pas le reproche, bien sûr - je constate simplement que l'université française ne réussit pas ce à quoi tend toute organisation : l'auto-reproduction. C'est tout de même mauvais signe, non ?

Bon, assez maugréé pour aujourd'hui. Je voudrais juste que l'on arrête de s'autocongratuler ; que l'on n'oublie jamais que l'université française n'est pas gratuite, mais offerte par les contribuables aux étudiants ; qu'un jour (je rêve) on arrive à en faire ce qu'elle devrait être, c'est à dire le lieu d'un service public unifié de l'enseignement supérieur et de la recherche. Là.

Le Plume vous salue bien.



mardi 2 novembre 2004

Retour

Dans un voyage, court ou long, il y a un retour. Sinon ce n'est pas un voyage, c'est du nomadisme. Et encore, le vrai nomadisme (à l'inverse du pastoralisme, où l'on part, peut-être loin, peut-être longtemps, mais en gardant un chez-soi quelque part), il est rare, exceptionnel sans doute. Ou alors une émigration, mais alors on se crée un nouveau chez soi d'où l'on pourra partir et revenir.

Evidemment quand le voyage est plus court le retour prend plus de place en valeur relative. Et les retours de l'étranger me font toujours le même effet un peu bizarre : c'est donc chez moi, ce pays, cette ville ? Et ça l'est : la langue est ma langue maternelle, j'en connais les usages, les trucs et les coutumes ; je sait où traverser la rue et quand ne pas le faire ; en cas de maladie ou de situation d'urgence, j'ai une idée aussi précise que possible des secours existant. C'est encore là que j'ai le plus de famille et le plus d'amis.

Alors pourquoi l'impression de ne pas être à sa place, de ne pas coller ? Sans doute pour une raison évidente qui est que je n'ai absolument jamais tout à fait l'impression d'être à ma place. Je n'ai pas de racine (ce qu'un simple coup d'oeil à la plante de mes pieds me permet de confirmer) et j'en suis fier ; d'un autre côté, cela me prive d'un éventuel confort arboricole que certains prétendent connaître. "Les imbéciles heureux qui son nés quelque part", comme disait l'autre ? Ou alors, personne ne se sent tout à fait à sa place nulle part. Sans doute pour ça qu'on construit des tanks, des immeubles, des barrages et des hauts-fourneaux, ou alors des vénus de Milo et des impressions : soleil levant. Et des voyages.

Un voyage qui en l'occurrence ne commence pas dès l'aube à l'heure ou blanchit la campagne (dommage, ça aurait fait une jolie continuité thématique avec le soleil levant), mais après une grosse demi-journée de travail, un sprint dans le métro, une gare du Nord. Et qui continue par les plaines picardes sous un beau soleil de fin de journée. Tout à fait adéquat, pour commencer un voyage, cette grande plaine qui commence au nord de Beauvais et qui se termine à l'Oural.


La Picardie vue de l'Eurostar, vendredi 29 octobre 2004.

Après il y a un tunnel, et après on est en Angleterre, mais on ne s'en rend pas compte tout de suite, tant le Kent ressemble au Boulonnais. Après il y a d'autres gares et d'autres histoires, mais je vous garde ça pour demain.

Le Plume vous salue bien.

 

 


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vendredi 17 décembre 2004

Le retour d'Orion

Eh oui, dès qu'on sort de Paris, on retrouve les étoiles. Enfin, à condition d'avoir un ciel dégagé, ce qui est le cas ce soir après qu'il ait plu comme vache qui pisse du moment où nous avons posé le pied sur le quai jusqu'à ce soir.


Ciel d'hiver au dessus d'Angoulême, ce soir, vers 23h00.

Il n'y a que deux ou trois constellations que je sois capable de reconnaître. Dont Orion, comme tout le monde, Orion qui me frappe toujours -- j'en avait déjà parlé il n'y a pas longtemps je crois. Peut-être parce qu'elle parle des belles nuits d'hiver...

Le Plume vous salue bien.


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lundi 20 décembre 2004

Une maison / la maison

Voilà, rentré ce soir d'un week end à la foit court et prolongé chez mes parents. Relation un peu particulière qu'on peut avoir avec une maison dans laquelle on a grandi (fût-ce tardivement, puisque j'avais onze ans lorsque l'on est arrivé à Angoulême) : est-ce que c'est chez mes parents ? Certes, mais ça ne résume pas mon lien à ce lieu. Est-ce que c'est chez moi ? Non, chez moi, c'est l'appartement dans lequel je vis avec ma femme, au milieux de nos affaires et de nos bouquins, avec nos rangements et nos manies. Alors, quoi ? La maison, avec la propension qu'a l'article défini à se substituer à une définition manquante ? Ca renverrait à une charge affective un peu clanique, le point d'attachement d'un groupe lignager, d'une famille au sens le plus chargé du terme -- et ça ne colle pas non plus.


Devant la maison, Angoulême, 19 décembre 2004, 16:10.

Bah, pourquoi vouloir tout définir... Un lieu où j'ai vécu avant que d'être adulte, donc suivant une norme que je ne définissais pas mais qui me définissait ; qui a fait de moi ce que je suis -- c'est à dire, faute d'un mot plus approprié, un adulte ; un lieu où je suis à la fois chez moi et en visite : en visite chez des gens que j'aime et qui m'aiment. Pas si mal, finalement, même quand il ne fait pas beau.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : contrairement à ce que cette photo pourrait laisser à penser, temps magnifique aujourd'hui en Charente ; je vous infligerai sûrement quelques photos de promenade dans les jours qui viennent, même si je suis bel et bien de retour dans notre chez-nous parisien.


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dimanche 19 décembre 2004

Hiver

Finalement, montrer des paysages d'été ou de printemps, avec de la lumière et de la verdure, ça n'est pas très difficile. Montrer les couleurs d'hiver, ses gris, ses arbres dénudés, presque noirs, sur fond de nuages, c'est moins évident. D'ailleurs, je ne prétends pas savoir faire. « Il ne sert à rien d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer » disait ce vieux Totor.


Saule en hiver, Angoulême, cet après-midi

Evidemment, pour ce qui est de la course des nuages, des gouttes de pluie à l'horizontale et des branches qui remuent, là, en photo, je vois pas moyen. Et puis là il n'y avait pas trop de vent, la pluie s'était arrêtée, les étourneaux faisaient une pause...

Le Plume vous salue bien.

P.S. : avec tout ça, oublié de faire mon point cardinal réglementaire... Je rattraperai ça dimanche prochain.


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mercredi 21 décembre 2005

Remparts

« L'élévation considérable de la ville contribue à la pureté et à la salubrité de l'air qu'on y respire, et procure des points de vue magnifiques, qui font l'admiration des étrangers. On ne peut néanmoins se dissimuler que le désagrément de gravir un coteau élevé et rapide toutes les fois qu'on veut entrer dans la ville, ne diminue quelque peu les avantages de cette situation et la richesse de ces points de vue. »

J.P. Quénot, Statistiques du département de la Charente, 1818.

Nous montâmes donc en ville pour les quelques heures séparant la fin du déjeuner du coucher du soleil. Longue promenade le long des remparts notamment du côté nord du centre ville, où, de fait, les points de vue sont magnifiques. D'ailleurs, une plaque scellée dans le rempart nous apprend que « Paul Valéry s'est arrêté ici le 9 décembre 1931. » J'espère qu'il avait un bon manteau : le rempart nord n'est évidemment pas le plus ensoleillé. Du même endroit, en 1801 - à en croire un paneau municipal voisin - le général Guillaume Resnier de Goué, alors âgé de 72 ans, s'était jetté dans les airs équipé d'ailes battantes de sa fabrication. « Ce pionnier de l'aviation a plané sur 300m avant d'atterrir sur la berge opposée de la Charente, sans autre dommage qu'une jambe cassée. » Je ne le suivrai pas sur ce terrain.


Angoulême, vue des remparts vers l'église Saint-Ausone, cet après-midi.

Après tant de culture, nous ne pouvions qu'aboutir dans une librairie : on en ressort avec quelques kilos de livres dont je vous ferai la liste un de ces jours. Évidemment, avant ça, il y a eu de multiples boutiques, abreuvages et grignottages...

L'après-midi en ville, quoi.

Le Plume vous salue bien.


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dimanche 8 janvier 2006

Le retour des rouleaux perdu : neiges d'antan

Finalement, en regardant mes rouleaux de photos des années 1985 et 1986, je me rends compte qu'il n'y avait pas beaucoup de personnages, dans ces photos : on ne se refait pas. Et pourtant, j'étais aussi other-oriented que n'importe quel adolescent, au moins.


La neige, la nuit, Angoulême, hiver 1986-1987.

Ce que j'avais envie de fixer sur la pellicule, c'était peut-être précisément les moments où il n'y a rien, ni personne, où il ne reste que le doute ?

Par contre, la photographie comme medium artistique ne m'intéressait guère - alors que j'aurais pu tenter de compenser ainsi le décalage entre envie d'expression et incapacité totale à manipuler crayon ou pinceau de manière satisfaisante. Mais, non, ce n'était pas dans mes plans... Ceci ne m'empêchant pas de passer de longs moments dehors dans le froid à photographier le vide en pleine nuit, si j'en crois ces rouleaux. Faut pas chercher à comprendre.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : je me rapplle maintenant de rouleaux antérieurs, il faudra que je parte à leur poursuite la prochaine fois !

P.P.S : narcissique, cette entrée ? Si peu, si peu...


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mercredi 29 mars 2006

Premières manifs

Signe de l'âge qui avance à grands pas : ces manifestations m'en rappellent d'autres. C'était en octobre et novembre 1986, et c'était dans les rues de cette ville-là :


Le « plateau » d'Angoulême, pris sans doute du dernier étage de mon lycée.

Ça avait duré pas mal, aussi - me rappelle plus exactement combien. Un mois, à peu près ? C'était le temps des voltigeurs motocyclistes, du SIDA mental (Pauwels dans le Fig'Mag'), des professionnels de l'agitation de tout poil et de toutes nationalités (Pasqua, le Sarko de l'époque). À noter que le ministre de l'intérieur et président du conseil général des Hauts-de-Seine de l'époque ne sabordait pas en sous-main le projet, lui : il organisait une répression musclée, pendant que Monory (le mentor politique de Raffarin, tiens donc) interdisait toute négotiation à son sous-ministre Devaquet, qui lui aurait bien lâché du lest.

Nous, on tenait le coup, on défilait, entre manif' et carnaval ; on s'organisait, réunions pendant des heures ; on se sentait fort, on était bien.

Et puis il y a eu mort d'homme, un étudiant un peu bronzé et même pas manifestant qui avait eu le malheur d'attirer l'œil d'un « voltigeur » chargé de faire le ménage dans le quartier latin. Il faut lui rendre ce mérite : Chirac, alors premier ministre avait immédiatement exigé de ses ministres le retrait du projet - il faut lui reconnaître ce mérite. C'est, hélas, comme ça que nous avons gagné. Une victoire qui laissait un goût amer et beaucoup de colère.

Comment gagnerons-nous cette fois-ci ? De manière moins tragique, je pense. Peut-être le même Chirac profitera-t-il des réserves d'interprétation posée par le conseil constitutionnel (car il n'y aura pas de censure, ou très partielle) pour demander une nouvelle délibération au Parlement, où Sarkozy se fera un plaisir de faire sabrer le texte à ses troupes pour faire les pieds à son rival. Paradoxe : notre plus gros espoir de victoire, c'est ce ministre de l'intérieur que nous détestons. Les eaux sont toujours troubles - il faut bien s'y faire.

Le Plume vous salue bien.



dimanche 7 janvier 2007

Et retour

Rentré à Paris ce soir, aussi fatigué qu'au départ, mais pas plus. C'est déja ça. Pourtant, on ne s'est pas surmenés pendant ces trois jours !


Angoulême, l'église Saint-Ausonne vue de l'entrée du Jardin Vert, décembre 2005.

D'ailleurs on n'est tellement pas sortis que je recycle de vieilles photos pour ces entrées. Samedi, pas mis les pieds dehors ; aujourd'hui, sortis seulement pour aller à la gare.

Demain, au boulot. Un peu marre de traîner la patte à ce point là. Il est vrai que question repos, on n'a pas fait très fort ces dernières semaines...

Le Plume vous salue bien.



vendredi 5 janvier 2007

Brève charentaise

À Angoulême pour quelques jours. Complètements crevés sinon tout est OK.


L'hôtel de ville d'Angoulême... en mai dernier. Mais ça n'a pas tellement changé depuis.

Du coup, seule activité du jour : un petit tour en ville, quelques achats indispensables et retour. Et maintenant, dodo. Ne pas penser au compte en banque à marée basse, même s'il est basé à 300 m d'ici, ni à la vaisselle pas faite qui nous attends à Paris - oui, drôle d'idée d'inviter du monde à dîner quand on a un train le lendemain matin. Bref. Dodo, donc.

Le Plume vous salue bien.



mercredi 25 avril 2007

Mes villes à moi

Pas étonnant que j'ai du mal à comprendre la situation politique du pays, si on considère les villes dans lesquelles j'ai habité de manière plus ou moins durable. Paris Xe : Ségolène Royal, 42% ; Rennes : 38% ; Talence : 34% ; Angoulême : 33% ; Lannion : 36%... Il n'y aurait que ces villes-là à être décomptées, la donne serait différente. Mais bon : pour une raison que je ne m'explique pas, ce n'est pas comme ça que ça marche.


Angoulême : averse d'orage au soleil couchant, 9 avril 2007, 20h.

Promis : demain je parlerai d'autre chose.

Le Plume vous salue bien.



lundi 7 mai 2007

« À part ça, ça va »

Telle était la salutation d'usage aujourd'hui. À part, ça, oui, ça va. Quant au proverbe du jour, je l'ai inventé tout à l'heure : Jusqu'à ce jour, toutes les fins du monde ont été moins fatales que prévu.

On avait un gouvernement de têtes à claques de droite ; on aura les mêmes têtes à claques dans un ordre différent, voilà tout. Et au lieu d'un grand qui boit des bières devant la télé, un petit agité qui se ronge les ongles. Pas sûr que ça changera grand chose.

Un peu dur d'avoir les idées claires un jour comme aujourd'hui. Du coup, une photo que j'avais prise en pleine nuit dans un jardin enneigé quand j'étais ado, ça me parait tout indiqué.


Le jardin d'Angoulême une nuit d'hiver, 1986.

À propos de météo, vous noterez qu'elle s'est nettement dégradée sur Paris aujourd'hui. Ça commence !

Le Plume vous salue bien.



mercredi 6 juin 2007

Des mots, des mots...

Flashback : Angoulême, dans le petit square derrière Saint-André, sur des bancs de pierre, longues discussions à la lumière des réverbères ; il y avait beaucoup de longues discussions alors. Un pierrot lunaire perché sur une borne et qui parle d'étoiles... On est terriblement sérieux quand on a dix-sept ans.

L'humour vient plus tard, older and wiser. Mais il faut garder trace de ces moments-là, même s'ils étaient trompe-l'œil. Où l'on mettait toute son âme dans un a ou un e, ou dans un livre, ou dans un film.


Angoulême, les arrières de l'église Saint-André (cliché de juin 2004).

Les pierres n'ont pas bougé mais n'ont rien à dire sur la question. Nous, qui causions là, qu'avons nous fait de tous ces mots ? Des portes ouvertes, sûrement, ou des fenêtres ;une envie de savoir et de connecter les savoirs les plus disjoints, philosophie et morceaux de plastique, rouages de forge et protocoles IP... Des choses comme ça.

Le Plume vous salue bien.

Une note à lire en écoutant : Gerry Rafferty, Baker Street.



mardi 18 septembre 2007

Tout petit déjà, dans les marges de ses cahiers...

J'ai souvent du mal à dater les photos prises dans les années 1980 que je récupère progressivement. Ce rouleau-là est plus facile à dater que les autres : on y voit les déménageurs à l'œuvre, alors que nous nous installions à Angoulême, mes parents, ma sœur et moi. C'était donc fin août, début septembre 1982.


Une de mes « créations » d'alors. Angoulême, septembre 1982.

J'avais onze ans. J'étais encore un fan de légo, mais je me défendais déjà pas mal avec un appareil photo - fût-ce un reflex Asahi Pentax SP500 pas précisément automatique.

Le reste du rouleau est essentiellement consacré à la cinquième édition du circuit des remparts, en septembre 1982 donc. J'y avais photographié une Ford A, une magnifique Rochet-Schneider, une Berliet Six, une Chenard et Walcker, un kart contemporain non identifié et une R5 Alpine. Ah, mais !

Le Plume vous salue bien.



mercredi 26 septembre 2007

Place à la course !

Les moteurs et les boîtes qui hurlent dans le raidillon de la Cathédrale : pousser dans leurs derniers retranchements les produits de l'ingéniosité des hommes.


Circuit des remparts, Angoulême, 16 septembre 2007.

Je n'ai toujours pas compris comment on pouvait qualifier les machines d'inhumaines. À la rigueur, on pourrait leur reprocher d'être un peu trop humaines, non ?

Le Plume vous salue bien.



vendredi 4 juin 2004

Le bout du tunnel

... à moins bien sûr que ce n'en soit l'entrée !


Angoulême, l'entrée du tunnel ferroviaire, 6 juin 2004, 9h30 environ...

Après une grosse journée de travail d'archive, je ne suis pas très disert.  Sans compter que le métro bondé et surchauffé quand on est harnaché de sacs et d'appareils photos et à la bourre pour aller prendre son train à Montparnasse, ça calme aussi (ok, c'était hier soir.. mais bon, faut que ça cicatrise !

More tomorow,

le Plume vous salue bien.


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vendredi 3 juin 2005

histoire : les affaires reprennent

Ceux qui suivent ce blog depuis ses débuts ont entendu parler de mon projet de mémoire de maîtrise - sur l'histoire des techniques au XVIIIe siècle en général et la sidérurgie de la fonte en particulier. D'aucun auron suivi mes tribulation d'un centre d'archive à un autre (Angoulême, Rochefort, Vincennes, Paris, Lorient - ce sera tout, merci bien) tout au long de l'année universitaire 2004-2005. Et depuis l'automne dernier... pas grand chose. Il est temps d'en reparler.

En somme, après quatre ans où une partie essentielle de mes loisirs a été consacrée à l'histoire, j'avais, je crois, besoin de souffler un peu. Finalement, faire en trois ans un DEUG et une licence tout en travaillant à plein temps, ça n'est pas si mal. Il est vrai que l'année de licence, qui aurait pu être problématique, correspondait à une année relativement creuse d'un point de vue professionnel. Ça n'a pas été le cas de ces deux dernières années - et rédiger un mémoire, surtout lorsqu'on a l'ambition de faire quelque chose de bien, demande un tout autre investissement que de bachotter quelques cours et de lire quelques bouquins sur un programme.

Du coup, j'ai traîné. En plus, comme j'espérais réussir à finir la bête à la toute dernière minute pour avoir ma maîtrise, j'ai omis de me réinscrire - c'est cuit donc pour cette année.  mais les affaires reprennent : je vais me réinscrire l'an prochain, en première année de master, avec une nouvelle directrice, mon directeur d'origine prenant sa retraite. J'ai quand même quelque remords à ce propos : il m'aurait semblé approprié de soutenir ce mémoire sous la direction officielle du professeur qui m'a fait découvrir la richesse de l'histoire des techniques. Ceci dit, la nouvelle titulaire de la chaire d'histoire des techniques est quelqu'un que je connais, que j'apprécie beaucoup et qui je crois m'apprécie aussi et qui est spécialiste de la jonction entre XVIIIe et XIXe siècle, ce qui correspond parfaitement à mon sujet.

Ce qu'on va faire, par conséquent, c'est de reprendre l'affaire de manière très pragmatique : comment tirer du diplôme universitaire - j'y accorde une certaine valeur - d'un travail de recherche d'ores et déjà plutôt réussi. On va tâcher de faire ça, je vous tiendrai au courant.

En attendant, voici un petit échantillon de la richesse des fonds d'archive que j'ai eu le plaisir de consulter. Il s'agit d'un plan de la rivière Touvre - un affluent de la Charente qui a la particularité de prendre sa source d'une résurgence importante et dont le flot est donc pratiquement constant en toute saison. C'est elle qui fait mouvoir les soufflets de l'usine que j'étudie - il n'y a pas de hauts fourneaux sans soufflage et, à cette époque, pas de soufflets sans roue hydraulique. Je vous renvoie à un schéma que j'ai posté il y a déjà logtemps dans ma rubrique "histoire de dire". Les droits domaniaux sur les eaux de cette rivière ont été l'objet de longs conflits juridiques - le domaine du Roi, s'il est inaliénable, peut être engagé, c'est à dire en quelque sorte hypothéqué ; cet engagement étant cessible, on aboutissait à une situation où l'on ne savait plus à qui était quoi, entre le roi, son frère et des particuliers. En 1777 a donc eu lieu un bornage délimitants lesdits droits et qui ont été fixés sur une carte. On a du coup commandé au même cartographe cette imposante carte de la rivière Touvre en trois rouleaux, intitulée Plan de la rivière de Touvre sur la quelle s'étendent les droits de pêche retirés par Monseigneur le Comte d'Artois sur les héritiers de Mr. Paultre et autres. Il s'agit vraissemblamblement de l'œuvre de Pierre Touffaire, ingénieur des bâtiments civils de la marine à Rochefort. Tout en haut, c'est l'usine que j'étudie et qui est au cœur du litige.

Cette affaire n'est que l'un des nombreux dossiers dans lesquels je me suis plongés, un peu périphérique à mon histoire mais soulevant plein de questions concernant la conception du domaine et de ce qu'est l'eau d'une rivière, à la fois source de nourriture par le biais de la pêche et d'énergie pour les moulins à blé mais aussi les forges, hauts-fourneaux, papeteries, qui forment la base de l'ancienne industrie.

Je pourrais en parler pendant des heures - mais je vois que ce qui ne se sont pas enfuis s'endorment. Je vous souhaite donc une bonne nuit !

Le Plume vous salue bien.

P.S. : il y a quelques bugs dans les raccords de photos, désolé. Les pieds de chaises qui tenait le rouleau ouvert à ses deux extrémités donnent l'échelle.



vendredi 5 mai 2006

Vieux papiers

Petit passage aux archives départementales de la Charente aujourd'hui - ça faisait longtemps. Je voulais y regarder quelques trucs précis : un document de 1777, dont j'avais trouvé la cote dans un article de 1925, et une source de l'époque du directoire à laquelle j'ai pensée en relisant le tome 3 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine (par Denis Woronoff, lecture très recommendable donc).


Une liasse des justices seigneuriales d'Angoumois, archives départementales de la Charente, cet après-midi.

Résultat : la chemise cotée A3 porte la mention « dix-huit pièces » et n'en contient que deux - pas celles qui m'intéressent bien sûr. Quant aux registres de la municipalité de canton de Garat, ils sont d'une plattitude inégalée. Les quelques registres judiciaires consultés, quant à eux, ne correspondait pas au bon coin - j'avais mal lu l'inventaire. Un autre dossier me donne quelques infos intéressantes, c'est déjà ça. Sinon, pas resté trop longtemps, étant donné que la plaie de toutes les archives départementales était là en force - les généalogistes, parlant haut et fort comme s'ils étaient dans leur salon. Des retraités, généralement, qui seraient parfaitement à même de travailler et qui viennent perdre leur temps à me gâcher l'existence au frais des caisses de retraites. Il y a des jours, franchement...

Sinon, ça va. Il fait beau, mon mémoire avance, je suis content de voir mes parents. On peut faire pire.

Le Plume vous salue bien.



vendredi 28 janvier 2005

En bulles

Bon, malgré une grosse crève gagnée à se les geler hier à Montparnasse et qui se traduit par une déplaisante sinusite (pas aidée il est vrai par l'humidité ambiante), journée dans les bulles aujourd'hui -- les chapiteaux du festival, quoi.

J'y ai traîné mes guêtres tout l'après-midi, farfouillant de-ci, de-là, regardant de loin les dédicaceurs ; le seul que je tenais à faire dédicacer, pour le compte d'un ami, je l'ai raté, c'était ce matin. Des stands de toutes les tailles, de l'ordre d'une supérette pour les gros éditeurs, ou juste une table pour les petits, avec tous les intermédiaires possibles.

Me suis attardé comme il se doit au stand de "l'association", vu que c'est quand même de là qu'est venu ces dernières années le nouveau souffle de la B.D. française. Grosse foule sur un stand bien petit au regard de l'importance qu'a cette maison pour les amateurs de B.D. :

Il faut dire, Marjan Satrapi, moteur économique de la boutique, était en train de dédicader, et ça attirait du monde. De l'autre côté du stand, un spectacle à part entière : Baudoin dédicace. Baudoin, c'est un peu le père spirituel de ce mouvement, avant même que Lewis Trondheim et ses copains n'organisent tout ça. Et quand Baudoin dédicace, c'est un spectacle à part entière : au pinceau, prenant tout son temps, ne faisant guère du coup que deux ou trois signatures en une demi-heure. Et rayonnant la gentillesse par dessus tout ça.

La maison ne prenant pas la carte bleue, petit tour chez Dargaud pour faire quelques achats : la ligne de front, de Manu Larcenet (excellent), et puis le chat du rabbin de Sfar. On l'a déja, mais pas mes parents, donc ça vallait la peine de l'acheter. Ne serait-ce que pour le relire. Il y a des B.D. comme ça qu'on a envie d'acheter deux fois...

Allez, au lit, j'y retourne demain.

Le Plume vous salue bien.


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mardi 25 septembre 2007

Et dix-huit filles dedans

De ce voyage à Angoulême devais-je ramener, disais-je, moultes photos de voitures anciennes - et je ne vous en ai pratiquement pas montré ! Réparons cette injustice avec des chromes à l'américaine, pas si anciens que ça, mais plutôt rutilants...


Arrière d'une Chevrolet, jardins de l'Hôtel de Ville, Angoulême, 15 septembre 2007.

À propos d'automobile, et mes cours ? Ils commencent la semaine prochaine, en principe. En principe : il y a huit jours, alors que les inscriptions pédagogiques n'avaient il est vrai débutées que depuis peu de temps, je n'avais en tout et pour tout qu'un (1) étudiant inscrit dans cette option...Je ne croulerai pas sous les copie, en tout cas. C'est déjà ça.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : titre emprunté à Laurent Voulzy, bien sûr.



dimanche 16 septembre 2007

Remparts, moteurs et ruisseaux forestiers

De retour à Paris après ce séjour angoumoisin à grande vitesse. De vieilles voitures sur les remparts, une ancienne abbatiale en rase campagne, crotter mes chaussures en pleine forêt... Bilan largement positif, donc.


Avant d'une Delaunay-Belleville de 1913, Angoulême, samedi après-midi.

Côté vieilles voitures, j'ai enrichi quelque peu mon patrimoine phtographique - et ce d'autant que j'ai récupéréles photographies que j'avais prises du même événement l'année même où nous avions aménagé à Angoulême, c'est à dire, si mes souvenirs sont bons, en 1981. Ça ne rajeunit personne, je ne vous le fait pas dire.

Sinon, j'étais passé voir en avril dernier l'étang du Cluzeau, à Combiers, à la limite entre Dordogne et Charente. Je m'étais étonné à l'époque d'y trouver quantité de scories métallurgiques ; j'en ai trouvé la raison dans un ouvrage d'érudition locale* acheté chez un libraire d'Angoulême : il y avait là, au XVIe et XVIIe siècles, un haut fourneau. Tout s'éclaircit donc.

Le Plume vous salue bien.

* M. Aillot, Moulins & forges du canton de Villebois-Lavalette, imprimerie La Chasseneuillaise, 2003.



mercredi 20 septembre 2006

Carte scolaire

Alors, on remet sur le tapis les histoires de carte scolaire, paraît-il...


Le lycée polyvalent Marguerite de Valois, à Angoulême, 15 ans et 8 mois après que j'y aie obtenu mon bac - pas le moindre changement.

Je n'ai pas étudié dans le collège ni dans le lycée que me prescrivaient la carte scolaire : mon père enseignait alors au lycée Marguerite de Valois, à l'autre bout de la ville - y aller simplifiait largement les questions de transport. Au demeurant, ni le collège ni le lycée n'avaient particulièrement bonne réputation : un bâtiment des années soixante, fort laid comme il apparaît ci-dessus, entouré de cités HLM et de banlieues pavillonnaires modestes. Le lycée chic, où toute la bonne société se contorsionnait pour envoyer ses gamins, c'était Guez de Balzac, au cœur du Vieil Angoulême, certainement pas celui-là.

J'y ai passé de très bonnes années ; je n'aurais sûrement pas mieux étudié si j'avais été au « bon » lycée - je m'y serais probablement moins amusé par contre, ce qui aurait été dommage.

Ce que je veux dire : le fantasme du bon lycée est essentiellement ça : un fantasme. Entretenu par les innombrables classements que publient tous les ans les magazines réacs, sur le thème Où faut-il envoyer vos enfants ? - sous-entendu, où ne surtout pas les envoyer, sinon ils se vautreront dans l'échec scolaire, la drogue, la criminalité et sans doute le stupre (pour le stupre, c'était pas terrible, mon lycée, je dois dire). La vérité, c'est que ça ne fait pas (ou peu) de différence. Peut-être plus dans les collèges, je suis prêt à l'admettre - mais dans les lycées, je n'y crois guère.

Le problème, c'est qu'en supprimant la carte scolaire, on encouragerait justement cette fantasmagorie. Et c'est idiot : une fois que tout le monde (riches et pauvres) aura décidé qu'il faut absolument envoyer les gosses au lycée Machin, parce qu'ils l'ont dit dans le journal, on fera quoi ? On tirera au sort ? C'est aberrant.

Bah, c'est vrai que du coup, ça ne changerait pas grand chose. De la démagogie bon marché, quoi...

Je la sens mal, cette campagne électorale !

Le Plume vous salue bien.

P.S. : demain, promis, une photo de mer.



lundi 2 janvier 2006

Rouleaux perdus (suite)

Avant de partir pour Washington, je vous avais parlé de ces rouleaux de photos retrouvés à Angoulême, datant des premières pellicules que je m'étais offerte, pour employer dans le boîtier de mon père. De certaines je ne me souvenais plus du tout, au point d'avoir quelques difficultés à les identifier. De ce rouleau par contre, en noir et blanc, j'avais gardé des souvenirs précis, bien que j'ai un peu de mal à dater la chose. 1986 ? 1987 ? 1986, sans doute : c'était une toute fin d'année scolaire et je ne crois pas avoir été en instance d'examen - ce devait donc être en classe de seconde.


Mon petit bout de land art, Angoulême, avril ou mai 1986.

C'était une époque où l'art nous parlait directement, que ce soit les Ménines de Velasquez, la Spiral Jetty de Smithson ou les variations pour une porte et un soupir - je ne réalise qu'aujourd'hui à quel point les cours que nos prodiguaient nos professeurs d'arts plastiques et d'histoire de l'art étaient exceptionellement affûtés dans leur éclectisme. C'était une époque où l'on pouvait rester silencieux à contempler quelques mots que nous avions écrits, avec des altérations qui nous semblaient hautement significatrices, sans que nous sachions exactement de quoi. C'étaient l'époque où le grand combat d'Henri Michaux nous prenait aux tripes... Une adolescence romantique, sans doute, au sens propre du mot.

Je n'étais pas mécontent de mon idée : faire à la craie des dessins sur l'enrobé de la cour de récréation, qui ne prennent forme que lorsqu'on les regardait du quatrième étage - où se trouvait l'antre des plasticiens. D'autant que l'idée a été reprise par les autres, ce qui est une satisfaction sans borne pour un ado pas forcément des plus charismatiques. Et comme ce printemps était un des plus sec qu'ai connu le centre-ouest, nos bariolures colorées ont subsisté des mois, à la plus grande surprise des autres élèves...

Finalement, je l'aime bien, cet adolescent mal fagotté que j'étais !

Le Plume vous salue bien.


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lundi 7 juin 2004

Toc, toc, toc, qui frappe à la porte ?

Sûrement quelqu'un qui a de grandes mains.


Entrepôts aménagés dans les arcades, Angoulême, rempart nord, en plein cagnard tout à l'heure.

Je reconnais : c'est un coin de la ville que je ne connaissais pas du tout. Il faut dire, pour aller des archives départementales aux archives municipales, c'était un raccourci très illusoire. Et lorsque le soleil cogne et qu'on transporte son bureau sur le dos, l'illusion se dissipe vite. Heureusement qu'il y a du beau au détour des rues, en guise de compensation.

Le Plume vous salue bien.


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dimanche 30 janvier 2005

Dernières bulles

[texte composé entre Poitiers et Tours dans le train du retour]

Fin de festival, comme une fin de réception, avec les dernières bulles accrochées aux parois des dernières flutes de champagne. Ou encore : quand les bulles de savons disparaissent, comment savoir si elles sont trop haut pour qu'on les voit, ou si elles ont claqué discrètement ?


Angoulême, le Plateau vu de la route de Bordeaux, aujourd'hui vers 14h30.

Le dimanche, c'est fin de partie au festival. Certains stands sont désertés dès le début de l'après-midi ; sur les autres, les dédicaceurs se font rares après 16h, et les stocks aussi. D'ailleurs, pas réussi à faire dédicacer mon Lapinot par Trondheim, ni à acheter le Combat ordinaire de Larcenet. La vie est dure pour le festivalier tardif.

À part ça, acheté le dernier petit Trondheim à l'Association, Désœuvré, essai, sur la difficulté pour un auteur de B.D. à durer ; revient sur la mort de son personnage symbole, Lapinot, puisque La vie comme elle vient est bien entendu un album sur la mort. Youkaïdi, youkaïda, ce qui est bien avec les petits miquets, c'est que c'est la poilade. Hésité à prendre les mémoires d'un branleur/Memory of a Wanker chez Dynamite édition, B.D. bilingue et vaguement porno sans le moindre intérêt, sinon qu'une copine à nous a fait la traduction anglaise. Mais 20€ pour ça, alors que je me prive des Courts-circuits géographiques de Jochen Gerner par soucis d'économie ou tout au moins d'étalement des dépenses, de serait tout de même un petit peu ridicule.

Acheté aussi quelques tomes récents de Valérian pour compléter la collection commencée par mes parents quand ma sœur et moi avions onze ou douze ans. Marrant du coup comment sont réparties mes B.D. ou tout au moins les B.D. dont je me suis nourri depuis les Philémon qu'achetait mon père quand j'étais gamin. Il y a les B.D. de l'enfance et de l'adolescence, chez mes parents, complétées par mes soins de temps à autre ; les B.D. de mes années d'étudiant (j'en achetais pas mal malgré mon impécuniosité chronique), qui ont atterries en Bretagne après avoir passé quelques années dans une cabanne de jardin de Seine-et-Marne ; et puis mes achats d'adulte, faute d'expression plus appropriées, dans les rayonnages de notre chez-nous conjugal et parisien -- peu nombreuse au début, j'ai pratiquement cessé d'acheter (et d'ailleurs de lire) des bandes dessinées pendant plusieurs années ; m'y suis remis depuis peu. Pareil pour la musique d'ailleurs. Tout ça doit dire quelque chose sur ma vie mais je ne sais pas quoi -- et puis, quelle importance ?

Et voilà : le train du retour, où j'écris cette entrée ; heures intercalaires, idéal pour les bilans et réminiscences ou, s'il on préfère, pour tourner autour de son propre nombril. Il y a le temps.

Le Plume vous salue bien.


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jeudi 10 février 2005

Un petit pour la route ?

Après le gâteau, un petit digestif ?


Angoulême, route de Bordeaux, 30 janvier, 18h15.

(ou si vous en êtes encore à l'apéro : 1/3 Suze, 2/3 jus d'orange, mélanger au shaker avec de la glace, servir, ajouter un trait de crème de cassis pour la couleur et consommer avec modération)

Le Plume vous salue bien.


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samedi 18 décembre 2004

Tout un cinéma

Petit tour en ville et en couple cet après-midi ; pas très gai, une ville moyenne sous la pluie. Acheté un bouquin (reproduction mal fichue d'un très bon mémoire du XVIIIe siècle sur l'Angoumois) et une paire de bottes (pas pour moi). Depuis les remparts, on distingue les cimenteries de La Couronne à peine visibles dans le brouillard. Pluie, vent, etc.

A noter un tournage dans les petites rues du vieil Angoulême, tentant manifestement de recréer l'ambiance de la Libération :


Angoulême, cet après-midi, vers quatre heures.

Le film s'appelle, si j'ai bien compris l'arrêté municipal affiché sur un panneau voisin, Hôtel de France. Je suis curieux de savoir comment il justifiera une météo pareille pour une Libération qui a tout de même eu lieu en août... Je dois être insensible au glamour du 7ème art : je n'envie pas du tout le cycliste porte-drapeau qui attend en plein vent qu'on lui donne le top départ.

Le Plume vous salue bien.


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samedi 29 janvier 2005

Angoulême, tome 2. La suite.

Angoulême, tome 2. La suite.

Retourné de bon matin sur le champ de bataille. Enfin, 11h30, on n'est pas des bœufs tout de même. Tenté d'aller voir l'expo "clafoutis", dans la tour médiévale de l'hôtel de ville ; expo chaudement recommandée par l'ami Saryon. "Accès uniquement sur invitation entre 11h30 et 12h30." Bon, je descend faire un tour dans les bulles, reviens un peu après 12h30 : on m'explique que "c'est ouvert dans le hall, mais que le reste est sur invitation seulement." Bien. J'aime bien me faire jetter, mais il y a des limites ; déolé pour ton pote, Saryon, mais il ira se faire voir.

Pour le reste, journée partagée entre les bulles et les rues d'Angoulême -- finalement, les expos... Belle journée, au bout du compte.


Mur peint, rue piétonne d'Angoulême (on ne me fera pas la nommer "rue Hergé"), cet après-midi.

Des acquisitions dont je suis content : un Hunt Emerson (dédicacé tout en faisant de la traduction entre Emerson et Franck Margerin, lequel faisait la queue pour avoir son exemplaire, le début de la gloire quoi) ; au stand de l'Association (toujours lui), achat d'un Sfar (le petit monde du Golem) et, un peu par hasard du Saint Patron de Jochen Gerner : très, très bien, une sorte de voyage/documentaire à travers la Lorraine, avec Saint Nicolas comme fil conducteur : l'histoire des reliques du saint, les interviews de "Saint Nicolas" de village, etc. Ca fonctionne très bien. Au même stand dédicaçait notre bédéiste 20sixienne officielle, la jeune Mélaka, mais pendant fort peu de temps, la mauvaise fille. Repérée après picolant dans les arrières du stant Fluide Glacial... Des projets s'échaffaudraient-ils ? Inquiring minds want to know.

Au rayon anglophone, acheté aussi BOP (more box office poison), d'un jeune bédéiste new-yorkais qui a eu le prix du meilleur premier album, Alex Robinson.

Allez, on y retourne demain.

Le Plume vous samue bien.


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samedi 5 juin 2004

Angoulême, capitale de la B.D...?

...oui, 3 jours par ans.  Le reste du temps, pas beaucoup plus de B.D. que dans n'importe quelle ville moyenne, sinon au CNBDI. Le CNBDI, c'est le centre national de la bande dessinée et de l'image, fort beau lieu adroitement situé suffisamment à l'écart du centre-ville pour que les promeneurs ne s'y rendent guère, et suffisament dans le centre pour qu'y venir en voiture soit problématique. Mais bon, ça réjouit la mairie et ça ne gêne personne.

Mais je m'égare : en dehors du dernier week-end de janvier, Angoulême n'est pas plus la capitale de la B.D. que n'importe quelle autre ville. Plus que Commentry, dirait Melaka, mais pas tant que ça. Ceci dit, on a droit à quelques beaux murs peints en guise de souvenir, dont celui-ci, spectaculairement placé sur le pignon d'un immeuble qui se dresse sur le rempart, avec une vue magnifique sur, euh, la gare SNCF et les archives départementales.


Mur peint près de St. Martial, photo prise en début d'après-midi.

Difficile de retrouver ses marques dans une ville où on a été un adolescent heureux (autant qu'un adolescent peut l'être en tout cas). D'abord parce que la plupart des gens de ma génération sont partis, essaimant de Nantes à Toulouse et Bayonne ; ceux qui sont restés ne se balladent plus en ville le samedi après-midi, ils vont faire leurs courses au centre commercial ou passent la tondeuse dans le jardin de leur pavillon. En plus de ça, Angoulême, ville sans université, a un déficit abyssal pour la tranche d'âge des 18-25 ans dont je me sens facilement proche.

On en arrive à se sentir complètement étranger dans une ville où on s'était senti parfaitement chez soi. Décalage : les pierres sont les mêmes, mais la sociabilité n'y est plus.

Et encore : le pavage kitsch de LA rue piétonne est en train d'être changé.

Le Plume vous salue bien.


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vendredi 14 septembre 2007

Angoulême, trois minutes d'arrêt

Pour mon dernier week-end avant reprise, passage vite fait à Angoulême...


Angoulême : la voie ferrée en direction de Bordeaux, cet après-midi.

Avantage du calendrier : il y a des courses de vieilles voitures ces jours-ci en ville - le « circuit des remparts » : je peux prétendre que je prépare mon cours sur L'automobile, objet technique du XXème siècle...

Le Plume vous salue bien.



mardi 20 décembre 2005

Grande distribution

Je sais, c'est le quotidien (ou l'hebdomadaire) de 95% des Français ; nous vivons à cet égard, habitants du centre des très grandes villes, dans un autre espace-temps. Plus que toute autre société, la France contemporaine dédie à la vente aux particuliers des lieux-dits spécifiques, nettement séparés des lieux d'habitation ou de production : les zones commerciales. Vastes espaces entièrement dédiés à une fonction unique, la distribution, avec un urbanisme qui leur est propre, autour d'un « centre » polyvalent autour duquel s'organisent des unités spécialisées (chaussures bon marchés ou articles de sports) - tout comme les boutiques des divers métiers se disposaient jadis autour d'une place consacrée au marché.

L'ethnologue venu d'Aldébaran décrirait sans aucun doute avec délectation cet espace fonctionalisé ; sans doute s'étonnerait-il qu'un trait aussi caractéristique de la civilisation qu'il étudie soit totalement absente de la production littéraire et artistique de cette même société. La combinaison entre encouragements à la consommation de la part des autorités politico-économiques et emploi manifestement péjoratif du même mot de la part des autorités religieuses ou morales l'amènerait sans doute à penser que la France actuelle voit la consommation comme une activité nécessaire quoi que vaguement honteuse - statut réservé, dans la plupart des sociétés, aux fonctions excrétives.

Du coup, forcément, la boutique insérée dans le tissus urbain a pratiquement disparu ; à cet égard, la nostalgie ne sert à rien. La géogaphie de nos villes a changé, voilà tout.


Fermé depuis plus de vingt ans, pas sûr qu'avant j'y aurais mis les pieds...

Depuis le niveau supérieur du parking du centre commercial Chantemerle, à la Couronne (Charente), nous regardons le centre-ville d'Angoulême, illuminé pour les fêtes, qui se déroule sur son éperon calcaire ; de l'autre côté, la cimenterie déploie ses volutes dans la nuit. Au dessus du second a de l'enseigne rouge, la planète mars brille de son éclat saumon si particulier dans le ciel clair de l'hiver.

Le Plume vous salue bien.


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mardi 15 juin 2004

Grands moulins de Paris (et autres)

Ayant enfin réussi à boucler un rapport que je devais pondre depuis des lustres sur le futur campus Paris-Rive gauche, et notamment sur l'immeuble des Grands Moulins de Paris, je dédie cette photo à tous mes collègues de l'université Denis-Diderot Paris 7.


Les Grands Moulins, commune de Bouëx (Charente), le 4 juin dernier. [edit: Bouëx et non Garat]

Le Plume vous salue bien.


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dimanche 18 février 2007

Rivières

Je me suis mal exprimé dans mon entrée d'hier : la grisaille était bien entendu tout intérieure ; il faisait, autant que j'aie pu m'en rendre compte, fort beau hier et aujourd'hui. Autant que j'aie pu m'en rendre compte : je ne suis guère sorti, sinon à la nuit tombée, pour faire les courses. Ce qui m'a permis d'ailleurs d'arriver à ma supérette au moment où le rideau de fer se refermait, malin, ça, non ?

Résultat : je n'ai pas profité du temps qu'il faisait, mais j'ai profité du temps dont je disposais pour me remettre sur pied, ce qui n'est pas une si mauvaise manière d'occuper son temps. Qui plus est, je me suis replongé goulûment dans mes dossiers d'archives, mise en fiche, tri de photos d'archives, mise en fiche de nouveau... Un travail long mais indispensable, qui me permet de répondre par l'affirmative à la question fatidique : oui, j'ai clairement assez de documentation pour écrire mon mémoire de M2. Il y a plus qu'à.

Et mes fiches bristol fraîchement imprimées m'ont replongé à la poursuite d'anciennes forges, les documents d'un côté, la carte IGN de l'autre ; suivre du doigt les rivières et les étangs...


Le Bandiat à Bunzac (Charente), 29 décembre 2003.

Sur les cartes, sur le terrain : l'histoire de la métallurgie ancienne se fait au fil des cours d'eau. Le Bandiat, par exemple, faisait mouvoir les affineries du Limousin et les hauts fourneaux du Périgord avant de se perdre dans le karst du plateau de la Braconne. Bonne petite rivière à son entrée en Charente, elle n'est plus qu'un ruisseau à Bunzac avant de disparaître totalement. Et encore était-on en période de hautes eaux au moment de ce cliché ; pas sûr qu'on y trouve la moindre goutte lorsque l'été arrive.

La neige est tombée peu après ; comme tout le monde, lorsqu'il neige, j'essaye d'avaler des flocons en marchant. Quitte à arrêter la voiture au bord d'une route forestière déserte pour ça.

Le Plume vous salue bien.



dimanche 6 juin 2004

La Pipaudie

Petit hameau de Charente, mentionné dans mes sources sur l'histoire de la fonderie de Ruelle au XVIIIe siècle (cf. ma rubrique "Histoire de dire"). Les minerais de fer étaient extrait à 20km au sud-est de l'emplacement de l'usine, dans les bois surmontant la vallée du Bandiat. 20km, c'est trop pour faire l'aller et retour dans la journée avec une charette à boeufs, surtout quand à l'aller on transporte quelques tonnes de minerais. L'entrepreneur installe donc en 1778 un entrpôt intermédiaire dans ce hameau, situé à peu près à mi-chemin, en haut d'une sérieuse montée tant qu'à faire. Je me devais donc d'aller y faire un saut.


La Pipaudie, commune de Chazelle, Charente, en début d'après-midi tout à l'heure.

Honnêtement, cette petite construction en ruine était une exception, le reste était bien debout, de solide maisons de pierre de pays qu'on n'a pas de mal à imaginer multiséculaire. Un coin super. Et il y a même de l'action : une voiture du SAMU, avec gyrophare, médecin et infirmière, complètement paumée (on est à un bon kilomètre de route gravillonnée de la départementale voisine), qui me demande son chemin. "ah non, navré, mais j'ai vu un type dans son jardin là-bas, il pourra peut-être vous aider.

Un peu plus tard, visite d'une zone d'extraction du minerai, à Maubatin, commune de Feuillade. Propriétaire super sympa, un agriculteur, propriétaire du lieu depuis 1957. Me fais visiter les parties anciennes de la ferme, me raconte "sa" tempête de 1999 (une grange de tôles mise en pièce, un bois rasé -- le corps de ferme et la grange du XVIIIe ont très bien tenus par contre. Petite ballade dans les bois des environs, plein de trace d'extraction du minerai (les formations ferrifères sont en surface, donc trous d'un ou deux mètres de fond, deux à cinq mètres de diamètre) ; du coup, le sous-bois ressemble à un champ de bataille. Marrant. Sauf pour les débardeurs qui ont fait le nettoyage de l'autre bois, celui que la tempête à fichu par terre. Apparemment, ils ont dégusté.

Bref, moi content. Demain, archives, après-demain, Rochefort.

Le Plume vous salue bien.


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lundi 29 janvier 2007

Interlude charentais

Avec tout ça, mes chères études sont un peu à la traîne... Heureusement, il y a les copains : on m'envoit une liasse de documents récupérés par une association avec laquelle il fait bon percer des tonneaux pour boire des canons ; parmis ceux-là, un certain nombre de pièces (enfin, leur copies ou transcriptions, bien sûr) que j'avais cherchées en vain dans divers dépôts d'archive.


Blés verts et toits de tuiles, Chazelle (Charente), 6 juin 2004.

Bien joué, les gars. Du coup, il y a plein de trucs qui s'éclairent et une cohérence qui se forme. Le travail de recherche avance aussi par ces biais là.

Du coup, je lève un verre rempli de pineau régional aux historiens bon vivants d'Angoumois ou d'ailleurs !

Le Plume vous salue bien.



lundi 24 septembre 2007

Mes nuits sont plus longues que mes jours

L'équinoxe est venu et il est reparti - c'est maintenant l'automne, officiellement, au cas où on aurait conservé la moindre illusion à ce sujet. Les jours diminuent ; ils ont été officiellement dépassés par la nuit hier à 9h51, temps universel. Les jours diminuent - mais la diminution des jours diminue aussi désormais : ainsi vont les sinusoïdes. Les sinusites par contre sont sur l'ascendant.

Les fleurs de l'automne sont plus discrètes que celles du printemps. Il faut se pencher, au risque de crotter son pantalon, les regarder de tout près pour les apprécier vraiment.


Bruyère en bordure de forêt, Combiers, 15 septembre 2007.

Sinon, aujourd'hui, pas de petites fleurs : des manipulations un peu complexes de commutateurs et de fibres optiques du côté de Jussieu, où je n'avais pas remis les pieds depuis le printemps dernier. Manipulations qui ont failli échouer pour une vis bloquée, d'ailleurs, mais elle a fini par se rendre à mes arguments énergiques.

À mon grand étonnement, je crois n'avoir rien cassé pendant toutes ces manips. J'ai même pu terminer à temps pour qu'un collègue qui attendait le bon achèvement de la manœuvre puisse aller à son rendez-vous de médecin : le pauvre souffrait d'une méchante sinusite, justement.

Le Plume vous salue bien.

[boîtier Pentax MZ-10, film Fuji Pro400H, zoom 35-80mm f:4-5.6 + bagues macro 12mm]



mercredi 11 avril 2007

La campagne à la campagne

Une fois n'est pas coutume : la campagne électorale fait son apparition sur ce blog - son absence en était, je crois, plutôt criante. Mais il ne faut pas trop m'en demander ; après avoir passé la campagne des primaires socialistes à clamer qu'on allait choisir la mauvaise candidate, j'ai un peu du mal à me crever le popotin pour pousser à la roue lorsqu'il s'avère qu'en effet, la candidate ne vaut pas tripette. Bayrou répète à qui veut l'entendre que n'importe quel autre socialiste aurait gagné sans problème : je suis assez prêt à le croire.

Bref, en ce qui concerne la campagne, mon blog en est au même point que les panneaux d'affichage réglementaires vus hier sur la place de la mairie de Combiers :

Ceci dit, ça ne va pas m'empêcher d'être de bureau de vote. J'ai eu l'autre jour un coup de téléphone du camarade trésorier de section : « La présidente de ton bureau de vote est avec moi : elle est très inquiète, elle ne t'a pas vu depuis longtemps, elle se demande si tu habites toujours là... - Te fatigues pas, va, dis lui que c'est d'accord. » Et pouf : dans un petit nuage de fumée rose, quatre dimanches de printemps s'étaient volatilisés en quelques seconde - et c'est du 8h-22h, hein, ça rigole pas. Quatre, vu qu'une fois qu'on aura gagné les présidentielles, faudra gagner les législatives, évidemment.

Ceci dit, ma contribution à la présente campagne va se limiter à ça. De toute façon, la distribution de tracts sur la place de la mairie de Combiers, je ne suis pas certain que ça aurait gagné grand chose. Somme toute, il doit y avoir autant d'habitants domiciliés à mon adresse parisienne que dans toute la commune de Combiers...

Le Plume vous salue bien.